Cultures Shanghai

CultureS Shanghai

Shanghai nous offre la vision de ses mutations permanentes. Shanghai expérimente, s’inspire de ses racines chinoises ou d’ailleurs, réhabilite ou détruit.

 

Il en est de même des lieux de Culture : « Shanghai Sculpture Park » n’est plus !
Cette ancienne aciérie de briques rouges, réhabilitée et communément appelée « Red Town », a perdu les galeries et musée qui l’entouraient. S’y trouvait le Minsheng Art Museum (1er site d’art contemporain de la banque du même nom) qui accueillait en 2015, l’exposition fantasmagorique GUCCI “No Longer/Not yet”.
Mais tel un phénix, (symbole si cher à la Chine), Red Town renaitra au sein d’un nouveau projet immobilier, où l’Art ne sera pas oublié.

 

West Bund Art & Design, Site industriel également réhabilité, accueille la plus grande foire d’art de Shanghai qui vient de fermer ses portes. Cette 4ème édition offre aussi un pavillon spécial aux galeries qui osent les « jeunes talents ». Sur cette rive sud-ouest du Huangpu, se trouvent aussi des galeries d’art.

 

Mais un peu plus au Nord…

 

Peinture, sculpture, photo

« I will be your eyes II : Little narratives » expo collective

Jusqu’au 30 décembre 2017. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche de 10h à 19h.
Adresse : 191, South Suzhou Road, Huangpu District, Shanghai
Tel+86 21 6333 7223Contact : contact@artplusshanghai.com Site :www.artplusshanghai.com

 

2ème édition d’un RDV à ne pas manquer, parce-que Art+ Shanghai Gallery fait le pari des jeunes talents !
Les artistes représentés sont tous diplômés de la CAFA (Central Academy of Fine Arts) de Beijing. Avec le postgraduate en poche (ici, 7 ans d’études « post-Bac »), ces 7 artistes de 28 à 31 ans, nous proposent 7 histoires, mais aussi 7 chemins d’expérimentations de la matière.

Si la 1ere édition en octobre 2016 était plus conceptuelle, cette fois-ci les artistes s’intéressent plus à la matière et au process.

 

Tan Danwu, sculpteur né en 1986 dans le Hunan, réinvente et détourne son héritage de la porcelaine chinoise. La folle urbanisation de la Chine est illustrée par d’élégantes « gaufrettes » de porcelaine à la fausse légèreté, nécessitant le support solide du bois.
Technique : Tan Danwu utilise en fait la forme gaufrée du support interne des pièces de porcelaine avant cuisson. Il en fait un positif de porcelaine par moules successifs. Noir, du trait de rehaut et blancheur immaculée de la porcelaine, rappellent la tradition chinoise et sa sobriété des couleurs parfois, afin de valoriser la forme.


Chen Wen
, sculpteur, est « l’ascète » du groupe. Retiré loin de la ville, il puise dans le yoga, l’énergie et la source de sa créativité. Les matériaux de son environnement proche sont préférés, pour lui assurer l’autonomie.  Il présente des totems aux visages presque antiques, de couleurs pastel, en gingko ou en teck. Certains sont sur socle d’écorces. « Pas de finalité de l’œuvre à s’imposer, juste se laisser porter par la matière et les images »… vous l’aurez compris, pour Chen Wen philosophie et création vont de pair.


Chen Lin
, née en 1986 (Hunan) est sculptrice. Elle joue avec l’émotion transmise par les formes géométriques et les couleurs entre elles. Comme une synergie changeante en fonction des combinaisons. Son travail reflète l’influence de son maître Tan Ping. Elle utilise des techniques mixtes sur bois.


Li Yang
, photographe née en 1988 dans le Shandong, présente 32 portraits de personnalités chinoises (acteurs, mannequins…) sur base de papier argentique. Oui c’est un comble pour cette génération nourrie au numérique et à l’internet… mais les écrans ne sont jamais loin, puisque Li Yang recouvre la photo d’un écran partiel en plexi où sont gravés ces symboles de fonctions des écrans que nous connaissons si bien !
Son regard amusé sur notre captation du monde au travers des écrans et la qualité du grain de ses photos (vérifiable au blanc des yeux) justifie pleinement sa présence. Vous pourrez même jouer les stars en étant le sujet d’une de ses créations (commande).


Wang Chengpu
, originaire du Shandong, est plus conceptuel. Il s’inspire des propriétés de la géométrie, avec ses huiles sur toile et sculpture métal. Il retrouve des similitudes dans son travail sur la perspective (tige de fer) et la symétrie (rayons et cercles concentriques), avec celui d’un architecte ou d’un artisan. Comme une référence au savoir de l’architecture chinoise antique.


Lei Lei
née à Beijing en 1988, propose une œuvre complexe alliant vidéo, et sculpture. L’artiste se joue de notre perception en plaçant un pot en rotation, d’aspect traditionnel mais plié (papier de riz, sucre et radis blanc) et devant lui son autre image envoyée par l’ordinateur. Elle s’est spécialisée en Art expérimental… et ça se voit !


Gong ZhanLei
, né en 1989 (Hebei) est un peintre délicat, un « maitre du marqueur » et de la persévérance. Chacune de ses toiles où se mêlent courbes, formes géométriques et végétales, représente plusieurs mois de travail. D’un vague objectif de départ, Gong ZhangLei se laisse porter par l’expérimentation et son lot de tensions. Seul le travail terminé lui apporte la paix.
Noir et blanc lui assure le plus grand contraste.

