CultureS Shanghai

CultureS Shanghai Décembre 2020

CultureS Shanghai Décembre 2020

CultureS Shanghai

Décembre 2020... C’est l’hiver ! Dans un monde frileux, où les tensions entre les nations génèrent trop souvent la peur de l’Autre, le monde de la culture lui, construit inlassablement des ponts. Les artistes et plus largement tous ceux qui animent l’espace culturel, savent combien ils s’enrichissent au contact d’une autre culture, par l’ouverture à d’autres champs de pensée, d’autres techniques d’expression, une autre esthétique.
Ils se rappellent simplement la richesse de la diversité et notre humanité commune…

Shanghai, par son histoire et sa géographie, démontre sa capacité à accueillir d’autres cultures, mais aussi à promouvoir au reste du monde, celle de la Chine, si longue et si riche.

Dernièrement, cela s’illustre par différents événements francophones.

La Shanghai Art Week (sites du West Bund et Art021), incontournable rendez-vous du marché de l’art en Chine, accueillait pour la 1ère fois, dans un très bel espace, le Consulat général de France à Shanghai.

Ce fut l’occasion de continuer le dialogue des œuvres de Claude Monet, toujours exposées au Bund One Art Museum, avec celles d’artistes comme Li Qing, Ma Sibo, le sculpteur Jean-Michel Othoniel ou la peintre Carole Benzaken.
Cette présence officielle illustre l’attention portée au lien France-Chine !

C’est l’occasion de faire un rapide bilan de cette Shanghai Art Week.
Si beaucoup de galeries et d’œuvres n’ont pu être présentes (surtout visible sur le bâtiment B de la partie West Bund, plus dédiée à l’international), à cause du contexte sanitaire, cette configuration a permis, l’émergence de nouveaux artistes.
Les œuvres d’artistes installés étaient aussi présentes bien sûr. Notons le travail de soie et de cocons, d’une grande délicatesse par l’artiste chinois Liang Shaoji, âgé de 75 ans.

La « fébrilité consumériste », prescrite en haut lieu comme salvatrice pour l’économie, a aussi pleinement bénéficié au marché de l’art chinois et au cru 2020 de cette Shanghai Art Week. Elle a fait des galeristes heureux !

Plus tard la Troupe du Théâtre Francophone de Shanghai, nous a offert comme un cadeau que l’on n’attendait plus (cause pandémie), sa pièce de l’année, « Où est passée Myra ? », adaptation originale de « Rumeurs » de Neil Simon.

L’attente était telle, qu’une 4ème séance fut proposée.

Les artistes ont depuis longtemps contribué au lien France-Chine, c’est le cas du très grand photographe Bruno Barbey.
Élu en 2016, à la prestigieuse Académie des Beaux-arts, il en était devenu 1 des 5 « Immortels » de la photographie. Il est depuis le 9 novembre 2020, « Immortel » tout court…

Ce mois-ci, la photographie sera à l’honneur.

PHOTOGRAPHIE

« The Cat, The Crown And The Collar » par Marie Cécile Thijs.

Jusqu’au 31 décembre 2020. Galerie XII Shanghai, du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
Adresse :1198, West Beijing road, Jing’an district.
Métro : Station West Nanjing road Lignes 2, 12 et 13, sorties 1 ou 14.
Tel : + 86 15026603703 ; Contact : shanghai@galeriexii.com
Site : www.galeriexii.com

Crédit photo GXII
Le lieu : Galerie XII anciennement Galerie Photo12, fondée en 2007 par Valérie-Anne Giscard d’Estaing, est une galerie dédiée uniquement à la photographie contemporaine figurative, « d’artistes inscrits dans la veine humaniste ».
Présente à Shanghai depuis 2016, sous forme d’un showroom (sur RDV), le choix de cet espace ouvert en septembre dernier et aux amplitudes horaires plus accessibles, est une nouvelle étape pour la galerie.

