CultureS Shanghai

CultureS Shanghai Juillet-Août 2021

CultureS Shanghai Juillet-Août 2021

CultureS Shanghai

Juillet-Août 2021... Attentif aux dix fêtes traditionnelles du calendrier chinois, peut-être avez-vous jeté le riz dans la rivière, mangé les Zòngzi enveloppés de feuille de bambou, regardé la course des bateaux-dragons, afin d’honorer le poète Qū Yuán (-340-278) du royaume de Chu, lors de la Fête des bateaux-dragons ou Duānwǔ jié (« Fête du Double cinq » : cinquième jour du cinquième mois lunaire chinois).
Et depuis le 21 juin, le Xiàzhì (夏至) nous fait entrer dans l’été, où les Chinois s’offraient traditionnellement à cette occasion des éventails, tout en partageant des nouilles fraiches en sauce et des litchis…

Voilà pour la tradition. Si Shanghai l’intègre, son regard la porte plus vers le futur, quelquefois dans une course effrénée, en comptant sur sa belle énergie.
C’est « Shanghai + », visant toujours le haut des classements. Avec ses 460 stations de métro/Maglev, Shanghai est par exemple, la ville qui possède le plus grand réseau de métro au monde.
Cette même énergie du marché de l’art, s’illustre régulièrement dans CultureS Shanghai, par la présentation de nouveaux espaces culturels (quelquefois après réhabilitation de sites historiques, comme la « Villa Pathé »), ou dédiés plus spécifiquement à l’art. En 2015, on comptait 3000 « musées » en Chine, depuis les inaugurations se font au rythme d’environ 300/an, même si leur importance est inégale. Shanghai est l’un des grands bénéficiaires, de cette politique culturelle volontariste. Pas moins de 3 musées vont ouvrir leurs portes par exemple :

• L’Oriental Fisherman’s Wharf Art Museum, dans le district de Yangpu, berceau des industries modernes de la Chine qui ouvre le 10 juillet 2021 et honorera des œuvres traditionnelles et plus particulièrement la pierre.

• Le MAP, Museum of Art Pudong à Lujiazui, avec la collaboration prestigieuse de la Tate Modern de Londres pendant 3 ans, en commençant par l’exposition inaugurale.

Shanghai Astronomy Museum ou Shanghai Planetarium, (380, LinGang avenue, Pudong New District), qui sera le plus grand au monde. Conçu par Ennead et présentant plusieurs bâtiments, il permettra entre autres, la vision HD de la surface de la lune et des planètes. Ouverture au public le 18 juillet 2021. Sujet d’un prochain CultureS Shanghai.

Crédit photo Ennead Architects

En attendant, CultureS Shanghai vous propose pour cet été de découvrir…

Exposition univers Bande Dessinée

« TINTIN and HERGE ».

Du 6 août au 31 octobre 2021. Du mardi au Dimanche, de 11h à 19h.
Power Station of Art (PSA).
Adresse : 678, Miaojiang lu. Huangpu qu (黄浦区花园港路200 号). Métro : Lignes 4 et 8 st. South Xizang Road. Tel : 3110 8550
Prix : 60 RMB, gratuité pour les enfants de moins de 7ans. Info : www.powerstationofart.com.

Cette exposition sera l’événement de cette fin d’été, s’adressant aux nombreux fans du héros intrépide Tintin.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Elle présentera l’histoire de la création des 24 albums de ses aventures, depuis « Tintin au Pays des Soviets » en 1930, jusqu’à « Tintin et l’Alph-Art », en 1986 qui restera inachevé.
Une partie sera consacrée au parcours de son créateur, dessinateur et scénariste belge, Georges Remi (1907-1983) dit Hergé.

Cela fait près de 8 ans que le musée Power Station of Art, souhaite cette exposition, en collaboration avec le Musée Hergé, créé par Fanny Rodwell en 2009, à Louvain-La-Neuve, en Belgique.

©️Hergé - Moulinsart 2021

L’année 2021 fut jugée propice, par la conjonction de plusieurs anniversaires : 20ème anniversaire des aventures de Tintin édité en mandarin et 50ème anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la Belgique, pays de son créateur Hergé.

