CultureS Shanghai

10 novembre 2018

"CultureS Shanghai" Novembre 2018

"CultureS Shanghai" Novembre 2018

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« CultureS Shanghai »

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La lumière baisse inexorablement sur Shanghai, parce-que c’est novembre, parce-que l’automne fait son œuvre…Il faut donc chercher la lumière et l’énergie ailleurs ! Et pourquoi pas celles d’Ann Niu et sa nouvelle expo « Flash-Flash », ou celles de Russel Young et ses « Superstars » à la poudre de diamants, celles des couleurs de Chen Xuanrong , ou de l’énergie véhiculée par la culture Hip Hop de Huang Yulong.

Peinture

« Flash-Flash » par Ann NIU

Jusqu’au 9 décembre 2018. ArtCN Gallery, du mardi au dimanche 11h à 18h.
Adresse : 876, Jiangsu Road près de Huashan Road,上海市江苏路876号,近华山路
Métro : Lignes 10/11 (st. JiaotongUniversity). Tel  : +86 21 6167 3917.
Contact : contact@annececilenoique-art.com
Pour + d’infos : www.annececilenoique-art.com

ArtCN reçoit pour la 4 ème fois, Ann Niu, avec une série complexe et un rendu visuel réussi. On retrouve la même qualité de réflexion de l’artiste, ses interrogations et ce même désir de dialogue et de jeu avec le « regardeur ».
À l’entrée, « Legend series » fait le lien avec son travail antérieur, mais vous devrez entrer dans la 2 ème pièce, pour le 2 ème effet « Ann Niu » !
À travers ses symboles, ses arcanes plus ou moins dévoilés, le mystique est présent dans son travail et il est non déconnecté de notre humanité. Il se présente comme une allégorie des sentiments humains qui nous lient : joie, nostalgie, naïveté...

Votre regard ne pourra résister à l’attrait visuel des matériaux choisis : paillettes colorées, perles et cristaux (certains de Swarovski) se lient aux papiers imprimés, aux encres et aux huiles, posés sur des toiles au tressage plus ou moins fin ou sur du papier de riz.
La littérature chinoise, l’esthétique des Hanzi et ses constructions mentales sont le point de départ du travail d’Anne Niu, mais cette fois, sa volonté d’un effet visuel fort par les matériaux choisis, lui donne un esprit Pop’art évident.

« Flash-Flash » c’est l’évocation du temps passé et futur mais aussi le jeu de lumière des paillettes, qui donne une énergie mouvante à son travail. L’artiste ajoute aussi des codes et des symboles, pour nous intriguer et nous obliger à chercher, à créer le dialogue avec elle. Vous reconnaîtrez peut-être les caractères « Da Ji » (jour de chance), présents dans les calendriers lunaires chinois et qui vous indique le moment favorable, pour un nouveau travail, une union, un déménagement.
Il y a aussi cet indicatif téléphonique, pour évoquer Shanghai, ville où l’artiste est née et où elle travaille.
Elle conçoit sa dérision, son extravagance et sa référence à la littérature par le biais des citations cachées, comme « un hommage au dadaïsme ».

Ann Niu étudie la calligraphie et la peinture très tôt, elle complète sa formation au Japon (Musashino Fine Art University), puis travaille dans le monde de l’art et du design. Aux U.S, elle finit par se consacrer à son art et rentre en 2000, à Shanghai. Elle a exposé à Hong-Kong, Singapour, en Australie, France et au Japon…

Ann Niu et ses petites lunettes rondes est une joueuse. Même sa coiffure semble avoir bénéficié de sa palette multicolore. Elle me dit son inquiétude d’artiste, au moment où elle doit partager son travail : « L’œuvre était-elle arrivée à son aboutissement ? » …Y a-t-il une réponse ?
À noter, la mise en place réussie d’une des séries d’œuvres sur des ½ sphères de plexis, lui donnant une amplitude intéressante.
Inutile de vous contenter des photos de l’exposition, vous perdriez c’est sûr, tout l’effet visuel et émotionnel des paillettes et des reliefs, impossible à retranscrire pour ce genre de matériaux.
Vous le savez bien, tout comme l’artiste, rien ne vaut le direct avec l’œuvre …

« Symphony of The Century ». Mutations du Bund et des alentours.

Jusqu’au 31 décembre 2018. "Musée d’art" de Shanghai Jiushi Bund, Jardin & Matheson Building,
du mardi au dimanche 10h à 16h30, dernière entrée à 16h
Adresse : 27 on the Bund, mais entrée/sortie par le côté droit du bâtiment (Beijing east Road / Zhongshan road passer le porche puis ascenseur F6).
Métro : Lignes 2 et 10 st.Nanjing east road . Tel  : +86 21 6167 3917.
Entrée gratuite sur réservation via le QR code joint ou WeChat par http://www.quyou.net/hpzsh/order.aspx.

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crédit photo Ti Gong

Ce nouvel espace culturel se trouve dans le bâtiment de 6 étages des anciens bureaux Jardine, Matheson & Co ou EWO (1922).
Elle fut la plus grande société de négoce en Chine et en extrême Orient. C’est elle qui pour protéger le marché très profitable de l’opium, fait déclencher les guerres de l’opium. Ce bâtiment est donc chargé d’histoire. Il est aujourd’hui classé au Patrimoine national. L’importante compagnie Jiushi gère ce petit musée, bientôt amélioré. Jiushi est issu du gouvernement de Shanghai et détient 1 compagnie de bus, 1 compagnie de taxi, des centres d’activités publiques, l’organisation du Prix de Shanghai de Formule 1 et du Shanghai Master Tour de tennis, mais aussi de l’immobilier, par les 35 bâtiments du Bund et bien plus encore !

Cette exposition temporaire de peinture, sur l’histoire et les mutations du quartier du Bund, s’arrêtera le 31 décembre 2018 pour des travaux, afin d’offrir un plus bel espace qui ouvrira en juillet 2019.

C’est un bon moyen de partager en famille, vos connaissances architecturales et historiques, au travers de ces représentations sur ce quartier. Il fut le lieu d’installation des premiers arrivants/aventuriers de la nouvelle Concession britannique, arrachée à la Chine, par le traité de Nanjing (1842).