Crédit photo GXII

Après Galerie XII à Paris et Los Angeles (Santa Monica), celle de Shanghai est voulue intimiste par le choix d’une maison à 5 niveaux, dont 3 dédiés à l’exposition propre. Membre du Comité Professionnel des Galeries d’Art, elle participe à des salons internationaux (Photo Shanghai, Art Élysées, Photo L.A).

L’artiste : Marie Cécile Thijs, née en 1964 aux Pays-Bas, fut dans une autre vie avocate, avant de se vouer depuis une quinzaine d’années à sa passion pour la photographie. Elle fait partie du mouvement « Staged Photography » remis en valeur dans les années 80, par Cindy Sherman ou Jeff Wall, mais existant dès le début de la photographie, par une volonté de mise en scène de certains photographes, comme le Britannique Oscar Gustav Rejlander et sa très controversée « The Two Ways of Life » (1857).

La photographie de Marie Cécile Thijs est donc pensée et mise en scène.
Regarder son travail, c’est d’abord faire un voyage dans le temps. Née au Pays-Bas, elle retrouve et honore les grands Maîtres de la Peinture Flamande, par une utilisation de la lumière qui unifie l’espace, le détail de la réalité et même des références vestimentaires comme dans la série « White Collar », présentée ci-après.

Mais son travail est bien contemporain, issu d’un univers surréaliste très marqué.

Elle donne à voir le rêve et l’imaginaire, en offrant une autre histoire à des objets, des personnages ou des animaux de notre quotidien. Ils deviennent par leur proximité la clé permettant l’accès. Ainsi le temps se suspend, vous venez d’entrer dans une autre dimension, celle de Marie Cécile Thijs, où tout est possible : chats, canari, deviennent avatar ou allégorie et sont couronnés, les crevettes en suspension dans l’air ne semblent pas prêtes à redescendre dans le plat qui les attend en dessous (« Soup of the day » série « Food Portraits »). Notons le travail sur le mouvement, intéressant pour cette dernière série.

Elle travaille en studio avec un appareil Hasselblad, marque suédoise réputée. Son travail reconnu est exposé depuis 2015, dans les institutions muséales comme au Rijksmuseum Amsterdam, dans les foires d’art ou galeries, à Maastricht, Miami, Turin, Shanghai.

« The Cat, The Crown And The Collar » : cette 2ème exposition du nouvel emplacement de Galerie XII, présente une sélection des différentes séries de l’artiste. 2 salles d’exposition et 1 salle vidéo présentant plus largement son travail.

Au RDC :
La série « Human Angel » (1 œuvre) (2009) où physique et métaphysique se mêlent pour créer « une autre réalité ».

La série « White Collar » (3 œuvres) : un enfant et 2 chats portent un véritable col à volants du XVIIe, comme hommage aux grands Maîtres Flamands, héritage culturel de l’artiste, illustré par l’atmosphère de « Boy with white collar at table ».

Ce col froncé, objet précieux prêté exceptionnellement et photographié au musée d’état des Pays-Bas, le Rijksmuseum Amsterdam, a été ajouté numériquement aux cols des personnages. Ce dernier exemplaire au monde est fait de baptiste très fine, tissée à Cambrai. Accessoire très populaire chez les jeunes gens à la mode de 1615 à 1635.

La série « Amazones » (1 œuvre) : Elle honore les Femmes, leur intelligence, leur force, leur courage par des références historiques ou plus contemporaines.

La série « Majestic » (1 œuvre) : chat portant un accessoire de costume romain, la Toga, rappelle comme pour les autres portraits de chats, l’anthropomorphisme d’œuvres parfois dans les cabinets de curiosité.

La série « Chevaux » (2 œuvres) : l’artiste aime les chevaux et fait le portrait du cheval olympique blanc Salinero. Elle transforme aussi, à l’aide de la dent/corne du narval, un cheval à la robe noire, en licorne dans les collections du Rijksmuseum Amsterdam.

