CultureS Shanghai

CultureS Shanghai Octobre 2019

CultureS Shanghai Octobre 2019

CultureS Shanghai

Octobre 2019...Shanghai ! Arrivés des “4 coins” du Monde, si tant est qu’une sphère puisse en avoir, “ CultureS Shanghai” vous souhaite à tous la bienvenue et particulièrement aux nouveaux arrivants qui vont découvrir la vitalité culturelle de notre ville.
"CultureS Shanghai" met en lumière, certains événements (exposition, concert, théâtre, cinéma, danse, rencontre littéraire, cirque etc.) sans hiérarchiser l’événement, en fonction de la notoriété de l’artiste ou du lieu.
C’est aussi la possibilité d’une interactivité avec vous lecteur/spectateur par votre retour sur un spectacle ou l’information d’un événement intéressant, par le biais du mail :
culture@shanghai-accueil.com
"CultureS Shanghai" vous fait découvrir, ce mois-ci, le travail d’un artiste, Damien Dufresne, dont les photographies s’apparentent plus au monde de la peinture, esthétique qu’il revendique pleinement, mais aussi un génie de la littérature française, Victor Hugo, que les étudiants approfondissent et apprécient ici en Chine, depuis bien longtemps.
Dans une 2e partie, le Top 3 des lieux à découvrir pour mieux comprendre Shanghai et la Chine, quand on est nouvel arrivant ou heureux visiteur.

(Crédit photo Shang Qunhui)
Pour finir de vous charmer, la ville vous enveloppera de son doux parfum d’osmanthus, en octobre, que vous associerez désormais à Shanghai.

Quelques propositions...

PHOTO “PEINTURE”

“Murmur” par Damien Dufresne.

Jusqu’au 20 octobre 2019. ArtCN Gallery, du mardi au dimanche 11h à 18h
Adresse : 876, Jiangsu Road près de Huashan Road,上海市江苏路876号,近华山路
Métro : Lignes 10/11 (st. Jiaotong University). Tel : +86 21 6167 3917.
Contact : contact@annececilenoique-art.com
Pour + d’infos : www.annececilenoique-art.com

La Galerie ArtCN représentant des artistes internationaux, accueille cette fois un artiste français, Damien Dufresne. Son univers comme son parcours professionnel est plutôt atypique, l’un se nourrissant de l’autre.
En effet c’est dans le monde de la mode et du maquillage pour de grandes marques françaises puis pour une marque de cosmétiques shanghaienne, qu’il travaille.
Par le monde de l’image, il arrive assez naturellement à celui de la photo.
L’artiste nous invite dans son univers, décidant de ne pas tout nous révéler.
Il met entre le regardeur et ses formes humaines masculines et asiatiques, un voile (organza ou tulle) évoquant la distance, la solitude. Il le maquille, le transforme et installe ainsi une frontière à peine perceptible entre 2 mondes, tout en restant impénétrable du regard. Le clair-obscur fait le reste.

Technique : - Mise en place longue et recherchée des mannequins maquillés et peints (maquillage, peinture, pigments en poudre) mais liberté de leurs mouvements.

  • Création d’un décor (objets, miroir), dont le fond en V apporte la perspective.
  • Processus d’altération du voile puis projection de produits cosmétiques, de particules ou de pigments minéraux.
  • Le tout en musique dans un studio confiné... pour l’atmosphère.

À noter :
La vidéo de Christian Chambenoit (directeur artistique) qui apporte l’aspect 3D et le mouvement, au travail de l’artiste.
Une sélection de clichés (parmi près de 700) prend vie, enrichie d’effets visuels lumineux ou chromatiques très réussis. Le pigment rouge est du cinabre, minéral hautement symbolique, utilisé par les alchimistes ou dans les rites funéraires comme substance d’éternité ou pour sa couleur par les ermites artistes, sur les fresques bouddhistes des grottes de Dunhuang (province du Gansu) .
Le tout évolue au rythme des vibrations de la musique contemporaine du compositeur de Beijing, Chen Malian.
Nouvelle gestion des espaces de la galerie et scénographie réussies.

L’esthétisme sophistiquée de Damien Dufresne, trouve ses racines dans son parcours. Il joue avec les couleurs, la lumière, les particules, donnant une dimension mystérieuse, inaccessible, voire fantomatique à ses sujets. Ces corps éthérés, suggérés au travers du voile, nous renvoient à la vie mais aussi à la mort, comme 2 aspects indissociables de notre humanité, pour laquelle “ la vie est une maladie mortelle…” comme l’écrivait très justement Woody Allen.