Vous reconnaîtrez le Sémaphore des Jésuites et la rivière Bianjiang, limites avec la Concession française, mais également le quartier du Rock Bund où s’installe le 1er Consulat Britannique (au carrefour stratégique entre le trafic fluvial du Huangpu et celui de la rivière Suzhou), le club d’aviron et sa piscine ou la petite église protestante sur la Yuanmingyuan lu aujourd’hui.

Il y a aussi le Bâtiment historique d’HSBC (avec sa coupole), l’entrée de la Nanjing lu, la Cathay House de Victor Sassoon et sa pyramide verte (le Fairmont Peace Hotel aujourd’hui), la salle du bar (le + long du monde à l’époque : 21 m !) du Waldorf Astoria etc.
Une vidéo présente des films d’époque de ce quartier emblématique et touristique du Bund. Pour finir, vous aurez la vue imprenable sur les 2 axes du Huangpu et les tours de Pudong.

L’intérêt de cette exposition sera bien l’évocation historique et l’intérêt pédagogique, pas les techniques artistiques...

Peinture/ Sculpture

« Altered State : Deciphering Urban in the Art » Chen Xuanrong et Huang Yulong.

Jusqu’au 30 décembre 2018. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche, de 10h à 19h.
Adresse :191, South Suzhou Road, Huangpu District.
Métro : Lignes 10 et 12, St. Tiantong road.
Tel : +86 21 6333 7223 ; Contact : contact@artplusshanghai.com
Site  : www.artplusshanghai.com

Un vent de jeunesse s’est emparé de la galerie Art+ Shanghai, avec ces 2 artistes baignés par la "Culture de rue". Chen Xuanrong et Huang Yulong, c’est une synergie évidente, malgré les 8 ans qui les séparent et le choix différent des médias, pour exprimer leur créativité. La vague, du Hip-hop né dans les années 1970, dans le quartier du Bronx à New-York, fut adoptée peu à peu par la jeunesse urbaine, dans le reste du monde, qui en se l’appropriant, a su la faire évoluer. Le Hip-hop c’est l’affirmation sans compromis, de ce que l’on est et de ce que l’on désire ou rejette. Elle ne se limite pourtant pas à une vision individualiste, car les 2 artistes interrogent l’urbanité en Chine, les inquiétudes et les espérances qu’elle fait naître.

Chen Xuanrong : est né en 1991, à Zhangzhou (province du Fujian). Après des études de sculpture, il intègre la prestigieuse CAFA de Beijing, mais dans un département assez atypique : l’impression. Il vient d’obtenir son Master (7 ans d’études) en 2018. Il a reçu le 3 ème prix pour son travail final à la CAFA. Intéressé par la culture Pop, Il part aux U.S et pense abandonner ses études dans l’impression, mais il sait qu’elles lui apportent une connaissance des matériaux ( gravés afin d’imprimer). Le choix de couleurs vives, aujourd’hui est comme une libération, après les 3 ans de noir et blanc en étude d’impression !!!

Le graphiti est devenu son langage, il n’est pas seulement représenté dans son travail, mais il devient une manière de représenter un immeuble, des bus etc. Ses décors semblent abandonnés par les hommes mais investis par le Street art, comme un témoignage de leur passage.
Après la découverte des oeuvres classiques des musées, puis du Street art, il choisit de les mêler, pour ne pas les opposer,
(illustré par l’encadrement classique, d’une toile de Street art).
Il vit et travaille à Beijing. Il a été artiste en résidence à Shanghai (OneHome Art Hotel) et à Taipei (MOCA).

Huang Yulong : (黄玉龙) est né en 1983 à Huainan ( province de l’Anhui). Il obtient un Bachelor de sculpture à l’Institut de céramique de Jingdezhen, berceau de la porcelaine. Tout comme sa génération d’enfant unique né dans les années 80, il s’imprègne de la culture du Monde, puis utilise les médias et les savoir-faire de Chine et d’ailleurs (porcelaine, patine métallique, verre, bronze et cristaux).

Dans la série "Skateboards", il marie tradition et culture de la jeunesse d’aujourd’hui, qui se globalise, au delà de ce que veulent les dirigeants : des skateboards, objets de rue, sont anoblis en porcelaine et recouverts de symboles réservés dans le passé, à la protection des élites (dragon, chauve-souris, Xiling, l’animal mythique et symboles bouddhistes).
Tout comme le skate de la culture Hip-hop, ses personnages sont revêtus du sweat à capuche, mais n’ont pas de visage. Sans lui, on ne peut identifier, la culture, le genre, l’âge de la forme humaine. Privé du regard, notre attention peut alors se porter, sur le langage du reste du corps.

L’oeuvre "YoBro" défit l’équilibre quand 2 "Brothers" se saluent, façon Hip-hop et à l’envers. Il existe une version taille réelle.
Pour lui, la culture hip-hop est "caractérisée par l’énergie, le pouvoir, la pureté, la sexualité, la liberté, le courage mais c’est aussi les pleurs et le sang".

Père d’une petite fille de 4 ans, Huang Yulong me dit que la parternité a apaisé ses colères, il goûte ainsi plus au bonheur de l’instant présent. Il espère "le futur toujours meilleur au-delà de l’adversité et des pressions du contemporain".

Le vernissage de l’exposition de Chen Xuanrong et Huang Yulong fut assez atypique pour une galerie d’art. Pour accompagner les cultures de Street art et Hip Hop des 2 artistes, la musique avait envahi les lieux et les visiteurs étaient invités à poser sur un grand panneau blanc, leurs marques en couleurs, au pinceau ou même avec les doigts. Beaucoup ne se sont pas faits prier..."J’aurais voulu être un artiste...." !!!

Parce-que Shanghai aime la lumière et les strass…

Expo Photo

« Superstars » par Russell Young

Jusqu’au 6 janvier 2018. Modern Art Museum Shanghai (Yicang Art Museum). Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h. Adresse : 4777 Bingjiang main road (Puming road/ Pudian road), Lujiazui district, Pudong. Entrée côté Sud, par une rampe (tout le RDC est en transformation).
Prix : 70 (étudiant, senior, carte Unionpay Diamond/Platium)-100 RMB.
Info : mandarin et anglais. Accès Wifi gratuit.

