CultureS Shanghai

CultureS Shanghai Novembre 2020

CultureS Shanghai Novembre 2020

CultureS Shanghai

Novembre 2020... Le parfum puissant de l’Osmanthus, enveloppant si généreusement Shanghai ces dernières semaines, disparait. S’il n’en est pas de même pour les temps troublés de notre humanité, il existe un pouvoir que seule, elle détient par la conscience d’elle-même, c’est celui de prendre de la hauteur, de mettre en perspective, de s’extirper un temps de toute adversité...et ainsi de reprendre son souffle.

Ne croyons pas toutes les Cassandre, écoutons ce que les artistes ont à nous dire, car ils sont à la source du renouvèlement indispensable de la Pensée. Dialoguons sur le monde qu’ils nous donnent à voir (quel qu’en soit le média) et surtout, soutenons-les de toutes nos forces…parce qu’ils nous font aussi du bien !

C’est la Science qui le dit et plus particulièrement les neurosciences, dont certaines études révèlent les effets bienfaisants et « nourrissants » de la vision d’œuvres d’art, pouvant aller jusqu’à une expérience unique, quand une alchimie particulière naît de cette rencontre.

Si vous avez eu la chance de vivre ce moment d’exception, peut-être même dès l’enfance, vous avez vécu ce que les neurologues appellent « l’empathie esthétique », cette puissante connexion entre les deux cerveaux qui nous animent, celui de l’intellect et celui de l’émotion.
L’art comme une médecine.
https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/10/22/quand-la-science-prouve-que-l-art-fait-du-bien_6056952_3246.htm

Puisque la science n’est définitivement pas l’ennemi des arts, elle a aussi observé dans une étude, des centaines d’expressions faciales de la peinture européenne depuis le XIVe, ou de la photographie, car elles sont un « fabuleux reflet de nos sociétés ». Ces très sérieuses recherches, utilisant un algorithme sophistiqué et éprouvé, nous disent l’amélioration du sentiment de confiance au fil du temps, en lien bien sûr avec la réponse aux besoins fondamentaux (via l’augmentation du PIB/h), alors…

EXPOSITIONS ART MODERNE ET CONTEMPORAIN

« MONET Impression Sunrise ».

Jusqu’au 3 janvier 2021. Bund One Art Museum 10h-18h
Adresse : 1, Zhongshan Dong Yi lu, Huangpu Qu. Métro : Station YuYuan Garden Ligne 10 sortie 1.
Prix : 118 RMB Audioguide : 20 RMB

L’exposition d’œuvres majeures comme l’est « Impression, soleil levant », accompagnée de huit autres œuvres de Claude Monet, va bien au-delà du prêt patrimonial entre la France et la Chine. La dimension diplomatique y a toute sa place et le Consul général de France à Shanghai, Monsieur Benoît Guidée, a rappelé dans son discours, la volonté partagée d’un lien de qualité entre les deux pays, lors de l’inauguration de l’exposition, le 16 septembre 2020.

Crédit photo D. Tardif

Marianne Mathieu, directrice scientifique du musée Marmottan Monet, où l’on peut voir habituellement ces œuvres, rappelle la portée symbolique d’espoir et de renaissance de ce soleil levant, en ces temps de pandémie et le signe via cette exposition, de la reprise des prêts internationaux d’œuvres (majeures ou non).
Myriam Kryger, attachée culturelle du consulat général de France à Shanghai, soutenant l’organisation de l’exposition « MONET Impression Sunrise », dit le long parcours de mise en place depuis avril 2020 et l’accompagnement des autorités chinoises, afin de faciliter les démarches administratives.

Le monde de l’art et sa visibilité nécessitent donc différentes énergies et compétences.
Une exposition temporaire majeure nécessitera aussi, un site prestigieux ou hors du commun. C’est donc « Asia Building » qui l’accueille dans ses murs historiques.

Crédit photo B. Maugein
Histoire succincte du bâtiment...
Il est le plus haut bâtiment et l’un des plus vastes de Shanghai, à son achèvement en 1916. Il est surtout pour les Shanghaiens le « One on the Bund » (Wàitān dì yī lóu外滩 第一 楼).

