Cultures Shanghai

CultureS Shanghai Avril 2018

S’il y a une ville de la mode et du design en Chine le nouvel Eldorado…c’est Shanghai ! Les marques l’ont bien compris, en organisant de nombreux événements comme la Fashion Week ou le défilé Dior, à Pudong le 29 mars dernier.
Les marques de sport ne sont pas en reste.
C’est dans le « Bund International Financial and Art Center » que Nike organisait « Shanghai Nike On Air » et sa phase finale de sélection des designers pour la nouvelle « Air Max », ce 14 et 15 avril. Chaque designer devait présenter son concept, une œuvre la traduisant et l’Air Max bien-sûr. Le gagnant verra sa paire produite et commercialisée en 2019. Même événement dans d’autres capitales.

La créativité ne hiérarchise pas ses domaines d’application, elle Est, c’est tout !

« CultureS Shanghai » vous propose quelques pistes : photo, nouveaux médias, sculpture et pourquoi pas dans une ambiance de Dolce Vita…

Photo

« Shanghai Solo show » Erwin Olaf

Jusqu’au 7 juin 2018. Magda Danysz Gallery,
Adresse : The Independents House, 256 Beijing East Road (x Jiangxi Road)
Métro : Ligne10 et 2 Station : Nanjing East road.
Du lundi au samedi de 10h à 18h, dimanche de 12h à 18h.
Site : www.magdagallery.com ;
Contact: info@magda-gallery.com Tel: +8621 64224735.

Galeriste à Paris spécialisée dans l’art urbain, Magda Danysz s’installe à Shanghai en 2009 dans le district de Yanggu puis se relocalise dans « The Independents House » en avril 2017, entre le fleuve Huangpu et la rivière Suzhou, au cœur d’un quartier culturel et économique dynamique.

Magda Danyzs Gallery accueille Erwin Olaf, photographe néerlandais né en 1959. Après des études de journalisme, il passe par le monde de la mode et de la publicité. Sa renommée internationale commence avec son 1er prix au concours « Young European Photographer ».
Il développe dans ses photographies, un univers bien à lui, entre fantaisie et réalité.

Technique : il fait un long travail de recherche pour ses décors. Leur histoire et leur compréhension va conditionner la mise en scène, la nature des personnages (casting), les accessoires. Le tout avec une lumière extrêmement sophistiquée et contrôlée qui donne une atmosphère surréaliste très reconnaissable.
Dans son studio digne du cinéma, décorateur, accessoiriste, maquilleur et directeur de casting collaborent.
Par cette série sur Shanghai, Erwin Olaf honore le patrimoine Art Déco unique de la ville. Chaque partie de la galerie raconte une histoire dans un lieu différent. Les décors trouvés sont comme fixés depuis les années 1920-30 (intérieurs et meubles).

 

Dans la série « Shanghai Huahai, 116 » le temps semble suspendu pour une jeune femme du passé perdue dans ses pensées. Pourtant à l’arrière-plan, les grues de chantier marquent la mutation en marche de la ville. Une réflexion sur le temps avec cette jeune et vieille femme dans une même pièce…et un lapin blanc, symbole d’espoir.

Dans la série « Shanghai Huangpu », les lilongs en destruction entourent un enfant au regard fermé qui ne semble rien comprendre à ce décor d’apocalypse.

Dans celle de « Shanghai 1933 », qui fait bien évidemment référence aux abattoirs de Shanghai construit cette même année et plus grand abattoir d’Extrême-Orient à l’époque, le photographe joue avec les courbes de l’architecture et celles du corps de l’homme. Le mauvais fengshui de ce lieu est perceptible, tout respire la fin : la fin prochaine pour ce cochon allongé sur la brouette, la fin d’une histoire d’amour pour ce jeune boucher lisant « La Lettre ».

 

 

Dans la série « Shanghai Fu 1088 », l’intériorisation des personnages marque leur solitude, la difficulté à communiquer. Finalement, les sentiments humains ont juste changé de décor !
Erwin Olaf a été exposé à Paris, New-York, Londres, Beijing, Dubaï, Tokyo, Berlin, Séoul, H.K.

Un aperçu : https://www.youtube.com/watch?v=I8X0IoUGgU8

Son travail est quasi cinématographique, par sa lumière, ses décors, la force de l’histoire suggérée. Il se dit « sensible à la lumière (verte) de la ville ». L’héritage des grands peintres flamands trouverait donc une nouvelle expression ?

 

Multimédia et histoire

« Roma 1950-1965 », Rong Zhai la Maison Rong.

Jusqu’au 27 mai 2018 Prada Rong Zhai,
Tous les jours sauf lundi, de 10h à17h, vendredi et samedi : 10h à 20h.
Adresse :186, North Shaanxi Road/ Nanjing Xi Lu
陕西北路186号, 近南京西路 Jing’an District, Shanghai.
Réservation obligatoire : via le WeChat de Prada : PRADA_OFFICIAL. 45 ¥.

Organisée par la Fondazione Prada, « Roma 1950 – 1965 » explore le climat culturel et la scène artistique vivante qui s’est développée à Rome après la Seconde Guerre mondiale. C’est aussi la 1ère fois qu’une partie de la collection Prada est présentée en Chine.