Histoire du lieu : « Modern Art Museum Shanghai » ou « Yicang Art Museum », est né d’un lieu de stockage de charbon réhabilité, sur les rives du Huangpu côté Pudong. Dans les années 70, 50% des familles de Puxi se chauffaient grâce au charbon de Pudong. En 1998, l’activité du site s’arrête.

Zang Xi initie le projet de réhabilitation, en le proposant aux autorités de Shanghai il y a 7 ans, mais c’est Anais Kang qui élaborera dès 2012, le concept de ce musée et suivra sa réalisation. Elle a fait ses armes sur le riche site industriel de la Ruhr (Allemagne) et a mené à bien, l’un des plus importants projets de réhabilitation de Taipei (Taiwan) : Taihoku Winery de 1916, transformé en lieu de culture : « Huashan 1914 Creative Park ». Bâtiment d’état, le "Modern Art Museum Shanghai" est géré par la célèbre « Halcyon Gallery » londonienne qui accompagne la famille royale britannique, dans le mécénat artistique, par exemple.

Russel Young, artiste de 59 ans, a grandi dans les cultures britannique et américaine. Il étudie le cinéma, le graphisme et la photographie à Chester et Exeter. Il part travailler à Londres. Il y photographie les stars de l’époque Paul Newman, Bob Dylan, Diana Ross, Bruce Springsteen, David Bowie… Il travaille pour des magazines comme Blitz, tourne des vidéoclips et conçoit même la fameuse couverture de George Michael, « Faith » en 1986. Il finit par acquérir une partie de la célébrité de ses sujets. A New-York, en 2000, il décide d’une démarche créative plus personnelle via la peinture, travaillant dans un studio de Brooklyn. Il exposera à Paris, Londres, Singapour, Zurich, Montréal… New-York, où il vit et travaille tout comme en Californie. Il a reçu avec sa femme Finola Hughes, le prix Spirit of Elysium, pour leur engagement dans des actions utilisant « l’art comme catalyseur de changement social ».

Cet espace atypique sur les bords du Huangpu, s’accorde parfaitement avec le propos de l’exposition de Russell Young. « Superstars » c’est la gloire mais aussi l’envers du décor, du rêve américain ou du star system, qu’il connait bien.

Comme une double face de la célébrité. Tout commence dans la 1ère partie, par une présentation du contexte historique de l’Amérique quand il est enfant (années 60) et les icônes (chanteurs, politiciens, stars du cinéma) qui l’accompagnent et les nouvelles idéologies que cette période fait naître.
Puis c’est à vous de jouer : vous pouvez prendre la pause dans 4 mini studios (fonds bleu, rose, jaune et rouge).

Vous récupérez les épreuves par un code QR via WeChat et vous pourrez en faire imprimer 1 à la fin du parcours. Ce sont les "15’ minutes de gloire" que nous prédisait Andy Wharol... Une « célébrité éphémère », ne vous emballez pas !

À l’étage supérieur (F3), cette exposition complète sur le travail de Russell Young, présente ses séries « Pig Portraits », la plus connue (2003), « Pretty Things » (2010) et quelques autres. Peinture, sérigraphie, sculpture et vidéo seront les supports. Des portraits issus de la presse, d’internet et même de fichiers de police, comme ceux de David Bowie, Elvis Presley, Al Pacino, sont rehaussés de couleurs monochromes et rappellent le travail du « pape du Pop art », Andy Warhol, qui lui aussi côtoyait les " Superstars", tout comme le milieu underground.

Et quand les visages de ces stars qui ont accompagné la jeunesse de Russell Young (ou la nôtre !), sont projetés sur les murs des dévidoirs à charbon, l’effet « grandeur et décadence » est immédiat !

Les séries "Pretty Things" et "Fame and Shame" seront rehaussées elles, de poussière de diamant. L’effet visuel est réussi.
Des séries plus sombres comme Helter Sketer (2010) , après le meurtre de l’étudiante Meredith Hunter, par des Hells Angels et sur l’Amérique blanche moins glorieuse qui extermine les autochtones. Les vrais héros pour Young, sont donc les indiens et non les cowboys comme le montre le cinéma Hollywoodien. Cette exposition est aussi un voyage au milieu de nos icônes du passé.

"Superstars" n’a pas oublié de mettre en lumière les stars asiatiques, sur la fin du parcours. L’Asie veut sa place au soleil ...

Dans le prolongement du Modern Art Museum Shanghai, vous trouverez dans des structures industrielles réhabilitées, petits restaurants et cafés, sur une façade de 800 m pour l’ensemble ! Après la visite de l’exposition, vous pouvez prolonger par une balade, sur les rives aménagées du Huangpu (13 km vers le Sud et 23 km vers le Nord). Des vélos à louer se trouvent sur la Puming lu.

Rappels :

  • Cinéma : European Union Film Festival in China, du 8 au 19 novembre 2018 : https://mp.weixin.qq.com/s/dTO77St3SSptWQ3u_tMYUQ

  • Sculpture : Louise Bourgeois jusqu’au 24 février 2019, au Long Museum : http://thelongmuseum.org/en/exhibition/overview/2dcfuv

  • Photo : L’incontournable, l’international et insaciable J.R qui a laissé sa marque auprès des Shanghaïens en 2014, est de retour à partir du 11 novembre 2018, chez Danysz Gallery, 256, Beijing East road !

  • Musique : The Distortions, groupe de rock et de New wave français formé à Shanghai, se produira le 24 novembre 2018, au Must Grill (881, Wuding lu à 21h). Une bonne cure de jouvence au son des années 80-90 et si vous ne résistiez pas au Dancefloor ?