Né à Bruxelles le 22 mai 1907, celui qui était encore appelé Georges Rémi, s’ennuie pendant ses études au collège Saint-Boniface et met un peu d’aventure dans sa vie, en entrant chez les scouts en 1921, où il est baptisé « Renard Curieux ». Il dessine pour la revue scoute, et signe déjà en 1924, de son pseudonyme Hergé (des initiales de son nom Remi et de son prénom George). Il nourrit son imaginaire, par les livres, les bandes dessinées et le cinéma.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Il devient plus tard, employé au service abonnements du journal « Le Vingtième Siècle ». Libéré du service militaire, il est chargé en 1928 par ces éditions catholiques belges, de créer, diriger et illustrer « Le Petit Vingtième », un supplément hebdomadaire jeunesse. C’est là que Tintin et Milou « prendront vie », le 10 janvier 1929.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Pour la petite histoire, c’est à la 8ème page de « Tintin au Pays des Soviets » que, démarrant en trombe dans une voiture décapotable, l’aventurier apparait avec une houppette dans sa chevelure. Il la gardera dans les albums suivants.

L’originalité acceptée du thème de cette exposition et le lieu choisi, le PSA qui est un musée national, en illustrent son importance. De plus, elle sera la 1ère exposition en Chine continentale et la plus grande au monde, jamais consacrée à Tintin, avec ses 1600 m2 d’exposition. Elle dépasse donc celle du Grand Palais en 2016, à Paris. Dans cet objectif d’accès à tous, le prix d’entrée reste modique.

Au-delà de ces chiffres, du succès mondial (215 millions d’albums vendus depuis 1934, dont 50% dans la francophonie), des voyages par procuration et des découvertes offerts aux lecteurs, à chaque album, c’est aussi l’histoire d’une amitié entre un jeune étudiant chinois Zhang Chongren (张充仁 1907-1998) et Hergé.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Ils ont le même âge et se rencontrent en 1934 grâce à l’abbé Gosset, aumônier des étudiants chinois de Louvain. Zhang Chongren, parle français et étudie à l’Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles. Il raconte à Hergé, son départ de Shanghai juste avant l’invasion japonaise, la vie de sa famille restée sur place, la vie chinoise. Encouragé par la direction de ce journal de la presse catholique, Hergé avait cette volonté de dépasser les stéréotypes du racisme de l’époque.

Ces riches échanges vont donner une nouvelle dimension au personnage et aux aventures de Tintin, dont les contextes géographique et historique, seront à partir de « Tintin et le Lotus bleu », beaucoup plus travaillés. Une attention particulière sera portée à cet album, véritable 1er succès de Tintin, où aidé de son ami Tchang (inspiré par celui, réel de Zhang), il déjoue le complot d’un gang international de trafiquants d’opium.

Hergé donnera naissance à des personnages emblématiques, par un trait simple d’une grande précision, mis dans des situations où sa fiction a rejoint parfois la réalité du monde. Bien avant ce succès, on découvrira dans cette exposition que Georges Remi travailla comme graphiste dans la publicité et qu’il peignait, tout en collectionnant assez tôt, les œuvres de Warhol, Lichtenstein, Fontana, Dubuffet et Raynaud. Par la peinture, la photographie et le cinéma, il s’attache à l’importance du cadrage et des perspectives, permettant ainsi d’assurer un certain réalisme parfois « nostalgique, afin que le public puisse facilement s’immerger dans son univers ».

Si certains ont pensé qu’Albert Londres, le célèbre journaliste français, qui a donné ses lettres de noblesse, au journalisme d’investigation, avait pu inspirer le personnage de Tintin, beaucoup comme JanPol Schulz, ont trouvé bien plus de similitudes dans le parcours et l’aspect physique du globe-trotter journaliste, Robert Sexé (1890-1986).

Couverture du livre Sexé aux Pays des Soviets© (Fonds JanPol Schulz)

Habillé d’un imperméable et la mèche sur le front, il part à 20 ans en moto, représentant la marque Gillet-Herstall et ses aventures sont relayées par le «  Circuit des Soviets », dans la presse belge de l’époque (Hergé est Belge), 4 ans avant « Tintin au pays des Soviets ». Pour les sceptiques, sachez que Robert Sexé est parfois accompagné dans ses aventures, par un mécanicien du nom de…Milhoux !

L’album « Sexé au Pays des Soviets » en 1996, puis « Sexé enquête au pays des Soviets » format numérique de 2012, présente les recherches de Schulz. Adolescente, j’ai eu la chance de rencontrer cet homme peu commun, quelque temps avant sa mort, grâce à mon père. Je garde le souvenir d’un personnage qui retrouvait sa vitalité, à l’évocation de son passé intrépide et disait sa passion pour ses motos. Elles l’avaient emporté si loin de St Benoît (Poitiers), où il allait finir sa vie.

