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10 novembre 2021

CultureS Shanghai Novembre 2021

CultureS Shanghai Novembre 2021

CultureS Shanghai

(Pour un format de lecture plus confortable, lire sur le site de Shanghai Accueil via : https://www.shanghai-accueil.com/CultureS-Shanghai-Novembre-2021).

Novembre 2021, Shanghai… l’automne tire sa révérence pour laisser place dans le calendrier traditionnel chinois, à la 1ère des 6 périodes (Jiéqì) de l’hiver : « Lì dōng » (立冬), le 7 novembre. Ici, la Tradition a toute sa place, plutôt sereine, puisque l’histoire lui assure sa légitimité… Mais la modernité n’a pas dit son dernier mot, car en novembre, l’art contemporain s’expose partout dans la ville, le temps des foires West Bund Art & Design pour sa 8ème édition (http://www.westbundshanghai.com)et Art021 (https://www.art021.org/en/), du 11 au 14 !

CultureS Shanghai vous présente ce mois-ci, un lieu stratégique et central dans l’histoire de Shanghai, depuis le XIXe.
Aujourd’hui divisé par l’avenue du Peuple, cet espace devient la Place du Peuple (Rénmín GuǎngChǎng : 人民广场), au sud et le Parc du Peuple (Rénmín GōngYuán : 人民公园), au nord.
Son importance s’illustre autant par la présence de bâtiments où siègent les pouvoirs politique et économique (gouvernement de Shanghai, directions d’entreprises etc.) que par celle d’institutions muséales (pas moins de 4, dont 3 de 1er plan) ou artistique (MoCA Shanghai). Il détient aussi, les témoignages architecturaux de l’histoire si particulière de Shanghai.

Découvrons ou redécouvrons, 3 de ses institutions muséales (Shanghai Sports Museum, Shanghai Museum, Shanghai History Museum/ Shanghai Revolution Museum) et « LE » centre de Shanghai, puisque le Park Hotel fut retenu comme point 0 à partir duquel, toute distance kilométrique avec la ville était calculée.

MUSÉES

Shanghai Sports Museum.

Du mardi au dimanche, 9h-11h30 (dernière entrée 11h), 14h-16h30 (dernière entrée 16h).
Adresse : 150, Nanjing Xi Lu, Huangpu district.
Métro : Lignes 1,2,8 Station People Square sortie 8.
Entrée libre (après réservation par site officiel Wechat, possible en anglais).
Tel : +86 21 6488-0567. Wifi gratuit sur place.

Repensé et réorganisé pendant 3 ans, Shanghai Sports Museum a réouvert ses portes en juillet 2021. Un musée dédié à la culture du sport, ce n’est pas si courant et ces 1813 m2 ne sont pas excessifs, pour partager avec le public, l’histoire, certaines avancées technologiques, les hommes et les femmes, acteurs de prouesses autant physiques que mentales.
En résumé, le moyen de découvrir les 100 ans du sport à Shanghai et comme c’est ici que naît le sport moderne en Chine, ce nouvel espace a toute sa place, dans l’offre muséale pléthorique de la ville. Beijing est également évoqué, ses Jeux Olympiques en 2008, étant les premiers organisés par la Chine !

1200 objets et 500 images, certains uniques, d’autres surprenants, illustreront votre parcours divisé en 4 salles d’exposition principales : « A Retrospect of History », « Olympic Glory of Shanghai », « A City Full of Vitality » et « A Window to the Future ».

Le bâtiment choisi a du sens puisqu’il fut le siège du Foreign YMCA.

Young Men’s Christian Association : mouvement de jeunesse chrétien et masculin à l’origine, fondé en 1844 à Londres. Il est présent aujourd’hui dans 124 pays.
YMCA serait le plus important mouvement international de jeunesse et dans ses structures, ont été inventés le basket-ball et le volley-ball !
Le logo d’origine fait d’un triangle, symbolisait l’équilibre entre « le corps, l’intellect et la spiritualité ».

(crédit photos 3 et 4 : S.Jonnier)
Ouvert en 1928, Foreign YMCA proposait à la jeunesse étrangère de Shanghai, des activités, des rencontres permettant de développer en quelque sorte, « un esprit sain dans un corps sain ». Il possédait par exemple, l’une des premières piscines chauffées de Shanghai.
En octobre 1953, le bâtiment est attribué au Comité Municipal des Sports de Shanghai. Il est référencé et protégé depuis le 25 septembre 1989, comme relique culturelle, par le gouvernement populaire de Shanghai.

Un peu plus loin, l’imposant Chinese YMCA building (aujourd’hui Jinjiang Metropolo Hotel Classiq YMCA), de briques rouges et de style « Renaissance chinoise », associant les codes et connaissances de la Chine et de l’Occident, était celui de la jeunesse chinoise, masculine elle aussi.

F1  : « A Retrospect of History »
Après le hall d’entrée, 29 porcelaines symbolisent les 29 disciplines sportives, des 29èmes Jeux Olympiques de Beijing en 2008, le voyage dans le temps et la culture du sport commence…

Les vitrines évoquent au travers d’objets, de photographies, d’équipements ou d’affiches, l’arrivée des activités sportives modernes en Chine, par les anciennes Concessions étrangères de Shanghai, grâce aux écoles, clubs ou associations sportives et des compétitions organisées.

C’est le cas de l’aviron, l’une des premières (depuis 1852), dont les 2 compétitions annuelles (printemps et automne) se firent sur le fleuve Huangpu, avant d’être déplacées sur la rivière Suzhou, la gymnastique (St John’s College, China Gymnastic School fondée en1907, la 1ère à entraîner des gymnastes professionnels etc.), les jeux de balles, l’escrime, la natation, le basket ou les activités sur la glace, le tennis de table etc.

Pour chacune des disciplines, les équipements, par leur design, leurs matériaux, leurs avancées technologiques signent leurs temps.

Observez la protection des escrimeurs, les patins à glace (1950-60), les maillots des nageuses australiennes, en 1908. Le tricot était de rigueur…quelques progrès sur l’hydrodynamique et l’esthétique depuis !

D’anciens écrans, que les enfants découvriront peut-être pour la 1ère fois, diffusent des compétions nationales ou internationales historiques, comme les « Far East Games ».

Dans la salle suivante, ouvrez les tiroirs des vitrines centrales pour accéder aux vidéos interactives : « Modern Sports Figure in Shanghai », « Shanghai Modern Sports Events », « A Glimpse of Modern Sports in Shanghai ».
On évoque aussi les associations sportives chinoises ou personnages emblématiques, ayant œuvré pour la diffusion du sport moderne en Chine, comme Chen ShiShao qui fonde en 1912, la branche féminine de la célèbre école d’arts martiaux chinois Chin Woo, la « Shanghai Women Chin Woo Athletic Federation », une vraie prouesse, dans une Chine tout juste libérée du joug du féodalisme et de son dernier empereur Qing.

F2 : « Olympic Glory of Shanghai  ».

Avant de découvrir le rappel historique des premiers Jeux Olympiques en Grèce et de leur renaissance à la période moderne, grâce au Français Charles-Pierre Fredy, baron de Coubertin, celui-là même qui contribua aussi à l’introduction du sport dans les écoles de nos enfants, observez cette grande salle où de nombreuses vitrines richement garnies, s’organisent en ligne.

Vous êtes dans la salle de bal du Foreign YMCA, où sur ce plancher une fois l’an, dansaient les jeunes hommes de l’association, avec des jeunes filles, exceptionnellement admises pour l’événement, avec chaperon bien sûr et à des heures décentes (15h-18h) !

Dans cette salle, on évoque quelques grands sites des Jeux Olympiques, comme Helsinki (1952), Salt Lake (2002) et bien sûr Beijing (2008),

au travers d’objets symboliques comme l’Olympic Flame Lantern qui conserva la précieuse flamme, venue de l’antique Olympie, le « fou drum » percussion traditionnelle et modernisée pour la cérémonie d’ouverture des Jeux de Beijing, des pièces de monnaie en cuivre, d’il y a 2 300 ans, qui commémoraient déjà ces Jeux de la Grèce antique, des timbres des premiers Jeux Olympiques modernes.

Mascottes, logos, affiches signent comme pour les expositions internationales, une époque, un pays, une culture.

F3 : « A City Full of Vitality ».

Dans cette salle, 2 fois/j (10h30-15h), une animation de 5’ est projetée sur le mur et le bord des vitrines présentes, pendant que les visiteurs sont assis sur les gradins à droite de l’entrée.

Ici, c’est une salle à l’image de certaines scénographies d’aujourd’hui, qui « se doivent » d’intégrer des éléments glamour pour les visiteurs : chaussures d’Usain Bolt ou d’Allyson Felix, photographies, autographes ou objets particuliers de différentes disciplines (athlétisme, cyclisme, football, golf, tennis de table et même billard. Oui ce serait un sport, par l’amélioration de la condition psychique, des relations sociales et de l’activité physique qu’il conditionne !)

Puis redescente par un escalier, vers une petite salle qui expose les plans de ce bâtiment historique. Plus loin, on parle d’avenir (« A Window to the Future ») et un petit kiosque-boutique termine la visite.

Une belle découverte et expérience pour les visiteurs, même sportifs occasionnels, dans ce musée nouvellement réhabilité, où un riche fond d’objets, photos, vidéos, journaux et reliques facilite la découverte de la « culture sportive ».
Non ce n’est pas antinomique !

Shanghai History Museum/ Shanghai Revolution Museum.

Adresse : 325 Nanjing Xi, by Huangpi Bei Lu, Huangpu district 南京西路325号, 近黄陂北路
Métro : Ligne1, 2 et 8. Station : People Square, sortie 11. Du mardi au dimanche, de 9h à 17h. Entrée libre (sauf certaines expositions temporaires).
Site  : www.historymuseum.sh.cn Tel  : +86216323 2504
Wifi gratuit. Audio guide : 20 RMB (mandarin, anglais, Shanghaien !)
Dépliant en anglais au guichet.

Ouvert depuis mars 2018, le Shanghai History Museum retrace l’histoire de son destin remarquable, de l’époque néolithique (- 4000 av J.C) à la fondation de la République populaire de Chine (1949). Il occupe l’espace et les bâtiments rénovés, de l’ancien « Shanghai Race Club » britannique, le « SRC » de 1934 avec son clocher si reconnaissable, ainsi qu’à l’ouest, un bâtiment néo-classique (1925/1928), sur le pourtour de la Place du Peuple, ancien champ de courses hippiques.

Shanghai History Museum en chiffres c’est : 9800 m2 d’exposition, 1100 objets dont 80% exposés au public pour la 1ère fois, 50 points multimédias et
3 millions de visiteurs prévus chaque année…
Certaines réorganisations des départements sont toujours possibles.

F1 : Accueil, salles d’exposition temporaire.
F2  : « Ancien Shanghai ».
F3 et F4  : « Shanghai Moderne ».
En montant les étages, vous avancez donc dans le temps !
F5 : Un dernier étage pour une très belle vue sur « Rénmín guǎngchǎng », la Place du Peuple ! Un restaurant à votre disposition (changement de propriétaire possible).

F1  : Dans le grand hall, les 2 lions installés depuis 1923 à l’entrée de la banque HSBC sur le Bund, vous accueillent désormais.
À gauche, « Stephen  » rugissant symbolisait la protection…de votre argent bien-sûr !
À droite, «  Stitt » bien plus calme, symbolisait la sécurité. Le spectacle commence entre eux 2.

Un grand écran retrace les moments clés de l’histoire de Shanghai, avec une frise des dynasties et périodes de la République, pour vous repérer.
Prenez le temps de visionner les 6’, ce n’est pas superflu !
À gauche, un grand écran tactile à LED, vous expliquera par images dynamiques, la formation géologique de Shanghai et vous comprendrez visuellement que Pudong n’a pas toujours été là. Plus loin la maquette du Shanghai Race Club : il vous faudra imaginer les gradins accrochés sur sa façade est, où se retrouvait la communauté étrangère, pour des mondanités ou des paris passionnés, sur les courses hippiques.

Au fond, une salle d’exposition temporaire, sur des thèmes très variés.
Prendre l’escalator à droite en revenant.

F2 : Avant de rentrer dans le vif du sujet : le Shanghai Ancien, notez en montant, les huisseries d’origine conservées, mais doublées par d’autres, isolation oblige !
Bien-sûr, une partie du patrimoine se trouve dans des réserves ou dans le Shanghai Museum voisin, mais la sélection, la scénographie et les médias employés sont qualitatifs. Vous découvrirez les premières traces humaines dans la province de Shanghai à Qingpu, avec la culture Majiabang et comment son emplacement entre fleuve et mer va développer les échanges et doper son économie naissante.

Elle bénéficiera de la migration des peuples environnants et de terres fertiles pour son agriculture. Une vidéo illustre ses paysages lacustres et le recul de la mer par les dépôts progressifs de limon et de sable, par le fleuve Yangtsé depuis un millénaire (vertèbre de baleine retrouvée dans la terre sablonneuse de Jiading). Le virtuel et les vestiges permettent d’appréhender le quotidien de ces « Shanghaiens » des temps reculés.

Le riz de la culture Majiabang (-5000 -4000 av J.C) a dû dépasser la date de consommation, il est pourtant précieusement conservé !
Les objets découverts dans les sépultures nous permettent de voyager dans le temps, vers la culture Songze (-4000 -3400) : un petit disque bi en jade, est peut-être l’ancêtre de ceux retrouvés dans les cultures postérieures (Liangzhu).
Au milieu de tous ces objets (bijoux, outils, vaisselle), n’oubliez pas d’observer les murs lambrissés et la cheminée, dans un style très britannique.
Plus tard, Shanghai sera le siège de conflits pour la suprématie entre les états Wu, Yue et Chu, dans les périodes des Printemps et Automnes et Royaumes combattants. Une « vidéo à l’encre » montre l’exploitation du sel qui fit la richesse des clans, comme à Xinchang (Pudong) par exemple. Or, argent, ambre, jade et bronze…Shanghai aime déjà le luxe, la mode n’est pas en reste avec cette paire de lunettes articulées (dynastie Ming) ou ces « moules à chignon » en fil d’argent, pour femmes…et pour hommes !
Déjà la filière du coton s’organise pour faire la renommée de Shanghai, sur une terre propice à sa culture. Merci Huang Daopo !

Une célébrité locale : Pan En réussit l’examen impérial le plus élevé (à Beijing) et c’est son second fils Pan Yunduan qui lui fera construire le fameux Yu yuan (1 des 4 plus beaux jardins classiques de Chine).

Par les missionnaires, les 1ers Occidentaux arrivent dans « l’Empire du Milieu » et Xu Guangqi devient le 1er chrétien, converti par son ami le jésuite, Matteo Ricci…les savoirs Est-Ouest grandissent et se mélangent

(cloche fabriquée par l’atelier jésuite de l’orphelinat Tou-Se-We à Xujiahui).

Une « vue sur le Huangpu » depuis le haut de la Danfeng Mansion, quelques pièces de la dynastie Qing comme ce Huangbaoche ou « pousse-pousse » de 1874 et on avance dans le temps en prenant l’escalator...

F3/F4 : Le Shanghai Moderne (7 parties) commence par des temps difficiles.
Au XVIIIe, les guerres de l’opium et les traités qui s’en suivront (le 1er et le plus célèbre : Traité de Nanjing en1842), installent entre autres, les concessions étrangères britannique, américaine et française, à Shanghai.
Chen Huacheng reste pourtant un héros, malgré la bataille de Wusong, perdue contre les Britanniques (voir carte et canon de 3m).

Le splendide mais peu fonctionnel équipement des officiers pourrait-il expliquer cet échec ?

Une carte animée présente la progression des concessions, au fur et à mesure des traités signés au détriment de la Chine. Les Français s’installent en 1849, près de la vieille ville chinoise « Nán shì ».
Des objets « sélectionnés » montrent la toute-puissance des étrangers dans les concessions (police, justice, poste, filière d’exploitation du thé etc.).

On retrouve les capitaines d’industries britanniques, comme William Jardine et James Matheson qui détenaient des compagnies de transport, de coton, de porcelaine, tout comme d’opium.

Shanghai se transforme ! Dans une pièce plus lumineuse, on présente les avancées techniques arrivées très tôt ici : le pousse-pousse (invention japonaise) :1873, la 1ère ligne de chemin de fer entre Shanghai et le port de Wusong : 1878, le téléphone : 1881, la voiture : 1901, l’électricité : 1913 (appuyez sur la sphère pour l’animation correspondante).

Malgré ces apports intellectuels, un tissu industriel et commercial riche, dont bénéficie l’élite chinoise, le peuple souffre et se sent humilié.
Le traité de Versailles ne va pas améliorer sa situation (la province du Shandong passe de l’Allemagne défaite, au Japon). Le « Mouvement du 4 mai » 1919, s’en suivra.
La population ouvrière importante et démunie de Shanghai, est propice aux espérances sociales, issues de l’idéologie communiste et à l’avènement progressif du Parti Communiste, dont le 1er « congrès », se fera en catimini, dans le quartier de Xintiandi, alors dans la Concession française, le 23 juillet 1921.

F4  : Suivront la guerre sino-japonaise, sa bataille de Shanghai et son épisode héroïque, des « 800 Héros  » (dans la réalité plutôt 423 !), dans l’entrepôt de Sihang, le long de la rivière Suzhou, la révolution culturelle (1966-1976), ainsi que « l’âge d’or » et la croissance économique.

Par ces changements politiques, culturels et sociétaux, Shanghai prend son envol…Cet étage est consacré également au savoir-faire et au tissus industriel chinois qui se développent en parallèle de ceux des étrangers. C’est par exemple l’épopée des frères Rong, les « Rois de la farine et du coton » !

Sons immersifs, écrans interactifs, reconstitutions, tout est fait pour nous aider à comprendre et nous approprier cette époque.
On apprend et on se divertit
…une photo de votre visage, puis le choix d’un vêtement d’époque et quelques secondes plus tard, vous apparaitrez sur un grand écran, au milieu des passants de la Nanjing lu…au début du siècle dernier !

L’aile ouest néoclassique, bâtiment parallèle à l’ancien club house, qui contenait l’administration du « Shanghai Race Club », propose une présentation architecturale des deux bâtiments et une boutique.

Le Shanghai History Museum s’adresse davantage aux adolescents et aux adultes, préférez celui sous la Pearl Tower, pour des jeunes enfants, ou une visite des nouveaux arrivants ou invités.

Même enthousiaste, vu la richesse du musée, évitez la saturation, en découvrant toutes les salles en une seule fois. Après « l’histoire ancienne » de Shanghai, revenez une autre fois pour « l’histoire moderne » et sa période révolutionnaire…

Shanghai Museum (上海博物馆).

Adresse : 201 Renmin DaDao/Huangpi Bei Lu, Huangpu District (人民大道201号 近黄陂北路)
Métro : Ligne1, 2 et 8. Station : People Square, sortie 1. Ouvert du mardi au dimanche, de 9h à 17h (dernière admission 16h). Entrée libre (sauf certaines expositions temporaires) sur réservation.
Site : www.shanghaimuseum.net Tel : +86 21 6372 3500.
Wifi gratuit. Audio guide : 20 RMB (mandarin, anglais). Dépliant en anglais au guichet.
Pour audio guide, pièce d’identité nécessaire. Réservation nécessaire via le compte officiel Wechat, depuis la période Covid.

Shanghai Museum est un musée d’art chinois ancien, dont l’architecture reprend la forme d’un antique chaudron de bronze Ding, en combinant des formes hautement symboliques : carrée à sa base (la Terre) et ronde au plafond (le Ciel), selon la vision confucéenne.
Situé face au bâtiment du Gouvernement de Shanghai, il ouvre en 1996 dans cette 3ème localisation, après une histoire bien mouvementée, un chantier de 3 ans et grâce à la passion et protection d’un archéologue, Ma ChengYuan, (馬承源 : 1927–2004).

(crédit photo N. Liang)

Il est divisé en 10 départements sur 4 niveaux : bronzes, sculptures (au RDC), céramiques (au 1er étage), peinture traditionnelle, sceaux, calligraphie (au 2ème étage), jades, monnaies, mobilier des dynasties Ming et Qing, artisanat des minorités ethniques de Chine (au 3ème). Ce fond permanent est complété par des expositions temporaires tout au long de l’année.

Une journée complète serait nécessaire pour le visiter mais préférez bien sûr, la sélection de 2 ou 3 départements par visite (surtout avec des enfants) !
Chacun pourra y trouver des centres d’intérêt, puisque son fond est remarquable, surtout pour les collections de bronze, jade et céramiques. Il est un incontournable dans les circuits touristiques !

La découverte de l’artisanat des minorités ethniques (costumes, bijoux, objets de rituel, accessoires vestimentaires) est tout simplement étonnante, comme ce costume en peau de saumon de l’ethnie des Hezhen du Heilongjiang (la Mandchourie sous la dynastie des Qing) ou cette coiffe en corail et argent Mongol.

Plus loin, la reconstitution de pièces au mobilier Ming puis Qing vous permettront, d’un seul coup d’œil, d’en comprendre plus facilement les différentes caractéristiques.

De multiples services sont proposés et à l’entrée de chaque département, un document (en libre-service) et en anglais, son entrée gratuite permet au plus grand nombre d’accéder à l’art et l’histoire de la Chine sur 4 millénaires et des pièces exceptionnelles feraient du Shanghai Museum, le deuxième plus beau de Chine !

SITE HISTORIQUE

Park Hotel (国际饭店).

(crédit photo : I.Delaby)

Adresse  : 170 Nanjing xi Lu, Huangpu District (人民大道201号 近黄陂北路)
Métro  : Ligne1, 2 et 8. Station : People Square, sortie 9. Entrée libre du petit musée de l’hôtel (sur la mezzanine à l’entrée F2).

Inauguré le 1er décembre 1934, il est une véritable icône de la ville de Shanghai et se situe côté Puxi. Il fut traduit en mandarin par « Guójì Fàndìan » ou « Hôtel International », qui exprimait alors, son aura cosmopolite et le luxe de ses prestations.