Série « Cooks » (1 œuvre) : « The Taster » (2013) illustre les testeurs anonymes du Guide Michelin qui viennent juger, de la qualité des mets et d’un lieu de restauration. Cette série a débuté en 2010 dans le magazine d’un grand journal financier néerlandais, sous la forme d’une image hebdomadaire honorant le dévouement et le savoir-faire des Chefs comme Masanori Tomikawa.

1er étage :
Série « Biosphères », (1 œuvre, mai 2020) édition spéciale et réponse du photographe à la pandémie de Covid-19. Marie Cécile Thijs voit une nouvelle société où la distance est la clé. L’image nous rappelle que même dans une période de distanciation sociale, nous nous soucions toujours les uns des autres.

Crédit photo GXII

Série « Elizabeth » (3 œuvres) : inspirée du règne de la reine Elizabeth I d’Angleterre, reconnaissable à ses symboles historiques (flèche et couronne), des batailles pour le pouvoir et la gloire.

Série « Majestic » (3 œuvres) : portraits anthropomorphiques et surréalistes de chats, qui parlent de la nature humaine et du pouvoir. « Successeur du trône », « Sa Majesté I » et « Sa Majesté II ».

Le consul des Pays-Bas Mr Remco Van Wijngaarden, collectionneur de l’artiste a rendu un chaleureux hommage à sa compatriote, lors du vernissage de l’exposition mercredi 2 décembre.

C’est l’acteur et auteur bien connu de la communauté francophone de Shanghai
Li Song qui accompagne l’évolution de Galerie XII à Shanghai. Il semble que son bureau cache bien d’autres œuvres intéressantes…

« People and Place, Leica Oskar Barnack Award 40th Anniversary »

Jusqu’au 31 janvier 2021, SCôP (Shanghai Center of Photography)
Ouvert du mardi au dimanche de 10h30 à 17h30
Adresse : 2555 Longteng Avenue/ Fenggu Lu (龙腾大道2555号)
Métro : Station Yunjin road, ligne 11.
Prix : 40 RMB Téléphone : +86 021 64289516
Info : info@scop-sh.com

Le SCôP (Shanghai Center of Photography), fondé par Liu Heung Shing, photographe et éditeur, a ouvert en mai 2015. Il est dédié entièrement à la photographie, qu’elle soit contemporaine ou historique, locale ou internationale. On y retrouve à la fois le concept d’un musée et d’une galerie. Ce bel espace sur la rive Puxi du Huangpu bénéficie et contribue tout à la fois, à l’énergie de l’incontournable lieu artistique shanghaien du West Bund.

« People and Place, Leica Oskar Barnack Award 40th Anniversary » présente le travail des finalistes du Leica Oskar Barnack(*) Award ou (LOBA), de cette année 2020. « Le prix LOBA capture le monde changeant du photojournalisme dans toute sa diversité et ses préoccupations humanistes. »

Ces artistes observent leur espace proche ou éloigné et nous restituent leurs interrogations sur le climat, l’industrie, la science, l’économie sociale et combien nos choix nous impactent déjà très concrètement. Finalement la force de l’image ne nécessite aucun commentaire, comme celle du photographe Matthew Abbott nous rappelant les incendies immenses ravageant la faune et la flore unique de son pays, l’Australie.

Crédit photo SCôP

Le gagnant 2020 de ce prix est Luca Locatelli.

(*) Oskar Barnack (1879-1936) fut le concepteur du 1er appareil photographique compact (24*36). C’était en 1913, Leica révolutionne ainsi à travers lui, la photographie amateure et le domaine du photojournalisme.

MUSEE

« MinChao » 1910-1950

Jusqu’au 4 avril 2021, Aurora Museum
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h, et jusqu’à 21h le vendredi.
Adresse : 99 FuCheng Road, Lujiazui, Pudong New District
Métro : Station Lujiazui, ligne 2.
Prix  : 120 RMB (exposition MinChao+musée). 60 RMB (musée).
Contact : museum@aurora.com.cn Téléphone : +86 021 5840-8899-607
Wifi : « Aurora guest » Mdp : AM58408899. Code QR vert et masque demandés
Site : www.auroramuseum.cn

Aurora Museum :

L’un des clichés préférés des touristes visitant Shanghai, représente depuis le Bund, la skyline de Lujiazui (Pudong) et ses gratte-ciels de verre et d’acier, symboles de réussite de la capitale économique chinoise. L’un d’eux se distingue aisément par sa couleur or flamboyante et porte bien son nom « Aurora », du nom de la compagnie taiwanaise propriétaire qui crée sa renommée dans le domaine de la bureautique, depuis 1965.

