CultureS Shanghai

CultureS Shanghai de septembre 2018

CultureS Shanghai de septembre 2018

« CultureS Shanghai »

Shanghai, vous y êtes ! De retour ou nouvellement arrivés, «  CultureS Shanghai  » vous souhaite à tous, la bienvenue.

Soyez ouverts et curieux, la magie de la Chine fera le reste. Sa longue histoire, la richesse de sa culture, le raffinement de ses artistes vous imprégneront à jamais. Alors en France ou ailleurs, vous rechercherez inconsciemment ou non, des signes qui vous lient à elle. Vous verrez l’exposition du musée Cernuschi « Parfum de Chine : La Culture de l’Encens au Temps des Empereurs »
(https://www.youtube.com/watch?v=ZKH_H0FYgQM), les 2 dragons de la rue principale de Niort, deviendront un nouveau clin d’œil etc. Même le Viennois Klimt et son univers onirique, dans lequel on s’immerge au Palais des Lumières, à Paris ou au Hongqiao Art Centre à Shanghai, fut associé à la Chine, dans sa nécrologie…« Empire du Milieu » elle fut, incontournable la Chine l’est désormais pour vous.

La Chine et Shanghai ont tant à nous offrir. "CultureS Shanghai" met en lumière, certains événements (exposition, concert, théâtre, cinéma, danse, rencontre littéraire, cirque etc.) sans hiérarchiser l’événement, en fonction de la notoriété de l’artiste ou du lieu.

C’est aussi la possibilité d’une interactivité avec vous lecteur/spectateur par votre retour sur un spectacle ou l’information d’un événement intéressant, par le biais du mail :
culture@shanghai-accueil.com

Quelques propositions :

MUSÉE

« Reading Walking Louis Vuitton Travel Book » au Pearl Art Museum

Jusqu’au 7 octobre 2018 ! Pearl Art Museum, du mardi au vendredi de 10h à 19h (dernière entrée à 18h), samedi et dimanche de 10h à 22h. Adresse : 8/F, Aegean Place, 1588 Wuzhong Lu /Baizhang Lu (吴中路1588号8楼, 近白樟路).
Métro : Lignes 10 (st.Longbai Xincun, sortie 3).
Prix : 100 RMB, 60 RMB (WeChat store).
Pour + d’infos  : http://www.pearlartmuseum.org/en

Il est né en décembre 2017 l’audacieux projet, dans l’esprit de l’architecte autodidacte japonais de 77 ans, Tadao Ando. Le Pearl Art Museum est innovant à plus d’un titre. Il fait le pari d’amener l’art et la culture où vit la population d’une société mercantile, c’est-à-dire… dans un immense centre commercial ! Logé au 8ème niveau, sa lumière et sa disposition complexe donne une ambiance cosy et une impression d’espace. Il est en fait, le résultat d’un partenariat entre une grande maison d’édition/chaîne de librairies (Shanghai Xinhua Distribution Group) et un très grand propriétaire de centres commerciaux et de fournitures de magasins, en Chine (Red Star Maccaline Group).
Toutes les expositions auront donc un lien avec le monde du livre et de l’écriture.

«  Reading Walking Louis Vuitton Travel Book », c’est la volonté pour la célèbre maison de luxe française, de rassembler des œuvres et illustrations d’artistes autour de l’idée du journal de voyage, comme celui tenu par Louis Vuitton lors de ses pérégrinations (son cabinet d’écriture de voyage exposé). Les artistes et illustrateurs ont passé 3 à 4 semaines à l’étranger en résidence et leur travail exposé, fut la base d’édition de livres déclinés en 3 séries, sur 14 villes, pays ou territoires différents. La 1ère série contiendra que de l’écrit, la 2ème des illustrations/compositions, la 3ème des photos. Chaque livre a le nom de la ville, du pays ou du territoire décrit (Rio, Venice, Paris, Sydney, Moscow, Singapore, Arctique etc. et bien-sûr Shanghai ! Avant de découvrir ces ouvrages, vous pourrez observer les quelques 300 originaux, des 16 artistes et illustrateurs chinois et internationaux. Parmi eux, l’univers polaire de Blaise Drummond (Arctique), le trait reconnaissable de l’illustrateur, affichiste et dessinateur de BD, Floc’h (Edinbourg), ou l’encre traditionnelle de l’artiste et dessinateur de BD du Yunnan, Li Kunwu (Cuba), l’auteur suisse de BD Thomas Ott (Route 66) etc. Les œuvres sont installées dans des espaces spécifiques, des vidéos retracent les étapes de leur travail.