De style art déco, il rappelle les buildings des villes historiques de la côte est des Etats-Unis, nous verrons plus tard pourquoi. Il était situé stratégiquement au bord du champ de course hippique, le 3ème et dernier construit dans la ville par les colons britanniques, alors centre de la vie sociale de l’ancienne concession britannique, renommé en 1949, « Place du Peuple ».

Le « Park Hotel » est unique à bien des égards. Il fut pendant 50 ans le point culminant de la ville et le plus haut de Chine et d’Asie jusqu’en 1958, mais aussi le « Point zéro de Shanghai », à partir duquel les distances entre villes sont calculées. Il est finalement le symbole d’une certaine élégance du passé.

À travers tout bâtiment d’un certain prestige, il y a les Hommes qui l’ont construit mais aussi celui qui l’a pensé. Son nom : László Ede Hudec, à la vie de roman que nous présenterons plus loin.

(crédit photos 2, 3 et 4 : S. Jonnier)

Cet hôtel est d’abord un pari, celui de privilégier le concept d’hôtel (qui attirait plus les investisseurs qui seront chinois), à celui de résidence hôtel, pourtant très en vogue.
Il a nécessité des prouesses techniques : Hudec innove ici, en utilisant des pylônes de béton plantés dans le sol pour l’assise (technique allemande), qui fait du Park Hotel, le seul bâtiment du vieux Shanghai comme ceux du Bund, à ne pas s’enfoncer dans le sol meuble, fait de vase.

Il a toutefois copié le concept innovant, de la Cathay House, construite en 1929 (aujourd’hui Fairmont Peace Hotel) du magnat Victor Sassoon, qui rassemblait dans un même espace, hôtel, petit centre d’affaires, centre commercial et restaurants, proposant les principaux services à sa clientèle aisée, augmentant ainsi son propre chiffre d’affaires.

Des personnages importants y ont séjourné : Méi Lánfāng un des chanteurs les plus réputés de l’opéra traditionnel de Beijing, Hú Dié célèbre actrice née en 1908 à Shanghai, Charlie Chaplin, les sœurs Song qui ont pu appeler Mme Roosevelt par téléphone, le 19 mai 1937 etc.

(crédit photos 5,6 et 7 : I.Delaby)
Le Park Hotel en quelques chiffres : 250 chambres, 84 m de hauteur, 22 étages, 4 restaurants (au F2, une partie proposait des spécialités de Guǎngzhōu, l’autre de Běijīng).

Sur la mezzanine au-dessus du RDC, restaurants, petit centre d’affaires et boutiques, mais aussi petit musée (parfois fermé) qui rappelle le faste de l’hôtel et la sophistication des arts de la table, de l’époque. Sur les murs de la mezzanine, une exposition chronologique rappelle en images, les différentes étapes de la vie de László Ede Hudec, de sa création emblématique et de quelques autres réalisations…

F14 : une belle salle de bal et de spectacle au parquet adapté, accueille aujourd’hui des mariages ou conventions, mais par le passé des rencontres importantes notamment pour l’histoire communiste de Shanghai, s’y sont déroulées.

László Ede Hudec, Ladislav Hudec dit Lazlo Hudec est une figure mythique de l’histoire de Shanghai, dont la vie résume à elle-seule le destin dramatique parfois tragique, fait d’espérances, de réussites ou de désillusions, des nombreux migrants qui ont participé à l’histoire du Shanghai, des années 1920-30 voire 40.

Il nait en 1893 à Besztercebánya, dans l’empire austro-hongrois (aujourd’hui en Slovaquie), dans une famille de bâtisseurs qu’il aide dès l’âge de 9 ans, sur les chantiers. Après les formations de maçon, tailleur de pierre et menuisier, il étudie l’architecture à l’université de Budapest, de 1911 à 1914. Il maitrise par son origine, le slovaque, l’allemand et la complexe langue hongroise.

En 1914, il est engagé dans le conflit de la « grande guerre » contre les Russes, est fait prisonnier en juin 1916, puis emmené dans les camps de Sibérie. Deux ans plus tard en 1918, pensant sa dernière heure arriver lors d’un transfert de prisonniers, il tente le tout pour le tout en sautant du train. Il ne sait pas que la 1ère guerre mondiale touche à sa fin et son destin est déjà en route. Il parvient à gagner la frontière chinoise qu’il sait, pas si loin et de là, après quelques périlleuses étapes, rejoint la ville de Shanghai qui ne demande à l’époque ni passeport, ni visa. Ses connaissances professionnelles et linguistiques lui permettent de travailler dans le cabinet d’architecture R. A. Curry, dès novembre 1918.

En 1920, iI perd son père et sa famille ruinée part pour Budapest. Il les rejoint en 1921, puis revient à Shanghai pour assurer le soutien financier de sa famille. Il rencontre la belle Gisela Meyer, fille d’un riche homme d’affaires d’origine allemande et se marie avec elle, l’été 1922. Ils auront 3 enfants (2 fils et 1 fille).
Grâce à son expérience il devient chef de bureau, puis architecte associé du cabinet R.A Curry, mais en 1925 il décide d’ouvrir son propre cabinet d’architecture, inaugurant une longue série de bâtiments de formes aussi diverses que créatives, qui vont définitivement transformer Shanghai.

De 1927 à 1939, il fait de nombreux voyages d’études en Europe et aux Etats-Unis qui vont influencer son style.
Au départ ses réalisations de style néo-classique, adoptent rapidement les codes de l’art déco comme les Appartements Normandie sur l’ancienne avenue Joffre (Huaihai lu aujourd’hui), jusqu’aux lignes droites du modernisme.

Signature de László Ede Hudec (crédit photo S. Jonnier)

Jusqu’en 1941, il concevra, 37 bâtiments : hôpitaux, bureaux, hôtels/ appartements, ambassade, théâtre, églises, clubs, centrale électrique, brasserie et de nombreuses résidences privées pour la plupart encore visibles aujourd’hui.
Il a 30 employés dans son cabinet, dont la moitié était des Chinois.
Il investit personnellement dans l’immobilier et publie ses recherches architecturales et historiques. Après avoir enfin reçu la nationalité hongroise début 1941, il va même assurer des fonctions politiques à Shanghai, comme consul honoraire en 1942 et ouvrira le consulat hongrois en 1943, fermé fin 1944, pour des troubles en Hongrie.
Il garde un statut spécial auprès de sa communauté et protègera ceux d’entre eux de confession juive, persécutés pendant l’occupation japonaise de Shanghai, comme certains lettrés ou politiques de l’époque l’ont fait également (voir https://www.shanghai-accueil.com/CultureS-Shanghai-Septembre-2021).

Après avoir quitté Shanghai et la Chine en 1947 en pleine guerre civile, Hudec vit à Lugano puis à Rome, passionné par les fouilles de la basilique St Pierre.
Il s’installe finalement avec sa famille, à Berkeley où il enseignera sa discipline et transmettra sa passion de l’histoire, à l’Université de Californie.
Il meurt d’une crise cardiaque lors d’un tremblement de terre en 1958.

Shanghai n’a pas oublié le patrimoine architectural qu’elle doit à ce jeune immigré, venu faire sa vie ici, par les bouleversements de la grande Histoire.
Elle honore sa contribution en 2008, en fêtant les 50 ans de sa mort avec ses descendants et restaure l’une de ses maisons au 129 de la Panyu lu, transformée en mémorial.

Pour approfondir la biographie de l’architecte László Ede Hudec qui transforma Shanghai, découvrez cette réalisation très réussie de l’artiste plasticien français, Emmanuel Chantebout :

https://www.youtube.com/watch?v=lqXP_GE_ySI

Pour une meilleure compréhension de la ville, revenez pour visiter sur la même place, le volumineux Shanghai Urban Planning Exhibition Center (上海城市规划展示馆), 100 Renmin Da Dao/Xizang Zhong Lu, ouvert du mardi au dimanche.

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com

17 septembre 2021

Marche Rapide : Les 1000 pattes de Shanghai

Chaussez vos baskets !

Vous aimez marcher ! Vous aimez Shanghai ! Chaussez vos baskets et rejoigner une équipe sympathique et dynamique pour marcher en rythme dans la bonne humeur.

Marche Rapide : Les 1000 pattes de Shanghai

Tous les 15 jours nous vous proposons une marche "rapide" de 11 à 14 kilomètres en fonction du circuit. Il faut compter près de 3 heures avec de petites pauses pour 13 kilometres.
Si vous voulez nous rejoindre merci de vous inscrire dès à présent
(Départ et arrivée près d’une bouche de métro).

La galerie d'images liée à cette page est réservée aux membres de l'association.

1er septembre 2021

CultureS Shanghai Septembre 2021

CultureS Shanghai Septembre 2021

CultureS Shanghai

Septembre 2021... Shanghai a pour objectif de renforcer sa dimension internationale, via le soft power de la culture, d’ici 2035.
Autant dire que la dynamique est déjà bien lancée.
Au-delà de l’intérêt direct pour sa population, c’est aussi son image et son attractivité qu’elle travaille.
En effet, la réussite économique d’une ville-monde n’est pas dissociable de son rayonnement culturel. L’existence dans la ville, d’institutions, de galeries, de musées importants, ayant une synergie entre eux, permettrait à Shanghai, d’être parmi les 10 plus grandes métropoles culturelles mondiales (New-York, Tokyo, Paris, Londres...)

Restons dans les hauteurs, en entendant la voix de la soprano Carole Gabay bien accompagnée ou en découvrant la nouvelle exposition du talentueux Damien Dufresne.
Puis rappelons-nous pourquoi Shanghai est unique et multiple, dans ses atouts, ses aspirations et son histoire riche de migrations successives et variées, au travers du « Shanghai Jewish Refugee Museum », repensé et réouvert au public.

Septembre est aussi le temps d’honorer, celui qui a façonné pensée et civilisation chinoises, Confucius (Kǒngzǐ) le philosophe, dont la naissance le 10 de ce mois fête aussi les enseignants : Jiàoshījié (教师节).
Ces derniers contribuent grandement au monde de demain.

Bienvenue aux nouveaux arrivants et bonne rentrée à chacun d’entre vous !
« CultureS Shanghai » vous accompagnera dans la découverte de lieux de culture ou d’événements : expositions, concerts, conférences, spectacles de music-hall, cinéma ou théâtre) etc.

MUSÉE

Shanghai Jewish Refugees Museum.

Du mardi au dimanche de 9h à 17h (dernière entrée 16h).
Adresse : 62 Changyang Lu/ Zhoushan Lu
Métro : Ligne 12, Station Tilanqiao sortie 2.
Entrée  : 10/15/20 RMB (enfant/sénior/adulte). Tel : +86 21 6488-0567. Wifi.
Présence d’accompagnants parlant anglais ;

Difficile d’entrevoir lors de nos promenades shanghaiennes, combien certains quartiers sont chargés d’histoire. Celui de Tilanqiao, dans le district de Hongkou, est de ceux-ci. Près du temple bouddhiste Xiahai et de la vieille prison Tilanqiao, il fut un espace de salut pour les réfugiés de la communauté juive entre 1931 et 1941, 3ème migration historique juive à Shanghai.

Rappel des migrations juives à Shanghai :

1ère migration : à la suite du Traité de Nanjing (1842) des familles juives sépharades arrivent avec les Britanniques, principalement d’Inde via Hong-Kong, ayant une bonne situation économique et pour faire prospérer leurs affaires, comme les Hardoon, Kadoorie, Sassoon, Ezra etc.

2ème migration vers 1905 : les familles sont Ashkénazes et viennent de Russie via la Sibérie, Harbin et Tianjin, après les pogroms anti-juifs. Elles ont tout perdu.

3ème migration, la plus importante : (arrivée entre 1931 et 1941).
Fuyant le régime nazi de l’Autriche et de l’Allemagne, entre 20 et 30 000 juifs arrivent à Shanghai, principalement via l’Italie par bateau ou la Sibérie par train, car la ville a eu un statut de port ouvert et n’exigeait ni visas, ni passeports, ni quota.

Le Shanghai Jewish Refugees Museum, contigu de la synagogue Ohel Moshe, nous raconte l’histoire de la 3ème migration, de ces hommes, femmes et enfants en quête d’une terre d’asile et qui vont s’y installer.

Ce musée ouvert en 2007, ouvre de nouveau ses portes en décembre 2020, après une réhabilitation et un agrandissement important, lui permettant de présenter un plus grand nombre d’objets, venus du monde entier et donnés souvent par les descendants de ces réfugiés, touchés par l’histoire de leurs aïeuls.
Tout a changé ou presque ! Les 2 petits bâtiments à l’arrière de la synagogue, où se trouvait le musée, ont disparu, permettant une plus grande place où un mémorial rappelle le nom des réfugiés juifs de Shanghai et un petit café pour les visiteurs. Sur le côté, une longue suite d’anciens hébergements et 2 autres bâtiments derrière le mémorial accueillent dorénavant le Shanghai Jewish Refugees Museum.

Il est plus riche et la scénographie choisit de mettre plus en valeur les différentes étapes vécues par les familles arrivées à Shanghai, en rappelant seulement dans une 2ème partie, la grande histoire (politique antisémite du régime nazi menant à l’Holocauste).
Sur 4000 m2, plus de 1000 objets personnels des années 1930 et 40, films, photographies et documents mis en scène et expliqués (mandarin, anglais) accompagnent les visiteurs, dans la compréhension des réalités vécues par ces familles réfugiées.

La visite : À l’entrée, 3 écrans permettent une rapide introduction au lieu.

Puis un grand escalier vers une salle sombre, au plafond des écrans rappellent les grandes dates de la montée du nazisme et la tragédie vécue par la communauté juive européenne (la « Kristallnacht », la conférence d’Evian, les camps…).
Prenez le temps de visionner le film.

« Escape Routes » :

Après un rappel de l’histoire juive en Chine des siècles précédents, à Kaifeng, Harbin, Tianjing, le contexte politique et la montée du nazisme sont présentés pour expliquer la fuite des familles par bateau ou par train. Le chemin est long vers une terre d’asile : Malte, canal de Suez, Bombay, Singapour, Hong-Kong puis Shanghai.
Des écrans interactifs vous permettent d’entendre les témoignages des migrants encore vivants qui parlent de leur peur d’être pris, du désespoir de tout quitter brusquement, mais aussi de la nécessité de lutter malgré tout. Les Sacks, Goldstaub, Jacobsberg, Block… la communauté juive et ses disparités sociales et culturelles se retrouvent sur les bateaux et dans les trains, dont la majorité voyagera en 3ème classe.

« Arriving in The Haven » : cette salle présente l’accueil des réfugiés par la communauté juive déjà installée à Shanghai (les Hardoon, Kadoorie, Sassoon…), qui financent des hébergements collectifs ou offrent des emplois, mais aussi par certains politiques ou lettrés chinois qui faciliteront leur fuite d’Autriche et d’Allemagne ou leur installation à Shanghai, de manière administrative, politique ou autre. Ils sont Ho Feng-Shan (consul général de Chine à Vienne), le fils de Sun Yatsen, Sun Ke, la charismatique Soong Ching- Ling, l’écrivain Lǔ Xùn ou la journaliste américaine militante communiste, Agnes Smedley.
Ces derniers envoient une lettre de protestation au consulat allemand, retranscrite dans le très engagé journal « Shen Bao », dont le siège est encore visible au 309 de la Hankou lu (restaurant The Press). Vous pourrez activez les images sur la carte murale.

« Relief organisations » : présentation de la vie qui s’installe et s’organise pour les réfugiés, dans le quartier de Hongkou (Hongkew à l’époque) : l’administration ou la vie quotidienne au travers d’objets, de photos d’intérieur.

« A Difficult Beginning » : Des survivants témoignent des conditions de vie difficiles, de l’extrême pauvreté et de la promiscuité dans les dortoirs collectifs des « Heimes » (abris 海 母 en mandarin), qui comptaient 30 à 50 lits jusqu’à 200 parfois.

Une table mise, un lit rustique et quelques vêtements les évoquent. Avant de reconstruire des quartiers bombardés, certains se rappellent la pluie s’infiltrant jusqu’à eux, dans leurs abris de fortune.

Sur la rambarde, des boutons vous permettront l’accès aux différents témoignages comme celui de Mickaël Blumenthal. Il deviendra secrétaire du Trésor des États-Unis (1977-1979).

Vous entrez dans un long couloir. Chaque pièce présente plus concrètement la vie sociale qui s’organise.

« Community Development in Shanghai » : Peu à peu les organisations sociales se développent et se distinguent par une adaptation selon sa culture ashkénaze ou séfarade.

« Starting A New Life » : Cette vie qui reprend s’illustre par l’activité de différentes professions (boulangers, pharmaciens, épiciers, tailleurs, porteurs de charbon, coiffeurs, enseignants, musiciens, imprimeurs, journalistes)

et d’événements sociaux (mariages, rencontres sportives et religieuses, pièces de théâtre etc.) Ainsi, le Judaïsme et sa culture ont pu être préservés.

À noter : Dans l’une des salles, vous trouverez une grande carte lumineuse du quartier de « Hongkew ».

En face un écran interactif vous permet d’illustrer les sites importants de la vie sociale (restaurants, cliniques, cafés « viennois », magasins d’alimentation, de textile ou de réparation etc.) Pour chacun d’eux, panneau commercial, prestations, heures d’ouverture ou photos intérieures avec les clients. Tout semble alors reprendre vie…

Bien sûr l’amitié et la solidarité des voisins chinois, sont évoquées. Tout comme la communauté juive, ils souffrent de la pauvreté et de la violence causée par l’expansionnisme japonais, depuis les batailles de Shanghai de 1932 et 1937, puis de leur occupation de la ville partielle puis totale en 1941.

Dans ce quartier vivaient et se côtoyaient plus de 20 000 juifs et 100 000 Chinois.

Crédit photo S.J.R.Museum/Wikimedia Commons

Cette amitié s’illustre au travers des jeux d’enfants dans la rue, d’affaires faites en commun, de mariages entre les 2 communautés et même de création artistique : Otto et Walter Joachim, créent avec Chen Gexin, la chanson pop « Meigui, Meigui, Wo Ai Ni » (玫瑰 玫瑰 我 爱 你).
La chanson sera traduite en anglais et deviendra le tube mondial de l’époque, « Rose, Rose I Love You ».

https://www.youtube.com/watch?v=2F4FiTm-YDk

Couloir vers RDC. Après les histoires personnalisées des réfugiés juifs de Shanghai, c’est la grande histoire et la tragédie de l’Holocauste subie par la communauté juive d’Europe, qui sont racontés au travers de maquettes, vêtements, vidéos.

Le musée rappelle les 6 millions de juifs tués alors, s’ajoutant à ceux fragiles, qui sont morts en exil à Shanghai ou lors du voyage pour l’atteindre.
Selon le Centre Simon Wiesenthal d’études sur l’Holocauste, « Shanghai aurait accueilli plus de réfugiés Juifs que l’Afrique du Sud, le Canada, l’Australie, l’Inde et la Nouvelle-Zélande réunis. »

À la fin de la guerre en 1945, la plupart des réfugiés quitteront le quartier de Tilanqiao, qui était devenu dès 1943, le « ghetto de Shanghai » par la décision des Japonais alliés à l’Allemagne nazie. Les résidents juifs des nations alliées eux, seront envoyés dans des camps d’internement comme celui de Longhua, évoqué dans le livre « L’Empire du Soleil » de J.G Ballard et le film éponyme.

Les réfugiés repartiront pour les USA, l’Europe et plus tard Israël. Quelques-uns resteront, souvent Sino-juifs.

L’exposition se termine par les nombreux liens d’amitié maintenus et entretenus entre les réfugiés survivants, leurs descendants, la communauté juive et Shanghai.

Vous sortirez ensuite sur une longue terrasse qui vous permettra de découvrir cet ancien bâtiment d’hébergement collectif.

La petite boutique du musée s’y trouve. Tout près, la place du mémorial des réfugiés juifs de Shanghai, son petit café et la synagogue Ohel Moshe.

Construite en 1927 par les juifs russes de la 2ème migration, son aménagement intérieur est traditionnel, avec au centre la bima, estrade où se lit la Torah, au 2nd étage l’espace réservé aux femmes. Elle permet encore aujourd’hui, les mariages et les bar-mitzvah et s’intègre au site du musée.

Elle est l’une des 2 restantes avec celle de Ohel Rachel (500, Shaanxi Bei lu) sur les 4 construites à Shanghai.

Synagogue Ohel Rachel aujourd’hui.

À la sortie en face du musée, vous pourrez visiter le White Horse Cafe, démoli à quelques pas et reconstruit à l’identique.

Vous pourrez rechercher dans les rues alentour, les traces de la présence des réfugiés juifs, la « Little Vienna », lieu du marché prisé de la Chusan road (Zhoushan lu aujourd’hui), la Lintong lu, le parc Huoshan, reconstruit sur le site d’une zone de loisirs des années 1930 et 40, l’ancien théâtre de Broadway et le restaurant Roy Roof Garden au design Art déco, dans la Huoshan lu.

Visiter ce quartier contribue à comprendre la nature cosmopolite et unique en Chine, de Shanghai et visiter ce musée c’est avoir accès à une page tout aussi unique dans l’histoire de la communauté juive.

PHOTOGRAPHIE

« WIND » par Damien Dufresne.

Du 25 septembre au 6 novembre 2021. ArtCN Gallery, du mardi au dimanche 11h à 18h
Adresse : 876, Jiangsu Road près de Huashan Road, 上海市江苏路876号, 近华山路
Métro : Lignes 10/11 (st. JiaotongUniversity). Tel  : +86 21 6167 3917.
Contact : contact@annececilenoique-art.com
Pour + d’infos : www.annececilenoique-art.com

La galerie ArtCN accueille de nouveau l’artiste français Damien Dufresne, depuis sa 1ère exposition à l’automne 2019.