À bientôt…
Françoise Maugein
culture@shanghai-accueil.com

16 octobre 2018

"CultureS Shanghai" Octobre 2018

Octobre à Shanghai , c’est le parfum généreux de l’Osmanthus dans nos rues, nos parcs et nos jardins, octobre à Shanghai, c’est les derniers efforts du soleil pour nous faire croire que l’hiver ne viendra pas, octobre à Shanghai c’est le mois le plus sec, dans une zone subtropicale et donc le temps le plus propice pour faire découvrir notre ville d’adoption, à nos familles et nos amis.

« CultureS Shanghai » s’adressera dans un 1er temps, plus particulièrement aux nouveaux Shanghaïens ou aux chanceux qui viendront nous visiter dans "l’Empire du Milieu", comme on dit depuis la dynastie Zhou !

3 lieux incontournables pour la compréhension de l’histoire et des mutations de Shanghai, pour la découverte de la créativité chinoise, au fil des dynasties et pour le merveilleux , tout droit venu de la dynastie des Song du Nord...

"CultureS Shanghai" Octobre 2018

Musées

1. Musée de l’Histoire de Shanghai

Ouvert tous les jours de 8h à 21h30  ! Adresse : 1 Shiji Avenue, Lujiazui, Pudong, (浦东世纪大道1号,近陆家嘴环路). Métro : Ligne 2, st. Lujiazui. Tel : +86 21 5879 3003. Entrée : 35 yuans.

Plutôt que les hauteurs de la Pearl Tower, dépassée depuis bien longtemps par les tours "Jin Mao" (1999), "SWFC" (2008) et « Shanghai Tower » (2015), préférez la terre ferme !
En effet depuis 1984, la base de la tour renferme les secrets de l’histoire de la plus cosmopolite des villes chinoises : Shanghai !

Vous pourrez ainsi déambuler de la dynastie Ming à nos jours, au travers de rues reconstituées pour vous imprégner de son ambiance.
Une ferme, des vendeurs de Tofu, de vins et condiments, une pharmacie chinoise, des restaurants, maison de thé, des artisans, des scènes de rue au milieu des maisons shikumen ou bien une carte animée pour comprendre la progression des concessions étrangères après les guerres de l’opium, défileront le long de votre parcours.
D’imposantes et belles maquettes (comme celle de la fameuse maison de thé Dangui et ses représentations d’Opéra de Beijing), des vidéos et hologrammes ou objets d’époque, seront accompagnés d’informations en anglais et mandarin.
La fin du parcours réorganisée depuis 2 ans, vous emmènera vers des petits commerces (le négoce n’est jamais très loin)...mais dans l’ambiance d’un lilong de maisons shikumen.

Le Musée de l’Histoire de Shanghai, une manière simple et ludique de découvrir et comprendre la ville qui nous accueille.
Un lieu à partager en famille. Prévoir 2h (4000 m2).
Un aperçu : https://www.youtube.com/watch?v=o5KfgsYObso

Si l’attraction de la Pearl Tower rose métallisé, de 468 m était vraiment trop forte, vous devrez supporter la longue queue de touristes et de toute façon, vous arrêter à la 2ème sphère, sans jamais atteindre le sommet, mais vous aurez la sensation du vide sous vos pieds !

2. Musée de Shanghai

Ouvert tous les jours de 9h à 17h (dernière admission à 16h). Adresse : Renmin Dadao.
Tel : +86 21 6372 3500 ; Site :www.shanghaimuseum.net Pour audio guide, pièce d’identité nécessaire.

Ouvert en 1996, ce musée d’art chinois ancien est divisé en 10 départements : bronzes, sculptures (au RDC), céramiques (au 1er étage), peinture traditionnelle, sceaux, calligraphie (au 2ème étage), jades, monnaies, mobilier des dynasties Ming et Qing, artisanat des minorités ethniques de Chine (au 3ème). Ce fond permanent est complété par des expositions temporaires tout au long de l’année. Préférez la sélection de 2 ou 3 départements maximum, par visite (surtout avec des enfants), afin d’éviter la saturation, ce serait dommage !
Tout le monde y trouvera son compte mais la découverte de l’artisanat des minorités ethniques (costumes, bijoux, objets de rituel, accessoires vestimentaires) est tout simplement étonnante, comme ce costume en peau de saumon de l’ethnie des Hezhen du Heilongjiang (la Mandchourie sous la dynastie des Qing) ou cette coiffe en corail et argent Mongol. Plus loin, la reconstitution de pièces au mobilier Ming puis Qing vous permettront, d’un seul coup d’œil, d’en comprendre plus facilement les différentes caractéristiques.

Le Musée de Shanghai présente aussi des expositions temporaires de qualité. En ce moment (du 28 septembre 2018 au 6 janvier 2019) : « Pathways to Modernism, Americain Art 1865-1945 ». De multiples services proposés, une information sur l’objet et à l’entrée de chaque département, un document (en libre-service) et en anglais, une entrée gratuite et surtout des pièces exceptionnelles ferait du Musée de Shanghai, le deuxième plus beau de Chine !

3. Musée des Arts de Chine

Ouvert du mardi au dimanche de 9h à 17h. Adresse : 161, Shangnan road/Guozhan road, (site de Shanghai Expo 2010) Pudong. Métro : Ligne 8, St. "China Art Museum". Tel : 021- 6222 8822. Entrée : gratuite (20 yuans pour la fresque animée) ; F12, ticket au comptoir face à l’arrivée de l’escalator.

Ce musée qui fut le Pavillon de Chine durant l’Exposition Universelle de "Shanghai Expo 2010", abrite dorénavant un fond permanent de peinture, sculpture, dessin, vidéo etc. ainsi que de très belles expositions temporaires (les Naturalistes, à la 1ère Biennale de Shanghai, Botero, celle des magnifiques Tangkas Tibétains etc.
Oubliez la hiérarchie des genres en peinture, des musées de la vieille Europe et du Salon. Ici se côtoient une représentation d’Albert Einstein à Shanghai en 1922, apprenant sa nomination au Prix Nobel et celle d’un leader politique visitant une usine...le tout en grand format ! Qualité inégale mais surprenant et rafraichissant.