30 peintures à l’huile et sculptures organisées en trois grandes catégories : « Gruppo Origine », « Forma 1 » (2 groupes d’artistes italiens) et « Individuals » sur 3 niveaux. Quelques artistes abstraits comme Alberto Burri qui abandonne sa carrière médicale pour celle d’artiste, Giuseppe Capogrossi, Ettore Colla, les frères Basaldella seront présents.

Beaucoup d’entre eux expriment leur conscience environnementale et s’inquiète des effets du consumérisme naissant mais déjà galopant d’après-guerre en Italie. Le recyclage de matériaux industriels en est donc la manifestation.

Dans les vitrines, des affiches de film (« La Strada », « Vacanze Romane », et bien-sûr « La Dolce Vita » et quelques photos vous accompagnent afin de mieux vous imprégner de cette période « 1950-1965 » à Rome. Livret d’exposition en anglais fourni à l’entrée.

C’est aussi la possibilité de découvrir « Prada Rong Zhai » restaurée pendant 6 ans par la maison Prada. Elle était la villa d’un fameux industriel chinois : Rong Zongjing (1873-1938). De la province voisine du Jiangsu, son frère Rong Desheng (1875-1952) et lui sont venus chercher fortune à Shanghai… et ils la trouveront ! Ils deviendront les « Rois de la Farine et du Textile ». Leur renommée fut internationale et leurs contributions pour la Chine, s’élargirent à la santé, l’éducation, l’agriculture etc.

Rong Zongjing achète la villa en 1918, à un entrepreneur allemand. Il l’agrandit et la modifie avec l’architecte Chen Chunjiang. L’élite de l’époque qui s’y retrouve ainsi que sa famille, donnent vie à cette somptueuse villa blanche à colonnes et à son jardin.

Mais les années sombres de Shanghai arrivent : 1937, c’est l’occupation japonaise ! Il refuse de collaborer avec l’occupant et doit abandonner en 1938 la Chine pour Hong-Kong, où il meurt, le mois suivant.

Beaucoup plus tard en 2002, le magnat Rupert Murdoch (médias) louera la villa comme bureau de « Shanghai News Corporation ».

La « Rong Zhai » de 2000 m2 sur 3 étages, a une façade style Beaux-Arts, très tendance début du XXe siècle. Les intérieurs sont de styles éclectique et Art Déco, avec quelques références chinoises de son propriétaire (boiseries, vitraux).

 

Art contemporain et Biennale

« Continuum – Generation by Generation » Pavillon de Chine, 57ème Biennale de Venise.

Jusqu’au 3 juin 2018  Shanghai Ming Contemporary Art Museum (McaM)
Tous les jours sauf lundi.
Adresse : 436 Yonghe Dong Lu/ Pingxingguan Lu
永和东路436号, 近平型关路Shanghai.
Réservation : via le WeChat shop ou sur place : 20 (étudiant) à 40 ¥. Wifi gratuit.
Explication des œuvres anglais/chinois.

Quand Venise vient à Shanghai : Qiu Zhijie, conservatrice de la Biennale de Shanghai en 2010 et l’équipe du pavillon de la Chine, de la 57ème Biennale de Venise (mai à novembre 2017) nous rapportent l’exposition !

Le Shanghai Ming Contemporary Art Museum, créé en 2014 par le Mingyuan Group, l’accueille. Il a fallu plusieurs mois pour la rapatrier en Chine par voie maritime. Si son concept est maintenu, ce nouvel environnement (site industriel réhabilité) donne des qualités différentes de la Biennale de Venise.

Quatre artistes participent à ce projet : Wu Jian’an, Tang Nannan, Wang Tianwen (maître de marionnettes d’ombre), avec une attention particulière pour Yao Huifen l’artiste femme, maître de la broderie de Suzhou.

Cette exposition revisitée de la 57ème Biennale de Venise est multimédia (art vidéo, peinture, sculpture, installation, broderie, marionnettes d’ombre). Lire l’information en anglais n’est pas un luxe, car…

Les mythologies chinoises et la pensée confucéenne sont toujours sources d’inspiration.

 

Musique

Quand la musique est partagée avec le ciel de Shanghai comme toit.

 

«JZ Spring Festival »

Du 30 avril au 2 mai 2018.
Adresse : autour de Jing’an Park.
Gratuit pour les sites du parc Jing’an, HKRI Taikoo Hui, Crystal Galleria et au centre Jing’an Kerry.
Pour Shanghai Centre Theatre (4/F, 1376 Nanjing Xi Lu),
réservation possible par https://www.smartticket.cn/tickets/jz_spring

Toujours aux mêmes dates et organisé par JZ Festival, (qui organise aussi celui d’automne sous le pont Lupu), ce festival célèbre la Journée internationale du jazz. Il invite des artistes internationaux ou chinois à se produire dans le Parc de Jing’an, des rues, salles de concert et centres commerciaux.

Ce sera de plus le 100e anniversaire du jazz à Shanghai !

A l’origine 4 styles de scène : Green Note : dans le parc. Indoor Master Hall : rassemble des maîtres du jazz internationaux (expérience de jazz subtile).
Jazz Round Town : spectacles de jazz dans tous les endroits de la ville.
Love My Music : pour les amateurs de jazz passionnés.

Au programme : « New York Voices », la chanteuse chinoise quadrilingue Shunza, Mike Stern, Dave Weckl, le saxophoniste chinois Ye Huang etc.

À bientôt…
Françoise Maugein culture@shanghai-accueil.com