 

Sculpture

« Sculptures de soie » par Tucho 

Chai Living Gallery, du mardi au dimanche 10h à 19h.
Adresse : Embankment Building”, G/F, 370 North Suzhou Road; 上海市虹口区北苏州路370号河滨大楼近四川北路
Site web : www.chailiving.com  Tel : 5608 6051.
Réservation par mail : shanghai@tucho.com 

CHAI Living illustre assez bien la curiosité, le raffinement et la fascination de son propriétaire TuCho, pour l’histoire et les savoir-faire de la Chine.
Son emplacement dans le fameux « Embankment building », sur la rive Nord de la Suzhou creek, n’est pas dû au hasard. C’était la 2ème réalisation de Victor Sassoon magnat immobilier emblématique, des folles années 20 et 30 de Shanghai.
CHAI Living concentre des appartements de standing les « EB1935 Residences » conçus et décorés d’objets historiques par Tucho et une galerie d’art qui présente une collection d’art contemporain chinois, d’antiquités et de meubles modernes, d’objets rares, d’accessoires et de livres sur la culture chinoise.

TuCho arrive d’Espagne en 2003 et s’intéresse très vite au monde de la mode et du design. Il fait une rencontre importante : Madame Song qui était CEO de la maison Pierre Cardin en Chine. Elle deviendra son mentor et son amie.

Aujourd’hui c’est le travail du galeriste lui-même qui est mis en lumière, au travers d’une dizaine de robes et tuniques de mandarin, réinventées.

Illustration : Sa 1ère robe de mandarin (symbole visuel fort de la Chine) est faite de coupures de journaux rappelant les ambitions spatiales du pays (2008). Elle est couverte du symbole «力,Li » (Pouvoir, Force) en rouge bien-sûr… La suite sera bien plus sophistiquée.

TuCho est aussi un collectionneur averti de vêtements anciens, d’étoffes et de passementeries de soie précieuses glanés en Chine. Il va donc les intégrer tout naturellement dans ses nouvelles robes, ainsi que des cocons de soie, par où tout commence et du papier de murier, dont les feuilles sont la nourriture des larves du bombyx fabriquant la soie.
Les cocons sont à la fois dans la masse du papier de murier et à sa surface.
Chaque robe est conçue comme une allégorie illustrée par le « Hànzì » (caractère chinois) correspondant. Ce Hànzì est écrit sous toutes ses formes historiques par son maitre de calligraphie, sur des douzaines de cocons.

3 robes : « ,Mei » (la Beauté) comme une évidence avec ses broderies variées de la dynastie Qing.

« ,Yong » ( Yǒnghéng, éternel) rappelle le désir d’éternité des Hommes et particulièrement de Qín Shǐ Huáng (-259 -210),
1er empereur et fondateur de la nation chinoise. Il écrivait : « Mon pouvoir impérial vient du ciel, il promet la longévité et pour toujours la prospérité ». ça n’a pas bien fonctionné… !

« ,Dao » (le chemin). La fin de vie amène un désir de Paix et de Nature.
Le chemin, la manière de vivre plutôt que le but. TuCho s’inspire de Zong Bing (375-444), peintre et théoricien de la peinture traditionnelle chinoise. Tout est là : « shan-shui, yun » : montagne eau nuage.


Toutes ces robes sont uniques. Elles ont des broderies de soie de la dynastie Qing. Leur légèreté n’est qu’apparente pourtant leur raffinement est bien là.
Le rendu esthétique est réussi, le concept est intelligent, mais l’ensemble fait appel aussi au monde de l’Emotion.

 

 

Parce-que la voix est le plus bel instrument… surtout chez les professionnels !

 

Recital

« Recital classique » Carole Gabay, Robin Stephenson, Nikolay Shamov

2 décembre 2017 à 18h. Shanghai Haiyin Music hall                                                                                          Adresse : 2-F 917 South Bund, Zhong Shan south road. Métro : Ligne 4, st. Nanpu bridge.
Prix : 100 RMB (membres UFE), 130 RMB (non-membres).
Réservation et info : https://yoopay.cn/event/33807872 (version en anglais possible).
Recette entièrement reversée au Téléthon !

Ces 3 artistes mettent leurs talents au service d’une cause qui les touche : le soutien de la recherche sur les maladies génétiques.

Carole Gabay, 1er Prix de Conservatoire en 2006, mène parallèlement sa carrière professionnelle. Elle assure des récitals, comme soliste par exemple, dans « Schöpfung » de Haydn, dans ses différents lieux d’expatriation (Japon, Suisse et Chine).

Robin Stephenson : Il commence le violon à 8 ans, le piano à 15. Tout en suivant l’ENS et un doctorat à Paris, il continue de se produire musicalement. Il joue de la musique de chambre, dans des orchestres ou accompagne des chanteuses comme Julie Pelletier, Judith Sturza.

Nikolay Shamov : ténor originaire de
St Pétersbourg, est aussi professeur d’opéra et de musique au conservatoire Rimski-Korsakov. Il s’est produit en Russie et en Grande Bretagne. Il enseigne depuis 2015 à la Shanghai Normal University.

Au programme : Piano Solo, airs et duo d’Opéra français et d’ailleurs.
Frédéric Chopin (Sonate n°3), Modeste Grétry (Les 2 avares), Engelbert Humperdinck (Hansel et Gretel) et… Delibes (Lakmé) !

Un aperçu : https://www.youtube.com/watch?v=Vf42IP__ipw
(avec texte français pour les accrocs du KTV, on est en Chine !).

 

Il n’y a pas d’œuvre sans expérimentation, l’Art et les Sciences se rejoignent…

 

A bientôt

Françoise Maugein culture@shanghai-accueil.com