Pour la Magie, il faudra d’abord atteindre les sommets (12ème étage) de ce pavillon, à la couleur rouge du bonheur, en Chine. En effet, muni de votre ticket, vous vous transporterez dans le quotidien de la capitale Bianjing (Kaifeng aujourd’hui) sous la dynastie des Song du Nord (960-1127), grâce à une immense fresque animée et bruitée, appelée "Along the River during the Qing Ming Festival" ou la "Mona Lisa de Chine". Vous serez les témoins de la vie des habitants de toutes conditions et de tous âges, de Bianjing et ses alentours, de jour comme de nuit. Vous découvrirez en amont l’histoire de ce rouleau de soie de 5,25 m, base de travail de cette animation, aux records d’affluence durant Shanghai Expo 2010.
La dynastie des Song (960 -1279) étant la plus longue des dynasties chinoises après J.C, ça vaut bien quelques dizaines de minutes de votre attention, non ?

Musée et gastronomie

Shikumen Wulixiang Museum

Shikumen Wulixiang Museum, ouvert de 10h à 22h Jusqu’au 23 octobre 2018 pour l’expo Wagashi ! Adresse : N°25, lane 181, Taicang road. Métro : Lignes 1 (st. Huangpi South Road) ou 10 (st. Xintiandi). Prix : 60 RMB (musée+ petite expo Wagashi). 20 RMB (musée). Tel :33070337

Au cœur du quartier Xintiandi en partie reconstitué, il reste pourtant quelques vestiges du passé. Cette maison Shikumen (traditionnelle de Shanghai) qui abritait des familles depuis les années 1920-30, témoigne d’une architecture passée, de son utilisation par ses habitants et des codes qui régissent son aménagement, présents dans toute la Chine de cette époque.

Rdc : Tout commence par le hall de réception, seule interface entre vie publique et vie privée de la famille. Meubles, chaises, objets de porcelaine, miroir de pierre, poutre au sol ou paravent sont souvent placés selon les règles du Feng shui, afin d’assurer la protection de ses propriétaires. A gauche, un bureau/salon, puis la chambre des anciens avec des objets du quotidien (poudre de riz, crème pour la peau, photos, panier-repas. La cuisine, lieu d’intense activité, est bien calme aujourd’hui, mais ustensiles, fourneaux à bois ou grande jarre (pour garder l’eau fraîche) sont prêts à reprendre du service.

Au 1er : Un petit escalier vous emmène dans la « Tingzijian », petite chambre glacée en hiver et étouffante en été qui était louée quelquefois aux lettrés et artistes désargentés, pour quelques pièces. Lit, bureau, étagères et petit réchaud, la sobriété pour ses locataires comme les Lu Xun, Mao Dun, Ba Jin ou le fameux Feng Zikai, dont les douces illustrations ornent les murs de Shanghai pour l’éducation à la citoyenneté, souvent dans l’oubli total de son auteur et de ce qu’il a été.

½ étage + haut : Chambre de la fille où l’on trouve coiffeuse, table de nuit, machine à coudre d’époque et juxtaposée à celle des parents. Radio, tourne-disque (nos enfants savent-ils ce que c’est ?) et ameublement, de la chambre parentale indiquent une classe aisée et éduquée. Ici pas d’intimité, la paroi entre les 2 chambres ne monte pas jusqu’au toit et pas d’isolation non plus, on est juste sous les tuiles ! Dans la chambre du fils, un pot à braises pour réchauffer les mains pendant l’étude mais aussi, pinceaux d’écriture et livres.
Après la machine à coudre de la chambre de la jeune fille, on perçoit bien que les projections parentales ne sont pas les mêmes selon l’enfant.

Au 2ème : La découverte du monde du Wagashi ! Lynn jeune chef et ancienne élève du prestigieux institut d’arts culinaires français, Cordon Bleu (installé dans le district de Lujiazui), se lance dans une nouvelle expérience. Elle fabrique dans son atelier/salon de thé (Pudong), sculpte et forme la jeunesse shanghaienne au Wagashi, cette « douceur » japonaise indissociable de la cérémonie du thé et dégustée dans le même esprit. Une belle vidéo explique le procédé de fabrication.

«  Voir le monde à travers le Wagashi », Cela semble un brin décalé mais sa fabrication nécessite, méticulosité et patience. La créativité et la concentration nécessaires amènent calme et sérénité. Une philosophie, parfois même une médecine. Ce n’est donc pas que de l’amidon de riz, de l’eau du sucre et du pois rouge. Adepte ou pas gastronomiquement, vous apprécierez la manière dont Lynn les expose sur le thème des 4 saisons. Poétique, coloré, « élégant ».

L’histoire est étonnante puisque c’est la dynastie chinoise Tang très avancée, qui a inspiré beaucoup des codes, lois, costumes, de la peinture, poésie et langue écrite de la nation japonaise. Elle lui a pris aussi le Guǒzi (菓子) japonisé en Wagashi. Ainsi, Lynn se réapproprie son patrimoine.

Architecture et art contemporain

« Alexi Lubomirski : Selected Portraits » au MIFA 1862

Jusqu’au 20 octobre 2018, MIFA 1862. Entrée libre, de 11h à 18h. Info en ang. (QR code à l’entrée et info sous les œuvres). Ouvert également le dimanche. Adresse : 1777 Binjiang av/Jimo Lu滨江大道1777号, 近即墨路 ; Lujiazui district. Métro : Ligne 4, St. Pudong Avenue. (10’ de marche). Pensez au vélo partagé…
WeChat : Theater1862

En 1862, cette grande bâtisse de briques, de béton et de charpentes métalliques, sur la rive Pudong du Huangpu, était le chantier naval britannique Xiangsheng. En 1951, l’histoire rebat les cartes et le chantier naval de Shanghai reprend les lieux.
En 2005, son propriétaire l’abandonne et déménage à Chongming. Après 155 ans, une nouvelle vie commence pour le bâtiment de 4 étages grâce à l’architecte japonais Kengo Kuma, également à l’origine du stade national de Tokyo et du Hongkou SOHO de Shanghai. Le MIFA 1862 Art Center est né ! Kuma conserve la structure originale du chantier naval, ses piliers, pipelines.