Si vous êtes fan depuis toujours, de l’aventurier à la houppette et des personnages qui partagent les planches de Georges :

https://www.franceculture.fr/theme/les-vies-de-tintin

Parce que Tintin c’est « le journal des jeunes de 7 à 77 ans », slogan accrocheur, paru en mai 1947, par nostalgie ou par curiosité, ne résistons pas au plaisir d’entrer à nouveau dans l’univers du « père de la bande dessinée européenne », au travers des dessins, peintures, interviews et témoignages, où transparait, sa curiosité insatiable pour le reste du monde…

Merci à Philippe Wang, représentant la société Moulinsart en Chine.

MUSEE

Villa Pathé. Musée du vinyle.

Du mardi au dimanche de 9h à 17h (dernière entrée 16h30).
Adresse : 811, Hengshan lu /Yuqing lu, Xuhui qu.
Métro : Lignes 1,9,11, Station Xujiahui road, sortie 1’.
Entrée gratuite. QR code vert et prise de température à l’entrée.
Tel  : 5425-9260 Info : www.xujiahuiorigin.com

Située dans le parc de Xujiahui, « La Villa Rouge » ou « Xiǎo hónglóu », a bénéficié d’une restauration pendant près de 2 ans, pour la fête du centenaire du PCC, né à Shanghai en juillet 1921. Le rouge est celui des briques qui la constituent, avec le bois. Elle date aussi de 1921 et a été surtout le lieu où fut enregistré, le 3 mai 1935, l’hymne national chinois : « La Marche des Volontaires ». Elle est donc référencée comme site révolutionnaire majeur.

C’était le site d’enregistrement de la compagnie «  Pathé Orient », branche de la compagnie française Pathé, créée par les frères Charles, Emile, Jacques et Théophile en 1896. Les 2 premiers lui apporteront le succès qu’on lui connait.

Petit rappel : bien avant de sentir le potentiel d’une industrie naissante du cinéma, via le Kinétoscope de Thomas Edison (1847-1931), c’est une autre de ses inventions qui fera naître la compagnie Pathé : la vente puis la fabrique (à Chatou) d’appareils phonographiques, après la découverte à la foire de Vincennes en 1894, du phonographe Edison.

La compagnie Pathé, par le pari de ses fondateurs, fait naître l’industrie du disque, non seulement à Shanghai mais aussi en Chine.
L’exposition en cours raconte son histoire et ce qu’elle a permis dans la diffusion culturelle d’une nation.

RDC : Salon de thé et restauration (3 salles).

Avant de monter vers les 2 étages d’exposition, remarquez l’ouvrage de la montée d’escalier et le lustre.

F2 : Sur le seuil, une fresque chronologique rappelle l’histoire de « La Marche des Volontaires » et de ses créateurs, Tian Han l’auteur et Nie Er qui en compose la musique. Elle deviendra l’hymne national chinois en 1949, sera abandonnée pendant la révolution culturelle et redeviendra l’hymne de la Chine en 1982.

(Salles de droite à gauche) :

  • Pièce où l’on présente l’importance primordiale de 2 inventeurs : l’enregistrement des sons par l’Américain Thomas Edison et sa restitution sur un disque (qui succède au cylindre gravé), l’Américain d’origine allemande Emile Berliner, inventeur du disque, d’abord fait en verre, en zinc puis en ébonite et cire.

    En bas à droite, la photo de Guo Song Tao (1818-1891), ambassadeur chinois de la dynastie Qing, basé en France et au Royaume Uni, qui fut la 1ère personne en Chine à avoir un lecteur de disque.

  • Petite salle consacrée à l’architecture du bâtiment (plans et écran interactif).

  • Une salle meublée d’un bureau, de fauteuils et d’un piano met en valeur des « musiciens patriotes », comme Lü Ji, Huang Zi ou le populaire He luting, qui transcrivent les nouvelles aspirations du peuple, souhaitant se libérer notamment de l’occupation japonaise (1937-1945).

  • Une pièce consacrée aux 2 créateurs de « La Marche des Volontaires » chanson thème du film «  Sons and Daughters in a Time of Storm », présente le compositeur Nie Er (1912-1935) et l’auteur, poète et dramaturge Tian Han (1898-1968).