Suivre un artiste dans son cheminement, parce qu’on perçoit dans son travail quelque chose qui nous touche, c’est aussi accueillir les mutations de ce cheminement. Cette nouvelle exposition illustrera cela, tant par la forme plus épurée que par le propos moins sombre et plus connecté au monde.

L’univers de Damien Dufresne, comme son parcours professionnel est plutôt atypique, l’un se nourrissant de l’autre. C’est dans le monde de la mode et du maquillage pour de grandes marques françaises puis pour une marque de cosmétiques shanghaienne, qu’il travaille.
Par le monde de l’image, il arrive assez naturellement à celui de la photographie.

L’exposition «  Wind » c’est d’abord une collaboration voulue avec le jeune photographe chinois Chris Wu. Elle est née de la volonté de promouvoir une double culture, d’un enrichissement mutuel entre 2 générations.
Si Damien Dufresne initie l’idée et sa mise en œuvre, grâce à son expérience et son regard de directeur artistique, Chris Wu enrichit de nouvelles techniques, les œuvres présentées, agrandissant le champ des possibles.

« Wind » illustre l’aboutissement des expérimentations et les nouvelles techniques acquises lors de l’élaboration de l’ouvrage photo « Glimpse of Emotion  », à paraître aux Editions de La Martinière (à Shanghai, Paris et New-York en novembre 2021).

On peut dire que l’artiste a ouvert le voile, si présent dans sa 1ère exposition.
Le décor évoque plus le monde extérieur. L’univers naturel prend toute sa place : les arbres, le sable, le ciel, le minéral, les nuages…et le souffle du vent !

L’Homme lui, revient à la sienne, comme une humble composante de cet univers. Il se confronte à ces éléments naturels symboles d’adversité, fragile et seul ou accompagné, dans son cheminement.

Il se perd parfois dans les mirages mais cherche un sens à ses errances… à l’image des péripéties du moine Xuánzàng (602-664) et de ses compagnons, décrites dans « Voyage vers l’Ouest », grand classique de la littérature chinoise.
Au travers de ces mannequins asiatiques, l’artiste raconte pourtant l’histoire de notre humanité toute entière, en ne se limitant pas à son incarnation.

Technique :

• Les décors sont élaborés par projection sur la toile, de calques (superposés parfois), d’objets en négatif ou non (végétal, meuble chinois, détail de structure).
• Mise en place souvent longue et recherchée, des mannequins au maquillage plus léger, aux étoffes plus visibles et au mouvement qu’ils devront suggérer, pour le thème de cette nouvelle exposition…aidés par « un faiseur de vent » branché !

Maquilleur, coiffeur, assistants, mannequins, l’énergie et la concentration sont palpables dans le studio, les jours de shooting.

« Maquiller » ce n’est pas toujours cacher pour créer un autre personnage. Damien Dufresne me dit combien parfois, les êtres se révèlent grâce au maquillage.

« L’élégance c’est la sobriété » disait sa mère, partie trop tôt.
Si la précédente exposition était très picturale, il y a dans celle-ci une volonté d’authenticité, de naturel, malgré une mise en scène propre au monde du théâtre. Ici, on retire l’inutile, l’évident, car seule la sobriété permet la suggestion.
Cela se traduit aussi par la volonté de limiter le nombre d’œuvres exposées.

À noter :
Collaboration avec Christian Chambenoit, directeur artistique qui mettra de nouveau en mouvement le travail de l’artiste. Le tout mis en musique par le compositeur et ingénieur du son franco-suisse, Manels.

MUSIQUE ET CHANT LYRIQUE

« Je Veux Vivre sur Scène » Shi Heng, Carole Gabay, Alex Ip, Zhang Tong.

Samedi 11 septembre ! 19h15. Shanghai Songjiang Shi Heng Opera center.
Adresse : 276, Xinsongjiang Road, Songjiang district.
Métro : Ligne 9, station Songjiang Xincheng
Info/réservation : 15821981284.
Réservation : uniquement via le code QR suivant. Entrée gratuite mais donation possible via Yoopay pour les frais d’organisation.

Shi Heng, qui fonde en 2019, ce centre de formation et d’événements lyriques, accueille cette rencontre de mélomanes étrangers et chinois « pour un concert qui fera le pont entre la France et la Chine ».

Shi Heng

Dès son arrivée à Shanghai en 2013, la soprano Carole Gabay contacte Shi Heng qui œuvre depuis son retour en Chine après 9 années en France, à faire connaître l’Opéra occidental en Chine et à former des chanteurs chinois pour les envoyer étudier en France. Ils collaborent ensemble pour un spectacle « Osons L’Opéra » à l’Eurocampus de Qingpu en 2015, puis un concert dans la galerie d’art T-House fin 2016.
Après la période la plus difficile de la Covid en Chine, 2021 leur donne l’opportunité de mettre en avant des artistes étrangers qui vivent à Shanghai et sont imprégnés de la culture musicale de leur pays (France, USA).

Carole Gabay et Alex Ip se retrouvent une nouvelle fois comme solistes, depuis la production du Requiem de Mozart de Shanghai Voices International Choir en 2018. Ils partagent les mêmes objectifs musicaux et le même plaisir à se produire ensemble.

Au programme :
• Bizet - les Pêcheurs de Perles : Heng Shi : Zurga « L’orage s’est calmé » et Zhang Tong & Alex Ip : « Au fond du temple ».

• Bizet – Carmen : Zhang Tong : Don Jose « Pourquoi me réveiller » et Carole Gabay : Micaëla « Je dis que rien ne m’épouvante ».

• Charles Gounod – Faust : Carole Gabay : Marguerite « Il était un roi de Thulé... air des Bijoux et le trio Final : « Alerte, alerte... anges radieux ».

• Faust- Mephisto : solo par Alex Ip « Vous, qui faites l’endormie ».

Et quelques surprises…

Pour en savoir un peu plus sur les artistes :
Shi Heng (施恒) : Baryton et professeur de chant au Conservatoire National Supérieur de Shanghai, il commence ses études lyriques dans la "Venise de l’Orient", Suzhou et les poursuit au Conservatoire de Shanghai.
Il obtiendra une dizaine de premiers prix et Grands Prix lors de concours internationaux. 1er étudiant de nationalité chinoise admis dans le département de chant lyrique au C.N.S.M.D.P, Il a aussi bénéficié de Master-classes avec Raimondi, Krause ou Laffont. Entre 2003 et 2016, il donne plus de 700 récitals et concerts. Heng Shi est entre autres, membre du jury du concours FLAME, fondateur et directeur artistique du Festival international d’Art Lyrique d’Argelès.

Carole Gabay : 1er Prix de Conservatoire en 2006, mène parallèlement sa carrière professionnelle. Elle assure des récitals, comme soliste (ex : "Schöpfung" de Haydn), dans ses différents lieux d’expatriation (Japon, Suisse et Chine).

Alex Ip  : Originaire d’Hong-Kong, il a été formé entre autres par le baryton-basse Sze Yi-kwei, l’éducatrice vocale Zhou Xiao-yan. Alex Ip s’est produit à l’Opéra de San Francisco, de Hong Kong, au Festival international des chœurs de Shanghai, l’Orchestre philharmonique de Shanghai etc. Il a remporté le premier prix du Festival de musique de Hong Kong, dans les sections voix masculine et groupe ouvert.

Zhang Tong (张桐) : Ténor, étudiant de Shi Heng, originaire de Chongqing

Zhang Tong

Wu Yue (吴越) flutiste et coach vocal ; Li Wota (李我他) pianiste.

LE MONDE DU LIVRE

Duoyun Bookstore (朵云书院).

Tous les jours de 10h à 21h30.
Adresse : 52/F, 501 Yincheng Zhong Lu/ Huayuan Shiqiao Lu, Pudong district,
(银城中路501号52楼 近花园石桥路).
Aller à droite de l’entrée 2 de la Shanghai Tower. Entrée/file d’attente juste avant le JHOTEL Shanghai Tower.
Réservation : possible sur place avec aide à l’entrée, accompagnement vers ascenseur dédié à la librairie Duoyun.
Métro  : Ligne 2, Station Lujiazui, sortie 6. Tel : +86 21 157 2155 6283.

Le livre est un support indispensable de la culture. CultureS Shanghai vous présente donc parfois, des librairies ou des bibliothèques, dans des lieux atypiques (historiques ou contemporains) comme celle de Blackstone Apartments (Fuxing zhong lu), ou Mingfu Librairy (Shaanxi Nan lu).

Duoyun Books (Duǒ yún shūyuàn) « porte aux nues », la culture sous toutes ses formes. Elle est en effet la plus haute librairie de la ville, au 52e étage du gratte-ciel de la Shanghai Tower (632 m).

Elle comprend aussi un espace d’exposition d’art, une petite pièce de récital de Guqin, un bureau permettant la calligraphie chinoise, un département d’articles récréatifs

et surtout un café très prisé sous la très haute structure de verre.

Duoyun compagny appartient à un gigantesque groupe public chinois d’édition, le Shanghai Century Publishing Group (上海世纪出版), créé en 1999 et qui étend son activité sur les provinces du Jiangsu, Zhejiang et Shanghai.

Ce groupe comprend 26 compagnies d’édition, dont Duoyun et Sinan compagny, chacune ayant 1 à 3 boutiques. Vous connaissez peut-être celle de Sinan Books située dans une église orthodoxe désacralisée de la Gaolan lu, devenue l’un des nombreux spots de selfie de la jeunesse dorée de Shanghai.
On n’est pas loin du même phénomène, puisque Duoyun Bookstore ouvert en 2020, attire d’abord les curieux, pour sa vue imprenable sur la cité financière de Lujiazui et sur les 3 autres tours symboles de Shanghai, toutes proches.

Mais les livres ne sont pas oubliés parmi les 16 000 possibles, avec une sélection de littérature chinoise et de romans (dont 1500 étrangers).

La librairie pensée en une succession de petits espaces circulaires, donne une ambiance cosy, même les jours d’affluence. Une petite musique de fond vous accompagnant dans votre promenade livresque.

CINÉ-DÉBAT

Les enfants avec « troubles Dys ».

Mardi 14 septembre 2021 à 19h. Shanghai Jing’an Campanile Hotel.
Adresse : 425 Wulumuqi Bei lu (静安区乌鲁木齐北路425号附近)
Métro : Lignes 2 et 7, St. Jing’an temple, sortie 5.
Contact  : Christophe (18516077340).
Prix  : 70 RMB (membre), 90 RMB (non-membre).
Inscription : via code QR suivant, avant lundi 11 septembre 12h. Remboursement qu’en cas d’annulation de l’événement.

Dans le cadre des rencontres mensuelles ciné-débat de l’ADFE-FDE (Français de l’Étranger) qui abordent des sujets sociétaux, environnementaux, historiques ou de santé, cette soirée aura pour thème des enfants avec « troubles Dys » accompagné du documentaire en français (54’) : «  Les enfants troubles ont, eux aussi, droit au bonheur » de Sylvie Perrin (2020).

20% des enfants d’une classe présenteraient des troubles d’apprentissage et/ou du comportement. Le film "Nos enfants troubles" nous invite à réfléchir, à travers son expérience personnelle, aux causes et aux alternatives thérapeutiques possibles.
La projection sera suivie d’une discussion en français, avec l’association DYSExpat Shanghai.

Avant la séance de cinéma et les échanges qui suivront, vous serez accueillis par un buffet à partager (charcuterie, pain, fromage, boisson (non-alcoolisée : thé/café/jus ou un verre de vin/bière).

RAPPELS

• « PHOTOFAIRS SHANGHAI » : Shanghai Exhibition Center
Du 3 au 6 novembre 2021, de 9h30 à 18h. Initialement prévu fin septembre.
Adresse : 1000 Yan’an xi lu, Jing’an qu.
Contact : https://www.photofairs.org/shanghai

Art+ Shanghai gallery se retrouve dans un nouvel espace, toujours dans le quartier historique du Rock Bund, entre le fleuve Huangpu et la rivière Suzhou, où se trouve le cœur artistique de Shanghai qui monte en puissance (les grands espaces dédiés à l’art dans le quartier du West Bund, étant actifs de manière plus ponctuelle, lors de grands RDV).

Agnès Cohade et Ana Gonzales nous accueillent à partir du dimanche 12 septembre, pour le vernissage de l’exposition « 2 ½ D » de l’artiste FU Shuai, dans cette 5ème localisation, située dans l’historique bâtiment Yifeng Shopping Mall (99 East Beijing Road, Unit L 207, au F2, Huangpu District). Bonne chance à elles pour cette nouvelle page à écrire.

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com

10 juillet 2021

CultureS Shanghai Juillet-Août 2021

CultureS Shanghai Juillet-Août 2021

CultureS Shanghai

Juillet-Août 2021... Attentif aux dix fêtes traditionnelles du calendrier chinois, peut-être avez-vous jeté le riz dans la rivière, mangé les Zòngzi enveloppés de feuille de bambou, regardé la course des bateaux-dragons, afin d’honorer le poète Qū Yuán (-340-278) du royaume de Chu, lors de la Fête des bateaux-dragons ou Duānwǔ jié (« Fête du Double cinq » : cinquième jour du cinquième mois lunaire chinois).
Et depuis le 21 juin, le Xiàzhì (夏至) nous fait entrer dans l’été, où les Chinois s’offraient traditionnellement à cette occasion des éventails, tout en partageant des nouilles fraiches en sauce et des litchis…

Voilà pour la tradition. Si Shanghai l’intègre, son regard la porte plus vers le futur, quelquefois dans une course effrénée, en comptant sur sa belle énergie.
C’est « Shanghai + », visant toujours le haut des classements. Avec ses 460 stations de métro/Maglev, Shanghai est par exemple, la ville qui possède le plus grand réseau de métro au monde.
Cette même énergie du marché de l’art, s’illustre régulièrement dans CultureS Shanghai, par la présentation de nouveaux espaces culturels (quelquefois après réhabilitation de sites historiques, comme la « Villa Pathé »), ou dédiés plus spécifiquement à l’art. En 2015, on comptait 3000 « musées » en Chine, depuis les inaugurations se font au rythme d’environ 300/an, même si leur importance est inégale. Shanghai est l’un des grands bénéficiaires, de cette politique culturelle volontariste. Pas moins de 3 musées vont ouvrir leurs portes par exemple :

• L’Oriental Fisherman’s Wharf Art Museum, dans le district de Yangpu, berceau des industries modernes de la Chine qui ouvre le 10 juillet 2021 et honorera des œuvres traditionnelles et plus particulièrement la pierre.

• Le MAP, Museum of Art Pudong à Lujiazui, avec la collaboration prestigieuse de la Tate Modern de Londres pendant 3 ans, en commençant par l’exposition inaugurale.

Shanghai Astronomy Museum ou Shanghai Planetarium, (380, LinGang avenue, Pudong New District), qui sera le plus grand au monde. Conçu par Ennead et présentant plusieurs bâtiments, il permettra entre autres, la vision HD de la surface de la lune et des planètes. Ouverture au public le 18 juillet 2021. Sujet d’un prochain CultureS Shanghai.

Crédit photo Ennead Architects

En attendant, CultureS Shanghai vous propose pour cet été de découvrir…

Exposition univers Bande Dessinée

« TINTIN and HERGE ».

Du 6 août au 31 octobre 2021. Du mardi au Dimanche, de 11h à 19h.
Power Station of Art (PSA).
Adresse : 678, Miaojiang lu. Huangpu qu (黄浦区花园港路200 号). Métro : Lignes 4 et 8 st. South Xizang Road. Tel : 3110 8550
Prix : 60 RMB, gratuité pour les enfants de moins de 7ans. Info : www.powerstationofart.com.

Cette exposition sera l’événement de cette fin d’été, s’adressant aux nombreux fans du héros intrépide Tintin.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Elle présentera l’histoire de la création des 24 albums de ses aventures, depuis « Tintin au Pays des Soviets » en 1930, jusqu’à « Tintin et l’Alph-Art », en 1986 qui restera inachevé.
Une partie sera consacrée au parcours de son créateur, dessinateur et scénariste belge, Georges Remi (1907-1983) dit Hergé.

Cela fait près de 8 ans que le musée Power Station of Art, souhaite cette exposition, en collaboration avec le Musée Hergé, créé par Fanny Rodwell en 2009, à Louvain-La-Neuve, en Belgique.

©️Hergé - Moulinsart 2021

L’année 2021 fut jugée propice, par la conjonction de plusieurs anniversaires : 20ème anniversaire des aventures de Tintin édité en mandarin et 50ème anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la Belgique, pays de son créateur Hergé.

Né à Bruxelles le 22 mai 1907, celui qui était encore appelé Georges Rémi, s’ennuie pendant ses études au collège Saint-Boniface et met un peu d’aventure dans sa vie, en entrant chez les scouts en 1921, où il est baptisé « Renard Curieux ». Il dessine pour la revue scoute, et signe déjà en 1924, de son pseudonyme Hergé (des initiales de son nom Remi et de son prénom George). Il nourrit son imaginaire, par les livres, les bandes dessinées et le cinéma.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Il devient plus tard, employé au service abonnements du journal « Le Vingtième Siècle ». Libéré du service militaire, il est chargé en 1928 par ces éditions catholiques belges, de créer, diriger et illustrer « Le Petit Vingtième », un supplément hebdomadaire jeunesse. C’est là que Tintin et Milou « prendront vie », le 10 janvier 1929.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Pour la petite histoire, c’est à la 8ème page de « Tintin au Pays des Soviets » que, démarrant en trombe dans une voiture décapotable, l’aventurier apparait avec une houppette dans sa chevelure. Il la gardera dans les albums suivants.

L’originalité acceptée du thème de cette exposition et le lieu choisi, le PSA qui est un musée national, en illustrent son importance. De plus, elle sera la 1ère exposition en Chine continentale et la plus grande au monde, jamais consacrée à Tintin, avec ses 1600 m2 d’exposition. Elle dépasse donc celle du Grand Palais en 2016, à Paris. Dans cet objectif d’accès à tous, le prix d’entrée reste modique.

Au-delà de ces chiffres, du succès mondial (215 millions d’albums vendus depuis 1934, dont 50% dans la francophonie), des voyages par procuration et des découvertes offerts aux lecteurs, à chaque album, c’est aussi l’histoire d’une amitié entre un jeune étudiant chinois Zhang Chongren (张充仁 1907-1998) et Hergé.

©️Hergé - Moulinsart 2021

Ils ont le même âge et se rencontrent en 1934 grâce à l’abbé Gosset, aumônier des étudiants chinois de Louvain. Zhang Chongren, parle français et étudie à l’Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles. Il raconte à Hergé, son départ de Shanghai juste avant l’invasion japonaise, la vie de sa famille restée sur place, la vie chinoise. Encouragé par la direction de ce journal de la presse catholique, Hergé avait cette volonté de dépasser les stéréotypes du racisme de l’époque.

Ces riches échanges vont donner une nouvelle dimension au personnage et aux aventures de Tintin, dont les contextes géographique et historique, seront à partir de « Tintin et le Lotus bleu », beaucoup plus travaillés. Une attention particulière sera portée à cet album, véritable 1er succès de Tintin, où aidé de son ami Tchang (inspiré par celui, réel de Zhang), il déjoue le complot d’un gang international de trafiquants d’opium.

Hergé donnera naissance à des personnages emblématiques, par un trait simple d’une grande précision, mis dans des situations où sa fiction a rejoint parfois la réalité du monde. Bien avant ce succès, on découvrira dans cette exposition que Georges Remi travailla comme graphiste dans la publicité et qu’il peignait, tout en collectionnant assez tôt, les œuvres de Warhol, Lichtenstein, Fontana, Dubuffet et Raynaud. Par la peinture, la photographie et le cinéma, il s’attache à l’importance du cadrage et des perspectives, permettant ainsi d’assurer un certain réalisme parfois « nostalgique, afin que le public puisse facilement s’immerger dans son univers ».

Si certains ont pensé qu’Albert Londres, le célèbre journaliste français, qui a donné ses lettres de noblesse, au journalisme d’investigation, avait pu inspirer le personnage de Tintin, beaucoup comme JanPol Schulz, ont trouvé bien plus de similitudes dans le parcours et l’aspect physique du globe-trotter journaliste, Robert Sexé (1890-1986).

Couverture du livre Sexé aux Pays des Soviets© (Fonds JanPol Schulz)

Habillé d’un imperméable et la mèche sur le front, il part à 20 ans en moto, représentant la marque Gillet-Herstall et ses aventures sont relayées par le «  Circuit des Soviets », dans la presse belge de l’époque (Hergé est Belge), 4 ans avant « Tintin au pays des Soviets ». Pour les sceptiques, sachez que Robert Sexé est parfois accompagné dans ses aventures, par un mécanicien du nom de…Milhoux !

L’album « Sexé au Pays des Soviets » en 1996, puis « Sexé enquête au pays des Soviets » format numérique de 2012, présente les recherches de Schulz. Adolescente, j’ai eu la chance de rencontrer cet homme peu commun, quelque temps avant sa mort, grâce à mon père. Je garde le souvenir d’un personnage qui retrouvait sa vitalité, à l’évocation de son passé intrépide et disait sa passion pour ses motos. Elles l’avaient emporté si loin de St Benoît (Poitiers), où il allait finir sa vie.

Si vous êtes fan depuis toujours, de l’aventurier à la houppette et des personnages qui partagent les planches de Georges :

https://www.franceculture.fr/theme/les-vies-de-tintin

Parce que Tintin c’est « le journal des jeunes de 7 à 77 ans », slogan accrocheur, paru en mai 1947, par nostalgie ou par curiosité, ne résistons pas au plaisir d’entrer à nouveau dans l’univers du « père de la bande dessinée européenne », au travers des dessins, peintures, interviews et témoignages, où transparait, sa curiosité insatiable pour le reste du monde…

Merci à Philippe Wang, représentant la société Moulinsart en Chine.

MUSEE

Villa Pathé. Musée du vinyle.

