Cultures Shanghai

CultureS Shanghai de juin 2018

Le 18 mai à Shanghai, c’était la « Journée Internationale des Musées » puis ce samedi 9 juin 2018, la « journée du Patrimoine culturel et naturel » Elle a permis l’ouverture exceptionnelle de 97 sites et leur gratuité. Comme pour l’ancien poste de police néoclassique de 1918 qui conserve 3 cellules de l’époque au rdc ainsi qu’à sa droite, la cour mixte de justice faite de briques et de bois (22, Jianguo zhong lu). Dommage, l’accès reste encore compliqué pour les étrangers. Cet événement contribue à la culture mais aussi à la prise de conscience pour la population chinoise de la nécessité de protéger son patrimoine unique.

La « Journée portes ouvertes dans les monuments historiques » instituée par Jack Lang en 1984, qui inspira plus tard les « Journées européennes du patrimoine » dans 50 pays, a trouvé un nouveau souffle sur la Terre du Milieu.

Bien plus de temps pour découvrir…

 

Peinture

« Colossus »par Yoann Mérienne Jusqu’au 15 juillet 2018.

ArtCN Gallery, du mardi au dimanche 11h à 18h
Adresse : 876, Jiangsu Road près de Huashan Road, 上海市江苏路876号,近华山路.
Métro : Lignes 10/11 (st. Jiaotong University).
Tel : +86 21 6167 3917.
Contact : contact@annececilenoique-art.com
Pour + d’infos : www.annececilenoique-art.com.

 

Anne-Cécile Noique inaugure dans un nouvel espace repensé sa galerie ArtCN. Elle fut l’atelier de l’artiste Christian de Laubadère. Dans ce lieu ça a évidemment du sens ! Elle accueille un jeune artiste lyonnais à l’univers très particulier dont c’est la 1ère exposition solo en Chine.

Yoann Mérienne né en 1987 à Sallanches (Haute-Savoie), peint et dessine depuis l’enfance. Il remporte à 13 ans, le prix du « Concours International de Wallonie ». Diplômé en design industriel il part pendant 1 an pour voir le monde, en fait le bout du monde… l’Australie ! Il sait déjà qu’à son retour, sa formation de designer prendra une nouvelle direction, celle de la création artistique. Depuis il vit et travaille à Lyon.

 

« Colossus » induit la sculpture, la puissance, l’histoire et le mythique. Comme « une invitation au voyage et aux rituels », fil conducteur d’une dizaine d’œuvres et d’une sculpture de bronze.

En fait Yoann Mérienne n’a pas oublié sa formation originelle de designer industriel : création mentale et créativité sont toujours là et le travail sur le volume est au centre de ses expérimentations.

Technique : Toutes ses peintures nécessitent un travail en 3D au préalable. Les sujets principaux sont conçus en pâte à modeler professionnelle (meilleur compromis entre plâtre et terre) puis mis en scène sur toile (acrylique).

L’aspect sculptural devient ainsi très présent.
La couleur absente concentre l’attention sur la brillance et le volume, créant un univers si mystérieux. Il permet finalement, une appropriation du spectateur qui fait son cheminement et ses propres interprétations.

Pourtant au départ il y a une création mentale de l’artiste : le dernier rituel d’un personnage qui voyage de A à B. Il y aura donc le voyage et les rencontres puis le cheminement (représentation des lieux des petits formats) et enfin les objets ramenés comme la « Victoire de Samothrace. »

Tout est suggéré, rien n’est imposé. Les fleurs séchées, le crâne ou « Vanité » empruntés à la peinture classique rappellent que la puissance et l’avoir sont vains et que la fin physique est inéluctable, seul l’esprit reste inaltérable.
La bougie éteinte rappelle la vie effacée, la « Victoire de Samothrace » la puissance alliée à la douceur, mais aussi le prix de chaque victoire…
Les sarments de vigne sur la tête du pécheur rappellent le visage Christique, mais c’est aussi les bois du cerf, l’esprit de la forêt pour l’artiste. Les roses symbolisent la beauté (fragile et temporelle) et l’amour, la boussole indique la direction à prendre. Le Temps et l’Espace comme 2 fatalités imposées à toute condition humaine. Finalement « La non explication pousse l’imaginaire plus loin… »