Construit à la place de la maison de commerce « Hogg Brothers » (1861), par le fameux marchand britannique George McBain, ce bâtiment de 7 étages, passant à 8 en 1939, est de style Renaissance. Les arcs romans, piliers baroques et colonnes grecques de la façade, donnent un aspect ostentatoire au bâtiment, appelé originellement du nom de son propriétaire, « The McBain Building ».

Il fut entre autres, le siège de la North China Asiatic Petroleum (Shell + Royal Dutch) jusqu’en 1966, commercialisant à ses débuts kérosène et lampe…à pétrole !
Puis, il devient la propriété du département immobilier de Shanghai.
Deux coquilles placées autrefois sur une colonne de la façade (pétoncle : symbole de la marque Shell depuis 1904), sont toujours visibles au musée d’histoire de Shanghai.
« Asia Building » est protégé depuis 1989, par « Shanghai Cultural Relics Protection Unit ».

L’exposition « MONET Impression Sunrise », c’est la possibilité de retrouver 9 chefs-d’œuvre de Claude Monet (1840-1926) qui sera le principal fondateur du mouvement impressionniste et son fervent défenseur, face à une académie qui peine à réactualiser son héritage et son cadre. Claude qui fut d’abord Oscar (il signa ses premiers dessins à charge ou caricatures,
« O. Monet »), garda une certaine distance avec l’enseignement des Beaux-arts de l’académie, signifiant pour lui le poids des règles et de la tradition.
Il quittera l’atelier de l’Ecole impériale des Beaux-arts de Paris et son « maître » Gleyre, qu’il juge trop conventionnel et ira jusqu’à stimuler le départ des élèves Sisley, Renoir ou Bazille. Monet a 22 ans !

Vous pourrez aussi découvrir 4 peintures abstraites de Vicky Colombet (artiste franco-américaine), dialoguant avec celles de Monet. Elle emprunte aux impressionnistes, un angle de vue original, un trait de peinture marqué et le désir de retranscrire la fugacité d’un moment, de la lumière ou de ses reflets sur l’eau. On retrouve aussi la fascination mutuelle des deux artistes pour le paysage, qui avait fait de Monet et ses amis impressionnistes, les trublions face à l’académie de peinture qui prônait la hiérarchie des genres, (les paysages à la 4ème place, faisant partie des « arts mineurs ») !

Aperçu du travail de Vicky Colombet exposant actuellement au Musée Marmottan Monet à Paris : https://www.youtube.com/watch?v=83KWQ5SPDUs&ab_channel=VickyColombet

Quant à Gérard Fromanger, artiste français de 81 ans, issu du mouvement Figuration Narrative des années 60, c’est bien la couleur plutôt que le dessin qui comme les impressionnistes, est au centre de son travail. Il privilégie la peinture, même si décors de théâtre, costumes de ballet, installations ou vidéos font partie de ses expérimentations. Il présente 14 œuvres sur la fin du parcours.

Cette fascination pour la couleur, de Monet, fut respectée jusqu’au jour de ses funérailles. Lorsqu’un voile noir fut déposé sur son cercueil, son ami et homme d’État français, Georges Clémenceau s’écria : « Non ! Pas de noir pour Monet ! Le noir n’est pas une couleur ! »

La passion du maître pour le Japon et sa culture, l’amène à acquérir une multitude d’estampes japonaises. Vous pourrez en découvrir quelques-unes, comme celles d’Utagawa Hiroshige (1797-1858) et de Katsushika Hokusai (1760-1849).

Une autre partie de sa collection est visible sur le site de Giverny.

L’esthétique du Japon imprègnera d’ailleurs ses jardins et inspirera « La Japonaise » peinte en 1875 et totalement à part dans l’esthétique et la facture habituelles du maître.

Si la scénographie et la lumière sont plutôt réussies, à la suite du Musée Marmottan Monet qui en détient la plus grande collection d’œuvres au monde (94 toiles, 29 dessins etc.), c’est bien la dimension pédagogique, servie par les outils numériques, qui vous fera redécouvrir ces œuvres sous un autre angle, bénéficiant d’une nouvelle compréhension. Ceci grâce à 2 salles vidéo dont une immersive et aux petits écrans qui accompagnent les œuvres de Claude Monet, sur des points historiques ou techniques, de manière contemporaine et accessible (anglais, mandarin).