Du mardi au dimanche de 9h à 17h (dernière entrée 16h30).
Adresse : 811, Hengshan lu /Yuqing lu, Xuhui qu.
Métro : Lignes 1,9,11, Station Xujiahui road, sortie 1’.
Entrée gratuite. QR code vert et prise de température à l’entrée.
Tel  : 5425-9260 Info : www.xujiahuiorigin.com

Située dans le parc de Xujiahui, « La Villa Rouge » ou « Xiǎo hónglóu », a bénéficié d’une restauration pendant près de 2 ans, pour la fête du centenaire du PCC, né à Shanghai en juillet 1921. Le rouge est celui des briques qui la constituent, avec le bois. Elle date aussi de 1921 et a été surtout le lieu où fut enregistré, le 3 mai 1935, l’hymne national chinois : « La Marche des Volontaires ». Elle est donc référencée comme site révolutionnaire majeur.

C’était le site d’enregistrement de la compagnie «  Pathé Orient », branche de la compagnie française Pathé, créée par les frères Charles, Emile, Jacques et Théophile en 1896. Les 2 premiers lui apporteront le succès qu’on lui connait.

Petit rappel : bien avant de sentir le potentiel d’une industrie naissante du cinéma, via le Kinétoscope de Thomas Edison (1847-1931), c’est une autre de ses inventions qui fera naître la compagnie Pathé : la vente puis la fabrique (à Chatou) d’appareils phonographiques, après la découverte à la foire de Vincennes en 1894, du phonographe Edison.

La compagnie Pathé, par le pari de ses fondateurs, fait naître l’industrie du disque, non seulement à Shanghai mais aussi en Chine.
L’exposition en cours raconte son histoire et ce qu’elle a permis dans la diffusion culturelle d’une nation.

RDC : Salon de thé et restauration (3 salles).

Avant de monter vers les 2 étages d’exposition, remarquez l’ouvrage de la montée d’escalier et le lustre.

F2 : Sur le seuil, une fresque chronologique rappelle l’histoire de « La Marche des Volontaires » et de ses créateurs, Tian Han l’auteur et Nie Er qui en compose la musique. Elle deviendra l’hymne national chinois en 1949, sera abandonnée pendant la révolution culturelle et redeviendra l’hymne de la Chine en 1982.

(Salles de droite à gauche) :

  • Pièce où l’on présente l’importance primordiale de 2 inventeurs : l’enregistrement des sons par l’Américain Thomas Edison et sa restitution sur un disque (qui succède au cylindre gravé), l’Américain d’origine allemande Emile Berliner, inventeur du disque, d’abord fait en verre, en zinc puis en ébonite et cire.

    En bas à droite, la photo de Guo Song Tao (1818-1891), ambassadeur chinois de la dynastie Qing, basé en France et au Royaume Uni, qui fut la 1ère personne en Chine à avoir un lecteur de disque.

  • Petite salle consacrée à l’architecture du bâtiment (plans et écran interactif).

  • Une salle meublée d’un bureau, de fauteuils et d’un piano met en valeur des « musiciens patriotes », comme Lü Ji, Huang Zi ou le populaire He luting, qui transcrivent les nouvelles aspirations du peuple, souhaitant se libérer notamment de l’occupation japonaise (1937-1945).

  • Une pièce consacrée aux 2 créateurs de « La Marche des Volontaires » chanson thème du film «  Sons and Daughters in a Time of Storm », présente le compositeur Nie Er (1912-1935) et l’auteur, poète et dramaturge Tian Han (1898-1968).

Vous pourrez découvrir la partition, mais aussi le registre du studio d’enregistrement. Puis les lumières s’éteignent et la scène grandeur nature s’anime d’hologrammes. Un homme raconte la création de la musique et l’enregistrement du futur hymne chinois, en compagnie de son compositeur, venu du passé, on est en 1934.

« Ce chant fait appel au peuple chinois pour son patriotisme et son esprit communautaire afin de protéger la patrie ».

F3 : Sur le seuil, nouvelle fresque chronologique sur l’évolution de la Compagnie Pathé vers China Record (1908-2001).
Dans les pièces autour, découvrez les différents genres artistiques enregistrés à la Villa Pathé, durant ces décennies :

  • Opéras traditionnels chinois (ex : Yue, Hu, Beijing). Création artistique sonore, la plus écoutée à l’époque en Chine. 38 des 39 types d’opéra existants, sont représentés dans les enregistrements Pathé. Une vraie mémoire…
    Ainsi que leurs chanteurs les plus célèbres : Mei Lanfang, Tan Xipei, Zhou Xinfang.

  • Chants révolutionnaires à écouter dans la salle « The Vinyl Workshop » et les différentes étapes de la fabrication d’un disque, à regarder sur un petit écran.

  • Dans la salle « Spring of Pop Music », retrouvez la nostalgie de la chanson populaire et quelques-unes de ses icônes shanghaiennes qui ont enregistré à la Villa Pathé, comme la célèbre Zhou Xuan. Plus tard la Révolution Culturelle remettra en cause ces artistes, liées à la séduction.
    Sur un petit écran tout près de la fenêtre, vous pourrez la voir et l’écouter chanter, on est en 1957 et bien sûr la célèbre star de cinéma Hú Dié (1908-1989), qui obtient son 1er rôle à 18 ans et deviendra en 1933, la 1ère Chinoise élue « Reine du cinéma ».

Pour finir prenez la pose de star derrière un micro « presque d’époque ».

En Chine, il y a souvent dans les expositions, un spot prévu pour la photo-souvenir des visiteurs !!

Dans cette « Villa Rouge », la compagnie française Pathé fut la 1ère à enregistrer, copier et diffuser les sons au travers des disques, permettant la préservation des voix, des musiques et du patrimoine intangible de la Chine.
Ça vaut bien un « cocorico ». D’ailleurs un coq fier et chantant, n’est-il pas le symbole de cette compagnie depuis toujours ?!...
À la sortie de la Villa Rouge, poursuivez par une promenade dans le parc Xujiahui.

Arts Visuels

« Masculinity Through the Eyes of Female Photographers ».

Du 24 août au 12 septembre 2021. Du mardi au vendredi, de 13h à 21h, weekend : 11h-19h.
MUSEu&m (移动的头脑博物馆). Près du teamLab Bordeless Shanghai/Power Station of Art. Adresse : 388, Bansongyuan Road, Huangpu district.
Métro : Lignes 4 et 8 st.South Xizang road sortie 2.
Entrée : 50 RMB. Gratuit le 21 août 2021, jour du vernissage à 18h.

Dans un espace au double statut de musée-galerie, comme seule la Chine peut en présenter, « MUSEu&m » ou « The Museum of Creative Minds » présente 8 artistes, photographes ou « designeuses » femmes, de 8 pays différents (Allemagne, Australie, Chine, Espagne, France, Italie, Roumanie, Ukraine) qui nous proposent leur regard créatif, sur le vaste et très actuel thème de la « Masculinité ».

Emmené par Yolanda qui est allemande et Jo Australienne, ce projet aura mis 9 mois pour voir le jour, au travers d’une ou plusieurs photographies, de vidéos et d’installations, parfois collectives.

Chaque artiste nous propose plusieurs œuvres, qui doivent illustrer tous les aspects de leur vision.

La masculinité, comme un assemblage de stéréotypes changeants, d’une époque et d’un lieu. Le monde féminin y prend sa place dès le processus de masculinisation plus ou moins présent, de l’enfant, mais aussi parce que la nature du Yáng (阳) peut aussi se définir par rapport au Yīn (阴), comme 2 principes complémentaires et inséparables.

Le lieu :
MUSEu&m est un espace de 300 m2 créé en 2016, par l’architecte et designer Lulu. Une centaine d’événements/expositions liés au monde de l’art et du design sont à son actif, sans compter les collaborations avec d’autres espaces culturels. 10 000 visiteurs depuis sa création, avec des succès comme « Kuma : A Lab for Materials » ou une exposition internationale d’illustration.

Les artistes :
Jo RANKINE : Photographe indépendante australienne. Elle travaille depuis 26 ans dans le cinéma et l’imagerie numérique dont elle est diplômée. Elle choisit de combiner photographie, peinture et techniques d’impression.
2 mots pour définir son travail sur la masculinité : « Chasse » et « Fragile ». C’est ce qui ressort des réponses de personnes qu’elle interroge sur le sujet. Elle fait ensuite le lien avec un animal à la fois fragile et prédateur : le papillon vampire, à la durée de vie limitée. La suite est à découvrir.

Yolanda vom HAGEN : Elle étudie le design photo en Allemagne et en Chine (Beijing Film Academy). Photographe commerciale à Shanghai depuis 2010, son travail évolue vers une démarche plus artistique par « Life in Memory » (2016), et en vidéo « OffLine » (2018) ou « Essence of you » (2019). Elle expose au Musée d’Essen dans le département art contemporain.
Son regard sur l’homme est compatissant. C’est d’abord celui sur son père, qui l’a élevée seul, coincé entre ses aspirations et le modèle masculin qu’il doit suivre.
Très tôt confrontée à une nécessaire indépendance, elle refuse la victimisation et le refus de responsabilité de certaines femmes. Elle aspire à une meilleure connexion entre les genres.
Elle a créé entre autres pour cette exposition, une installation interactive où hommes et femmes posent avec un objet, qui dit ce que c’est qu’être un homme.

Yilin TANG (Elena) : Elle est diplômée en recherche, production cinématographique et télévisuelle. Elle a travaillé pour la BBC, ITV et Royal Shakespeare Company. Son 1er court métrage, « Some Memories Don’t Fade » a reçu un prix international.
Dans cette exposition, elle interroge le statut, dans l’Opéra de Beijing, de la Femme cavalière et armée, mais qui ne pourra que chanter et danser, l’Homme se réservant les combats héroïques. La masculinité est ainsi définie par la non-féminité et inversement. Mais où se placera dans le discours socio-culturel, la femme masculine ?

Andrea MARTINEZ : Photographe espagnole née en Uruguay, elle reçoit son 1er appareil photo à 8 ans. Elle ne le lâchera plus, même pendant ses 15 ans de « business developer » en Espagne et en France. Elle vit avec sa famille à Shanghai depuis 2014 et a obtenu en 2020, un master en photographie artistique (Node Center), terminé par son projet « XingFu lu ».
Dans cette exposition, la photographe montre les effets de la société contemporaine sur les frontières du féminin/masculin qui s’estompent et génèrent des femmes plus indépendantes et actrices de leur vie et des hommes qui s’autorisent à exprimer leurs émotions.

Alex SARMIENTO : Photographe française, dans le monde de la beauté et de la mode, elle chemine vers la photographie artistique depuis 2008, par la technique de la surimpression, puis vers la photo numérique. Elle a exposé à Casablanca et à Paris, notamment dans la Cité du Cinéma de Luc Besson.
Dans cette exposition, elle retrouve la technique de la surimpression, pour exprimer et honorer la fragilité masculine, symbolisée par un monde floral.

Nora LAI : Diplômée en design et en communication visuelle en Italie, la mode, l’art et le design, l’accompagnent jusqu’à la création de bijoux. Elle redécouvre en Chine, le plaisir de la photographie et sa possibilité d’offrir un nouvel angle de la réalité.
Dans son projet, elle se concentre sur les rôles que l’idée de masculinité induit. Elle parle de l’équilibre que l’homme doit trouver entre ce qu’exige la société pour lui (autre facette de son pouvoir) et ce qu’il souhaite pour lui-même.

Ioana FARCAS : Née en Roumanie, elle suit des études de photographie (portrait et production commerciale) à l’université de Manchester. Elle a travaillé pour Uniqlo, Nike, Bayer, Mustela etc.
Dans ce projet, elle présente grâce aux portraits, les identités culturelles et la diversité sociale de la communauté masculine asiatique. Ses années à Shanghai avait précédemment inspiré un travail, par des portraits de rue.

Katya V.KARS  : Après une formation à l’université Nationale du théâtre, du cinéma et de la télévision de Kiev, cette productrice roumaine, crée des vidéos et un court métrage d’animation primé : « La Mouche ».
Dans ce projet, elle joue avec le concept finalement très large de la masculinité.
En collaboration avec Mandy Cai, elle choisit de mettre en scène sur photo, la communauté drag de Shanghai et peut-être nous inviter à repousser les limites de notre perception du genre.

Festival de Musique

« GROWING » Festival Music in the Summer Air (MISA) par le Shanghai Symphonic Orchestra (SSO)

Du 10 au 24 juillet 2021 ! Dans différents sites, pour Shanghai Symphony Concert Hall (1380 Fuxing Zhong lu, District Xuhui (上海市复兴中路 1380号)
Métro : Lignes 1 et 7, St. Changshu road, sortie 4.
Tel : 400 821 0522 ; Site : https://misa.shsymphony.com/home/index/en

MISA, c’est le projet ambitieux du prestigieux Shanghai Symphonic Orchestra, afin de partager pour sa 12ème édition, leur passion de la musique classique, en lui donnant un nouveau souffle. Ceci grâce au mélange des genres et par des collaborations artistiques étonnantes.

Variété des événements, des lieux et des formats musicaux proposée au public, avec une prédilection pour « MISA Open Air » et ses collaborations artistiques à succès, à l’arrière du Shanghai Concert Hall, sous le ciel étoilé de Shanghai.

Notons le projet théâtral « Songs of Nature », comme une ode à la nature par les chants "Nine German Arias" du compositeur baroque G.F. Haendel, de nouvelles compositions du compositeur contemporain belge Wim Henderickx. Ils seront accompagnés visuellement par une création de l’artiste scénographe australien Dan Potra et du réalisateur chinois Zou Shuang.

D’autres collaborations sont programmées, comme celle du rappeur J-Fever et des cordes du Shanghai Symphonic Orchestra, ou du chanteur et compositeur Xiao He et du Tao Dance Theatre, sans oublier de nouvelles adaptations d’œuvres de Debussy, Stravinsky et Satie interprétées par le percussionniste Fu Yifei.

En décloisonnant la musique classique, MISA lui amène aussi, un nouveau public jeune et curieux. MISA est co-présidé par Long Yu (directeur musical de l’orchestre symphonique de Shanghai) et Charles Dutoit (directeur musical du Royal Philharmonic Orchestra).

Le Programme : https://misa.shsymphony.com/preview/index/en

« Once Upon a Time in Paris » par Ying LI et Peng YUE

Le 30 juillet à 19h30 ! SHOAC Concert Hall (上海東方藝術中心) Adresse : 425 Dingxiang Lu/ Shiji Dadao, Pudong District (丁香路425号,近世纪大道)
Métro : Ligne 2, St. Shanghai Science &Technology Museum
Tel  : 6854 1234
Site : www.shoac.com.cn et https://www.shoac.com.cn/show/599614734720876544

Parce que la voix est le 1er des instruments artistiques, parce que sa puissance émotionnelle est étonnante au regard de la taille de son origine anatomique et que ce qu’elle produit en celui qui l’écoute, quand elle est travaillée et sculptée, est indicible.
Écoutons aussi les artistes, ici ou ailleurs.

Le Shanghai Oriental Art Center (SHOAC), conçu par l’architecte français Paul Andreu, comme une orchidée-papillon, avec ses 5 pétales/salles hémisphériques, fut inauguré il y a tout juste 16 ans. Il accueillera Ying LI et sa voix de Mezzo-Soprano, accompagnée du pianiste Peng YUE qui sont à l’origine de cet événement.

« Once Upon a Time in Paris » contribue aux échanges culturels entre la France et la Chine. Sous les lumières du romantisme, Paris tient pour quelques heures le rôle principal d’un concert, où se narrent des histoires du cœur (l’attraction, le désespoir, la romance, la réticence et le regret), nous sont contées par les compositeurs Francis Poulenc, Claude Debussy, Gabriel Fauré, Reynaldo Hahn, Erik Satie et Édith Piaf.

« Les deux musiciens nous invitent à voyager en musique, à travers la beauté intemporelle et unique de Paris »… Autant dire qu’en temps de pandémie où beaucoup de familles francophones sont bloquées en Chine, un petit goût de nostalgie sera présent à l’écoute de la voix de Ying LI et de ce patrimoine intemporel…

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com

31 mai 2021

CultureS Shanghai Juin 2021

CultureS Shanghai Juin 2021

CultureS Shanghai

Juin 2021...À une époque où beaucoup de pays optent pour le repli sur soi, le monde culturel français et chinois, fait lui le pari à sa manière, de la considération, du respect et de l’enrichissement mutuel, par le renouvellement du « Festival Croisements ».

Dans l’historique Villa Basset, le 28 avril dernier, Benoît Guidée, Consul Général de France à Shanghai et Myriam Kryger, Consule Culturelle avaient convié les responsables de lieux culturels, artistes et invités en lien avec ce domaine, pour le lancement de cette 15ème édition. Il s’illustrera dans 14 villes chinoises, à Guangzhou, Beijing, Chengdu, Shenyang, Shanghai etc. jusqu’au 31 juillet 2021, en musique, théâtre, cinéma, arts visuels danse littérature et mode.

https://croisements2021.faguowenhua.com/index-fr.html

Parmi la multitude de galeries d’art présentes à Shanghai et en Chine, les françaises assurent leur légitimité et proposent leur ADN, aux collectionneurs avertis, comme amateurs. Offrant depuis des années une visibilité à des artistes internationaux, elles permettent aussi celle vitale au commencement de talentueux jeunes artistes chinois.
Parfois, elles sont récompensées de cet investissement humain, artistique et financier, de manière remarquable. C’est ce qui arrive à Art+ Shanghai Gallery, dont la jeune artiste chinoise LIN Fanglu vient d’être nommée lauréate du prestigieux LOEWE FOUNDATION Craft Prize 2021, créée en 1988. Son œuvre « SHE » installée au Musée des Arts Décoratifs de Paris, a fait l’unanimité du jury pour « son échelle monumentale et son savoir-faire à couper le souffle ».

LIN Fanglu fut donc l’Élue, choisie parmi les 2500 candidatures présentées en 2020 (la pandémie ayant retardé le processus d’élection), venues de 100 pays différents. Trente finalistes restaient en lice.

Un aperçu : www.loewecraftprize.com

Nous aurons l’occasion de revenir sur cette artiste et son travail, pleinement en phase avec les enjeux de son époque, tout en honorant la richesse des savoir-faire, des ethnies composant la Chine, notamment les Bai. En attendant son exposition personnelle, sur un nouveau projet en mars 2022, vous pourrez voir dès le 22 juillet prochain, une autre œuvre de la série « She » (2020), exposée il y a quelques temps au Centre Pompidou West Bund Museum, à Shanghai.

Comme nous l’avons vu dans le précédent article, la destinée de Shanghai s’est construite assez tardivement, depuis les dynasties Song (Nord et Sud), avec une accélération au XIXe. CultureS Shanghai vous propose de découvrir entre autres, 2 lieux retraçant cette histoire avec le « Shanghai Yuan-Dynasty Sluice Site Museum » et le « Shikumen Museum  »…

MUSEES

Shanghai Yuan-Dynasty Sluice Site Museum (上海元代水闸遗址博物馆).

Du mardi au dimanche de 9h à 16h30 (dernière entrée 16h).
Adresse  : 619, West Yanchang road/Zhidan road, Putuo district.
Métro  : Ligne 7, Station Xincun road, sortie 1.
Entrée gratuite. Bâtiment à droite : tickets, bâtiment à gauche : site historique.
Tel : 15214380020.

Commencé en 2009, le Shanghai Yuan-Dynasty Sluice Site Museum est ouvert au public en 2012. Il est né de la découverte du site d’une écluse datant de la dynastie Yuan en 2001, sur le chantier de construction de Zhidanyuan.
Lors du chantier, l’enfoncement de pieux qui soutiendront la prochaine construction moderne, se trouve stoppé par une structure dure. En la remontant, on découvre un morceau de construction humaine : 2 dalles scellées par un tenon en fer et des poutres de bois au-dessous (visibles dans la vitrine à droite de l’office des tickets).

Les archéologues interpelés, découvrent alors cette ancienne écluse, de 7 à 12 m de profondeur, sur 1500 m2, 42 m de long et 32/33m de large. Elle contient 10 000 pieux en bois (木桩) de 4 à 7m, qui servaient à réduire l’impact du débit de la rivière, sur la structure.

On le sait, Shanghai et ses alentours sont rythmés par des cours d’eau, grands ou petits et des parties de terre sablonneuse très fertiles. La gestion de l’eau et la prévention des inondations des zones habitées, étaient donc une nécessité, mais il a fallu une évolution des savoirs techniques pour les rendre possibles.
Durant cette dynastie Yuan, ces connaissances étaient là et furent appliquées, de manière rigoureuse et efficace.

Peut-être aviez-vous remarqué la forme originale du musée. En fait, la vue aérienne reprend la forme de l’écluse. En entrant dans le bâtiment à gauche, vous descendez peu à peu vers le site plus bas et apercevrez l’écluse.

Sur les murs, des informations vous aident à comprendre visuellement, les différentes phases de la construction de cet édifice technique mais compréhensible :

Reconstitution des différents niveaux se trouvant sous les dalles du sol de l’écluse (repris par Minhang Museum, voir CultureS Shanghai Avril-mai),

Comment furent enfoncés les pieux, ou installés les piliers de pierre encadrant l’écluse.

Observez-vous un trou cylindrique sur les dalles à l’entrée de l’écluse ?
C’est en fait l’échantillon prélevé et remonté, qui expliquera la cause du blocage et permettra la découverte du site.

Plus loin, une maquette vous en donne une vue d’ensemble et un panneau vous présente son concepteur, Ren Renfa (1254-1327).

Fonctionnaire de la dynastie mongole des Yuan, il est Vice-président du Bureau de l’entretien des cours d’eau, ses connaissances et ses écrits (« Collection d’Essais sur la Conservation de l’Eau » en 10 volumes !), en font une référence dans le domaine. Il conçoit et fait construire en 1324, 6 écluses sur la rivière Wusong (« Suzhou creek »). Il intervient aussi sur la rivière Huitong, le fleuve Jaune, le lac Lian etc.