Crédit photo B.Maugein

Aujourd’hui, « Aurora » sur la façade est remplacé par 2 caractères chinois « 震旦 » (Zhèn dàn), abréviation du nom chinois d’ Aurora Group/Zhèn dàn háng (震旦 行). Cette tour dédiée au business a été conçue par Tadao Ando, architecte japonais de renommée mondiale.

La volonté de la compagnie et de son fondateur, Mr Chen Yung-Tai (陈永泰) collectionneur d’art chinois depuis plus de 40 ans, fait naître le musée Aurora en octobre 2013 et se veut « une boîte aux trésors culturels de la civilisation chinoise, sur les rives du Huangpu ».

Comprenant 6 étages et 6316 m2, ce musée privé accorde une attention égale à l’histoire et à l’art. Au-delà de l’exposition et de la promotion, il enrichit sa collection et participe aux recherches sur les objets anciens, à l’instar de sa collaboration avec l’école d’archéologie et de muséologie de l’Université de Pékin.
C’est donc un musée actif et une référence en collection d’objets datant des prestigieuses dynasties Hàn 汉朝 (206 av. J.-C -220) et Tàng 唐朝 : (618-907).

L’exposition permanente s’enrichit d’expositions temporaires de la collection.

Les collections du musée bénéficient d’une lumière voulue favorable à la déconnexion avec l’instant présent et elles se répartissent sur 5 niveaux, accessibles par un grand escalier en colimaçon.

F2 : « Ancient Pottery Figures » : (pièces principalement des dynasties Hàn et Tàng, Sòng). Cet espace rappelle la manière de concevoir la mort sous les Hàn, comme un passage vers un autre lieu de vie. Il fallait donc poser dans la tombe, près du défunt, le nécessaire à son bien-être (objets usuels, personnages accompagnants etc.), au travers de figurines en terre. Pourtant objets funéraires, ils sont devenus objets d’étude afin de comprendre les habitudes et les croyances de cette période. Ils sont aussi l’illustration de son esthétique.

F3 : « Masterpieces of Jade through the Ages » : Cette pierre considérée comme magique et protectrice depuis « la nuit des temps » en Chine (8000 ans !). Vous découvrirez à ce niveau des pièces exceptionnelles qui détenaient une fonction spécifique, au-delà de leur aspect décoratif, comme les Kóng/cóng (琮) ou les disques Bi (璧).
Mais la pièce maîtresse reste le costume impérial funéraire en jade, réservé aux membres de la famille impériale, dont les petits rectangles taillés en jade étaient reliés en or, argent ou autre métal, selon le rang du défunt, dans la famille impériale.

Il n’y aurait que 3 costumes impériaux de jade visibles par le public, aujourd’hui.

F4 : « Blue and White Porcelain » : raconte l’histoire de la porcelaine en Chine, ses techniques, ses modes, sa diffusion mondiale et le rôle central de Jǐngdézhèn, sous les dynasties Yuan Ming et Qing.

F5 : Exposition temporaire et café : En ce moment « Chinese Jade Pattern Design Exhibition : 5000 years ». Prenez un peu de temps pour profiter de la vue sur le Bund.

F6 : « Buddhist Sculpture » : Originaire d’Inde, cette religion/philosophie est introduite en Chine, sous les Hans de l’Est (Dōnghàn). On découvre l’évolution des caractéristiques esthétiques (sinisation progressive des traits de Bouddha et autres personnages représentés) et quelques techniques.