Avant de retrouver l’icône « Impression Soleil levant », mise en scène sur la fin du parcours, arrêtez-vous un instant sur « Camille à la plage » et « Sur la plage à Trouville » (1870), deux tableaux qui parlent plus, de l’intimité familial de l’artiste.

La rencontre en mars 1865 avec Camille Doncieux (1847-1879), qui devient son modèle de « La Femme » et sa fiancée, commence par un succès artistique. À la peine pour présenter une œuvre au Salon, il la peint en 4 jours dans « La Femme en robe verte ».
Mais la suite sera plus difficile, avec des déboires financiers, des saisies de tableaux et une nouvelle responsabilité puisque Camille donne naissance à leur 1er fils Jean Monet (1867). N’étant pas mariés, ils vivent sans le soutien des parents, mais celui d’amis ou de trop rares mécènes. Il finit par épouser Camille en juin 1870, (Gustave Courbet sera témoin) et elle sera, avec ses enfants Jean et plus tard Michel (né en 1878), ses modèles privilégiés.

L’été 1870, est donc un peu la lune de miel de Claude et Camille.
Sur cette plage de Sainte-Adresse, ils observent les Parisiens aisés, venus en vacances dans la Normandie si chère au peintre. Elle est depuis les œuvres des Romantiques (vers1830), un lieu de villégiature et de cure à la mode, pour l’aristocratie et la bourgeoisie. La plage devient donc un espace mondain où l’on s’habille selon des codes vestimentaires établis, ou voir est aussi important que d’être vu. Tout cela transparait au-delà du portrait de l’intime fait par Claude Monet. Ils logent avec Jean dans la modeste pension de famille Tivoli.
Leurs amis Eugène Boudin et son épouse les retrouvent. Eugène Boudin (1824-1898) avait perçu son talent très tôt et éduqua le regard de Monet.
Monet peint l’immédiateté et pour éviter toute confusion sur le rendu final et novateur à l’époque, il signe son œuvre en rouge (en bas à gauche) pour signifier qu’elle est bien terminée !

Crédit photo D. Tardif

Sur la toile « Sur la plage à Trouville », la mer qui se fond avec un ciel bas, le sable, dans l’eau des piquets qui délimitent les zones de baignade des femmes et des hommes, des vacanciers, les maisons qui bordent la côte et au 1er plan, Camille en robe de plage, assise dans une position voulue par l’artiste et son « double » ou sa jeune sœur à ses pieds, assise sur le sable.
La discrète et songeuse, coiffée de son petit chapeau à fleurs et les cheveux tressés, suit les indications de pause, de toilette ou du moment le plus favorable de la journée, de son mari peintre, dans son insatiable recherche des effets de lumière et de couleurs. Sa fougue à peindre n’attend pas !

Pourtant il vit la précarité du quotidien, mais elle ne transparait pas dans ses sujets, comme dans sa manière de peindre. Claude, Camille et Jean, éloignés de Paris, devront bientôt fuir la France (guerre de 1870 et sa conscription) pour Londres, où l’attendent d’autres rencontres artistiques.
Claude a 30 ans, Camille 23.

« Camille à la plage » et « Sur la plage à Trouville » dépeignent le bonheur familial et la fin d’un monde, celui du second empire. Et déjà, sur la jeune femme au visage qui s’efface peu à peu dans les œuvres, comme dans « La Promenade »(1875), plane l’ombre d’une tragédie…

«  Impression, Soleil Levant », vous arrivez à l’œuvre emblématique et fondatrice, sur laquelle il a beaucoup été dit et écrit.

Crédit photo C.Boudehen

On est en novembre 1872, Claude Monet séjourne à l’hôtel de l’Amirauté, d’où il peint l’avant-port du Havre, au petit matin depuis sa chambre.
En quelques heures, il saisit sur sa toile, l’atmosphère vaporeuse d’un matin d’automne et terminera ses touches picturales par les barques des passeurs, le soleil et ses reflets rougeoyants sur l’eau.