 

Pour Yoann Mérienne « expérimentations et techniques sont solitaires afin de ne pas diluer sa patte, son univers… »

Notons l’intérêt de l’artiste pour le vêtement religieux (lien avec le rituel) ou les costumes qui hors de leur contexte deviennent surprenants voire absurdes. La nature est mise au service du sujet principal : un ciel d’orage potentialise le drame. L’antique et le contemporain se percutent, créent l’émotion et nous libèrent pour un instant, de l’emprise du temps.

 

 

Histoire urbaine

« Le Cœur de la Ville »

Jusqu’au 5 août 2018,
Centre d’exposition de la planification urbaine de Shanghai,
du lundi au jeudi de 9h à 17h, dernière admission 16h, vend, sam, dimanche de 9h à 18h.
Adresse : 100, Avenue Renmin, People Square, district Huangpu.
Métro :  lignes 1,2,8 sortie 2.
Entrée : adulte : 30元 enfant : 15元. Audioguide (ang).
Tel : +86 21 6318 4477
Site http://www.supec.org/english/english_page.htm

 

Le nom du lieu n’est pas engageant mais son intérêt bien réel ! Ouvert en 2000, le Centre d’Exposition de la Planification Urbaine de Shanghai raconte son histoire et son futur. Situé au cœur de la ville, sur la Place du Peuple (Rénmín guǎngchǎng), ses 5 étages surmontés sur le toit de 4 fleurs stylisées de magnolia (symbole de la ville), renferment bien des découvertes : photos, objets du passé mais aussi visites virtuelles et expositions interactives. Le High tech est mis au service de la compréhension des mutations de Shanghai.
Bien-sûr l’immense maquette au 3ème étage, succès du lieu, va l’illustrer parfaitement. Des passerelles surélevées vous permettront de voir la ville sous tous les angles. D’autres salles présentent « Shanghai expo 2010 », le port en eaux profondes (Yangshan Deep Water Port) à + de 30 km au large de Shanghai etc.

Tous les enjeux de l’urbanisme sont abordés de manière simple et pédagogique (transport, politique écologique, architecture, social etc.) Au sous- sol, vous trouverez boutiques, restaurants et salons de thé ambiance Shanghai années 30, tout comme au Musée de l’Histoire de Shanghai (sous la Pearl Tower) …en Chine, le commerce n’est jamais très loin !

C’est dans ce lieu qu’une exposition « Le Cœur de la Ville » retrace sur 100 ans, les mutations du quartier de la Nanjing Dong Lu. Sa rue commerçante, ses cinémas, ses parcs d’attractions, son hôtel de la communauté etc. Développement de la Place du Peuple, style de vie des quartiers, réhabilitation des routes et arrivée des centres commerciaux… tout se retrouve sur les photos, maquettes architecturales et vidéos. 5 photographies aériennes du centre-ville prises par l’institut d’arpentage et de cartographie de la ville, entre 1948 et 2017 seront exposées pour la 1ère fois, ainsi que 7 cartes de 1884.

La Nanjing Dong lu était déjà dans les années 1930 la 1ère rue commerçante de Shanghai et le Park Hotel conçu par le génial Laslo Hudec, ouvert en 1934, restera le plus haut building d’Asie pendant 50 ans (83,8 m). Il est d’ailleurs présenté en modèle 3D.

Quelques nostalgiques de cette époque encore vivants ont participé à l’inauguration de l’exposition temporaire. 10 vidéos racontent leurs histoires du passé.

Cette exposition est coorganisée par le sous-district de Nanjing Dong lu, le Centre d’exposition de la planification urbaine de Shanghai et les archives du district de Huangpu.

Crédit photo : Dominique Bréan.