Mais c’est bien une atmosphère particulière et tranquille qui vous fera apprécier les pièces exceptionnelles de cette collection des dynasties Sui, Tàng, Wei Occidental (534-550).

Tous les personnages de la sculpture bouddhiste sont représentés : Bouddha/Sakyamuni, Bodhisattvas, disciples, apsara, gardiens célestes…

Peu notifié dans les guides touristiques sur Shanghai, ce musée aux collections exceptionnelles, permet leur découverte dans des conditions de calme optimal.

Mais le musée Aurora présente aussi des expositions temporaires organisées en collaboration avec d’autres institutions ou collectionneurs, comme celle présentée actuellement : MINCHAO.

« MinChao » 1910-1950

Comme le signe d’un plaisir à l’évocation des temps anciens et une certaine culture de la nostalgie, propre aux périodes difficiles, cette exposition arrive à point nommé. En effet l’exposition Minchao c’est un voyage dans le temps, tout en restant à Shanghai.

Partie 1 :
Passé le portique doré de l’entrée « 1910-1950 » puis le grand rideau noir, vous vous retrouvez dans un intérieur du début du XXe et aux 7 fenêtres : scènes de rue du vieux Shanghai. Sur le mur une vidéo évoque les hauts lieux de la nuit shanghaienne et des scènes de vie de cette époque.

Partie 2 « Origin of Calendar Poster » et partie 3 « Precious Heritage » :
Montez un escalier vers une nouvelle partie qui présente une collection des fameux calendriers « Yuè Fèn Pái » (月份牌) dont les « Shanghai Ladies » représentées ont assuré le succès, des années 1920 à 1940. À l’époque, peu de support visuel permanent dans le quotidien de la population (ni télévision, ni web), malgré une demande forte en publicité commerciale.
Ce calendrier mensuel ou annuel va donc en devenir un support essentiel. Il va générer un style de peinture, le « Shanghai style » et fera naître de véritables stars, parmi ces jeunes femmes vivant à Shanghai (lire article CultureS Shanghai de mai 2020 sur le Propaganda Poster Art Centre : https://www.shanghai-accueil.com/CultureS-Shanghai-Mai-2020).

Ces portraits étaient réellement peints en studio (technique aquarelle) puis répliqués par les nouvelles techniques occidentales d’impression (voir salle vidéo un peu cachée sur votre droite en rentrant).

Tous ces « Yuè Fèn Pái » sont des originaux. Ils étaient une première en Chine. Leur succès était tel, qu’ils furent diffusés dans une grande partie de l’Asie du sud-est, à cette époque.

Quelques célébrités :
Ruan Lingyu (1910-1935) peinte par Hu Boxiang, issue des quartiers pauvres du district de Hongkou où elle attrape la variole puis la fièvre typhoïde. Son père meurt quand elle a 5 ans.

Elle découvre le cinéma. Sa vie est un véritable roman, où elle devient aussi victime de maitre-chanteur ou d’amant fortuné. Elle devient alors le symbole de la condition féminine de l’époque, souvent soumise à la violence masculine. Elle finira ses jours en se suicidant, comme le dernier personnage qu’elle incarnera dans « Femmes nouvelles », victime de calomnies de son ancien amant, propagées par la presse. Ce rôle de la presse fut d’ailleurs dénoncé par le célèbre écrivain LǔXùn. Le film « Center Stage » (1992) retrace sa vie.

Plus loin, une représentation de sa meilleure amie, Liang Saizhen peinte par Xie Zhiguang, avant leur célébrité comme actrices. Vous découvrirez aussi une illustration de la fameuse histoire « Adieu ma Concubine » peinte également par Xie Zhiguang, dans les années 20.

On remarque une similitude des beautés qui correspondaient aux critères de l’époque, comme celui de « l’arc de Cupidon » pour les lèvres féminines.

Les personnages d’une autre histoire avec le couple de Li Mubai (1913-1991).

Il peignait les visages pendant que son ami et partenaire Jin Xuechen peignait les vêtements et des décors. Ils seront les 2 des « 3 piliers du poster-calendrier ». On raconte que la femme de Li Mubai, restera cloitrée dans sa maison, à la mort de son époux.