Puis vous découvrirez la librairie elliptique de Tadao Ando qui nous fait tout simplement oublier notre portable ! Le papier, l’écriture, le verbe reprennent leur « voix au chapitre » !!! Et puis si vous n’en avez pas assez, vous dévorerez dans la foulée, les livres d’un 2ème espace plus traditionnel, mais cette fois-ci, avec un café.

Si vous avez la bonne idée de sortir du lieu à la nuit tombée, vous aurez le droit à la féérie des eaux multicolores en musique.

Evènement soutenu par nos amis suisses…

DANSE

« Les Quatre Saisons » par Harmony Shanghai

Les samedi 13 octobre à 19h30 et dimanche 14 octobre 2018 à 14h, Shanghai Poly Grand Theater, Adresse : 159 Baiyin Road, Jiading District, 上海市嘉定区白银路159 号. Site : https://yoopay.cn/host/HarmonyShanghai www.harmonyshanghai.com
Contact : info@harmony-shanghai.com Tel  : 18202135724

Origine du projet :
En 2012, Christa Kröger-Wang danseuse, fonde Harmony Shanghai. Elle importe en Chine le projet de danse communautaire initié par Royston Maldoom.
Les danses modernes, créées par Royston Maldoom et ses chorégraphes font naitre « L’oiseau de feu » au Grand Théâtre de Shanghai (2012), « le sacre du printemps » au centre d’Art Oriental de Shanghai (2014) et « Carmina Burana » au Shanghai Poly Grand Theater (2016).

Objectif du projet « Les Quatre Saisons »  :
Réunir des jeunes de différentes cultures par le biais de la danse, afin qu’ils puissent apprendre à vivre ensemble et à créer du lien. Ils acquièrent des compétences en travail d’équipe, deviennent créatifs et apprennent à se dépasser, afin de performer de façon professionnelle sur scène.

Acteurs du projet :
Entre autres : 68 élèves des Lycée Français de Shanghai et Deutsche Schule Shanghai, 32 étudiants de DaZhong Technical School (Jiading), 21 étudiants de la Shanghai Commercial Accounting School (SCAS), 15 élèves de la British International School Shanghai Puxi (BISS), des jeunes d’une école spécialisée présentant un handicap etc.

C’est une performance conjointe, d’un orchestre primé de jeunes musiciens de talents et de 164 danseurs garçons et filles.
Les jeunes danseurs sont accompagnés par 3 chorégraphes et un designer lumière.
Volker Eisenach  : directeur artistique et fondateur d’une troupe de danse pour jeunes (Fater-Than-Light-Company), est aussi écrivain. Il fut l’élève de Royston Maldoom et travaille actuellement avec lui, sur des projets internationaux.
Cora Kartmann : Formée à Bühnentanz, elle a travaillé dans différentes compagnies. Elle étudie la danse communautaire à Vienne. Mia Sophia Bilitza : Chorégraphe indépendante, elle crée des pièces pour différents groupes d’âges et de capacités. Elle a également travaillé avec Royston Maldoom et fut chorégraphe en chef de la biennale des nouveaux talents du festival international d’art.
Peter Ayres : designer lumière est diplômé en arts dramatiques techniques, spécialisé dans la conception d’éclairage, principalement pour la danse contemporaine. Il collabore avec Royston Maldoom depuis plus de 15 ans.
Collaboration de Yang guang et Yu-Chien Cheng.
Ce projet fut aussi possible grâce aux parents bénévoles qui l’ont accompagné, comme la coordinatrice des élèves de Pudong, Carine Bonnois.