Vous pourrez découvrir la partition, mais aussi le registre du studio d’enregistrement. Puis les lumières s’éteignent et la scène grandeur nature s’anime d’hologrammes. Un homme raconte la création de la musique et l’enregistrement du futur hymne chinois, en compagnie de son compositeur, venu du passé, on est en 1934.

« Ce chant fait appel au peuple chinois pour son patriotisme et son esprit communautaire afin de protéger la patrie ».

F3 : Sur le seuil, nouvelle fresque chronologique sur l’évolution de la Compagnie Pathé vers China Record (1908-2001).
Dans les pièces autour, découvrez les différents genres artistiques enregistrés à la Villa Pathé, durant ces décennies :

  • Opéras traditionnels chinois (ex : Yue, Hu, Beijing). Création artistique sonore, la plus écoutée à l’époque en Chine. 38 des 39 types d’opéra existants, sont représentés dans les enregistrements Pathé. Une vraie mémoire…
    Ainsi que leurs chanteurs les plus célèbres : Mei Lanfang, Tan Xipei, Zhou Xinfang.

  • Chants révolutionnaires à écouter dans la salle « The Vinyl Workshop » et les différentes étapes de la fabrication d’un disque, à regarder sur un petit écran.

  • Dans la salle « Spring of Pop Music », retrouvez la nostalgie de la chanson populaire et quelques-unes de ses icônes shanghaiennes qui ont enregistré à la Villa Pathé, comme la célèbre Zhou Xuan. Plus tard la Révolution Culturelle remettra en cause ces artistes, liées à la séduction.
    Sur un petit écran tout près de la fenêtre, vous pourrez la voir et l’écouter chanter, on est en 1957 et bien sûr la célèbre star de cinéma Hú Dié (1908-1989), qui obtient son 1er rôle à 18 ans et deviendra en 1933, la 1ère Chinoise élue « Reine du cinéma ».

Pour finir prenez la pose de star derrière un micro « presque d’époque ».

En Chine, il y a souvent dans les expositions, un spot prévu pour la photo-souvenir des visiteurs !!

Dans cette « Villa Rouge », la compagnie française Pathé fut la 1ère à enregistrer, copier et diffuser les sons au travers des disques, permettant la préservation des voix, des musiques et du patrimoine intangible de la Chine.
Ça vaut bien un « cocorico ». D’ailleurs un coq fier et chantant, n’est-il pas le symbole de cette compagnie depuis toujours ?!...
À la sortie de la Villa Rouge, poursuivez par une promenade dans le parc Xujiahui.

Arts Visuels

« Masculinity Through the Eyes of Female Photographers ».

Du 24 août au 12 septembre 2021. Du mardi au vendredi, de 13h à 21h, weekend : 11h-19h.
MUSEu&m (移动的头脑博物馆). Près du teamLab Bordeless Shanghai/Power Station of Art. Adresse : 388, Bansongyuan Road, Huangpu district.
Métro : Lignes 4 et 8 st.South Xizang road sortie 2.
Entrée : 50 RMB. Gratuit le 21 août 2021, jour du vernissage à 18h.

Dans un espace au double statut de musée-galerie, comme seule la Chine peut en présenter, « MUSEu&m » ou « The Museum of Creative Minds » présente 8 artistes, photographes ou « designeuses » femmes, de 8 pays différents (Allemagne, Australie, Chine, Espagne, France, Italie, Roumanie, Ukraine) qui nous proposent leur regard créatif, sur le vaste et très actuel thème de la « Masculinité ».

Emmené par Yolanda qui est allemande et Jo Australienne, ce projet aura mis 9 mois pour voir le jour, au travers d’une ou plusieurs photographies, de vidéos et d’installations, parfois collectives.

Chaque artiste nous propose plusieurs œuvres, qui doivent illustrer tous les aspects de leur vision.

La masculinité, comme un assemblage de stéréotypes changeants, d’une époque et d’un lieu. Le monde féminin y prend sa place dès le processus de masculinisation plus ou moins présent, de l’enfant, mais aussi parce que la nature du Yáng (阳) peut aussi se définir par rapport au Yīn (阴), comme 2 principes complémentaires et inséparables.