Il est aussi un peintre reconnu, de paysages et surtout de chevaux de style archaïque, très prisé à l’époque. Il est toujours exposé au Musée Guimet à Paris, au Victoria and Albert Museum de Londres, à Kyoto ou Taipei.

Des vitrines exposent les reliques retrouvées sur le site, lors des recherches archéologiques :
3 « bouteilles Han » ("Han" rappelle un général des Song du sud),

de poterie émaillée, aux formes typiques de la dynastie Yuan, un tenon métallique utilisé pour maintenir les dalles entre elles, de la vaisselle avec caractères des Yuan, un pilon de bois utilisé pour enfoncer les pieux de l’écluse, le squelette d’un poisson, des tuiles décorées etc.

Les pieux en bois exigent une hygrométrie contrôlée, des jets de d’eau sont donc projetés 1h/j, afin de les conserver.

L’écluse peut donc être identifiée comme une installation de la dynastie Yuan (1271-1368), datant environ de 700 ans et Ren Renfa en écrit la raison : « la rivière Wusong s’envase facilement par les marées de mer transportant du sable. Une écluse devrait être construite pour draguer la voie navigable ».
Les empereurs de la dynastie Yuan ont accordé une grande importance au dragage de la rivière Wusong, car la région était déjà l’une des principales sources de céréales de l’empire.

Devenue Suzhou he/Suzhou creek, elle est aujourd’hui à environ 1km du site de cette écluse, son tracé a donc beaucoup changé au cours des siècles.

Fonctionnement de l’écluse : à marée haute, elle permet de retenir l’eau et empêche le sable marin d’entrer. À marée basse, l’eau retenue est libérée en masse et lavera le sable accumulé de l’autre côté.

Ces installations hydrauliques de la dynastie Yuan sont les plus grandes jamais trouvées, aujourd’hui en Chine. En 2006, l’écluse est l’une des 10 plus grandes découvertes archéologiques. Elle fournit d’excellentes informations aux archéologues et aux chercheurs qui étudient les technologies de génie hydraulique de la dynastie Yuan et le changement de la voie navigable de la rivière Wusong.

N’hésitez pas à utiliser les 2 écrans interactifs (office et site) très intéressants et en anglais.

Au-delà, de la compréhension d’un site technique (mais accessible) et historique, cette visite en famille, permet de réaliser que toute modernité s’appuie toujours sur des découvertes et avancées du passé.

Shikumen Wulixiang Museum

Shikumen Wulixiang Museum, ouvert de 9h à 21h. Adresse : N°25, lane 181, Taicang road (太仓路181弄, 近马当路) Métro : Lignes 1 (st. Huangpi South Road) ou 10 (st. Xintiandi).
Entrée : Adulte : 20 RMB, enfant + de 12ans et étudiant : 16 RMB, enfant -de 12 ans : 10RMB.
Tel : 33070337 Contact : xtd.openhouse@xintiandi.com

Au cœur du quartier Xīntiāndì (新天地), « Nouveau ciel et nouvelle Terre », en partie reconstitué (新) et inauguré en 2002, il reste quelques représentations du passé. Cette maison Shíkùmén (traditionnelle et spécifique à Shanghai) qui abritait des familles depuis les années 1920-30, témoigne de cette architecture historique, de son utilisation par ses habitants et des codes qui régissent son aménagement, présents en Chine, à cette époque. . On peut dire que le Shíkùmén né vers 1870, est la version méridionale du Hútong (胡同) de Beijing.

Rdc : Tout commence par le hall de réception, seule interface entre vie publique et vie privée de la famille. Meubles, chaises, objets de porcelaine, miroir de pierre, poutre au sol ou paravent sont souvent placés selon les règles du Fēngshuǐ, afin d’assurer la protection de ses propriétaires. À gauche, un bureau/salon, puis la chambre des anciens, avec des objets du quotidien (poudre de riz, crème pour la peau, photos, panier-repas.
La cuisine, lieu d’intense activité, est bien calme aujourd’hui, mais ustensiles, fourneaux à bois ou grande jarre (pour garder l’eau fraîche) sont prêts à reprendre du service.

Au 1er : Un petit escalier vous emmène dans la « Tingzijian », petite chambre, exposée au nord, glacée l’hiver et étouffante en été, qui était louée quelquefois aux lettrés et artistes désargentés, pour quelques pièces. Lit, bureau, étagères et petit réchaud, la sobriété pour ses locataires, comme les Lu Xun, Mao Dun, Ba Jin ou le fameux Feng Zikai, dont les douces illustrations ornent les murs de Shanghai pour l’éducation à la citoyenneté, souvent dans l’oubli total de l’héritage qu’il a laissé à Shanghai...

½ étage + haut : Chambre de la fille où l’on trouve coiffeuse, table de nuit, machine à coudre d’époque. Elle est juxtaposée à celle des parents.
Radio, tourne-disque (nos enfants savent-ils encore ce que c’est ?) et ameublement, de la chambre parentale indiquent une classe relativement aisée et éduquée.
Ici pas d’intimité, la paroi entre les 2 chambres ne monte pas jusqu’au toit et pas d’isolation non plus, on est juste sous les tuiles !
Dans la chambre du fils, un pot à braises pour réchauffer les mains pendant l’étude, mais aussi pinceaux d’écriture et livres.
Après la machine à coudre de la chambre de la jeune fille, on perçoit bien que les projections parentales ne sont pas les mêmes selon l’enfant.

Il faut bien le dire, ce serait folie de vivre à Shanghai, ou même de la quitter, sans s’être imprégné de cette ambiance si particulière, de la nostalgie même de ces maisons avec « porte de pierre ».

Plus loin, vous pourrez poursuivre par la visite du musée du 1er congrès du PCC, qui rappelle qu’il est né à Shanghai pendant l’été 1921, dans l’ancienne concession française. Plutôt une réunion en catimini, elle rassembla les 13 personnages clés, dont Máo Zédōng, qui allaient changer le destin de la Chine…

PHOTOGRAPHIE

« Traveling Souls » par Erwin Olaf.

Jusqu’au 8 juin 2021 ! Danysz Gallery. Du lundi au samedi de 10h à 18h, dimanche de 12h à 18h.
Adresse  : The Independents House, 256 Beijing East Road (x Jiangxi Road)
Métro  : Ligne10 et 2 Station : Nanjing East road.
Site : www.magdagallery.com ; Contact  : info@magda-gallery.com
Tel  : +86 21 64224735

Danyzs Gallery accueille pour la 2ème fois à Shanghai, le très reconnu photographe néerlandais, Erwin Olaf, né en 1959.

Erwin Olaf aime nous raconter des histoires et on l’écoute avec nos yeux sur ses clichés, si proches de l’univers du cinéma.

Le conservateur au Hague Museum of Photography, Wim van Sinderen, écrit : « Il est l’un des protagonistes de ce style de photographie, proche de la peinture et aussi du style narratif… J’appelle toujours ça cinéma à une prise ».

Après des études de journalisme, il passe par le monde de la mode et de la publicité.
Sa renommée internationale commence avec son 1er prix au concours « Young European Photographer ». Il développe dans ses photographies, un univers bien à lui, entre fantaisie et réalité.

Erwin Olaf a été exposé à Paris, New-York, Londres, Beijing, Dubaï, Tokyo, Berlin, Séoul, H.K.

Dans sa nouvelle série « Im Wald » (« Dans la Forêt »), shootée en Bavière, il dit vouloir « créer un mystère autour des voyages ». C’est réussi, puisqu’il nous emporte très vite, dans son univers intriguant et onirique. À travers cette thématique du voyage, son questionnement profond a des chances de toucher le regardeur, puisqu’il lui parle autant de son voyage dans le temps et du cheminement de sa vie « qu’est devenu, l’enfant que j’ai été ? », que du voyage dans l’espace et des espoirs que nous y plaçons. Le constat de notre immobilité en 2020 et 2021 se fait d’autant plus pesant…

Certaines de ses photographies sont inspirées d’images ou illustrations de son enfance.

Dans une autre série « April Fool » (2020), l’artiste grimé en clown triste, erre sans but, dans des espaces privés ou publics, ne comprenant plus cette situation sanitaire et ses conséquences qui le dépassent, lui qui avait la maîtrise de sa vie ou presque…avant !

Des clichés issus de séries, pour certaines emblématiques seront aussi présentés.

La recherche des décors, tout comme la mise en scène sont longues.
Les personnages représentés, comme dans une autre dimension, nous semblent souvent inaccessibles, mais ce qu’ils disent de nous, nous en rapproche.

Au printemps 2018 lors d’une interview, il me disait l’importance qu’il porte à une lumière extrêmement sophistiquée et contrôlée qui donne une atmosphère surréaliste très reconnaissable. Dans son studio digne du cinéma, tout comme en extérieur, décorateur, accessoiriste, maquilleur, coiffeur et directeur de casting collaborent.

Un aperçu : https://danyszgallery.com/video/24-im-wald-erwin-olaf/

PEINTURE

« Synthesis » par Ugo SHIELDE

Jusqu’au 10 juillet 2021. Galerie Dumonteil, du mardi au dimanche de 11h à 19h.
Adresse : YongPing Lane, Bldg 105, 199 Hengshan Road (衡山路199号永平里105栋).
Métro  : Ligne 1, St. Hengshan road, sortie 4
Tel :+86 21 6418 6367 ; Contact : shanghai@dumonteil.com
Site : http://www.dumonteil.com/fr/

La galerie Dumonteil accueille l’artiste français Ugo Shielde de 34 ans, diplômé de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, en 2014.

Très imprégné par l’univers du Maître italien Giuseppe Penone qui l’a formé, il embrasse avec jubilation le monde naturel, sa profusion, la multiplicité de ses formes animales et végétales.

Son travail a été ou est présent dans des institutions publiques, comme la Fondation GoodPlanet et l’Espace Pierre Cardin, l’École nationale supérieure des beaux-arts, à Paris, Invisible Dog Art Center à New York, ainsi que dans des collections privées en Europe, Amérique et Asie.

Cet univers naturel se retrouve dans le choix de ses matériaux, puisque le bois est son support et des fines lamelles de bois remplaceront le trait du dessin original et viendront séparer les différents îlots de couleurs. La pâte faite de plâtre et de ciment donne un effet 3 D, au travail de l’artiste, brouillant les frontières entre peinture et sculpture. Des pigments naturels complèteront le panel des matériaux utilisés.

On pense bien sûr au lien avec l’artisanat du cloisonné de Beijing, présent en Chine depuis la dynastie des Yuan (1271-1368), le pays qui accueille ses œuvres. Même si le bois remplace ici le cuivre et l‘émail la matière pigmentée.
Il honore aussi la Chine par 2 œuvres, au sujet et à l’esthétique qui lui sont chers, comme pour « Water Lilies l » (2020).

Selon les œuvres, Ugo Shielde fait le choix de la brillance, grâce à une résine de finition, ou du mat comme pour « Tropical Dream » (2020) qui rappelle la complémentarité du Yin et du Yang, des fleurs et des fruits etc. sans oublier d’honorer profusion et générosité du monde naturel dont l’Homme bénéficie depuis toujours. Avec cette œuvre, l’univers de l’artiste et son Maître italien, osons établir un lien avec le travail d’Arcimboldo, auquel le Centre Pompidou-Metz, consacre d’ailleurs une exposition depuis le 30 mai …

"Tropical Dream"

Pour varier les expériences esthétiques, l’artiste présente 2 grandes œuvres rondes (150 cm de diamètre), tournant sur un axe, « Water Lilies II » (2020) et « The Bouquet » (2021).

« Magnolia » s’enrichie de pigments argentés pendant que « Smoky Platanes », l’arbre emblématique de Shanghai, offre sa lumière automnale et quelques pigments d’or.

Grâce au travail d’Ugo Shielde, la nature entre dans nos murs, l’artiste sans arrière-pensée revendicative, invite à une certaine forme de contemplation.

CINE-DEBAT

« Capitaine Thomas Sankara »

Mardi 8 juin 2021 à 19h. Shanghai Jing’an Campanile Hotel. Adresse : 425 Wulumuqi Bei lu.
Métro : Lignes 2 et 7, St. Jing’an temple, sortie 5.
Contact : ADFEShanghai@outlook.com
Prix : 70 RMB (membre), 90 RMB (non-membre).

Dans le cadre des rencontres mensuelles ciné-débat de l’ADFE-FDE (Français de l’Etranger) qui abordent des sujets sociétaux, environnementaux ou rappellent le rôle de personnages novateurs, emblématiques, cette soirée aura pour thème le Capitaine Thomas Sankara, dévoilant le destin unique du président du Burkina Faso, de son élection en 1983 à son assassinat en 1987.
« Révolutionnaire, féministe et écologiste, Thomas Sankara a transformé l’un des pays les plus pauvres du monde en défendant la voix des exclus jusqu’à la tribune de l’ONU, pour réclamer l’annulation de la dette africaine. Ces archives étonnantes redonnent la parole à ce leader charismatique qui a marqué les consciences bien au-delà de l’Afrique ».

Après le documentaire « Capitaine Thomas Sankara » (2015) de Christophe Cupelin, un échange suivra entre les participants, pour finir la rencontre autour d’un buffet.

RAPPELS

« Kandinsky Le Pionnier l’Art Abstrait »

Jusqu’au 5 septembre 2021. Centre Pompidou/West Bund Museum Project.
Adresse : 2600 Longteng Dadao/Longlan Lu (龙腾大道2600号, 近龙兰路), Xuhui District. Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 17h. Métro : Ligne 11, St. Yunjin road, sortie 2.
Info : www.westbund.com/en Tel : 3101 1011
Mesures sanitaires habituelles exigées à l’entrée.

Après la fin de l’exposition « The Shape of Time », sélection personnalisée d’œuvres d’artistes majeurs, du Centre Pompidou, pour le site Centre Pompidou/West Bund Museum Project à Shanghai, la nouvelle vous propose d’entrer dans l’univers du peintre français d’origine russe, Vassily Kandinsky (1866-1944).

Elle est exceptionnelle à plus d’un titre. L’artiste est tout d’abord l’un des quatre pionniers avec Kupka, Mondrian et Malevitch, de l’art abstrait, qui entrait en rupture avec la représentation de la nature établie antérieurement.

C’est aussi la 1ère rétrospective de cet artiste en Chine. Elle est d’une grande richesse, avec une centaine d’œuvres présentées (peintures, dessins, gravures) et quelques reliques ayant appartenues à Vassily Kandinsky.

Le Centre Pompidou en possède le plus grand fond, grâce aux donations et legs de sa veuve Nina Kandinsky.

Quelques bronzes antiques chinois, rappellent son intérêt pour les arts asiatiques.

Si l’artiste a initié l’art abstrait, il est aussi associé aux courants de l’expressionisme, du constructivisme, du surréalisme. Vous découvrirez sur la fin du parcours, des œuvres comme « Entassement réglé », qui rappelle ses origines russes et l’importance du symbole de l’œuf pour Pâques.

Le parcours chronologique permet de découvrir ou redécouvrir, son cheminement artistique et humain, l’importance du vécu de l’artiste dans un contexte historique et politique troublés (il prendra 3 nationalités différentes),

...ses rencontres artistiques etc.

Au-delà du religieux, la spiritualité fut très présente dans sa démarche artistique, à en écrire « Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier » (1912).
Plus loin, l’exposition offre aux regards des visiteurs, ses dernières œuvres inachevées de 1944.

La scénographie est réussie et la dimension pédagogique, bien présente.

« Bodies of Water » City Project/Biennale de Shanghai

Jusqu’au 25 juillet 2021. Villa SūnKē .
Adresse : Columbia Circle, 1262 Yan’an Xi lu, Changning qu.
Visite sur réservation par code QR (possible sur place quand créneau calme).

Dans le cadre de la 13ème Biennale de Shanghai, différents sites culturels et historiques, présentent les œuvres d’art contemporain, d’artistes chinois et internationaux, sur le thème intéressant bien qu’un peu large, il faut bien le dire, de « Bodies of Water ».

Info : www.shanghaibiennale.org

Si le principal site du PSA (Power Station of Art, 678 Miaojiang Road) exposera le travail de 64 artistes internationaux, dont 33 commandes, c’est l’occasion de visiter également, celui de la villa SūnKē (fils du fondateur de la 1ère République de Chine, Sūn Yat-sen).

Cette maison de 3 niveaux, construite en 1931, fut d’abord conçue par et pour le célèbre architecte austro-hongrois, László Ede Hudec.

Nouvellement restaurée, elle se situe dans le cadre historique de Columbia Circle. SūnKē Villa est ouverte au public, le temps de l’exposition.

Dans le bureau, à gauche de l’entrée, n’hésitez pas à prendre un petit fascicule qui vous accompagnera dans la découverte des œuvres contemporaines présentées.


Seul le RDC est accessible, tout comme la terrasse donnant sur le jardin.

Celui-ci a été repensé et a fait disparaitre par exemple, le bassin caché sous les arbres.

Entrez plutôt par l’allée sur la Panyu lu, à la limite sud du jardin de la villa SūnKē, vous découvrirez des panneaux racontant l’histoire de Columbia Circle, site dans lequel est intégré la villa.

Columbia Circle était un country club et un haut lieu de la vie sociale pour les Américains, entre 1927 et 1942, banlieue de Shanghai à l’époque.

« A World Of Reflections » par Fabiola Liacy De Felip

Jusqu’au 13 juin 2021  ! Jiaoju Culture & Communication, ouvert de 11h à 18h. Adresse : 218 Wending lu, Tower B, F3, petit escalier à droite de l’ascenseur. Xuhui district. Métro : Lignes 3,4 et 9, St. Yishan lu, sorties 2 ou 5.

Dans ce nouvel espace cosy, dédié à l’art et intégré au sein d’un club de fans de vinyles, Fabiola Liacy De Felip, nous propose de découvrir de nouveaux clichés de son travail photographique. Après le succès de son exposition sur l’ethnie Miao, présentée à la galerie ArtCN, il y a quelques mois, «  A World of Reflections  » va bien au-delà de l’esthétique des « reflets, regards, mains, ombres et lumières ».

Crédit photo Chen.

Si chacun fera naître sa propre réflexion, la photographe voit dans l’épreuve et les étapes de notre condition humaine, la nécessité « de se poser, de réfléchir, en priant pour certains, en rêvant pour d’autres », afin d’avoir accès à une autre réalité, impossible, sinon.

Crédit photo ByFab

« Prendre le temps ...se connecter aux personnes et y voir parfois le propre reflet de soi, dans un regard qui nous a touchés ».

Pour finir je souhaite de bonnes vacances ici ou ailleurs et une « installation confiante », à tous ceux qui partent. Qu’ils emportent avec eux, un peu de Chine et conservent cette intensité si particulière des amitiés expatriées.

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com

8 avril 2021

CultureS Shanghai Avril-Mai 2021

CultureS Shanghai Avril-Mai 2021

CultureS Shanghai

Avril-Mai 2021...Le 4 avril, c’était Qīngmíngjié (清明节), ou la « Fête de la Pure Lumière ». Elle est pour la Chine et sa diaspora, l’une des 4 fêtes traditionnelles les plus importantes, avec celles du Nouvel An, des bateaux-dragons et de la mi-automne. Qīngmíng est également le nom d’une des 24 périodes solaires, du calendrier traditionnel chinois…lunaire. Il y a donc 2 périodes pour chacun des 12 signes du zodiaque ! Pour ne pas vous perdre tout à fait, revenons à l’essentiel : Qīngmíngjié c’est la fête des morts et le culte des ancêtres. Quelques jours avant, les familles, surtout à la campagne, déposent les offrandes sur les tombes : alcool, nourriture et nombreuses figurines de papier représentant les objets nécessaires au quotidien du défunt dans l’au-delà, comme le zhǐ qián (纸钱) « papier monnaie ». Ils seront brûlés et pourront ainsi, monter jusqu’aux défunts dans les cieux.
La confection de ces figurines était assurée autrefois par les « colleurs de papier », corporation indispensable, décrite dans le livre « Gens de Pékin » de Lǎo Shě. Le jour j, nettoyage et restauration des tombes familiales, avant d’assurer quelques rituels nécessaires. Un repas familial suivra où l’on partagera les bouchées Qingtuan colorées du vert du àicǎo ou armoise (艾草).
Dans la ville, vous trouverez sans doute des cercles ouverts dessinés sur le trottoir, avec au centre les restes de ces offrandes brûlées. C’est le moyen pour les citadins éloignés de leur lǎojiā, d’assurer ce culte primordial de la culture chinoise.
Par respect on contourne ces cercles. Là encore, poésie et pragmatisme se mélangent harmonieusement…

Sans transition, dans un grand écart sociétal et temporel, qui n’étonne pas ses lecteurs, CultureS Shanghai vous en dit plus, sur l’évolution du marché de l’art en pleine mutation numérique et dématérialisée. Il y a quelques temps, une nouvelle sortant du monde feutré du marché de l’art vers le grand public, faisait le buzz : l’artiste américain Mike Winkelmann alias Beeple vendait via Christie’s, l’œuvre numérique « Everydays : the First 5000 days » pour 60 millions d’euros à Venkateswaran et Sundaresan. Cette transaction n’aurait pas été possible sans certaines avancées technologiques, comme la Blockchain via les jetons NFT (Non Fungible Token), protégeant l’œuvre acquise de la copie et assurant sa propriété à son seul acheteur, ces 2 éléments étant le prérequis à tout marché de l’art.
En résumé, posséder ces jetons, c’est donc justifier de la propriété d’une œuvre originale numérique.

Si le bonheur des êtres humains semble passer par le « Ici et Maintenant », celui du marché de l’art en décide autrement, puisqu’il s’émancipe des 2 !
En effet après les NFT, les OVR (On Line Viewing Rooms) vous permettront, des 4 coins du monde et au moment voulu, de ne plus vous déplacer dans une foire ou une galerie d’art et de visiter virtuellement les deux. Vous bénéficierez de la réalité virtuelle augmentée qu’offre le monde numérique : mise en scène de l’œuvre, qualité d’image haute résolution, accès au prix immédiat etc.
Ce fut le choix réussi de la FIAC, en mars 2021, à cause de la pandémie.