 

Architecture et art contemporain

« Silk Cavalo » MIFA 1862

 

Jusqu’au 14 juin 2018 mais prolongé jusqu’en juillet, MIFA 1862.
Entrée libre. Info en ang. (QR code à l’entrée et info sous les œuvres). Ouvert également le dimanche. Adresse : 1777 Binjiang av/Jimo Lu滨江大道1777号, 近即墨路 ; Lujiazui district.
Métro : Ligne 4, St. Pudong Avenue. (10’ de marche). Pensez au vélo partagé…
WeChat : Theater1862

 

 

En 1862, cette grande bâtisse de briques, de béton et de charpentes métalliques, sur la rive Pudong du Huangpu, était le chantier naval britannique Xiangsheng.
En 1951, l’histoire rebat les cartes et le chantier naval de Shanghai reprend les lieux.
En 2005, son propriétaire l’abandonne et déménage à Chongming. Après 155 ans, une nouvelle vie commence pour le bâtiment de 4 étages grâce à l’architecte japonais Kengo Kuma, également responsable du stade national de Tokyo et du Hongkou SOHO de Shanghai. Le MIFA 1862 Art Center est né !

Kuma conserve la structure originale du chantier naval, les piliers et pipelines). Il offre au MIFA 1862 Art Center, une façade de pixels orange très contemporaine. La répétition des formes est sa marque. Autrefois, pas très loin du site, un ancien cimetière de 2000 « places » accueillait la sépulture de marins britanniques.

 

Une partie du bâtiment est gérée par le Poly Theatre. Son 1er événement public fut une adaptation moderne de « La Mouette » de Tchekhov, interprétée par la compagnie « Oskaro Koršunovo Teatras. »
Dans l’autre partie, de grandes baies vitrées donnent sur la rivière Huangpu, apportant la lumière aux volumes immenses et 2 galeries de part et d’autre d’un hall central s’organisent sur 4 niveaux. Les pièces qui les composent sont pour la plupart encore vides. Le lieu est en devenir, mais bientôt restaurants, ateliers, boutiques d’art prendront place.

 

 

C’est au rdc que se trouve l’exposition « Silk Cavallo » de Simon Ma, inaugurée en grande pompe le 14 avril 2018, avant une tournée mondiale.
Artiste contemporain chinois touche à tout et « banckable », il lui aura fallu 2 ans de gestation et un sujet : le cheval traité par différentes techniques (encre, pinceau à main levée, laque, vidéo 3D et sculptures en verre).
Le grand « cheval Bienveillance » (céramique blanche et peintures), œuvre maitresse de son exposition mondiale de 2014 fut inspirée par le Maître Xu Beihongou ou « Jupéon » célèbre en Chine, pour ses représentations de chevaux : https://www.youtube.com/watch?v=YX3-qj-4pjU .

Il y a aussi la grande sculpture « Peace Horse » (Peace 融 马), hymne à la Paix au travers des caractères de différentes langues.
Vous verrez aussi un cheval façon « Sancai» (3 couleurs) typique de l’esthétique de la dynastie Tang.
Touché ou pas par l’artiste, le bâtiment et son histoire valent le déplacement… et le suivi de sa programmation future.

Possibilité de poursuivre par une très belle promenade sur les rives du Huangpu en direction des 4 tours emblématiques de Shanghai ou par une « croisière » en ferry vers l’autre rive : Yangpu district, pour de nouvelles découvertes…

 

Rappel :

1 – Jean Loh nous ouvre les portes de sa petite galerie Beau Geste et nous explique « Mai 68 , Wu Yue Feng Bao » par Bruno Barbey autour d’un « café-gâteaux ».
RDV : vendredi 15 juin, 10h30. Adresse : 210, Taikang road, Building 5, espace 519

2 – « A Beautiful Elsewhere » 1ère présentation en Chine de la collection Cartier pour l’Art Contemporain.
Jusqu’au 29 juillet au Power Station of Art,
Adresse : 200 Huayuangang lu.
Entrée : 60元

Bonne chance aux jeunes qui passent leurs examens et qui partiront pour de nouvelles terres de découverte. Qu’ils emportent avec eux, un peu de Chine !

Bonnes vacances et à bientôt…
Françoise Maugein culture@shanghai-accueil.com