Le lieu :
MUSEu&m est un espace de 300 m2 créé en 2016, par l’architecte et designer Lulu. Une centaine d’événements/expositions liés au monde de l’art et du design sont à son actif, sans compter les collaborations avec d’autres espaces culturels. 10 000 visiteurs depuis sa création, avec des succès comme « Kuma : A Lab for Materials » ou une exposition internationale d’illustration.

Les artistes :
Jo RANKINE : Photographe indépendante australienne. Elle travaille depuis 26 ans dans le cinéma et l’imagerie numérique dont elle est diplômée. Elle choisit de combiner photographie, peinture et techniques d’impression.
2 mots pour définir son travail sur la masculinité : « Chasse » et « Fragile ». C’est ce qui ressort des réponses de personnes qu’elle interroge sur le sujet. Elle fait ensuite le lien avec un animal à la fois fragile et prédateur : le papillon vampire, à la durée de vie limitée. La suite est à découvrir.

Yolanda vom HAGEN : Elle étudie le design photo en Allemagne et en Chine (Beijing Film Academy). Photographe commerciale à Shanghai depuis 2010, son travail évolue vers une démarche plus artistique par « Life in Memory » (2016), et en vidéo « OffLine » (2018) ou « Essence of you » (2019). Elle expose au Musée d’Essen dans le département art contemporain.
Son regard sur l’homme est compatissant. C’est d’abord celui sur son père, qui l’a élevée seul, coincé entre ses aspirations et le modèle masculin qu’il doit suivre.
Très tôt confrontée à une nécessaire indépendance, elle refuse la victimisation et le refus de responsabilité de certaines femmes. Elle aspire à une meilleure connexion entre les genres.
Elle a créé entre autres pour cette exposition, une installation interactive où hommes et femmes posent avec un objet, qui dit ce que c’est qu’être un homme.

Yilin TANG (Elena) : Elle est diplômée en recherche, production cinématographique et télévisuelle. Elle a travaillé pour la BBC, ITV et Royal Shakespeare Company. Son 1er court métrage, « Some Memories Don’t Fade » a reçu un prix international.
Dans cette exposition, elle interroge le statut, dans l’Opéra de Beijing, de la Femme cavalière et armée, mais qui ne pourra que chanter et danser, l’Homme se réservant les combats héroïques. La masculinité est ainsi définie par la non-féminité et inversement. Mais où se placera dans le discours socio-culturel, la femme masculine ?

Andrea MARTINEZ : Photographe espagnole née en Uruguay, elle reçoit son 1er appareil photo à 8 ans. Elle ne le lâchera plus, même pendant ses 15 ans de « business developer » en Espagne et en France. Elle vit avec sa famille à Shanghai depuis 2014 et a obtenu en 2020, un master en photographie artistique (Node Center), terminé par son projet « XingFu lu ».
Dans cette exposition, la photographe montre les effets de la société contemporaine sur les frontières du féminin/masculin qui s’estompent et génèrent des femmes plus indépendantes et actrices de leur vie et des hommes qui s’autorisent à exprimer leurs émotions.

Alex SARMIENTO : Photographe française, dans le monde de la beauté et de la mode, elle chemine vers la photographie artistique depuis 2008, par la technique de la surimpression, puis vers la photo numérique. Elle a exposé à Casablanca et à Paris, notamment dans la Cité du Cinéma de Luc Besson.
Dans cette exposition, elle retrouve la technique de la surimpression, pour exprimer et honorer la fragilité masculine, symbolisée par un monde floral.

Nora LAI : Diplômée en design et en communication visuelle en Italie, la mode, l’art et le design, l’accompagnent jusqu’à la création de bijoux. Elle redécouvre en Chine, le plaisir de la photographie et sa possibilité d’offrir un nouvel angle de la réalité.
Dans son projet, elle se concentre sur les rôles que l’idée de masculinité induit. Elle parle de l’équilibre que l’homme doit trouver entre ce qu’exige la société pour lui (autre facette de son pouvoir) et ce qu’il souhaite pour lui-même.

Ioana FARCAS : Née en Roumanie, elle suit des études de photographie (portrait et production commerciale) à l’université de Manchester. Elle a travaillé pour Uniqlo, Nike, Bayer, Mustela etc.
Dans ce projet, elle présente grâce aux portraits, les identités culturelles et la diversité sociale de la communauté masculine asiatique. Ses années à Shanghai avait précédemment inspiré un travail, par des portraits de rue.