Les 4 mannequins enveloppés d’un linceul rouge rappellent les “Bourgeois de Calais” qui nous offrent une clé, pas celle de leur ville, plutôt celle de l’accès à une dimension autre...

Les mannequins présents lors du vernissage, bien incarnés cette fois, nous ramènent sur la planète Terre, mais le monde des esprits n’est jamais bien loin en Chine, en Asie, dans la société des Hommes, quand elle veut bien lui laisser une place...

MUSÉES

“Victor HUGO, dans l’Intimité du Génie”

Jusqu’au 1er décembre 2019 ! Pearl Art Museum, du mardi au vendredi de 10h à 19h (dernière entrée à 18h), samedi et dimanche de 10h à 22h.
Adresse : 8/F, Aegean Place, 1588 Wuzhong Lu /Baizhang Lu (吴中路1588号8楼, 近白樟路). Métro : Lignes 10 (st.Longbai Xincun, sortie 3).
Prix : 100 RMB, 60 RMB (WeChat store).
Pour + d’infos : http://www.pearlartmuseum.org/en

Petit rappel : L’audacieux projet du Pearl Art Museum est né en décembre 2017, dans l’esprit de l’architecte autodidacte japonais de 77 ans, Tadao Ando. Le même qui oeuvre en ce moment pour la rénovation de la Bourse de Commerce à Paris près du Forum des Halles, afin de recevoir la collection Pinault.
Le Pearl Art Museum est innovant à plus d’un titre. Il fait le pari d’amener l’art et la culture où vit la population d’une société mercantile, c’est-à-dire… dans un immense centre commercial !
Logé au 8e niveau, sa lumière et sa disposition complexe donne une ambiance cosy et une impression d’espace. Il est en fait, le résultat d’un partenariat entre une grande maison d’édition/chaîne de librairies (Shanghai Xinhua Distribution Group) et d’un très grand propriétaire de centres commerciaux et de fournitures de magasins, en Chine (Red Star Maccaline Group).

Toutes les expositions auront donc un lien avec le monde du livre et de l’écriture.
La programmation du Pearl Art Museum est toujours digne d’intérêt, la visée pédagogique toujours présente.

“Victor Hugo : dans l’intimité du génie”, l’idée de cette exposition naissait il y a 3 ans, avant même que ce musée shanghaien n’ouvre ses portes. C’est dire l’enthousiasme des conservateurs de l’exposition Li Dandan et Gérard Audinet, à faire découvrir ou redécouvrir la gloire de l’écrivain Victor Hugo (1802-1885) et les drames de sa vie d’homme.
Tout est fait pour assurer le succès de cette exposition, par une collaboration fructueuse entre le Pearl Art Museum, Paris Musées, Maisons Victor Hugo Paris, à l’occasion du 55e anniversaire des relations diplomatiques sino-françaises. Plus de 200 pièces sont présentées (représentations de Victor et de ses proches, objets et décorations de son quotidien, dessins et gravures qu’il a inspirés ou réalisés lui-même, manuscrits, photos, statues etc.)

La voix de la chanteuse pop shanghaienne, Shàng Wénjié, vous accompagne comme guide, via votre téléphone (lecture code QR à l’entrée de l’exposition) en anglais, français (qu’elle étudia à l’université de Fudan !)... ou peut-être en mandarin si vous êtes “fluent” !

Victor Hugo lui-même vous accueille par son fameux portrait, fait par le peintre-graveur Léon Bonnat. Afin d’avoir quelques repères, une grande fresque historique rappelle les principaux événements de sa vie, dès l’entrée.

5 parties se succèdent dans votre parcours, dont les 3 périodes de sa vie associées à 3 de ses plus grandes oeuvres (“Notre Dame de Paris”, “Les Misérables”, “Quatre-vingt-treize”).
1ère : “Avant l’exil (1802-1851)”
2e : “Pendant l’exil (1852-1870)”
3e : “Après l’exil (1870-1885)”
4e : “ Gloire”
5e : “Hugo et la Chine”

Connu des étudiants chinois, Victor Hugo fut même traduit en 1903 par le célèbre écrivain Lǔ Xùn, lui assurant déjà une postérité aux dernières heures de la dynastie Qing (1644-1912).
La célébrité qui dépassera les frontières, a en effet touché très tôt Victor Hugo qui deviendra le “Maître” des Romantiques. Il fut poète, romancier, dramaturge, dessinateur, historien, homme politique etc. C’est d’ailleurs ce dernier statut qui lui vaudra son exil politique, se prononçant contre le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte, aux ambitions impériales. En Belgique, (1er lieu d’exil avant l’île de Jersey puis celle de Guernesey) il retrouvera d’autres exilés. Il fera d’ailleurs la connaissance d’une petite aventurière et fille de l’un d’eux, la jeune Alexandra David (bientôt Néel), elle aussi passionnée par la Chine…