Ces 2 nouveaux éléments NFT et OVR, rebattent les cartes en ouvrant les œuvres à un nouveau public, celui de la génération Y, (de 21 à 40 ans) qui ne voit pas d’obstacle par principe, à acheter une œuvre physique ou numérisée, dans une galerie virtuelle. Ils permettent aussi une baisse voire une disparition des coûts physiques d’une galerie ou d’une participation à une foire.
Heureusement l’expertise des « Femmes et Hommes de l’art » n’est pas encore numérisable…

Dans un esprit d’équilibre, allons voir l’art et le génie humain dans tous ces lieux d’exposition bien réels, à Shanghai ou ailleurs…
(CultureS Shanghai dense, à lire en épisode).

MUSEE

Minhang Museum.

Du mardi au dimanche de 10h à 16h30h.
Adresse : 1538 Xinzhen Lu / Xinlong Lu, Minhang District (新镇路1538号, 近新龙路)
Métro : Ligne 10, Station Hangzhong lu (sortie 1) ou Ligne 9 st.Qibao (sortie 2).
Entrée libre. Réservation par compte officiel Wechat possible sur place (aide du personnel). Audioguide : gratuit (anglais-mandarin) pour les 3 expos permanentes. Déposit : 100RMB
Tel  : +86 21 6488-0567.

Le musée  :

Musée ouvert en 2002, il est relocalisé depuis le 26 septembre 2019, entre le Minhang Cultural Park et le Powerlong Museum, comme une volonté de fusion entre la culture urbaine et l’environnement.

Conçu comme « une spirale montante hors du sol », par Gluckman Tang Architects, il présente 15 000 m2 sur 3 niveaux, avec un jardin sur le toit.

Minhang Museum propose des ateliers en lien avec ses expositions (peinture sur poterie, tissage et fabrication d’éventails. Il présente 3 expositions permanentes et 1 exposition temporaire, bénéficiant de maquettes, vidéos, multimédias interactifs .

« Renovation of Shanghai-Architectural Heritage in Modern Times. » (F1 à gauche)
Exposition temporaire, jusqu’au 20 avril 2021.

Alors que les 3 expositions permanentes bénéficient d’explications en anglais en plus de celles de l’audioguide, on regrettera pour celle-ci de ne pas maîtriser le mandarin, mais elle reste intéressante et accessible car très visuelle.
Afin de se mettre dans l’ambiance, les enfants pourront mettre un casque de chantier bleu, dès le début du parcours de découverte du patrimoine architectural shanghaïen, aux influences asiatique et occidentale (via les anciennes concessions). De grands panneaux pour chacun des bâtiments emblématiques et historiques, se succèdent.
Les réalisations du magnat de l’immobilier Victor Sassoon : Sassoon House (en forme de « V » de Victor visible depuis son avion), Cathay Mansions, Embankment building, le « S » de Sassoon qui manquait, pour cette réalisation de 1932).

La Villa Moller (1936), petit château de conte de fée de la Shaanxi nan lu, conçu pour la fille de l’armateur suédois éponyme, passionné de courses hippiques.

Le Shanghai Water Works (1884), construit dans l’ancienne concession américaine et toujours visible de la promenade sur la rive du Huangpu dans le district de Yangpu.

Le Shanghai Club (1910), aujourd’hui l’hôtel Waldorf Astoria qui détenait le plus long bar du monde et avait parmi ses membres, le sulfureux parrain de la Bande Verte, Du Yuesheng, self-made-man et fierté pour certains anciens Shanghaiens.

Le Palace Hotel (1908), Swatch Residence aujourd’hui, sur le Bund. Il accueillit l’un des créateurs et modèles du journalisme d’investigation, Albert Londres, pour ses dernières nuits terrestres…etc.

On rappelle ensuite quelques grands noms de l’architecture, ceux qui ont donné son visage historique et glorieux, à la ville de Shanghai : Laslo Ede Hudec (1893-1958), Dayu Doon (1899-1973), « The Allied Architects »…

Dans une 2ème partie «  Renovation Technique », vous découvrirez les efforts faits par les responsables du Patrimoine pour le préserver, en respectant au mieux (ce qui n’a pas toujours été le cas), les techniques et les matériaux du passé.

Vidéos, maquettes, objets restaurés montrent les moyens humains (artisans, organismes de protection) et financiers mis en œuvre.
Des échantillons de rampe d’escalier, toiture, porte, plafond à caisson rendent cette réhabilitation plus palpable.

Par un procédé d’images changeantes, vous découvrirez certains bâtiments avant et après restauration, ainsi que des exemples de restauration du patrimoine jésuite à Shanghai, avec la cathédrale St Ignace ou la basilique SheShan, à Songjiang.

Musical Instrument Culture (F1 à droite) :
Exposition permanente. Explications en anglais-mandarin + Audio guide.

Des petites figurines de musiciennes, des dynasties Han, Sui et Song vous accueillent. Retrouvées dans les sites funéraires, elles assuraient le divertissement du défunt dans l’au-delà. Cette exposition présente un aperçu de la riche diversité des instruments de musique en Chine depuis 8000 ans.
Ils sont le signe tangible à travers les âges, des avancées techniques et artistiques de chaque dynastie. Ils indiquent aussi la fonction sociétale accordée à la musique (rites funéraires, divertissements).

Sous les premières dynasties Xia, Shang et Zhou, les robustes percussions de pierre et de bronze (cloches et carillons) ou de peau tendue sur de grands cylindres de bois, rythmaient les rituels de la Cour. Auprès d’eux, les bien plus légers instruments à vent, prendront leur place, donnant à la musique une dimension plus aérienne.

Depuis les flûtes et sifflets en os du Néolithique, le Húlu sī (葫芦丝) est aujourd’hui un des plus emblématiques de cette famille d’instruments. Il est formé d’une calebasse et de 3 tubes de bambou, instrument très apprécié des jeunes élèves chinois. L’auteure-compositrice-interprète française (musique des films La Marche de l’Empereur, Délicatesse etc.) Emilie Simon, montra lors d’un concert à Shanghai, son respect pour cet héritage musical, en utilisant les sonorités uniques de cet instrument, en mars 2015. Elle me confia dans sa loge en avoir appris les rudiments en 3 jours. Accompagnée de son contrôleur d’effets sur le bras, dans son univers très électronique, le Húlu sī a pourtant trouvé sa place.
Les époques se rencontraient, le public appréciait :

https://www.youtube.com/watch?v=RdE_2Ri5KJ8

Vous découvrirez aussi la multitude de flûtes, dont la délicate traversière de bambou, Dízi
(笛子), prisée pendant la prestigieuse dynastie Tang.

Plus loin viendront les instruments à cordes pincées représentés par le Gǔqín (古琴), appelé « 8 cordes ». Il accompagne les mélodies classiques dont le titre est déjà un voyage, « Les oies sauvages sur le banc de sable », « Orchidées »…

La courte dynastie Sui, puis celle des Tang bénéficieront des échanges culturels de la Route de la Soie, avec les instruments à cordes Pipa, Qin et Zheng qui évolueront jusqu’à la dernière dynastie Qīng. Une animation nous les fait découvrir.

Les Húqín (胡琴) eux, accompagnaient opéras chinois ou conteurs et peut-être aviez-vous entendu lors du concert en août 2020, du groupe de rock-folk HangGai, le son émouvant du Mǎwěi, sorte de vielle à tête de cheval, venue de Mongolie.
Plus simple et populaire, vous reconnaitrez facilement le Èrhú (二胡), « 2 cordes », celui entendu dans les campagnes et les quartiers encore populaires, des villes de Chine.

Quelques musiciens reconnus et des techniques de fabrication complèteront cette exposition qui a le mérite de présenter des pièces originales et anciennes d’exception et la diversité ethnique de la Chine, au travers de sa musique.

Maqiao Culture (F2 au fond)

Elle est l’une des 3 cultures anciennes de la province de Shanghai. Si Guangfulin fut celle du district de Songjiang, Songze s’établit dans celui de Qingpu et la culture Maqiao dans celui de Minhang, site du musée.
Les reliques Maqiao sont retrouvées sur un banc de sable appelé « Zhugang ». Ces ancêtres ont tiré leur subsistance de leur environnement naturel (pêche, chasse et cueillette d’aliments sauvages), de l’agriculture et de l’élevage.

Ils ont fait face à des défis environnementaux (typhons et tempêtes de pluie) et ces premiers « Shanghaiens » coexistaient en harmonie avec la nature.

Les bancs de sable et les reliques retrouvés témoignent des changements du littoral. Sur le site de Yutang (150 000 m2), la culture Maqiao datant de 3200 à 3900 ans est celle du bronze primitif du delta du Yangtze. Les 90 reliques sont étudiées et protégées.

On peut ainsi imaginer leur cadre de vie.
Ils ont construit des abris sur pilotis et de forme carrée sur des bancs de sable, en utilisant planches de bois, troncs et branches d’arbres, bambous, roseaux, chaumes et autres matériaux disponibles.

Les reliques recensées ont permis d’identifier 19 espèces d’animaux dont 17 vertébrés (requin, bar, poisson inconnu, tortue à carapace molle, poulet, dauphin, chien, chien viverrin, blaireau à nez de porc, tigre, rhinocéros, porc domestique, sanglier, cerf sika, élan, petit cerf et buffle) et 2 invertébrés (huitre et palourde). Difficile de croire à cet environnement passé, de la capitale économique !

Les cerfs représentaient 70% des animaux terrestres. Vous découvrirez quelques fossiles d’animaux marins.

Afin de mieux maîtriser les apports de viande nécessaires, les ancêtres Maqiao ont organisé un élevage d’animaux devenus domestiques (sangliers, chiens, vaches).

La création et le développement d’outils leur ont permis la chasse, l’utilisation des peaux, les forages (feu, stockage, accès à l’eau).
Les techniques de bandes d’argile et de tour étaient déjà utilisées pour la fabrication d’ustensiles de cuisine et de stockage.
La pierre était façonnée puis polie, afin de créer des outils agraires notamment.

Vous reconnaitrez, un pot à eau en forme de canard, fabriqué avec les techniques du moulage et du tour.
Bien sûr la création artistique était présente et se retrouve sur les ustensiles de cuisine, où est représenté leur environnement, de manière stylisée.
La maîtrise du feu et des techniques de poterie installeront la venue de la protoporcelaine, dont une pièce est visible dans l’une des vitrines.
Quelques bronzes sont présents, sous forme d’outils et d’armes.

La culture Maqiao montre une coexistence harmonieuse de l’humanité et de la nature.

700-YEAR-OLD SHANGHAI COUNTY (F2)

Continuons ce voyage dans le temps. Cette exposition nous raconte un peu des 700 ans de Shanghai, d’abord celle de son territoire plutôt que de sa réalité administrative de ville, qui viendra plus tard.

Appelée Shangyang ou Haishang pour sa proximité maritime, elle fut le petit «  village de Huating » puis « préfecture de Huating/ Songjiang », bénéficiant de ressources abondantes (maritimes et terres fertiles).
Le lieu devient une étape du transport maritime et s’installe comme « Shànghǎi », sous la dynastie des Song du Nord (960-1127), afin de récolter les taxes sur les alcools, c’est le « Shanghai Revenue Bureau ».

Les frontières de la Chine se modifient et les Song du Sud (1127-1279) installent leur capitale à Lín’ān (Hangzhou), Shanghai va profiter de sa proximité et aussi de celle de Suzhou. . Elle devient ainsi un lieu stratégique d’échanges économiques.
Prospérité et augmentation de la population en sont les manifestations.

Sous les Yuan (1271-1368), la dynastie Mongole émancipe Shanghai de la préfecture de Songjiang qui pourra vivre ainsi son propre destin.
La géniale HUANG Daopo, vendue à 12 ans comme « enfant-mariée », y fera naître les prémices de l’industrie textile, en plantant le coton, concevant des machines textiles, formant et diffusant ses savoirs.
Elle deviendra une héroïne des avancées techniques de la Chine.

Sous les Ming (1368-1644), de grands travaux sont effectués sur les rivières, afin d’éviter les graves inondations subies précédemment, au sud du fleuve Yangtsé. Voyez la reconstitution d’une écluse, en rondins de bois.

Ces travaux vont donner une nouvelle importance à la rivière Wusong (aujourd’hui rivière Suzhou), au Huangpu et donc à Shanghai… le bourg !

Coton, riz, poisson, sel et soie sont les principales marchandises produites ou transportées. L’essor de la filière textile continue et vous découvrirez la couette retrouvée dans une tombe Ming, faite de calicot bleu, connu sous le nom de tissu Yaoban, imprimé à rayures de Songjiang, l’un des 4 plus connus sous les Ming.

Mais c’est aussi une période troublée pour Shanghai, qui subit la politique de repliement de la Chine sur elle-même, avec l’arrêt des échanges internationaux décidé par l’empereur fondateur Ming Taizu (1328–1398) et les attaques successives des pirates japonais : 5 fois en 1553, c’en est trop ! L’empereur accorde une fortification à Shanghai.

Sous les Ming et les Qing, Shanghai est le port de transbordement des marchandises (plutôt textiles : coton et soie) fabriquées jusqu’à Suzhou, pour les conduire vers le nord de la Chine et en reçoit les céréales, le soja et ses nombreux dérivés. Le transport de la fameuse porcelaine venue de Jǐngdézhèn est aussi dans les cales des navires.

Voyez la scène des navires anti-sable (rectangulaire, peu profond, à fond plat, proue carrée, ayant de 3 à 5 mâts) et le dur labeur des coolies sur les quais de déchargement. Cette industrie de construction des navires anti-sable, devient un des atouts de cette prospérité. Sa vitesse de frêt des marchandises étant plus rapide que celle du fret fluvial, pour les liaisons nord-sud de la Chine.

Promenade dans une rue commerçante reconstituée du quartier de Xiaodongmen, avec ses échoppes de tissus, médecines traditionnelles chinoises, vin, vaisselle. Elle était appelée rue du commerce extérieur, car les marchands venus des provinces du Fujian et du Guangdong, y vendaient grâce à leurs réseaux extérieurs, des articles étrangers.

Mais Shanghai va vivre après les guerres de l’opium et la signature du traité de Nanjing (1842) avec les Britanniques, et ceux qui suivront, son plus grand bouleversement à la fois culturel, idéologique, économique.
Les concessions étrangères apportent de nouvelles avancées scientifiques, technologiques, une nouvelle esthétique (ex : architecture) et idéologie, avec les Jésuites notamment.

Ces échanges des cultures chinoises et occidentales donnent à Shanghai un statut particulier et ces bouleversements feront d’elle, la capitale économique de la Chine, faisant presque oublier la suprématie administrative et économique de Songjiang et Suzhou, dans le passé.

Remarquez quelques objets précieux, dont l’encensoir d’argent finement ciselé, datant de la 1ère République de Chine (1912-1949).

Asseyez-vous peut-être, pour regarder les images et les films d’un Shanghai que nous ne connaitrons pas.
Au-delà des multiples métamorphoses de la ville, on prend conscience du patrimoine considérable déjà disparu…et de la nécessité de préserver aujourd’hui, ce qui doit l’être.

D’autres découvertes suivront…

Vaisselle, vêtements, « nécessaire de beauté », hologramme, maquettes, reconstitutions grandeur nature, vidéos nous aident à mieux comprendre les évolutions, de Huating à Shanghai.
Votre parcours sera accompagné de panneaux d’explication en anglais et d’informations plus précises sur certains objets via l’audioguide.
Les commentaires demanderaient à être moins descriptifs qu’explicatifs.

Une balade vous attend dans le Minhang Cultural Park à la sortie ou celle de la vieille ville de Qibao, bien qu’elle ait perdu beaucoup de son authenticité.
Il faudra revenir pour la prochaine exposition du Powerlong Museum tout près, ou du Long Haipai Art Museum (gratuit).

Institution d’Art Contemporain : TANK Shanghai

Crédit photo Shanghai TANK

TANK Shanghai,
Du mardi au vendredi : 12h-18h, weekend : 10h-18h (dernière entrée 17h30).
Adresse : 2380, Longteng Dadao/Longyao lu, Xuhui District
(龙腾大道2380号, 近龙耀路)
Métro : Ligne 11, Station Yunjinglu.
Tel  : +86 21 6950 0005. Possibilité de tour guidé. Info : info@tanksh.cn
Site web : http://www.tankshanghai.com/en/

TANK Shanghai  :

Ouvert en mars 2019, il est l’idée originale du collectionneur chinois Qiao Zhibing. Sur un site industriel, le long du Huangpu (West Bund), 5 réservoirs de carburant sont réhabilités en centre d’art contemporain, galeries et autres espaces publics, grâce au travail du cabinet de Beijing, Open Architecture. Ce dernier divise d’abord les réservoirs par diamètre (24 ou 28 m de large), puis par fonction, afin d’offrir un espace de 60000 m2.
Ces grands cylindres blancs stockaient le carburant des avions de l’aéroport de Longhua, tout près. Construit en 1917, il fut le 1er aéroport international de Chine.

La réhabilitation du site est l’une des rares, faite sur le site de réservoirs de carburant. TANK Shanghai est une institution à but non lucratif, qui trouve sa place sur la scène artistique contemporaine de la ville. Elle propose expositions, activités publiques et divertissements autour des thèmes de l’art, l’architecture, la ville et la nature.

Qiao Zhibing :
Collectionneur d’art qui investit dans l’art contemporain depuis 2006.
Sa collection comprend les œuvres d’artistes chinois comme internationaux. Fondateur de TANK Shanghai, il est aussi mentor du 3ème cycle, de la CAFA de Beijing. Il est considéré par ART News, comme l’un des « 200 meilleurs collectionneurs d’art mondiaux », depuis 2013.

« Aesthetics » : Collection privée de Qiao Zhibing
Jusqu’au 11 octobre. Entrée : 50 RMB. Tank n°4

C’est la 1ère fois que le collectionneur présente une partie de sa collection qui sera dévoilée chaque année, sur des thèmes différents : « Aesthetics » (2021), « Emotion » (2022), « Inspiration » (2023).
Il me dit souhaiter « cette exposition comme une conversation  ». Elle présente dans un parfait équilibre, 12 artistes, 6 chinois et 6 internationaux.

L’exposition reflétera comment l’art peut établir « un pont subtil entre les époques et les régions, en influençant les individus, amenant ainsi le public à observer et à apprécier l’art contemporain d’une manière plus juste ».
Pour Qiao Zhibing, collectionner est une « intuition personnelle », ce n’est pas un compromis.
Les œuvres exposées comprendront peintures, installations, vidéos et autres supports.
Qiao Zhibing a commencé à collectionner les œuvres de ces artistes de renommée internationale pour certains, dès leurs débuts.

Un lien particulier existe entre les artistes et leur collectionneur. Chaque collection reflétant une époque, des expériences de vie, des souvenirs, des sensibilités partagées.

L’exposition sur 2 niveaux, présente les œuvres des artistes Thomas Houseago, He Xiangyu, Martin Creed, Theaster Gates, Hu Xiaoyuan, Liu Jianhua, Liu Wei et le Colombien Oscar Murillo.

« Bad Neon  » par Theaster Gates
Jusqu’au 29 août 2021. Tank n°3. 100 RMB

Theaster Gates : cet artiste américain de 47 ans, vit et travaille à Chicago où il enseigne à l’Université (Département d’arts visuels) et gère certains projets artistiques du Colby College Museum of Art. Il fut l’artiste en résidence au Getty Research Institut.

Theaster Gates et Qiao Zhibing lors de la construction de Shanghai TANK
Crédit photo Shanghai TANK

D’origine modeste il étudie les arts, la céramique et l’urbanisme. On retrouve dans ses installations et performances, une dimension sociale forte. Comme une concrétisation de ses apprentissages il réhabilite dès 2009, des espaces abandonnés en lieu de culture. Il milite pour l’égalité de traitement entre les cultures et notamment dans le monde des arts, qui semble avoir oublié depuis les années 60-70, les artistes noirs, par exemple.

Theaster Gates a exposé ou performé en France (Palais de Tokyo), Allemagne (Sprengel Museum), Suisse (Kunstmuseum Basel), Italie (Fondation Prada), au Canada et aux USA (National Gallery of Art Washington D.C) etc. Il a reçu la Légion d’Honneur en 2017 et le 26e Crystal Award, en 2020 à Davos, pour son leadership dans les communautés durables, comme leader culturel facilitant activement le changement.

« Bad Neon » :

Il y a 4 ans, l’artiste visite TANK Shanghai encore en construction et pense à une installation originale, qui permettrait un lieu de rencontre et d’échanges, la visibilité d’œuvres d’art contemporain, l’écoute de musique, l’esprit de divertissement.

Crédit photo Shanghai TANK
Il propose donc une expérience différente. Ainsi sur une piste circulaire du Tank n°3, les visiteurs pourront patiner sur des roulettes, écouter de la musique des années 80, voir des œuvres sur les parois du tank faites de néon et de leds ou de miroir à facettes (« Houseberg » or ou argent) au centre de la piste. Des films d’époque, rendant hommage à la musique house et aux clubs des années 1980 à Chicago, sont diffusés sur des écrans.

Le jour du vernissage, les visiteurs plutôt de la génération Y, nés à l’époque de la musique qu’ils écoutaient, glissaient sur la piste avec enthousiasme. La maîtresse des lieux était une jeune Dj shanghaienne, vêtue de rouge façon années 80. L’énergie voulue par Theaster Gates était là.

(Détail des œuvres exposées, sur prospectus à l’entrée de la piste, comme « Mama’s Milk »).

EXPOSITION MINIATURE

400 ans d’histoire de Shanghai en miniature.