Katya V.KARS  : Après une formation à l’université Nationale du théâtre, du cinéma et de la télévision de Kiev, cette productrice roumaine, crée des vidéos et un court métrage d’animation primé : « La Mouche ».
Dans ce projet, elle joue avec le concept finalement très large de la masculinité.
En collaboration avec Mandy Cai, elle choisit de mettre en scène sur photo, la communauté drag de Shanghai et peut-être nous inviter à repousser les limites de notre perception du genre.

Festival de Musique

« GROWING » Festival Music in the Summer Air (MISA) par le Shanghai Symphonic Orchestra (SSO)

Du 10 au 24 juillet 2021 ! Dans différents sites, pour Shanghai Symphony Concert Hall (1380 Fuxing Zhong lu, District Xuhui (上海市复兴中路 1380号)
Métro : Lignes 1 et 7, St. Changshu road, sortie 4.
Tel : 400 821 0522 ; Site : https://misa.shsymphony.com/home/index/en

MISA, c’est le projet ambitieux du prestigieux Shanghai Symphonic Orchestra, afin de partager pour sa 12ème édition, leur passion de la musique classique, en lui donnant un nouveau souffle. Ceci grâce au mélange des genres et par des collaborations artistiques étonnantes.

Variété des événements, des lieux et des formats musicaux proposée au public, avec une prédilection pour « MISA Open Air » et ses collaborations artistiques à succès, à l’arrière du Shanghai Concert Hall, sous le ciel étoilé de Shanghai.

Notons le projet théâtral « Songs of Nature », comme une ode à la nature par les chants "Nine German Arias" du compositeur baroque G.F. Haendel, de nouvelles compositions du compositeur contemporain belge Wim Henderickx. Ils seront accompagnés visuellement par une création de l’artiste scénographe australien Dan Potra et du réalisateur chinois Zou Shuang.

D’autres collaborations sont programmées, comme celle du rappeur J-Fever et des cordes du Shanghai Symphonic Orchestra, ou du chanteur et compositeur Xiao He et du Tao Dance Theatre, sans oublier de nouvelles adaptations d’œuvres de Debussy, Stravinsky et Satie interprétées par le percussionniste Fu Yifei.

En décloisonnant la musique classique, MISA lui amène aussi, un nouveau public jeune et curieux. MISA est co-présidé par Long Yu (directeur musical de l’orchestre symphonique de Shanghai) et Charles Dutoit (directeur musical du Royal Philharmonic Orchestra).

Le Programme : https://misa.shsymphony.com/preview/index/en

« Once Upon a Time in Paris » par Ying LI et Peng YUE

Le 30 juillet à 19h30 ! SHOAC Concert Hall (上海東方藝術中心) Adresse : 425 Dingxiang Lu/ Shiji Dadao, Pudong District (丁香路425号,近世纪大道)
Métro : Ligne 2, St. Shanghai Science &Technology Museum
Tel  : 6854 1234
Site : www.shoac.com.cn et https://www.shoac.com.cn/show/599614734720876544

Parce que la voix est le 1er des instruments artistiques, parce que sa puissance émotionnelle est étonnante au regard de la taille de son origine anatomique et que ce qu’elle produit en celui qui l’écoute, quand elle est travaillée et sculptée, est indicible.
Écoutons aussi les artistes, ici ou ailleurs.

Le Shanghai Oriental Art Center (SHOAC), conçu par l’architecte français Paul Andreu, comme une orchidée-papillon, avec ses 5 pétales/salles hémisphériques, fut inauguré il y a tout juste 16 ans. Il accueillera Ying LI et sa voix de Mezzo-Soprano, accompagnée du pianiste Peng YUE qui sont à l’origine de cet événement.

« Once Upon a Time in Paris » contribue aux échanges culturels entre la France et la Chine. Sous les lumières du romantisme, Paris tient pour quelques heures le rôle principal d’un concert, où se narrent des histoires du cœur (l’attraction, le désespoir, la romance, la réticence et le regret), nous sont contées par les compositeurs Francis Poulenc, Claude Debussy, Gabriel Fauré, Reynaldo Hahn, Erik Satie et Édith Piaf.

« Les deux musiciens nous invitent à voyager en musique, à travers la beauté intemporelle et unique de Paris »… Autant dire qu’en temps de pandémie où beaucoup de familles francophones sont bloquées en Chine, un petit goût de nostalgie sera présent à l’écoute de la voix de Ying LI et de ce patrimoine intemporel…

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com