SCULPTURE

« Cut It Out : Paper World Of Tang Zhengwei »

Jusqu’au 21 octobre 2018. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche de 10h à 19h.
Adresse :191, South Suzhou Road, Huangpu District. Métro  : Lignes 10 et 12, St. Tiantong road.
Tel : +86 21 6333 7223 ; Contact : contact@artplusshanghai.com
Site : www.artplusshanghai.com

Art + Shanghai Gallery accueille un jeune artiste chinois, bien dans son époque : Tang Zhengwei.
Né à Chenzhou dans la province du Hunan (1987), il est diplômé de la China Academy of Art de Hangzhou (département de peinture), puis d’un Master (rappel : « Bac » +7 en Chine) de la prestigieuse CAFA de Beijing (département d’art expérimental). C’est son 2ème solo show.
Tang Zhengwei a exposé en Chine et au Japon (Centre Ullens pour l’art contemporain (UCCA) et KWM Art Center de Beijing, Musée d’Ichihara Lakeside).

Au fur et à mesure de ses recherches expérimentales et conceptuelles, il déterminera peu à peu son média (technique du papier découpé) et sa finalité (l’expression de son intérêt pour les questions environnementales). Son travail est l’illustration de recherches personnelles sur les émissions de carbone et ses implications écologiques, sociales et économiques…malheureusement illustrées dans notre actualité.

Finalement Tang Zhengwei se réapproprie un art traditionnel chinois datant du VIᵉ siècle : le pliage et la découpe aux ciseaux ou au couteau, de papier (Jiǎnzhǐ).
À la campagne, sa maîtrise était observée chez les fiancées potentielles, tandis qu’à la ville, les hommes en faisaient leur métier.
Ici l’artiste ne se contente plus de sa fonction décorative et lui donne une autre dimension, en phase avec les préoccupations de son temps. En fait, la pollution de la ville de Beijing, vécue au quotidien pendant ses études, a été un déclencheur de cette prise de conscience. L’artiste de 31 ans ne vit pas de son art, fidèle à ses origines, il est professeur d’arts plastiques dans sa province du Hunan.

Reconnaitrez-vous dans la 2ème série, la représentation divine du film « 2001, l’Odyssée de l’espace » ? L’œuvre « Carbon Folding 2 » (3ème série), se présente elle, comme une sorte d’organigramme du pouvoir humain, du capital : des hommes à la base, au-dessus, des outils industriels qui polluent mais créent de la richesse, captée plus haut par quelques-uns. Au-dessus quelques pays représentés par des animaux en costume, se réunissent pour le « Forum de Kyoto », afin d’atténuer l’emprunte humaine dévastatrice. Mais la créature au sommet les manipule comme des marionnettes, ne laissant peu d’espoir sur l’issue des décisions prises. La 1ère série fut réalisée sur la base d’images mentales spontanées, de rêves.
À l’image du Yin et du Yang, les 2 énergies sont toujours présentes en tout et lorsque l’on s’éloigne de l’œuvre et de ses détails inquiétants parfois, elle retrouve alors, toute sa beauté, sa délicatesse, sa poésie.
Qu’importe le matériau utilisé (papier de riz, carton de lait, feuille d’aluminium : une sculpture délicate de papier, étonnamment détaillée à grande échelle, une maîtrise acquise, grâce à ce rapport au temps si particulier en Chine.
Patience, humilité et espoir de contribuer à une prise de conscience collective. Confucius n’a-t-il pas dit « L’homme qui déplace une montagne commence par les petites pierres » ?!