Il décide de la présenter lors de la première exposition des peintres impressionnistes, mais il lui faut un titre ! Sa finalité n’étant pas une représentation fidèle du lieu, il en choisit un qui retranscrit son état d’esprit : « Impression ».
La toile qui va bouleverser l’histoire de l’art est née !

Vous connaissez la suite, le très conservateur Louis Leroy fera le lien entre le titre de la toile et les aspirations nouvelles d’un certain nombre d’artistes, dans son article du journal satirique Le Charivari, en intitulant ironiquement leur 1er événement artistique : « L’exposition des impressionnistes ». Ces artistes avec esprit, ne manqueront pas de s’approprier cette nouvelle dénomination… Après les Romantiques, Monet et ses amis artistes comprennent que bien que malmenés, visibilité puis reconnaissance sont à ce prix.

À noter, l’animation numérique remarquable de la salle immersive, qui reconstitue la vue sur le port du Havre, depuis la chambre, d’où le maitre peint.
Puis les murs de cette chambre s’abaissent, pour laisser apparaitre le décor extérieur, les quais de déchargement, les bateaux, les usines, les maisons et les hommes. Le tout se transforme peu à peu, dans un halo de brouillard et de fumée, laissant apparaitre, sous les traits du pinceau, la vision fugace mais définitive de la toile du Maître.

Prenez le temps de regarder également les vidéos très documentées sur, par exemple la première exposition des peintres impressionnistes, dans l’atelier de leur soutien de la première heure, le photographe Nadar, au 35 Bd des capucines à Paris.
C’était au printemps 1874.

Comme toutes les œuvres emblématiques, « Impression soleil levant » est sollicitée et voyage, dernièrement à Canberra, au National Gallery of Australia ou au Tokyo Metropolitan Art Museum et en 2023 ce sera à Potsdam (Allemagne), au musée Barberini ouvert en 2017, mais sa présence en Chine est bien une première !

L’exposition a pensé à la nouvelle génération chinoise connectée et fashion, avec un espace conceptuel dédié à « Team Wang », label de streetwear développé par la pop star Jackson Wang… Pas sûre de la synergie légitime avec l’exposition.
Au-delà du fossé générationnel, cette présence subtilement mercantile peut déranger, mais passer son chemin est toujours possible.

Monet a décidément le vent en poupe, puisqu’il est aussi « présent » dans l’exposition immersive « Monet, Renoir… Chagall, Voyages en Méditerranée » à l’Atelier des Lumières à Paris. 500 œuvres pourtant dispersées dans les musées ou collections privées, s’offrent au regard dans un même espace enveloppant, par la magie du numérique.

« The Shape of Time ».

Jusqu’au 9 mai 2021. Centre Pompidou x West Bund Museum Ouvert du Mardi au dimanche de 10h à 17h.
Adresse : 2600 Longteng Dadao/ Fenggu lu Xuhui district.
龙腾大道2600号, 近龙腾路, Xuhui District.
Métro  : Ligne 11, St. Longyao road.

Le 8 novembre 2019, avait lieu sur le site du West Bund, l’ouverture au public du Centre Pompidou de Shanghai, inauguré le 5 par le président français Emmanuel Macron.
Cet événement pensé dès 2006, marque la place majeure de la France sur le plan culturel pour la Chine, mais également une volonté de collaboration gagnante de part et d’autre et la place particulière de Shanghai, dans les échanges internationaux culturels ou autres.

Centre Pompidou x West Bund Museum, Shanghai © DR
Centre Pompidou x West Bund Museum est la première implantation hors Europe, du musée et « une antenne provisoire pour 5 ans renouvelables ».

Il bénéficie de la synergie du West Bund, dédié depuis 2014 à l’art Contemporain.

L’exposition « The Shape of Time » accompagne de nouveau l’événement de la Shanghai Art Week. Le cœur de l’événement se produit du 19 au 22 novembre 2020 (West Bund Art Fair + Art 021), mais autour de ces 4 jours vont se multiplier des événements dans les galeries ou autres lieux artistiques. À partir du 10 novembre, vous pourrez également découvrir la nouvelle exposition sur ce même lieu du Centre Pompidou x West Bund Museum.