Il offre au MIFA 1862 Art Center, une façade de pixels orange très contemporaine. La répétition des formes est sa marque.
Une partie du bâtiment est gérée par le Poly Theatre. Son 1er événement public fut une adaptation moderne de « La Mouette » de Tchekhov, interprétée par la compagnie « Oskaro Koršunovo Teatras. »

Dans l’autre partie, de grandes baies vitrées donnent sur la rivière Huangpu, apportant la lumière aux volumes immenses et 2 galeries de part et d’autre d’un hall central s’organisent sur 4 niveaux. Beaucoup de changement depuis juin, puisque galeries, restaurants, boutiques de luxe, ateliers ont pris place.

C’est au rdc et dans plusieurs pièces que vous pourrez découvrir une sélection de portraits du photographe britannique, Alexi Lubomirski. Acteurs, réalisateurs, chanteurs (ainsi que la version féminine) et têtes couronnées sont au programme, mais seulement jusqu’au 20 octobre 2018.
Au 1er étage, la galerie Saisen Art présente « Nirvana-Water, Fire, Earth », première exposition d’artistes contemporains de poterie à Shanghai. La terre et le kaolin, dans tous les états.

Rappels :

1. 17ème édition de « La Semaine Française de Shanghai  » du 15 au 21 octobre 2018, Yandang Lu /Huai Huai Lu. Produits de consommation et Art de Vivre à la française sont au rdv. Site internet : www.lasemainefrancaisedeshanghai.com

2. Jing’an sculpture Park (128 Shimen Er Lu /Beijing Xi Lu de 6h à 20h30). Découvrez autour du Musée d’Histoire Naturelle (ouvert en 2015), les 53 œuvres sélectionnées et installées dans ce parc.

Œuvres personnelles ou collectives, elles ne vous laisseront pas indifférents. Trouverez-vous celle de l’artiste française et shanghaienne, Zoé Vayssières, « Doors to Memory » ?

Et puis MERCI aux artistes d’Harmony Shanghai, danseurs et musiciens, pour l’émotion partagée lors des « 4 saisons », ce week-end.
Intelligence créatrice et intelligence collective : c’est beau, c’est bon, c’est Espérant…

À bientôt…
Françoise Maugein culture@shanghai-accueil.com

25 septembre 2018

"CultureS Shanghai" septembre 2018

"CultureS Shanghai" septembre 2018

« CultureS Shanghai »

Shanghai, vous y êtes ! De retour ou nouvellement arrivés, «  CultureS Shanghai  » vous souhaite à tous, la bienvenue.

Soyez ouverts et curieux, la magie de la Chine fera le reste. Sa longue histoire, la richesse de sa culture, le raffinement de ses artistes vous imprégneront à jamais. Alors en France ou ailleurs, vous rechercherez inconsciemment ou non, des signes qui vous lient à elle. Vous verrez l’exposition du musée Cernuschi « Parfum de Chine : La Culture de l’Encens au Temps des Empereurs »
(https://www.youtube.com/watch?v=ZKH_H0FYgQM), les 2 dragons de la rue principale de Niort, deviendront un nouveau clin d’œil etc. Même le Viennois Klimt et son univers onirique, dans lequel on s’immerge au Palais des Lumières, à Paris ou au Hongqiao Art Centre à Shanghai, fut associé à la Chine, dans sa nécrologie…« Empire du Milieu » elle fut, incontournable la Chine l’est désormais pour vous.

La Chine et Shanghai ont tant à nous offrir. "CultureS Shanghai" met en lumière, certains événements (exposition, concert, théâtre, cinéma, danse, rencontre littéraire, cirque etc.) sans hiérarchiser l’événement, en fonction de la notoriété de l’artiste ou du lieu.

C’est aussi la possibilité d’une interactivité avec vous lecteur/spectateur par votre retour sur un spectacle ou l’information d’un événement intéressant, par le biais du mail :
culture@shanghai-accueil.com

Quelques propositions :

MUSÉE

« Reading Walking Louis Vuitton Travel Book » au Pearl Art Museum

Jusqu’au 7 octobre 2018 ! Pearl Art Museum, du mardi au vendredi de 10h à 19h (dernière entrée à 18h), samedi et dimanche de 10h à 22h. Adresse : 8/F, Aegean Place, 1588 Wuzhong Lu /Baizhang Lu (吴中路1588号8楼, 近白樟路).
Métro : Lignes 10 (st.Longbai Xincun, sortie 3).
Prix : 100 RMB, 60 RMB (WeChat store).
Pour + d’infos  : http://www.pearlartmuseum.org/en

Il est né en décembre 2017 l’audacieux projet, dans l’esprit de l’architecte autodidacte japonais de 77 ans, Tadao Ando. Le Pearl Art Museum est innovant à plus d’un titre. Il fait le pari d’amener l’art et la culture où vit la population d’une société mercantile, c’est-à-dire… dans un immense centre commercial ! Logé au 8ème niveau, sa lumière et sa disposition complexe donne une ambiance cosy et une impression d’espace. Il est en fait, le résultat d’un partenariat entre une grande maison d’édition/chaîne de librairies (Shanghai Xinhua Distribution Group) et un très grand propriétaire de centres commerciaux et de fournitures de magasins, en Chine (Red Star Maccaline Group).
Toutes les expositions auront donc un lien avec le monde du livre et de l’écriture.

«  Reading Walking Louis Vuitton Travel Book », c’est la volonté pour la célèbre maison de luxe française, de rassembler des œuvres et illustrations d’artistes autour de l’idée du journal de voyage, comme celui tenu par Louis Vuitton lors de ses pérégrinations (son cabinet d’écriture de voyage exposé). Les artistes et illustrateurs ont passé 3 à 4 semaines à l’étranger en résidence et leur travail exposé, fut la base d’édition de livres déclinés en 3 séries, sur 14 villes, pays ou territoires différents. La 1ère série contiendra que de l’écrit, la 2ème des illustrations/compositions, la 3ème des photos. Chaque livre a le nom de la ville, du pays ou du territoire décrit (Rio, Venice, Paris, Sydney, Moscow, Singapore, Arctique etc. et bien-sûr Shanghai ! Avant de découvrir ces ouvrages, vous pourrez observer les quelques 300 originaux, des 16 artistes et illustrateurs chinois et internationaux. Parmi eux, l’univers polaire de Blaise Drummond (Arctique), le trait reconnaissable de l’illustrateur, affichiste et dessinateur de BD, Floc’h (Edinbourg), ou l’encre traditionnelle de l’artiste et dessinateur de BD du Yunnan, Li Kunwu (Cuba), l’auteur suisse de BD Thomas Ott (Route 66) etc. Les œuvres sont installées dans des espaces spécifiques, des vidéos retracent les étapes de leur travail.