Au bout, une petite boutique sur le thème de l’exposition Minchao.

Partie 4 « Fashion Trend » :
Descendez par un escalier pour découvrir en musique, derrière un rideau à franges, devenu écran de cinéma, une très belle sélection de costumes chinois traditionnels, parmi les 1000 pièces de la collection du chanteur et acteur taiwanais Jeff Chang.

La qípáo qui était la robe des femmes à la cour mandchoue de la dynastie Qing (1644-1911), est bien sûr présente. Revisitée dès les années 1920 à Shanghai, elle est appelée parfois « cheongsam ».

Collection présentée de 1920 à 1960.

Pause sur un banc près d’un réverbère devant une vitrine de magasin reconstituée.
À l’intérieur, une étoffe colorée au renommé pigment bleu « Yin Dan Lin » (bleu d’indanthrène) qui « ne pâlissait pas au soleil » !

Dans une petite salle, des illustrations originales du Shanghai des années 50, début de la toute nouvelle République Populaire de Chine. On perçoit la volonté d’éduquer et de sensibiliser la population aux nouvelles valeurs du pays.

5ème partie « Contemporary Approach » :
Présentation des œuvres commandées à 4 artistes, afin de réinterpréter de manière contemporaine, ces fameux calendriers-posters. Les artistes : Xue Song (Chinois), Tanaka Yui (Japonais), Peter Lloyd et Jonny Hannah (Britanniques). Certaines œuvres n’ont pu arriver à temps.

Ces calendriers sont de véritables outils d’étude de l’histoire culturelle et sociétale, de la Chine moderne et plus spécifiquement de l’histoire de la publicité. Ils sont aussi, l’illustration des différents mouvements stylistiques de la peinture.

PEINTURE

« Untrammeled » par Nanchuan Daocheng.

Du 16 décembre 2020 au 7 février 2021. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche, de 10h à 19h.
Adresse :191, Nan Suzhou lu/Sichuan lu, Huangpu District.
Métro : Lignes 10 et 12, St. Tiantong road.
Tel : +86 21 6333 7223 ; Contact : contact@artplusshanghai.com
Site :www.artplusshanghai.com

Même si les artistes représentés par Art+ Shanghai Gallery, sont d’origines et d’âges divers, il y a dans l’ADN de cette galerie, un regard attentif pour ce qu’apporte la nouvelle génération, au monde de l’art. Son regard, les médias qu’elle propose (très novateurs pour certains), ses interrogations pertinentes sur le monde dont elle hérite, intéressent les galeristes Ana Gonzales et Agnès Cohade.

Nanchuan Daocheng nouvel artiste de la galerie, ne fut pas découvert lors d’un concours d’une Académie des Beaux-arts en Chine, d’une foire d’art contemporain ou dans un atelier d’artiste de Beijing, Kunming ou Guilin, comme c’est souvent le cas. C’est à Shanghai, dans une maison historique du lilong de Yongfeng, lors d’une collaboration art&design, que se fit la rencontre de l’artiste et des galeristes.

Nanchuan Daocheng est né à Lijiang, au nord-ouest de la province du Yunnan.
Il est issu de l’ethnie Naxi (Nàxī zú) et fait ses études à Kunming, capitale de province.
Quand il part en 2015 à New-York, pour la Parsons School of Design, dans le quartier de Greenwich Village, c’est un choc culturel et personnel !
Par ses origines, les expériences et les rencontres vécues, les nouveaux espaces découverts et la génération numérique dont il est issu, cet artiste de 27 ans, est en recherche d’équilibre de ce melting-pot intense.

Il le résume assez bien lui-même : « Je suis tout simplement fragmenté…travail par travail, j’essaie de me reconstituer. »
Depuis peu, il renonce au désir fou de la perfection et recherche plutôt une ouverture d’esprit et un équilibre dans les différents héritages culturels, avec celui du monde digital.