« The Shape of Time » présente une centaine d’œuvres importantes du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, issues du XXe et XXIe, mais aussi l’histoire de ses collections et le contexte historique européen où l’œuvre a été créée. Sur votre parcours, les œuvres de Duchamp, Miro, Picasso, Kandinsky, Ding Yi, Li Yongbin, Cai Guo Qiang, Constantin Brâncuși, Chrisitan Boltanski ou Beuys etc.

Crédit photo Centre Pompidou x West Bund Museum

Elle est divisée en 11 chapitres, racontant au public le concept et la présentation du « temps », dans l’art visuel depuis plus d’un siècle :
1. Moderne : art et villes industrielles au début du XXe siècle
2. Rythme et résonance : peinture abstraite des années 1920 aux années 1930
3. Le jour de la longue nuit : un rêve ancien entre les deux guerres mondiales
4. S’écrire : la situation abstraite après 1945
5. Différentes manières : écriture, dessin, notation
6. Un exercice d’équilibre : vivre dans l’espace et dans le temps
7. Yeux et corps en mouvement : Op Art et Power Art
8. Matière et mémoire : le présent de l’archive
9. Nature en mouvement : changement de topographie
10. Exposition : la peinture à l’ère de la photographie
11. Pays en transition : transition mondiale

LE MONDE D LIVRE

« Trésors de la Bibliothèque Zikawei ».

Shanghai Librairy. Du 2 au 22 novembre 2020.
Adresse : 1555 Huaihai Zhong lu/ Gao’an lu (上海图书馆 淮海中路1555号, 近高安路), Xuhui District.
Salle d’exposition RDC porte ouest. .
Métro : Ligne 10, station Shanghai Librairy sorties 2 ou 3.
Tel : +86 21 6445 5555. Entrée libre.
Réservation via : https://mp.weixin.qq.com/s/zPT5DIH9p0VeFNykZKpKEA puis « 展览预约 » (réservation d’exposition ) et choix du créneau horaire.
Réservation pas toujours demandée si peu d’affluence.

Cette exposition présente 104 documents rares, répartis en 6 salles thématiques.
Ces ouvrages sont issus de la bibliothèque des Jésuites, illustrant les mutations et l’importance de la ville de Shanghai dans le passé, l’acquisition de connaissances : observations sur les coutumes populaires, l’agronomie, l’astronomie, la météorologie, les mathématiques, les premières photos du Bund datant de1849 etc.
Cette exposition signe aussi la volonté d’un partage des connaissances, acquises en Orient et en Occident, si cher aux Jésuites, à leur arrivée dans l’Empire du Milieu, à l’image de Matteo Ricci.

Cela passera par l’acquisition du mandarin. Puis viendront l’élaboration de dictionnaires comme celui de Guignes "Dictionnaire Chinois, Franc et Latin" (1813), la traduction en langues occidentales, des 4 grands classiques de la littérature chinoise ou autres œuvres littéraires ou poétiques comme "l’orphelin de la Chine"(1834). Ceci permettra la diffusion de la culture chinoise vers l’Occident et la présence jésuite, celle de l’Occident en Chine.

Espérons qu’une prochaine exposition qui illustre ce partage entre l’Orient et l’Occident, sur la base de nombreux documents en franc, français, anglais, espagnol, proposera pour les informations principales, une traduction anglaise.

À l’attention des nouveaux arrivants ou de nos visiteurs, 3 sites à découvrir dans les premières étapes de compréhension de Shanghai et de la Chine, au travers de son histoire et de ses savoir-faire ...

1. Musée de l’Histoire de Shanghai

Ouvert tous les jours de 8h à 21h30  ! Adresse : 1 Shiji Avenue, Lujiazui, Pudong, (浦东世纪大道1号,近陆家嘴环路). Métro : Ligne 2, st. Lujiazui. Tel : +86 21 5879 3003. Entrée : 35 yuans. Code QR vert demandé.