PHOTO

Frida Kahlo

Jusqu’au 28 octobre, Matthew Liu Fine Arts, du mardi au samedi, de 10h à 18h.
Adresse : “Yifeng Galleria”, Suite 205-206A, 99 East Beijing Road
Tel : +86 21 6315 1582, Contact : info@mlfinearts.com

Matthew Liu Fine Arts est fondé à Beijing en février 2012, dans un espace de la Plaza Oriental (东方 广场) ouvert exclusivement aux collectionneurs et aux érudits. Zou Wouki, Michael Wolf et Ansel Adams s’y exposaient. Puis Shanghai pris sa place sur la scène artistique et en septembre 2014 , la galerie transférée sur la Yuan ming yuan lu, ouvre au public dans un plus grand espace, dans le quartier artistique du Rock Bund. Elle déménagera ensuite en 2018, de quelques centaines de mètres dans le mall aux briques rouges, Yifeng Galleria.
Elle organise 6 expositions par an et participe aux foires (Photofairs, Art 021, Shanghai Contemporary, Art Shenzhen).

Matthew Liu Fine Arts affiche ses ambitions et entend entre autres « être la première galerie en Chine à promouvoir l’art occidental moderne et contemporain auprès des collectionneurs chinois » par des conférences, tables rondes, événements privés. L’objectif est ambitieux…Artistes installés ou en devenir s’y côtoient (Candida Höfer Eduardo Arranz-Bravo, Bernard Faucon, Fernando Prats et Yang Yongliang !).

La collaboration de la galerie, avec celle de Throckmorton Fine Arts Inc à New-York permet l’exposition de 31 photos intimes de Frida Kahlo. Sur l’écran de la 3ème salle, passe le film « Frida » de Julie Taymor, avec Salma Hayek, récompensé aux Oscars comme aux Golden Globes.

Quelle bonne idée, puisqu’on aime cette artiste puissante, libre et passionnée !

Née en 1907 à Mexico, la jeune femme voit son destin brisé tout comme son corps, par un grave accident de transport en 1925, elle a 18 ans. Son père photographe qui prend soin d’elle, lui fait découvrir la peinture pendant sa convalescence. Celle-ci va éclaircir son horizon, exorciser ses douleurs chroniques, l’ouvrir à un autre monde et lui faire rencontrer l’homme de sa vie : Diego Rivera, artiste reconnu et engagé. Dès leur 1ère rencontre, il perçoit « son authenticité, sa sensualité et son sens de l’observation ». Il l’initie à la conscience politique et aux valeurs communistes.

Leur maison est le lieu de rencontres artistiques et politiques riches, mais aussi celui de ses souffrances, des disputes conjugales et du réconfort d’une multitude d’animaux domestiques (singes, perroquets) qu’elle représente dans ses autoportraits. Moderne, elle défend l’émancipation des femmes, mais sa peinture symbolique signe aussi son amour de la culture traditionnelle mexicaine.

Les 31 clichés sont pour la plupart pris dans « La Maison Bleue  » de Coyocán, où Frida Kahlo vécut de 1929 jusqu’à la fin de sa vie (1954) et qui demeure intacte, devenue son musée aujourd’hui. Des images intimes : Frida dans sa chambre, dans son atelier, dans son lit, dans son jardin souvent une cigarette à la main et un verre pas loin, comme des « médecines » pour tenter d’oublier une succession d’épreuves, en plus de ses souffrances physiques : avortements, tromperie de son mari etc.
En 1937, sa liaison avec l’exilé Léon Trotski, inspirera un autre tableau. 1938, l’année d’une reconnaissance internationale, 1939, celle de son divorce, 1940, celle de son remariage avec Diego. 1954, elle s’éteint épuisée et désespérée.
Au travers des 70 autoportraits, qu’elle fera, Frida Kahlo traduit le mélange possible de thèmes universels et de vie personnelle, tout comme elle fut la femme symbole de modernité mais à la coiffure sophistiquée de tradition mexicaine…

Rappels

1. Exposition immersive avec Klimt (jusqu’au 13 octobre 2018) au Hongqiao Art Center (https://www.247tickets.com/t/klimt-experience-shanghai).
2. «  Charlie Chaplin : A Vision » au Yuz Museum jusqu’au 7 octobre. http://www.yuzmshanghai.org/world-premiere-yuz-museum-charlie-chaplin-vision-major-retrospective-exhibition-king-comedy/

À bientôt…

Françoise Maugein culture@shanghai-accueil.com