Puis vous découvrirez la librairie elliptique de Tadao Ando qui nous fait tout simplement oublier notre portable ! Le papier, l’écriture, le verbe reprennent leur « voix au chapitre » !!! Et puis si vous n’en avez pas assez, vous dévorerez dans la foulée, les livres d’un 2ème espace plus traditionnel, mais cette fois-ci, avec un café.

Si vous avez la bonne idée de sortir du lieu à la nuit tombée, vous aurez le droit à la féérie des eaux multicolores en musique.

Evènement soutenu par nos amis suisses…

DANSE

« Les Quatre Saisons » par Harmony Shanghai

Les samedi 13 octobre à 19h30 et dimanche 14 octobre 2018 à 14h, Shanghai Poly Grand Theater, Adresse : 159 Baiyin Road, Jiading District, 上海市嘉定区白银路159 号. Site : https://yoopay.cn/host/HarmonyShanghai www.harmonyshanghai.com
Contact : info@harmony-shanghai.com Tel  : 18202135724

Origine du projet :
En 2012, Christa Kröger-Wang danseuse, fonde Harmony Shanghai. Elle importe en Chine le projet de danse communautaire initié par Royston Maldoom.
Les danses modernes, créées par Royston Maldoom et ses chorégraphes font naitre « L’oiseau de feu » au Grand Théâtre de Shanghai (2012), « le sacre du printemps » au centre d’Art Oriental de Shanghai (2014) et « Carmina Burana » au Shanghai Poly Grand Theater (2016).

Objectif du projet « Les Quatre Saisons »  :
Réunir des jeunes de différentes cultures par le biais de la danse, afin qu’ils puissent apprendre à vivre ensemble et à créer du lien. Ils acquièrent des compétences en travail d’équipe, deviennent créatifs et apprennent à se dépasser, afin de performer de façon professionnelle sur scène.

Acteurs du projet :
Entre autres : 68 élèves des Lycée Français de Shanghai et Deutsche Schule Shanghai, 32 étudiants de DaZhong Technical School (Jiading), 21 étudiants de la Shanghai Commercial Accounting School (SCAS), 15 élèves de la British International School Shanghai Puxi (BISS), des jeunes d’une école spécialisée présentant un handicap etc.

C’est une performance conjointe, d’un orchestre primé de jeunes musiciens de talents et de 164 danseurs garçons et filles.
Les jeunes danseurs sont accompagnés par 3 chorégraphes et un designer lumière.
Volker Eisenach  : directeur artistique et fondateur d’une troupe de danse pour jeunes (Fater-Than-Light-Company), est aussi écrivain. Il fut l’élève de Royston Maldoom et travaille actuellement avec lui, sur des projets internationaux.
Cora Kartmann : Formée à Bühnentanz, elle a travaillé dans différentes compagnies. Elle étudie la danse communautaire à Vienne. Mia Sophia Bilitza : Chorégraphe indépendante, elle crée des pièces pour différents groupes d’âges et de capacités. Elle a également travaillé avec Royston Maldoom et fut chorégraphe en chef de la biennale des nouveaux talents du festival international d’art.
Peter Ayres : designer lumière est diplômé en arts dramatiques techniques, spécialisé dans la conception d’éclairage, principalement pour la danse contemporaine. Il collabore avec Royston Maldoom depuis plus de 15 ans.
Collaboration de Yang guang et Yu-Chien Cheng.
Ce projet fut aussi possible grâce aux parents bénévoles qui l’ont accompagné, comme la coordinatrice des élèves de Pudong, Carine Bonnois.

SCULPTURE

« Cut It Out : Paper World Of Tang Zhengwei »

Jusqu’au 21 octobre 2018. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche de 10h à 19h.
Adresse :191, South Suzhou Road, Huangpu District. Métro  : Lignes 10 et 12, St. Tiantong road.
Tel : +86 21 6333 7223 ; Contact : contact@artplusshanghai.com
Site : www.artplusshanghai.com

Art + Shanghai Gallery accueille un jeune artiste chinois, bien dans son époque : Tang Zhengwei.
Né à Chenzhou dans la province du Hunan (1987), il est diplômé de la China Academy of Art de Hangzhou (département de peinture), puis d’un Master (rappel : « Bac » +7 en Chine) de la prestigieuse CAFA de Beijing (département d’art expérimental). C’est son 2ème solo show.
Tang Zhengwei a exposé en Chine et au Japon (Centre Ullens pour l’art contemporain (UCCA) et KWM Art Center de Beijing, Musée d’Ichihara Lakeside).

Au fur et à mesure de ses recherches expérimentales et conceptuelles, il déterminera peu à peu son média (technique du papier découpé) et sa finalité (l’expression de son intérêt pour les questions environnementales). Son travail est l’illustration de recherches personnelles sur les émissions de carbone et ses implications écologiques, sociales et économiques…malheureusement illustrées dans notre actualité.

Finalement Tang Zhengwei se réapproprie un art traditionnel chinois datant du VIᵉ siècle : le pliage et la découpe aux ciseaux ou au couteau, de papier (Jiǎnzhǐ).
À la campagne, sa maîtrise était observée chez les fiancées potentielles, tandis qu’à la ville, les hommes en faisaient leur métier.
Ici l’artiste ne se contente plus de sa fonction décorative et lui donne une autre dimension, en phase avec les préoccupations de son temps. En fait, la pollution de la ville de Beijing, vécue au quotidien pendant ses études, a été un déclencheur de cette prise de conscience. L’artiste de 31 ans ne vit pas de son art, fidèle à ses origines, il est professeur d’arts plastiques dans sa province du Hunan.