La technique : la 1ère phase de l’œuvre sera conçue digitalement sur un IPad, puis elle sera concrétisée (ou non) par les techniques, huile ou acrylique sur toile.
Certaines d’entre elles, resteront pour toujours dans le « cerveau électrique », mais garderont l’avantage de ne jamais subir les affres du temps, de la matérialité…

La toile « Untrammeled 11 » rappelle étonnamment l’esthétique si particulière de la peintre Frida Kahlo, ses références à l’art populaire mexicain et la présence d’éléments anatomiques, en amont de la toile.

Cette 1ère exposition personnelle présente 3 séries ("Buddha", "Untrammeled", "Untitled").

Sa création est impulsive, elle n’exige aucune interprétation ni finalité.
Elle Est et nous, nous sommes libres d’y adhérer. Ici le détail n’est pas une fin en soi.

Dans toutes les œuvres de Nanchuan Daocheng, l’énergie est perceptible, par son travail intuitif sur le « Vide et Plein »,

si cher à la peinture traditionnelle chinoise son héritage, où rien ne s’oppose mais tout se complète.
C’est de leur rencontre que naîtra l’idéal, LA Voie…le Tao 道 !

RAPPELS

1. « Shanghai Low »

Jusqu’au 27 décembre 2020, OCAT Shanghai Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18H
Adresse : Sunken Garden, Lane 9, Qufu Road, B1, Jing’an District (地址 : 静安区曲阜路9弄下沉庭院).
Métro : Station Qufu road, lignes 8 et 12 sortie 2.
Téléphone : +86 021 660 85 180 Entrée libre. Code QR et masque demandés.

Dans cette petite exposition, 1er volet de C-PLAN 2020, l’artiste Luka Yuanyuan Yang retrace le parcours de certains membres de la communauté chinoise de San Francisco, dans le cadre de son projet de recherche sur les femmes chinoises dans le show business au XXe (2018).
Au travers de vidéos, collages et photographies, on découvre danseuses, chanteuse de cabaret, mannequin… qui ont animé vivement cette communauté.

« Shanghai Low » était un restaurant réputé du quartier Chinatown de San Francisco. On y trouvait pourtant de la cuisine cantonaise (province d’origine de la majorité des premiers migrants chinois). Mais Shanghai était plus évocateur pour les clients occidentaux.
Au-delà de l’humain c’est surtout une réflexion sur l’héritage d’une autre culture que celle où l’on vit, la manière dont on le gère.
Finalement la traduction signifie « l’échange et la négociation de deux systèmes culturels hétérogènes ».

Yuanyuan Yang, 31 ans est une artiste visuelle et cinéaste. Elle fait de la narration visuelle à travers le cinéma, la photographie, les livres d’artiste et la performance. Elle a reçu plusieurs récompenses pour son travail.

N’hésitez pas à poursuivre les découvertes, par les métamorphoses (à 50m) de la rivière Suzhou, axe économique historique de Shanghai. Nouvel espace de gentrification pour ce quartier anciennement très populaire. Ici, les ouvriers animaient usines, ateliers et lilongs il n’y a pas si longtemps.

2. Cinéma : (si vous êtes sur Beijing) « Panorama du Cinéma Français, 17ème édition »
jusqu’au 13 décembre 2020.
Cet événement créé en 2004, offre la possibilité de découvrir des longs métrages inédits, récents et tous sélectionnés en festival.
Comme une photographie de la richesse de la production cinématographique française, toujours observée avec attention à l’international.
Les acteurs Juliette Binoche et Huang Xiaoming seront les parrains de cet événement.
Pour plus d’information : https://mp.weixin.qq.com/s/CG4VPs6-YOnpxG4ryQyD_g

Pour finir… 2020 aura été une année de bouleversements pour notre humanité. N’oublions pas comme « Edmond », d’aimer la Nuit, car c’est d’elle que naît la Lumière… Alors je souhaite à chacun d’entre vous, de vivre au mieux, de ce qui nous est accordé, de chaleureuses et scintillantes fêtes de fin d’années.

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com]]