Ouvert tous les jours de 9h à 21h. Tianyu Mansion
Adresse  : 125, Jiuxiaochang Lu / Fangbang zhong Lu, Huangpu District. B1 (repérez plutôt Tianyu sur photo)
Métro : Ligne 10, Station Yuyuan (sortie 1).
Entrée : 120 RMB (1 personne) 180 RMB (2 personnes). Enfant (68 RMB et -1,1m gratuit).
Entrée toutes les 20’

Tianyu Mansion :

Tianyu Mansion intérieur Yuyuan

Bâtiment emblématique du quartier autour du jardin Yu, il est avec ses 6 niveaux, le plus haut de styles Ming et Qing de Shanghai…mais fut construit en 1994 ! Restauré dernièrement, il a ouvert ses portes en automne 2020.
Il fut construit sur un ancien terrain de forage militaire sous la dynastie Ming et accueille maintenant des boutiques de marques locales emblématiques comme White Rabbit (confiserie et dérivés), Feyue et Warrior (chaussures) ou marque chinoise de soins de peau assez ancienne, devenue très en vogue, « Pechoin », ainsi que des boutiques à thème.

Vous y rencontrerez peut-être, la nouvelle génération habillée en Hanfu (vêtements traditionnels chinois) ou style années 30.
Ces nombreux centres commerciaux de Yuyuan sont la modernisation des foires qui entouraient le temple du Dieu de la ville de Shanghai (上海城隍庙), sur la Fangbang Zhong lu.

L’exposition :

Elle présente le long d’un parcours, près de 400 ans d’histoire de Shanghai, au travers de multiples scènes miniatures, de moments ou de lieux choisis de Shanghai, depuis la création du jardin Yu en 1559 jusqu’à 1937.
Première du genre, elle intègre des modèles miniatures, des machines dynamiques, certains objets d’époque et des arts multimédias. Elle est organisée par Yumeng Culture and Innovation. Les 500 bâtiments miniatures, 10000 personnages et 70 installations artistiques interactives ont nécessité le travail de 50 maîtres artisans, pendant 2 ans. Si les informations sont en mandarin, les titres sont aussi en anglais et cette exposition surtout visuelle est suffisamment accessible, compréhensible et les lieux, reconnaissables.
L’interaction voulue la rend ludique et attractive, pour les plus jeunes comme pour les adultes. C’est sûr vous vous prendrez au jeu.
Un conseil ? Appuyez sur tous les boutons et des surprises, des éléments de compréhension, comme des situations drôles, vous seront dévoilés.

5 espaces se succèdent :

Yu Yuan  : Vous découvrirez la densité et la richesse de ce site (l’un des 5 plus beaux jardins classiques en Chine) reconstitué d’après un tableau de la période de l’empereur Qianlong (1736-1796). Plus de 3 000 personnages représentés. Un peu perdus par les changements du Yu yuan, vous aurez 3 points de repère toujours actuels : La fameuse maison de thé Húxīntíng (湖心亭), l’entrée de la propriété du jardin Yu et le temple du Dieu de la Ville de Shanghai, de la Fangbang lu.

Route de transport maritime : Dans cette 2ème salle, un décor maritime faits des différentes embarcations chinoises et étrangères de l’embouchure du fleuve Yangtze.
Plus loin une maquette rappelle l’attaque de la porte nord de la forteresse de Shanghai, pour libérer la ville aux mains des insurgés « Les Petits Couteaux » (issus de la mouvance Taiping), le 6 janvier 1855.
La marine Française et l’Amiral Laguerre (ça ne s’invente pas), conduisent cette opération qui doit venir en aide au pouvoir Qing, mis à mal.

Jeux de foire : Dans une ambiance Belle Epoque, ces machines de divertissement revisitées, nous font partager l’ambiance d’une époque, aux travers de ses objets. Dans l’une d’elles, des valises au contenu bien différent est scanné, dans une autre, un hologramme fait apparaitre une photo ancienne dans une cuve d’un laboratoire photo. Approchez-vous des écrans. Au mur, des portraits prennent vie, par la magie du numérique.

Salle principale : vous entrez au cœur de la ville de Shanghai avec une succession de bâtiments emblématiques (Maison Moller, le Normandie, dont vous découvrirez les instants de vie des habitants en appuyant sur le bouton, quartier de Shikumen) de lieux d’activité industrielle (centrale électrique, entreprise d’eau potable Aquarius (1892)…,

de vie sociale (restaurant chez Louis, Cathédrale St Ignace : montez sur le marchepied puis bouton magique pour assister au mariage en cours, rues commerçantes)

ou de divertissements (cinéma Cathay : bouton, film des années 30 et surprise

ou l’ancien Canidrome (Yiyuan Dog) de la Fuxing zhong lu : mettez une pièce, cela déclenche une course de chiens et si vous gagnez, une boite remonte, à échanger à l’entrée contre un petit cadeau).

Les visiteurs pourront même aider à éteindre un incendie à la caserne des pompiers de Nanshi (vieille ville).

Vous assisterez aussi aux travaux de comblement de la rivière YangKingPang (1914-15) qui deviendra la Yan’an lu (1950) et qui séparait l’ancienne Concession Française, de la Britannique.

Les spécialités culinaires ne sont pas oubliées, comme les petits pains à la vapeur de Nanxiang, le sang de canard et la soupe aux vermicelles.
Certains événements historiques de Shanghai non plus, comme lorsque le maire Wu Ruifang organisa un banquet, dans le jardin pour le petit-fils d’un roi allemand, à la fin de la dynastie Qing.
Ces lieux sont restaurés sur la base de leur conception originale et historique, selon l’organisateur de l’exposition.

Le train : Dans cette dernière salle, montez dans le train où des films réalisés à Shanghai, dans les années 20 et 30, sont projetés sur les fenêtres intérieures. Vous reconnaitrez peut-être l’acteur Cheng Yi, le personnage incontournable de San Mao ou l’actrice Ruan Lingyu, dont la tragédie de ses films a rejoint la vie privée.

Cet événement culturel et ludique est bien sûr adapté aux familles.
Il permet d’appréhender plus simplement, des événements historiques, une vie sociale, une architecture, une activité économique de l’histoire de Shanghai.

Tianyu Mansion côté Jiuxiaochang Lu

MUSIQUE ET CHANT

Anne EVENOU en concert.

Artiste appréciée des communautés francophone et anglophone de Shanghai, Anne Evenou a le parcours d’une passionnée de musique, de chant et de Chine.

L’artiste  :

Chanteuse de jazz et sinologue, elle découvre seule la Chine en 1996 pendant 2 mois, avant de s’installer à Shanghai en 1998, invitée par le Conservatoire de Musique. Elle a débuté sa carrière musicale à Paris dans l’univers de la musique classique, travaillant avec de grands artistes comme Michel Podolak, Michael Lonsdale et interprétant du chant baroque, de la musique période romantique et des œuvres contemporaines.
Elle partage sa passion artistique entre la Chine, la France et les États-Unis sur des scènes prestigieuses telles que le Shanghai Concert Hall, Shanghai Culture Square, le Shanghai Symphony Hall, le BB King Club à NYC, le Sunset Sunside Jazz Club à Paris.
En concert, elle nous ouvre les horizons, en chantant en 6 langues (chinois, français, anglais, italien, espagnol, portugais du Brésil).

Son répertoire est vaste et s’étend du jazz des grands standards américains, aux grands artistes de la chanson française.
Elle réarrange parfois des morceaux chinois, empruntant aux rythmiques des musiques noires-américaines et latines.

Elle collabore également avec des artistes de musique pop, électronique, de musique chinoise traditionnelle, celtique, ou d’Europe de l’Est, interprétant leurs chants traditionnels et folkloriques.

Un souvenir fort de sa vie professionnelle ?

Celui d’avoir chanté au B.B. King Club à Times Square, le 31 Décembre 2006, afin de « remplacer » aux côtés de Chaka Khan, père de la Soul, le grand James Brown, décédé quelques jours auparavant.

Anne Evenou a repris sa carrière solo depuis 2009 et est l’invitée exceptionnelle du légendaire Jazz at Lincoln Center dans sa version shanghaienne, afin de célébrer la Journée Internationale du Jazz, le 30 avril 2021, ainsi qu’une série de 4 autres concerts le 2, 3, 4 et 5 mai 2021.
Elle invitera chaque soir des musiciens différents et sera accompagnée d’artistes chinois, français, canadiens, israéliens, américains, avec lesquels elle nourrit une amitié musicale depuis des années.
Elle a enregistré son premier album Jazz à NYC dont sa sortie mondiale est prévue en 2021.

Les concerts (Avril et mai 2021) :

• Au Heyday (50 Taian lu/Xingguo lu), le samedi 24 avril 2021 à 21h45 (voir affiche).

• Au Jazz at Lincoln Center Shanghai, 5 soirées : Billets mis en vente entre le 12 et 15 avril sur Wechat, compte officiel Jazz at Lincoln Center (JALC : 林肯爵士乐上海中心).

Vendredi 30 Avril 2021 : 1er concert (19h30 à 21h), 2ème concert (21h30 à 23h).
Dimanche 2 mai 2021 :1er concert (19h30 à 21h), 2ème concert (21h30 à 23h).
Lundi 3 mai 2021 : 1er concert (19h30 à 21h), 2ème concert (21h30 à 23h).
Mardi 4 mai 2021 : 1er concert (19h30 à 21h), 2ème concert (21h30 à 23h).
Mercredi 5 mai 2021 : (19h30 à 21h).
Contact :

Si les artistes sont soutenus en France (même insuffisamment), que dire des artistes français, qui portent la culture aux quatre coins du monde…Ils ont juste besoin de nous !

GALERIE D’ART

« Botanical Transmutations » LIU ZhenChen et Quentin DEROUET.

Jusqu’au 23 mai 2021. ArtCNGallery, du mardi au dimanche 11h à 19h
Adresse : 876, Jiangsu Road près de Huashan Road (上海市江苏路876号,近华山路) Métro : Lignes 10/11 (st. JiaotongUniversity). Tel : +86 21 6167 3917.
Contact : contact@annececilenoique-art.com Wechat : ArtCN-shanghai Pour + d’infos : www.annececilenoique-art.com

Dans cette nouvelle exposition, la galeriste Anne-Cécile Noïque nous propose un dialogue entre 2 alchimistes du végétal, Liu ZhenChen et Quentin Derouet. Issus de cultures différentes, ils ont pourtant une vision complémentaire de la synergie entre l’Humain et le monde végétal et de ce que ce dernier nous enseigne sur nous-mêmes…

Deux visions…
Liu ZhenChen : Nous connaissons l’importance de la Médecine Traditionnelle dans la culture chinoise et pour l’artiste, art, plantes médicinales et minéraux sont médecines. La volonté de les rassembler fait naître une synergie particulière.
L’exemple est donné du caractère chinois 藥 « Yào », signifiant médicament, formé du radical « plante » et du son qui peut prendre le sens de « qui rend heureux », en éliminant maladie et souffrance. Ces racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits, graines et minéraux deviennent alors naturellement pour l’artiste, de réels outils, dans l’élaboration d’une œuvre. Chacun d’eux laissant son empreinte mécanique ou formelle sur le papier de coton. Celle-ci devient « un intervalle de temps et d’espace », une respiration au milieu de la couleur.

D’abord vidéaste et artiste d’installation, c’est le contexte de pandémie et la maladie d’un proche qui inspirent ce nouveau média pour lui (peinture à huile sur papier coton) et son sujet, la nature et l’art comme thérapie. Il ira récolter ce qui lui est nécessaire, dans une plantation de MTC de Pudong et en fera même une exposition, dans une clinique privée de Shanghai.
Certaines de ses œuvres, toutes produites en 2020, furent exposées également au Pearl Art Museum, la même année.

Liu ZhenChen est né à Shanghai en 1976. Il vit et travaille actuellement entre Paris, Shanghai et Hambourg. Il est diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Shanghai, de l’École Nationale Supérieure de la Villa Arson et d’un 3e cycle en 2007 du Studio National des Arts Contemporains Le Fresnoy à Tourcoing (meilleure formation française pour les arts vidéo et numérique).

Il a exposé au Grand et Petit Palais, Palais de Tokyo, Nuit Blanche, Centre Pompidou à Paris, Museo Reina Sofia à Madrid, Kunst Museum à Bonn, Musée d’Histoire Naturelle à New York etc. Il a produit également des courts métrages présélectionnés lors d’événements cinématographiques internationaux à Lugano Amsterdam, Sao Paulo…Il a été récompensé une trentaine de fois (festivals et plates-formes artistiques).
Certaines de ses œuvres sont dans les collections du Musée National d’Art Moderne du Centre Pompidou et à la Maison Européenne de la Photographie à Paris.

Sa rencontre avec la galeriste Anne-Cécile Noïque, se fait fin 2020, par l’active scénographe et commissaire d’exposition française Margo Renisio.

La série « Panacea » (« qui guérit tout »), offre à l’artiste un statut d’alchimiste qui expérimente tout, formules comme matérières et offre son travail, comme une médecine au regardeur et à ses maux…

Quentin Derouet, utilise aussi le végétal comme outil mais en limite son choix à la rose rouge, pour sa puissante symbolique. Elle mêle en effet le sublime et le danger, les symboles de larésistance et du fascisme, la source d’inspiration éternelle des grands poètes et une fragilité physique dans le temps.

Dans sa technique d’élaboration, il écrase une rose sur la toile à de multiples reprises (voir vidéo dans la galerie), il y a tout à la fois la recherche de la couleur parfaite, celle plus profonde du sublime et le retour à un geste brut, primal des premiers artistes de peintures rupestres. L’artiste est aussi un alchimiste qui expérimente, en tirant de la rose rouge, sa couleur naturelle ou celles obtenues après altération par le feu (noir) ou l’oxydation (marron).

Il passera 2 mois en 2017, dans une grande plantation de roses du Yunnan, où il travaillera sur le sol, près d’une rivière et au milieu des roses.

Quentin Derouet né en 1988, est diplômé, de l’École Nationale Supérieure de la Villa Arson, avec « Grande distinction ». Il a reçu le prix de la Ville de Nice en 2012. Il collabore en 2014, avec un des grands producteurs de roses de la société Meilland, à Salon-de-Provence, afin d’élaborer une nouvelle variété de rose, avec la plus belle trace de couleur laissée. Il vit et travaille entre Paris et le sud de la France.

Il a exposé à Paris, Nice, Turin, Shanghai (galeries), au Musée d’Art Moderne de Saint Étienne, à la FIAC Hors les Murs, au Carreau du Temple à Paris, au Kunst Merano Arte, à Beyrouth Art Fair etc.

Ici, le végétal au travers de la rose rouge, n’est pas une médecine pour l’artiste, mais il est source de réflexion, concentrant à la fois Eros et Thanatos.
La rose, symbole de l’amour (parfois l’Amour sacré dans l’iconographie picturale) et le rouge, celui de la séduction s’exposant avec exubérance, capte tout regard accessible…mais bientôt le temps et l’oxydation feront leur œuvre, altérant son éclat à jamais, nous rappelant comme une vanité de la peinture classique, que l’accès au sublime ne peut se faire dans la matérialité…

Post-Scriptum...

Ce CultureS Shanghai était déjà en ligne lorsque le vernissage de la galerie Art+ Shanghai a eu lieu. La réactualisation possible et des raisons de venir découvrir cette nouvelle exposition, justifient cet ajout.

Duo Solo « Immersion in Lights & Curtain Time » Bao Lei & Jiang Yifan.

Jusqu’au 23 mai 2021. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche, de 10h à 19h.
Adresse : 191, Nan Suzhou lu/Sichuan lu, Huangpu District.
Métro : Lignes 10 et 12, St. Tiantong road.
Tel : +86 21 6333 7223 ; Contact  : contact@artplusshanghai.com
Site : www.artplusshanghai.com
(Crédit photos 2, 3 et 6 : Art+ Shanghai Gallery)

Pour cette nouvelle exposition, Art+ Shanghai Gallery innove par plusieurs aspects avec ce « Duo Solo ».

Mais pourquoi cette formulation ?
Après le group show et le solo show, le Duo Solo est un entre-deux. En effet s’il existe un fil conducteur entre les artistes ou les œuvres d’une exposition collective, la galerie présente ici quelques œuvres de 2 artistes chinoises, aux univers et techniques différents, mais qui fonctionnent bien ensemble.

De plus, pour marquer la frontière, 2 ambiances et 2 types d’encadrement se côtoient. Pour Bao Lei, les œuvres enchâssées sous verre ou montées sur aluminium, de manière contemporaine, se retrouvent dans une ambiance gris-bleuté.
Pour Jiang Yifan, l’encadrement massif de bois rappelle les racines auxquelles elle se réfère, dans une ambiance plutôt rouge Ponceau.

« Immersion in Lights » par Bao Lei :

Peut-être aurez-vous l’impression dès votre arrivée (surtout de nuit), d’avoir des œuvres rétro-éclairées, sur le mur gauche, par l’effet lumineux et coloré du travail de l’artiste. Elle choisit l’aquarelle, média quelquefois boudé bien injustement par les collectionneurs, qui s’ajuste ici parfaitement, à l’impossibilité de traduire dans son intégrité, les temps de la mémoire. Tout comme les pigments qui se diluent sur la toile, les événements, les personnages qui habitent notre mémoire, s’estompent inexorablement, laissant la place à l’inconsistant, comme à l’indéfinissable. Malgré tout, de son pinceau l’artiste fixe quelques scènes, qu’elle mélange parfois, dans un ultime défi au temps, mais aussi aux réseaux sociaux chronophages, permettant beaucoup moins ces retours vers nos souvenirs…

Bao Lei  : elle est née en 1979 à Guangyuan (province du Sichuan). Après 7 ans d’études, elle obtient une « maîtrise » au Sichuan Fine Art Institute (SFAI), où elle va enseigner, puis obtenir la responsabilité du département d’aquarelle. Elle vit et travaille à Chongqing. Depuis 20 ans, elle a exposé dans sa ville, à Beijing (National Art Museum of China), Hambourg, Düsseldorf, au Canada…

Dans le quadriptyque « Getting Warm », retrouverez-vous l’artiste laqueur français, Wensen Qi, (voir CultureS Shanghai Août 2020) et ami de Bao Lei ?

« Curtain Time » par Jiang Yifan :
C’est une esthétique qui semble bien moins contemporaine au premier abord et une véritable filiation avec celle de la Chine ancienne, que nous propose l’artiste de 28 ans. Logiquement, elle choisit l’encre pour son trait précis et délicat, sur une toile de soie traitée de manière traditionnelle.

Dans le même esprit, Jiang Yifan se réfère à certaines œuvres des dynasties Tang, Song et Yuan, qu’elle remet en scène littéralement, (référence théâtrale par la présence des rideaux rouges d’une scène) et dans lesquelles elle redistribue les rôles, assurant une place maîtresse à la Femme, comme celle sur le cheval, dans « Drifting Flowers », qui prend la place du notable hiératique, de la peinture originelle. Si elle choisit d’honorer son héritage, par les décors (山水画) et l’esthétique étudiés à l’université, sa perspective, sa représentation des corps et sa symbolique, sont bien le langage artistique propre de Jiang Yifan (« River », « Leisure Time »).

Jiang Yifan : Née dans la province du Xinjiang, elle est diplômée de l’Université Populaire de Chine (Maîtrise). Son travail a été présenté dans des expositions collectives (Art Nova 100 artist, Guardian Art Center ou personnelles (Mountain Art Beijing & Frank Lin Art Center, à Beijing…). Elle vit et travaille à Pékin.

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com

9 mars 2021

CultureS Shanghai Mars 2021

CultureS Shanghai Mars 2021

CultureS Shanghai

Mars 2021...La Fête du Printemps s’est clôturée il y a quelques jours avec le Festival des Lanternes, Yuánxiāojié (元宵节) qui a lieu le 15ème jour du 1er mois du calendrier lunaire chinois.

Crédit photo : D.Brean
Shanghai a respecté la tradition par des décorations, (moins importantes cette année), dans certains quartiers mais surtout dans le traditionnel Yǔyuán ou « Jardin de l’Hésitation ».

C’est un qualificatif qui ne semble pourtant pas faire partie de l’ADN de cette ville que rien n’arrête. Nous le savons, ici tout est mouvement et le domaine de la culture n’est pas épargné.
Quand certains lieux disparaissent, comme le musée d’histoire de l’appareil photo, au sein d’IG Imaging Group, espace dédié à la photographie sur Anfu lu, ou comme le site de Red Town, ancienne usine sidérurgique n ° 10 réhabilitée et dédiée principalement à la sculpture et l’art contemporain, d’autres voient le jour comme le Shanghai Astronomy Museum sur Pudong (ouverture juin 2021) qui devrait être le plus grand au monde, d’autres encore se sont relocalisés comme Danysz Gallery ou Art+ Shanghai Gallery, au programme de ce mois de mars…

PEINTURE

« The Hazy Reality of the New World » par Miaz Brothers.

Jusqu’au 6 avril 2021. Magda Danysz Gallery
Adresse : The Independents House, 256 Beijing East Road (x Jiangxi Road)
Métro : Ligne10 et 2 Station : Nanjing East road. Du lundi au samedi de 10h à 18h, dimanche de 12h à 18h.
Site : www.magdagallery.com ;
Contact : info@magda-gallery.com Tel : +86 21 64224735.

Galeriste à Paris spécialisée dans l’art urbain, Magda Danysz s’installe à Shanghai en 2009, dans le district de Yangpu puis se relocalise dans le hall de « The Independents House  » en avril 2017, entre le fleuve Huangpu et la rivière Suzhou, au cœur du quartier culturel et économique dynamique, du Rock Bund.

Ce métier de galeriste est "une passion et un engagement de tous les jours", pour celle qui l’a commencé à l’âge de 17 ans ! Elle est aussi commissaire d’exposition dans des collaborations avec des musées ou des fondations internationales. Elle intervient dans différentes institutions réunissant le monde de l’art, de la mode et du design. Elle fut aussi directrice artistique de la Villa Molitor.

Magda Danysz accueille cette fois 2 artistes italiens, les Miaz Brothers.
Roberto (né en 1965) et Renato (né en 1968), se forment dans l’école d’art de leur ville de Milan.

