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Bienvenue à M. Benoît Guidée, nouveau Consul général de France à Shanghai !

Le 2 septembre 2019, succédant à M. Axel Cruau, M. Benoît Guidée a pris ses fonctions de Consul général de France à Shanghai, et c’est tout sourire qu’il est venu ce jeudi 19 septembre au Grand Accueil, à la rencontre de la communauté francophone de Shanghai Accueil.

Après avoir été chaleureusement accueilli par Anne Lapierre Ribes, Présidente de l’association, accompagnée de son équipe, Monsieur le Consul n’a pas hésité à se mêler à la communauté qui était venue nombreuse pour s’inscrire aux diverses activités proposées et découvrir les offres des partenaires de Shanghai Accueil.

Il a ensuite tenu à faire le tour des stands, s’intéressant à chacun d’entre eux, dégustant à certains de délicieux produits et en se prêtant à d’autres au jeu des photos.

Dans son discours, il a non seulement félicité tous les organisateurs et les bénévoles du Grand Accueil mais a aussi salué le travail impressionnant des associations.

À l’issue de cette matinée très réussie, Monsieur le Consul a eu la gentillesse de répondre aux questions de Shanghai Accueil.

Bienvenue à M. Benoît Guidée, nouveau Consul général de France à Shanghai !

Vous êtes un fin connaisseur de la Chine, de son histoire et de sa culture, vous parlez couramment le chinois, vous avez été diplomate pendant 3 ans à Pékin, vous voici à Shanghai : à votre arrivée, avez-vous encore été surpris par quelque chose de particulier à cette ville ?

Oui, parce que lorsqu’on a quitté la Chine en 2005 - j’étais à Pékin - et que l’on retourne en Chine en 2019, à Shanghai, il y a un temps d’adaptation. Je crois qu’il n’existe aucun pays au monde qui ait pu changer autant en quinze ans. Il est vrai que je suis parti d’une Chine où Alipay n’existait pas, où trois taxis s’arrêtaient devant vous dès que vous leviez la main dans la rue. Je reviens dans une Chine où le réseau TGV s’est développé de façon extraordinaire, où les communautés françaises ont augmenté considérablement ; et même si ces dernières années elles ont tendance à décroître, on est dans une autre dimension.

Heureusement, dans le même temps, je suis ravi de constater que l’ambiance n’a pas changé et que l’on retrouve toujours cette chaleur humaine qui fait que beaucoup de Français aiment la Chine et veulent y rester.

Lors de l’entretien que vous avez accordé au Petit Journal, vous avez dit vouloir faciliter la vie des Français résidant à Shanghai et dans les provinces avoisinantes. Pouvez-vous nous révéler dès maintenant quelques-unes de vos idées ?

Je crois que la première chose est de continuer à assurer le meilleur service à la communauté française en termes de services consulaires et de protection des Français. Mon prédécesseur y a beaucoup œuvré et je vais m’inscrire dans la continuité. L’appui aux écoles françaises, et notamment au Lycée qui vient d’ouvrir son deuxième eurocampus, un très bel outil pour l’éducation de la communauté française, est également un élément important.

Il est un peu tôt pour vous donner des mesures concrètes nouvelles parce qu’il faut savoir avant toute chose ce qu’attendent les Français, comprendre quelles sont leurs difficultés et où l’on peut leur apporter un appui. Pour cela, le tissu associatif qui couvre ici une communauté très diverse ainsi que les quatre élus de Shanghai vont jouer un rôle fondamental.

Il est également important de voir tout ce que l’on peut faire pour développer l’image de la France et faire en sorte que les Français qui résident ici soient accompagnés par une image dynamique, positive qui aide à faciliter les premiers contacts.
Nous dialoguons avec la communauté d’affaires et, de manière générale, le Consulat essaie d’apporter un appui maximal aux entreprises. Une partie de cet appui s’adresse aux entreprises venant de France qui cherchent à s’implanter, à exporter, et une autre partie est dédiée à celles déjà implantées, avec lesquelles nous travaillons en partenariat.

Dès la prérentrée, vous êtes allé découvrir le nouveau campus du Lycée Français de Shanghai. L’enseignement et l’éducation de nos enfants semblent vous tenir à cœur. Seront-ils l’une de vos priorités ?

Je pense que c’est une évidence mais comme toutes les évidences, cela a le mérite d’être rappelé ! Le Lycée dans une communauté française à l’étranger, c’est le cœur battant de la communauté. C’est là où se passe le plus important pour les Français, c’est-à dire que c’est là où leurs enfants reçoivent une bonne éducation, sont en sécurité et puis c’est aussi le lieu où beaucoup d’entre eux se réunissent.