Reconnaitrez-vous dans la 2ème série, la représentation divine du film « 2001, l’Odyssée de l’espace » ? L’œuvre « Carbon Folding 2 » (3ème série), se présente elle, comme une sorte d’organigramme du pouvoir humain, du capital : des hommes à la base, au-dessus, des outils industriels qui polluent mais créent de la richesse, captée plus haut par quelques-uns. Au-dessus quelques pays représentés par des animaux en costume, se réunissent pour le « Forum de Kyoto », afin d’atténuer l’emprunte humaine dévastatrice. Mais la créature au sommet les manipule comme des marionnettes, ne laissant peu d’espoir sur l’issue des décisions prises. La 1ère série fut réalisée sur la base d’images mentales spontanées, de rêves.
À l’image du Yin et du Yang, les 2 énergies sont toujours présentes en tout et lorsque l’on s’éloigne de l’œuvre et de ses détails inquiétants parfois, elle retrouve alors, toute sa beauté, sa délicatesse, sa poésie.
Qu’importe le matériau utilisé (papier de riz, carton de lait, feuille d’aluminium : une sculpture délicate de papier, étonnamment détaillée à grande échelle, une maîtrise acquise, grâce à ce rapport au temps si particulier en Chine.
Patience, humilité et espoir de contribuer à une prise de conscience collective. Confucius n’a-t-il pas dit « L’homme qui déplace une montagne commence par les petites pierres » ?!

PHOTO

Frida Kahlo

Jusqu’au 28 octobre, Matthew Liu Fine Arts, du mardi au samedi, de 10h à 18h.
Adresse : “Yifeng Galleria”, Suite 205-206A, 99 East Beijing Road
Tel : +86 21 6315 1582, Contact : info@mlfinearts.com

Matthew Liu Fine Arts est fondé à Beijing en février 2012, dans un espace de la Plaza Oriental (东方 广场) ouvert exclusivement aux collectionneurs et aux érudits. Zou Wouki, Michael Wolf et Ansel Adams s’y exposaient. Puis Shanghai pris sa place sur la scène artistique et en septembre 2014 , la galerie transférée sur la Yuan ming yuan lu, ouvre au public dans un plus grand espace, dans le quartier artistique du Rock Bund. Elle déménagera ensuite en 2018, de quelques centaines de mètres dans le mall aux briques rouges, Yifeng Galleria.
Elle organise 6 expositions par an et participe aux foires (Photofairs, Art 021, Shanghai Contemporary, Art Shenzhen).

Matthew Liu Fine Arts affiche ses ambitions et entend entre autres « être la première galerie en Chine à promouvoir l’art occidental moderne et contemporain auprès des collectionneurs chinois » par des conférences, tables rondes, événements privés. L’objectif est ambitieux…Artistes installés ou en devenir s’y côtoient (Candida Höfer Eduardo Arranz-Bravo, Bernard Faucon, Fernando Prats et Yang Yongliang !).

La collaboration de la galerie, avec celle de Throckmorton Fine Arts Inc à New-York permet l’exposition de 31 photos intimes de Frida Kahlo. Sur l’écran de la 3ème salle, passe le film « Frida » de Julie Taymor, avec Salma Hayek, récompensé aux Oscars comme aux Golden Globes.

Quelle bonne idée, puisqu’on aime cette artiste puissante, libre et passionnée !

Née en 1907 à Mexico, la jeune femme voit son destin brisé tout comme son corps, par un grave accident de transport en 1925, elle a 18 ans. Son père photographe qui prend soin d’elle, lui fait découvrir la peinture pendant sa convalescence. Celle-ci va éclaircir son horizon, exorciser ses douleurs chroniques, l’ouvrir à un autre monde et lui faire rencontrer l’homme de sa vie : Diego Rivera, artiste reconnu et engagé. Dès leur 1ère rencontre, il perçoit « son authenticité, sa sensualité et son sens de l’observation ». Il l’initie à la conscience politique et aux valeurs communistes.

Leur maison est le lieu de rencontres artistiques et politiques riches, mais aussi celui de ses souffrances, des disputes conjugales et du réconfort d’une multitude d’animaux domestiques (singes, perroquets) qu’elle représente dans ses autoportraits. Moderne, elle défend l’émancipation des femmes, mais sa peinture symbolique signe aussi son amour de la culture traditionnelle mexicaine.

Les 31 clichés sont pour la plupart pris dans « La Maison Bleue  » de Coyocán, où Frida Kahlo vécut de 1929 jusqu’à la fin de sa vie (1954) et qui demeure intacte, devenue son musée aujourd’hui. Des images intimes : Frida dans sa chambre, dans son atelier, dans son lit, dans son jardin souvent une cigarette à la main et un verre pas loin, comme des « médecines » pour tenter d’oublier une succession d’épreuves, en plus de ses souffrances physiques : avortements, tromperie de son mari etc.
En 1937, sa liaison avec l’exilé Léon Trotski, inspirera un autre tableau. 1938, l’année d’une reconnaissance internationale, 1939, celle de son divorce, 1940, celle de son remariage avec Diego. 1954, elle s’éteint épuisée et désespérée.
Au travers des 70 autoportraits, qu’elle fera, Frida Kahlo traduit le mélange possible de thèmes universels et de vie personnelle, tout comme elle fut la femme symbole de modernité mais à la coiffure sophistiquée de tradition mexicaine…

Rappels

1. Exposition immersive avec Klimt (jusqu’au 13 octobre 2018) au Hongqiao Art Center (https://www.247tickets.com/t/klimt-experience-shanghai).
2. «  Charlie Chaplin : A Vision » au Yuz Museum jusqu’au 7 octobre. http://www.yuzmshanghai.org/world-premiere-yuz-museum-charlie-chaplin-vision-major-retrospective-exhibition-king-comedy/

À bientôt…

Françoise Maugein culture@shanghai-accueil.com