Plutôt que les hauteurs de la Pearl Tower, dépassée depuis bien longtemps par les tours "Jin Mao" (1999), "SWFC" (2008) et « Shanghai Tower » (2015), préférez la terre ferme !
En effet depuis 1984, la base de la tour renferme les secrets de l’histoire de la plus cosmopolite des villes chinoises : Shanghai !
Vous pourrez ainsi déambuler de la dynastie Ming à nos jours, au travers de rues reconstituées pour vous imprégner de son ambiance.
Une ferme, des vendeurs de Tofu, de vins et condiments, une pharmacie chinoise, des restaurants, maison de thé, des artisans, des scènes de rue au milieu des maisons shikumen ou bien une carte animée pour comprendre la progression des concessions étrangères après les guerres de l’opium, défileront le long de votre parcours.

D’imposantes et belles maquettes (comme celle de la fameuse maison de thé Dangui et ses représentations d’Opéra de Beijing), des vidéos et hologrammes ou objets d’époque, seront accompagnés d’informations en anglais et mandarin.
La fin du parcours réorganisée depuis 2 ans, vous emmènera vers des petits commerces (le négoce n’est jamais très loin)...mais dans l’ambiance d’un lilong de maisons shikumen.

Le Musée de l’Histoire de Shanghai, une manière simple et ludique de découvrir et comprendre la ville qui nous accueille.
Un lieu à partager en famille. Prévoir 2h (4000 m2).
Un aperçu : https://www.youtube.com/watch?v=o5KfgsYObso

2. Musée de Shanghai

Ouvert tous les jours de 9h à 17h (dernière admission à 16h). Adresse : Renmin Dadao.
Tel : +86 21 6372 3500 ; Site :www.shanghaimuseum.net Pour audio guide, pièce d’identité nécessaire. Code QR vert demandé. Ticket via application dans la file d’attente.

Ouvert en 1996, ce musée d’art chinois ancien est divisé en 10 départements : bronzes, sculptures (au RDC), céramiques (au 1er étage), peinture traditionnelle, sceaux, calligraphie (au 2ème étage), jades, monnaies, mobilier des dynasties Ming et Qing, artisanat des minorités ethniques de Chine (au 3ème). Ce fond permanent est complété par des expositions temporaires tout au long de l’année. Préférez la sélection de 2 ou 3 départements maximum, par visite (surtout avec des enfants), afin d’éviter la saturation, ce serait dommage !
Tout le monde y trouvera son compte mais la découverte de l’artisanat des minorités ethniques (costumes, bijoux, objets de rituel, accessoires vestimentaires) est tout simplement étonnante, comme ce costume en peau de saumon de l’ethnie des Hezhen du Heilongjiang (la Mandchourie sous la dynastie des Qing) ou cette coiffe en corail et argent Mongol.

Plus loin, la reconstitution de pièces au mobilier Ming puis Qing vous permettront, d’un seul coup d’œil, d’en comprendre plus facilement les différentes caractéristiques.

De multiples services sont proposés et à l’entrée de chaque département, un document (en libre-service) et en anglais, une entrée gratuite et surtout des pièces exceptionnelles feraient du Musée de Shanghai, le deuxième plus beau de Chine !

3. Musée des Arts de Chine

Ouvert du mardi au dimanche de 9h à 17h.
Adresse : 161, Shangnan road/Guozhan road, (site de Shanghai Expo 2010) Pudong.
Métro : Ligne 8, St. "China Art Museum". Tel  : 021- 6222 8822.
Entrée : gratuite (20 yuans pour la fresque animée) ; F12, ticket au comptoir face à l’arrivée de l’escalator.

Ce musée qui fut le Pavillon de Chine durant l’Exposition Universelle de "Shanghai Expo 2010", abrite dorénavant un fond permanent de peinture, sculpture, dessin, vidéo etc. ainsi que de très belles expositions temporaires : les Naturalistes, à la 1ère Biennale de Shanghai, Botero, celle des magnifiques Tangkas Tibétains etc.
Oubliez la hiérarchie des genres en peinture, des musées de la vieille Europe et du Salon.
Ici se côtoient une représentation d’Albert Einstein à Shanghai en 1922, apprenant sa nomination au Prix Nobel et celle d’un leader politique visitant une usine...le tout en grand format ! Qualité inégale mais surprenant et rafraîchissant.