L’éducation de la communauté française sera bien évidemment une priorité, l’appui aux structures qui existent également. Là encore, j’aimerais redire que le Consulat est là pour soutenir, pour aider. Je vais donc d’abord écouter ce que me disent les responsables des établissements car ce n’est pas au Consulat de décider à la place des acteurs de la communauté française et ensuite, nous, au Consulat, nous serons là pour appuyer. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait pour le projet de l’eurocampus en intervenant à la demande, quand l’équipe du Lycée nous a demandé d’agir auprès des autorités de la municipalité, du district afin de faciliter les choses et de s’assurer que tout serait prêt en temps utile. Ce travail d’équipe qui a bien réussi est d’abord le résultat de l’engagement du Conseil d’Administration et des équipes du Lycée.

Ensuite, il y a des pistes très intéressantes, notamment sur les liens existants avec les structures éducatives, les lycées et les collèges chinois ou encore sur la possibilité d’ouvrir à des étrangers. Je crois que c’est ce qu’a fait le Lycée Français de Shanghai ces dernières années en ouvrant ses portes à des étrangers de pays tiers, c’est-à-dire tous nos amis francophones ou de pays européens divers. En ce moment, on voit d’ailleurs de plus en plus d’asiatiques qui viennent au Lycée, ce qui enrichit énormément l’expérience de ces enfants qui se retrouvent dans un environnement encore plus multiculturel, encore plus ouvert. C’est un élément important que, bien sûr, nous soutenons.

La coopération entre la France et la Chine est bien visible à Shanghai, et dans de très nombreux domaines. Pensez-vous que l’on puisse tisser un partenariat encore plus serré entre les deux pays ?

Naturellement ! Non seulement je le pense mais, plus important, le Président Macron le pense très fortement. Comme vous le savez, le Président Macron s’est rendu en Chine une première fois en janvier 2018 et le Président Xi Jinping a effectué, à l’invitation du Président Macron, une visite qui a été exceptionnellement réussie en avril 2019. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont nos amis chinois ! Et nous attendons en novembre une visite du Président Macron à Shanghai et à Pékin, visite qui est en cours de discussion et qui sera l’occasion d’avancer sur ce partenariat stratégique entre la France et la Chine.

La France et la Chine sont des pays de très vieilles cultures. On sait que l’on veut avancer, travailler ensemble et que le faire, c’est une évidence. Actuellement, on avance sur un sujet qui est une priorité absolue du gouvernement français, et je dirais même une priorité absolue mondiale aujourd’hui, qui est la question du climat et de la biodiversité et donc de l’environnement. C’est un sujet clef pour lequel la France est leader depuis l’accord de Paris sur le climat. Nous sommes très engagés aussi sur les questions de biodiversité. Là encore, c’est une grande différence avec la Chine que j’ai connue au début des années 2000 car c’est un sujet sur lequel la Chine a également pris ces dernières années un leadership. C’est aussi une façon de montrer que la France et la Chine qui sont deux pays à vision mondiale s’engagent dans la longue durée pour un sujet qui touche toute l’humanité.

Bien sûr, dans notre relation, il y a d’autres points abordés : comment renforcer nos relations économiques avec des projets extrêmement importants structurant notre relation dans la durée, des projets culturels aussi. Savez-vous que d’ici la fin de l’année va ouvrir à Shanghai le Centre Pompidou, première grande institution muséale internationale à ouvrir en Chine ?

Il faut aussi aborder les questions commerciales, comment adresser les déséquilibres mondiaux, non pas dans une perspective de guerre commerciale, mais dans une perspective de réforme de l’OMC et continuer à travailler pour que le marché chinois soit plus ouvert aux entreprises françaises, et cela, toujours dans une même dimension, celle où ce n’est pas seulement la France et la Chine mais l’Europe et la Chine. Nous devons nous porter au niveau européen, le Président Macron insiste sur ce point.

Quel message aimeriez-vous transmettre aujourd’hui à la communauté francophone de Shanghai Accueil ? À la communauté française de Shanghai ?

Je voudrais dire qu’à Shanghai Accueil vous faites un travail extraordinaire. Je suis très impressionné de voir l’importance de cet évènement de rentrée. Je savais que le Grand Accueil était un évènement important de la vie de la communauté mais le voir, c’est autre chose ! Et je suis très content de constater que vous avez réussi à fédérer des acteurs très différents, à faire ressortir toutes ces qualités d’une communauté.

Et cela pourrait être justement mon message à la communauté française. Vous êtes le pont entre la Chine et la France. Vous êtes une communauté forte, unie, solidaire, généreuse et évidemment dynamique. Ce sont les clefs du succès. Et nous, au Consulat, nous sommes là pour vous aider, participer à cette dynamique, appuyant et facilitant les initiatives. Nous restons à votre disposition pour y travailler.

Propos recueillis par Sylvette Collard