Le parcours hors du commun et l’enfance itinérante de Victor, va nourrir l’écrivain. Il s’émancipe de la loyauté au royalisme maternelle, de celle pour l’empereur de son père militaire et prend conscience des effets dévastateurs de la misère.
Il considérera qu’elle n’est pas une fatalité et qu’il se doit d’agir avec les moyens dont il dispose...les mots et la puissance de ce qu’ils font naître !
Il mènera le combat pour les droits de l’enfant, ceux des peuples mais aussi contre l’esclavage, la peine de mort, l’aliénation de la Femme, le fanatisme. On découvre ainsi la pertinence de ses combats et leur modernité.

Sa vie d’homme plutôt bien engagée, va s’assombrir d’une succession de tragédies. Il se marie pourtant avec son amour d’enfance Adèle Foucher, aura 5 enfants : Léopold, Léopoldine, Charles, François-Victor et Adèle, mais il perdra les 4 premiers (la noyade tragique de Léopoldine juste mariée, le brisera) et devra vivre la folie progressive d’Adèle.

Léopoldine Hugo

Vous découvrirez aussi l’importance d’une autre femme : Juliette Drouet (1806-1883), jeune actrice qui lui vouera sa vie et le suivra en exil.

Juliette Drouet

Lors du siège de Paris (1870) où il risque sa vie, il écrira d’elle à ses enfants : “Elle m’a sauvé la vie en décembre 1851. Elle a subi pour moi l’exil. jamais son âme n’a quitté la mienne. que ceux qui m’ont aimé l’aiment. que ceux qui m’ont aimé la respectent.”

Dans ce parcours, la genèse et l’histoire des œuvres principales de Victor Hugo sont également présentées.

Même pour un génie, l’histoire se termine un jour. Le 22 mai 1885, une pneumonie aiguë emporte l’homme, mais la France se souvient et des funérailles nationales sont organisées. Deux millions de personnes suivront son dernier parcours jusqu’au Panthéon.

A la fin du parcours de l’exposition, son ” dernier portrait”( pratique qui consistait à faire le portrait d’un défunt en masque, photo ou dessin fin du XIXe, début XXe), côtoie celui puissant fait par Auguste Rodin en 1908.

Au-delà du rafraîchissement littéraire et historique, cette exposition nous offre l’opportunité de comprendre, comment une autre nation bien loin de nos références culturelles, peut s’approprier des œuvres, s’identifier à des valeurs, nées de l’esprit d’un auteur appartenant pourtant au patrimoine français et à une époque...c’est le génie de l’universalité.

À l’attention des nouveaux arrivants ou de vos visiteurs ...

1. Musée de l’Histoire de Shanghai

Ouvert tous les jours de 8h à 21h30  ! Adresse : 1 Shiji Avenue, Lujiazui, Pudong, (浦东世纪大道1号,近陆家嘴环路). Métro : Ligne 2, st. Lujiazui. Tel : +86 21 5879 3003. Entrée : 35 yuans.

Plutôt que les hauteurs de la Pearl Tower, dépassée depuis bien longtemps par les tours "Jin Mao" (1999), "SWFC" (2008) et « Shanghai Tower » (2015), préférez la terre ferme !
En effet depuis 1984, la base de la tour renferme les secrets de l’histoire de la plus cosmopolite des villes chinoises : Shanghai !
Vous pourrez ainsi déambuler de la dynastie Ming à nos jours, au travers de rues reconstituées pour vous imprégner de son ambiance.
Une ferme, des vendeurs de Tofu, de vins et condiments, une pharmacie chinoise, des restaurants, maison de thé, des artisans, des scènes de rue au milieu des maisons shikumen ou bien une carte animée pour comprendre la progression des concessions étrangères après les guerres de l’opium, défileront le long de votre parcours.

D’imposantes et belles maquettes (comme celle de la fameuse maison de thé Dangui et ses représentations d’Opéra de Beijing), des vidéos et hologrammes ou objets d’époque, seront accompagnés d’informations en anglais et mandarin.
La fin du parcours réorganisée depuis 2 ans, vous emmènera vers des petits commerces (le négoce n’est jamais très loin)...mais dans l’ambiance d’un lilong de maisons shikumen.