Pour la Magie, il faudra d’abord atteindre les sommets (12e étage) de ce pavillon, à la couleur rouge du bonheur, en Chine. En effet, muni de votre ticket, vous vous transporterez dans le quotidien de la capitale Bianjing (Kaifeng aujourd’hui) sous la dynastie des Song du Nord (960-1127), grâce à une immense fresque animée et bruitée, appelée "Along the River during the Qing Ming Festival" ou la "Mona Lisa de Chine".
Vous serez les témoins de la vie des habitants de toutes conditions et de tous âges, de Bianjing et ses alentours, de jour comme de nuit. Vous découvrirez en amont l’histoire de ce rouleau de soie de 5,25 m, base de travail de cette animation, aux records d’affluence durant Shanghai Expo 2010.
La dynastie des Song (960 -1279) étant la plus longue des dynasties chinoises après J.C, ça vaut bien quelques dizaines de minutes de votre attention, non ?

Rappels :

1. Dans le cadre du centenaire de la Villa Basset, construite en 1921 et résidence du Consul général de France à Shanghai depuis 1980, le consulat général de France a inauguré et présenté plusieurs événements qui s’y dérouleront, jusqu’en octobre 2021.
Voir le site du consulat, pour le détail de ces événements.

2. Exposition photographique de National Geographic

Zhonghai Huanyuhui mall. RDC (entrée extérieure)
838, Huangpi nan lu/Xujiahui lu (黄陂南路838弄, 近徐家汇路)
Métro : Madang lu, lignes 9 et 13, sortie 5. Prix : 88 RMB

Le célèbre mensuel au rectangle vertical jaune s’expose à Shanghai pendant quelques semaines. « National Geographic », magazine officiel de la National Geographic Society, est une référence parmi la presse s’intéressant aux domaines de l’histoire, la géographie, la culture ou la science, avec de forts supports visuels. La photographie est donc à l’honneur.
Il est d’ailleurs édité en 40 langues différentes, mais il existe une version numérique en ligne. Ce n’est pas un nouveau venu puisqu’il est édité depuis 1888, sans interruption.
Cette exposition fête donc ses 130 ans de parution.

3. « Shreds of Time » par les artistes « Sten Lex ».

Jusqu’au 3 janvier 2021. Danysz Gallery.
Adresse  : 256 Beijing Dong lu /Jiangxi Zhong lu.
Lundi au samedi : 10h-18h, dimanche (12h-18h). Crédit photo B. Maugein
Info : http://magdagallery.com/en/expositions/presentation/145/shreds-of-time

Exposition du travail du binôme italien Sten et Lex qui était en résidence d’artiste à Shanghai, il y a 7 ans.

Dans un jeu de mise au point, on découvre un portrait en s’éloignant du travail des artistes, on le perd en s’en rapprochant. On parle de « Op-art », dans la lignée de l’art optique.

Un « deux en un » de papier, peinture et bois.
Une trentaine d’œuvres présentées (portraits et abstraction).
Un aperçu :
https://www.youtube.com/watch?v=y8hdXk2Objk&feature=youtu.be&ab_channel=DanyszGallery

Et pour finir, chapeau bas à ce très beau voyage au travers des photographies de Fabiola Liacy De Felip, sur les peuples Miao, Yao et Dong de la province du Guangxi. Cet événement de 3 jours fut organisé à la galerie ArtCN, au profit d’une belle association « Couleurs de Chine » qui permet l’accès à l’école des petites filles, plus souvent oubliées que les garçons, dans la nécessité d’une scolarisation continue.
https://www.byfab.pictures/

« L’œil » de la photographe est réel, la technique maitrisée et le choix du papier Hahnemühle Metallic, judicieux. Mais au-delà, c’est bien l’émotion et le sentiment d’assister à des moments précieux de la vie ordinaire…comme un merveilleux oxymore !

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com]]