Le Musée de l’Histoire de Shanghai, une manière simple et ludique de découvrir et comprendre la ville qui nous accueille.
Un lieu à partager en famille. Prévoir 2h (4000 m2).
Un aperçu : https://www.youtube.com/watch?v=o5KfgsYObso

Si l’attraction de la Pearl Tower rose métallisé, de 468 m était vraiment trop forte, vous devrez supporter la longue queue de touristes et de toute façon, vous arrêter à la 2ème sphère, sans jamais atteindre le sommet, mais vous aurez la sensation du vide sous vos pieds !

2. Musée de Shanghai

Ouvert tous les jours de 9h à 17h (dernière admission à 16h). Adresse : Renmin Dadao.
Tel : +86 21 6372 3500 ; Site :www.shanghaimuseum.net Pour audio guide, pièce d’identité nécessaire.

Ouvert en 1996, ce musée d’art chinois ancien est divisé en 10 départements : bronzes, sculptures (au RDC), céramiques (au 1er étage), peinture traditionnelle, sceaux, calligraphie (au 2ème étage), jades, monnaies, mobilier des dynasties Ming et Qing, artisanat des minorités ethniques de Chine (au 3ème). Ce fond permanent est complété par des expositions temporaires tout au long de l’année. Préférez la sélection de 2 ou 3 départements maximum, par visite (surtout avec des enfants), afin d’éviter la saturation, ce serait dommage !
Tout le monde y trouvera son compte mais la découverte de l’artisanat des minorités ethniques (costumes, bijoux, objets de rituel, accessoires vestimentaires) est tout simplement étonnante, comme ce costume en peau de saumon de l’ethnie des Hezhen du Heilongjiang (la Mandchourie sous la dynastie des Qing) ou cette coiffe en corail et argent Mongol.

Plus loin, la reconstitution de pièces au mobilier Ming puis Qing vous permettront, d’un seul coup d’œil, d’en comprendre plus facilement les différentes caractéristiques.

Le Musée de Shanghai présente aussi des expositions temporaires de qualité.
De multiples services sont proposés et à l’entrée de chaque département, un document (en libre-service) et en anglais, une entrée gratuite et surtout des pièces exceptionnelles feraient du Musée de Shanghai, le deuxième plus beau de Chine !

3. Musée des Arts de Chine

Ouvert du mardi au dimanche de 9h à 17h.
Adresse : 161, Shangnan road/Guozhan road, (site de Shanghai Expo 2010) Pudong.
Métro : Ligne 8, St. "China Art Museum". Tel  : 021- 6222 8822.
Entrée : gratuite (20 yuans pour la fresque animée) ; F12, ticket au comptoir face à l’arrivée de l’escalator.

Ce musée qui fut le Pavillon de Chine durant l’Exposition Universelle de "Shanghai Expo 2010", abrite dorénavant un fond permanent de peinture, sculpture, dessin, vidéo etc. ainsi que de très belles expositions temporaires : les Naturalistes, à la 1ère Biennale de Shanghai, Botero, celle des magnifiques Tangkas Tibétains etc.
Oubliez la hiérarchie des genres en peinture, des musées de la vieille Europe et du Salon.
Ici se côtoient une représentation d’Albert Einstein à Shanghai en 1922, apprenant sa nomination au Prix Nobel et celle d’un leader politique visitant une usine...le tout en grand format ! Qualité inégale mais surprenant et rafraîchissant.

Pour la Magie, il faudra d’abord atteindre les sommets (12e étage) de ce pavillon, à la couleur rouge du bonheur, en Chine. En effet, muni de votre ticket, vous vous transporterez dans le quotidien de la capitale Bianjing (Kaifeng aujourd’hui) sous la dynastie des Song du Nord (960-1127), grâce à une immense fresque animée et bruitée, appelée "Along the River during the Qing Ming Festival" ou la "Mona Lisa de Chine".
Vous serez les témoins de la vie des habitants de toutes conditions et de tous âges, de Bianjing et ses alentours, de jour comme de nuit. Vous découvrirez en amont l’histoire de ce rouleau de soie de 5,25 m, base de travail de cette animation, aux records d’affluence durant Shanghai Expo 2010.
La dynastie des Song (960 -1279) étant la plus longue des dynasties chinoises après J.C, ça vaut bien quelques dizaines de minutes de votre attention, non ?

À bientôt...

Françoise Maugein culture@shanghai-accueil.com