Ils sont sensibilisés à leur héritage italien des grands Maitres, Da Vinci, Raphaël, Canaletto etc. par leur père, fabriquant de cadres anciens pour peintures.

Évoluant dans le monde de la musique et de la vidéo (de 1994 à 1999), ils partent ensuite à l’international pour un « long parcours artistique ».

En 2000 : Installation aux US et collaboration avec des marques américaines (photographie, vidéo). Expérimentation de différents médias artistiques.
2005 : retour à la peinture.
2010 : Expositions personnelles et collectives à Londres, Amsterdam, au Mexique, en Italie.

Rencontre de Magda Danysz avec les Mia Brothers, lors d’une collaboration à Londres, à la Lazinc Gallery, pour une exposition d’artistes de street art, mode d’expression si cher à la galeriste, qui en devient une experte et une active promotrice.

Technique : Utilisation de peinture en aérosol, pour créer un effet flou caractéristique et produire ce qu’ils appellent "une indétermination substantielle de l’image"
Un aperçu : https://youtu.be/S124NHxtnHk

Cela amène le spectateur à faire une pause. Il intensifie son regard et cherche le placement le plus adéquat pour améliorer sa perception visuelle perturbée.
Le critique d’art Marco Meneguzzo explique : " Un visage flou est comme un mot effacé dans un document. Il devient immédiatement la clé de tout le texte…"

Les Miaz Brothers ont ressenti « l’urgence de faire quelque chose avec la peinture… Nous avons conçu le concept fondamental d’effacer les lignes pour obtenir un mouvement de couleurs sans faille. En juxtaposant des millions de points, on se dissocie apparemment les uns des autres pour former quelque chose qui n’est pas instantanément évident mais visible de loin… »

L’exposition comporte 10 œuvres de grand (100*130 cm) ou petit (80*65 cm) formats. Chaque œuvre est unique dans son format.
Quand l’un des frères vit à Londres, l’autre est à Valencia, mais c’est bien là en Espagne, qu’ils se retrouvent pour créer ensemble.
Il a donc fallu, vu la conjoncture, surmonter de multiples difficultés à l’équipe Danysz Gallery, afin d’organiser et de faire parvenir à temps les œuvres via Paris, à Shanghai.

Le jour du vernissage, un entretien virtuel et interactif fut organisé entre les Miaz Brothers, les invités en ligne et les visiteurs de la galerie. Une nouvelle manière pour les galeries d’art, de maintenir l’interactivité avec les artistes et le public.

Si les artistes ne souhaitent évidemment pas que l’on se concentre sur le lien avec les peintures historiques de ces portraits, puisque leur travail est une œuvre à part entière, conceptualisée et conçue par un tout autre process, dans une toute autre époque, le choix a été fait d’évoquer ce lien, pour le public chinois, pour qui la référence historique apporte un crédit supplémentaire, tout comme dans le domaine de l’architecture, pour certains projets.

Les œuvres « The Star » et « The Muze » sont reconnues de tous, la dernière achetée avant même le vernissage de l’exposition.

« The Hazy Reality of The New World », quelle pertinence au regard de la période vécue…

PHOTOGRAPHIE

« Remaining Island岚 » par Lǐ Yáng.

Jusqu’au 8 avril 2021. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche, de 10h à 19h.
Adresse : 191, Nan Suzhou lu/Sichuan lu, Huangpu District.
Métro : Lignes 10 et 12, St. Tiantong road.
Tel : +86 21 6333 7223 ; Contact : contact@artplusshanghai.com
Site : www.artplusshanghai.com
Crédit photo : Art+ Shanghai Gallery

Art+ Shanghai Gallery, accueille pour la 2ème fois, une jeune artiste chinoise, Lǐ Yáng, découverte à la prestigieuse CAFA de Beijing, à la fin de sa 7ème année d’études artistiques (Master en photographie). Originaire du Shandong, elle vit et travaille à Beijing, où elle a exposé au Today Art Museum (2014) et au Yan Huang Art Museum (2015).

Ana Gonzales galeriste, sensible au média de la photographie, avait accueilli avec Agnès Cohade, l’artiste lors d’une exposition collective (2018). Elle s’y distingue par sa série de photographies de personnages connus et amis, qu’elle habille d’un écran de plexis, sur lequel elle fait graver les symboles communs de nos écrans TV, ordinateurs ou smartphones. Ils agissent pour elle, comme des perturbateurs dans la perception de la réalité visuelle, du portrait à l’arrière.

C’était le 1er des 9 épisodes, d’un travail à plus longue échéance nommé « Remaining » qui utilisera un thème ou une forme d’expression différents, à chaque fois. Cette exposition « Remaining Island » en est le 2ème.
Les thèmes suivants seront les personnes et le temps, en attendant la suite. Malgré l’utilisation antérieure du dessin dans son expression artistique, Lǐ Yáng préfère l’immédiateté que permet la photographie, même si celle-ci est retravaillée.

« Remaining Island » nait d’un besoin d’isolement après un passage à vide de l’artiste. Elle part donc sur l’île de Pingtan (province du Fujian), en novembre 2018. Encore peu connue, elle y découvre quelques sites historiques, une certaine authenticité loin des touristes mais surtout une atmosphère alimentée par la période de mousson. Cette monochromie donne la sensation que le temps y est suspendu, la brume dissolvant également les détails des paysages.

Vidéo, photographies, livres pliés à la manière traditionnelle chinoise et meubles-console seront les médias choisis, pour retranscrire le cheminement physique comme plus intérieur que lui a offert l’île de Pingtan.

Le surnom de l‘île Pingtan est « Lan », il a le même ton que celui de bleu, la couleur que l’artiste aura finalement trouvée dans son « ciel subjectif », malgré la pluie et la brume omniprésentes, puisque l’île et le sens de son travail éclairciront finalement son horizon.

Par cette exposition, l’artiste recherche l’effet miroir pour le regardeur, confronté tout comme elle, à un questionnement sur notre existence, même à des degrés divers, face aux épreuves multiples générées par la pandémie.

La nouvelle génération chinoise sait ce qu’elle veut et quand elle se lance dans un projet artistique ou non, pragmatisme et sens des opportunités sont présents. La peur de l’échec est peu envisagée et le contrôle via les outils modernes de la technologie, la sollicitation des réseaux contribuant à la réussite, sont rassemblés. Li Yang, même pendant l’interview la veille du vernissage, contrôlera d’un œil attentif les derniers détails de l’installation de son travail, dans la galerie, …

Cette exposition très conceptuelle, plus habituelle dans une institution muséale, attire une nouvelle clientèle de jeunes Chinois(es), parfois déjà collectionneurs.

SPECTACLE

« Chroniques d’un Débridé - L’Histoire du Dragon qui faisait le coq » par Li Song.

Vendredi 19 mars 2021, 20h. Paradox Restaurant.
Adresse  : 18, JinHai Lu. For Art Center 1F (醇庭法餐 金海路18号天物空间1F)
Métro : Ligne 12, St. North YangGao road.
Prix : 250 RMB (plat et boisson compris). Réservation : via code QR sur l’affiche.

Si certains l’ont découvert en décembre comme galeriste (voir article https://www.shanghai-accueil.com/CultureS-Shanghai-Decembre-2020), dans son nouvel espace de la Beijing Xi lu, Li Song est plus connu de la communauté francophone, comme auteur et interprète de son personnage truculent du Débridé, son autre vie…

Chinois né à Shanghai, Li Song a vécu près de 5 ans en France entre Brest et Paris. Il a suivi un stage de formation d’acteur à Avignon, a été présentateur du journal télévisé chinois en français sur CCTV (2008 et 2009). Il est aussi interprète-traducteur, agent littéraire.

Le spectacle « Chroniques d’un débridé / l’histoire du dragon qui faisait le coq » est la reprise du monologue théâtral humoristique, sur les déboires d’un Chinois tout au long de ses années d’apprentissage d’une langue et d’une culture, à la fois exotiques et déconcertantes : celles de la France.

Ce spectacle est aussi l’occasion d’apporter un témoignage rare, celui d’un Chinois trentenaire issu de la politique de l’enfant unique, ayant grandi avec les séquelles très présentes, de la Révolution Culturelle.

Un peu plus d’1 h de spectacle et « d’allers-retours entre la France et la Chine », nous font découvrir le parcours semé d’embuches culturelles et linguistiques de Li Song qui a appris le français et s’imprègne de sa culture, dès l’âge de 17 ans, au prix d’efforts conséquents et drôles, parfois.

Sollicité par un éditeur français, il aurait dû raconter son parcours dans les pages d’un livre, mais Li Song a préféré le spectacle vivant et l’interaction qu’il permet, avec le public. Le spectacle s’est enrichi de l’écriture collaborative avec Victor Guilbert, qui assure aussi la mise en scène. Notons la participation amicale lors du spectacle, de Frédéric Mitterrand. Ainsi, dès la naissance du projet, 2 visions, 2 cultures, 2 sensibilités se confrontent, s’observent, se rient un peu de l’Autre, se mélangent, pour finalement se respecter.

Quelques chiffres : depuis décembre 2017, plus d’une centaine de spectacles et plus de 10 000 spectateurs.

Notre expérience de l’expatriation nous imprègne de la culture chinoise (à des degrés divers), la démarche de l’artiste nous interpelle donc et agit comme un effet miroir. Reconnaître l’Autre dans sa richesse et sa spécificité culturelle, c’est alimenter notre ouverture au monde, créer du lien, pour finir par se reconnaître.

Li Song se produit donc le vendredi 19 mars à Pudong. Il devrait passer sans encombre c’est sûr, la frontière naturelle du fleuve Huangpu qui est aussi parfois pour certains d’entre nous, une véritable frontière mentale…

MUSIQUE

DISTORTIONS en concert.

Mercredi 17 mars 2021. Bar Rock Yuyintang Park.
Adresse : B1/F, 1398 Yuyuan Lu/Dingxi Lu, Changning District
(愚园路1398号B1层,近定西路)
Métro : Lignes 2,3 et 4. Station Zhongshan park. Sortie 5
Entrée libre. Tel : +86 21 5237 8662

Le rythme c’est la Vie et écouter ce groupe français, est cure de jouvence, pour les spectateurs de leur concert. Distortions dans sa « version V6 survitaminée », étend son terrain de jeu, aux scènes musicales de Shanghai.

Il se produira donc le 17 mars en compagnie d’autres groupes locaux, sur le 2ème site de l’icône live-house de Shanghai, Yuyintang, en face de l’entrée principale du Zhongshan Park. L’univers de cette scène musicale est rock et underground.

« Ce groupe de rock est né en 2015 à Shanghai, de la passion d’une bande de potes pour le rock des années 70-80s ». Au fil des années et des expériences musicales du collectif, l’ADN Rock des « DISTOS » s’est complété avec des rythmes funk, ouvrant ainsi une nouvelle page musicale.

Le groupe se compose des musiciens Greg et Rich à la guitare, Nico à la basse, Oliv à la batterie et Aude au chant.

Notez que Shanghai Accueil invite de nouveau Distortions, pour animer son Diner Concert annuel, le vendredi 19 avril 2021 à 19h30, sur le thème « Strass & paillettes ». L’animation sera complétée par un DJ.
Cet événement est ouvert également aux non adhérents.

Renseignements et inscription obligatoire par le lien :
https://www.shanghai-accueil.com/Soiree-dansante-506

RAPPEL

PEINTURE

« Florilegia painting : Marie’s Villa » par David Rodriguez et Wu Jifeng.
Jusqu’au 4 avril 2021.
Adresse : 3300 Yan’an west road, Building au fond à droite, F5.
Sur rdv, contact Wechat de l’artiste : jladavid

L’artiste colombien David Rodriguez expose, au 5ème étage d’une usine désaffectée de pigments de peinture, la Marie’s painting materials company, société shanghaienne centenaire.

Depuis notre rencontre en octobre 2018, lors de sa 1ère exposition « Self » dans une galerie du West Bund, consacrée à une série de portraits au fusain, son langage artistique s’est enrichi par ses expérimentations artistiques et ses rencontres.
Formé à l’Ecole nationale supérieure d’art et de design de Nancy (ENSA), il continue par un Master professionnel à la Sorbonne (Paris IV), et un programme Offshore de sa 1ère école.

Parti de la lame de fond qui dénonce dans l‘actualité, les agressions faites aux femmes, David Rodriguez s’interroge au travers de son travail, sur le regard que les anciens avaient eux, sur les femmes. Que ce soit dans les mythologies grecques ou romaines, parfois proches, les femmes sont des allégories de l’extrême. Si « les Charites » de la mythologie grecque, assimilées aux « Grâces » chez les Romains représentent la Nature, la Beauté ou la Séduction, finalement la Vie, « les Parques » elles, sont de redoutables fileuses, qui décident de notre destin et de notre fin, en coupant irrémédiablement le fil de notre vie.

Dans son travail « The Graces », l’artiste réinvente l’œuvre baroque du maître flamand Rubens, avec des techniques mixtes (fusain, peinture aérosol et acrylique sur toile), oubliant les visages, pour redonner toute son importance au langage du corps et des mains.

La série « Untitled » et « Tres » sont issus de son travail photographique sur le corps de 3 femmes de types caucasien, afro-américain et asiatique.

Il retrouve par hasard une affiche des années 30, représentant ces 3 (stéréo)types et l’associe à son travail dans « Utopia ? ».

Son ami chinois Wu Jifeng, formé également à la Villa Arson en France (institution nationale dédiée à l’art contemporain), expose dans une 2ème partie, des portraits, dans ce grand espace qui fut une ligne de production... de peinture !

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.comculture@shanghai-accueil.com

9 février 2021

CultureS Shanghai Février 2021

CultureS Shanghai Février 2021

CultureS Shanghai

Février 2021(*)... Nous vivions au rythme du soleil, depuis Grégoire XIII, mais parce que nous avons choisi la Chine qui préfère les équilibres yin-yang, la lune s’est invitée aussi dans notre calendrier, aux côtés de l’astre flamboyant.
Chaque année et jamais à la même date, puisque seuls les astres décident, les Chinois du monde fêtent le retour du Printemps. Mais cette année la crise sanitaire va bouleverser les traditions et la plus grande migration humaine de l’année n’aura pas lieu. Là encore, le numérique s’installera un peu plus, pour palier à l’éloignement des familles et au non-retour vers la chère « Lǎojiā » !

Malgré tout continuons la tradition… Chūnjié hǎo (春节好) ! Xīnnián kuàilè (新年快乐) ! Nous nous souhaitons les meilleurs hospices pour cette nouvelle année, commencée le 12 février 2021, sous le signe astrologique du buffle « niú nián ».
Il faut un peu de temps pour intégrer tous ces concepts ! Mais les connaître, c’est s’ouvrir à d’autres horizons et puis les reconnaitre un jour ou l’autre, dans l’expression artistique sous toutes ses formes, sera le signe de notre cheminement.

Je souhaite à chacun de vous, au-delà de l’adversité qu’implique cette crise sanitaire et celle d’un nouvel espace de vie pour certains d’entre vous, de ressentir la profondeur de la richesse culturelle de la Chine, tout comme l’enthousiasme (et la légèreté parfois) de notre ville d’adoption, Shanghai.

L’énergie de Shanghai et celle de la « Fête du Printemps », nous amènent tout naturellement à honorer plus particulièrement ce mois-ci… la jeunesse !
Son aspiration à trouver sa place, son impatience au changement des archaïsmes de nos sociétés, sa volonté de communiquer ses peurs. Entendons-les, au travers de ce qu’ils créent…

(*) Pour les adhérents, plus de confort visuel sur le site « Shanghai Accueil », que dans l’infolettre, pour la lecture de CultureS Shanghai.
Pour février : https://www.shanghai-accueil.com/CultureS-Shanghai-Fevrier-2021

MUSEES

« Manque de Recul » Interdisciplinary Trends In Art.

(Crédit photo PAM)

Jusqu’au 5 mai 2021. PAM, Pearl Art Museum, du mardi au vendredi de 10h à 19h (dernière entrée à 18h), samedi et dimanche de 10h à 22h (dernière entrée 21h).
Adresse : 8/F, Aegean Place, 1588 Wuzhong Lu /Baizhang Lu, Minhang district. (吴中路1588号8楼, 近白樟路). Métro : Lignes 10 (st.Longbai Xincun, sortie 3).
Prix : 80 RMB
Tel : +86 21 6211 1845/ 139 0184 1246
Info : http://www.pearlartmuseum.org/en
Contact : info@pearlartmuseum.org

Petit rappel : L’audacieux projet du Pearl Art Museum est né en décembre 2017, dans l’esprit du grand architecte autodidacte japonais de 79 ans, Tadao Ando.
Le même qui a œuvré à la rénovation de la Bourse de Commerce à Paris près du Forum des Halles, terminée en mars 2020, afin de devenir le musée d’art contemporain de la Collection Pinault.
Le Pearl Art Museum est innovant à plus d’un titre. Il fait le pari d’amener l’art et la culture, là où vit la population d’une société mercantile, c’est-à-dire… dans un immense centre commercial !
Logé au 8e niveau, sa lumière et sa disposition complexe donnent une ambiance cosy et une impression d’espace. Il est en fait, le résultat d’un partenariat entre une grande maison d’édition/chaîne de librairies (Shanghai Xinhua Distribution Group) et d’un très grand propriétaire de centres commerciaux et de fournitures de magasins, en Chine (Red Star Maccaline Group).

La programmation du Pearl Art Museum est digne d’intérêt, rappelons l’exposition « Victor Hugo dans l’Intimité du Génie » et « Reading Walking Louis Vuitton Travel Book ». Les premières expositions avaient un lien avec le monde du livre et de l’écriture. Depuis, la crise sanitaire a rebattu les cartes et Li Dandan, directrice et conservatrice du Pearl Art Museum, lui insuffle une nouvelle trajectoire dès la précédente exposition « In The Name of Flower » et cette nouvelle, intitulée « Manque de Recul ». Une partie de ses études passées en France inspire son choix d’un titre en français.

Cette exposition présente, au travers de huit artistes chinois, les nouvelles tendances artistiques influencées par la technologie, internet et le monde des affaires. Ces « artistes » (certains ne se définissent pas comme tel), s’affranchissent à la fois des procédés d’élaboration, des médias/supports traditionnels, des moyens classiques de communiquer sur son travail, mais aussi de « l’ancien monde » de l’art.
Ils se créent ainsi une nouvelle identité, sans révolte ni mépris de ce qui a été, mais simplement avec la conscience d’être plus ajustés à de nouvelles aspirations, parfois ambiguës ou encore confuses.

(Crédit photo PAM)

Dans ce monde, les collaborations sont plus importantes et les frontières plus poreuses, entre l’art et les domaines de l’industrie, de la science, du divertissement etc.

Ces artistes, pour la plupart jeunes, urbains et instruits, sont adeptes des nouvelles technologies, très connectés avec le monde qui les entoure, recevant des informations de plus en plus nombreuses et rapides et donc influencés par elles.
Ils dégagent une vraie énergie. Ayant grandi dans une société spectacle, ils aspirent parfois à faire le show, à rechercher un effet, mais leur univers est plus global et ils captent ainsi plus vite, les enjeux sociétaux et environnementaux.

Les 8 artistes présentés sont :

  • Anti-General pour « Dark Lord » (musique électronique).
  • Chen FenWan pour « Paper Made » (artiste papier).

  • Chen Yingjie, pour « Painting Man » (graffiti chinois à l’encre et au lavis).

  • Viki Lulu House (Victoria Lu et son équipe), pour « Treasure Cute Granny » (1ère curatrice chinoise devenue artiste).
  • Lu Yang, pour « Cyborg » (nouveaux médias, explore l’art biologique, la science spirituelle etc.)

  • Qu Jiarui pour « Spicy Professor », journaliste, artiste, écrivain, animateur, collectionneur de jouets.

  • Xu Zhen pour « Slash », figure emblématique dans le domaine de l’art contemporain chinois, un artiste menant la recherche et le développement d’une nouvelle culture.

  • Ye Funa pour « Culture des ongles » qui explore les frontières entre l’esthétique quotidienne et cet « art » ancestral, puisque c’est en Chine que l’ancêtre du vernis est né, il y a 3000 ans.

Quelques médias utilisés : Onde de vapeur, onde sonore électrique, flux numérique, néon, graffiti, animation, peinture, sculpture, vidéo, installation…

Rencontre avec Chen FenWan, artiste papier d’une vingtaine d’années, qui présente 2 œuvres, dont le long dragon rose, qui nous accueille à l’entrée.

Référence de la culture chinoise par excellence, le dragon ici est plutôt utilisé pour sa symbolique d’éternité, à laquelle l’humanité aspire, il est aussi issu du mythe, il devient alors une porte d’entrée vers l’imaginaire.

Quant à la couleur rose que Chen FenWan n’appréciait pas particulièrement, pour sa référence conventionnelle au monde féminin et douçâtre, elle est devenue sa couleur fétiche après son travail « Ping Mian », sur le corps et la peau.
Le dragon de papier rose fait de milliers de mains qui rappellent leur importance dans la communication entre les êtres humains, le contact physique qu’elles permettent dans l’acte affectueux ou même amoureux… « La caresse plus forte que les mots ». Ce projet est évolutif puisqu’à chaque exposition une nouvelle partie du corps du dragon, émergeant du sol, sera ajoutée, comme l’animal sans fin qu’il est à l’origine.
Elle nous rappelle la nécessité pour les artistes, d’entrevoir et de réfléchir aux concepts, même difficiles.

En sortant de l’exposition, vous découvrirez à l’étage en dessous (F7), la librairie elliptique de Tadao Ando qui nous fait tout simplement oublier notre portable !

Shanghai Minsheng Art Museum.

Du mardi au dimanche de 10h à 18h (dernière entrée à 17h30).
Adresse : Bldg 3, 210 Wenshui Lu/ Wanrong Lu(汶水路210号3号楼,
近万荣路). Jing’an District.
Métro : Ligne 1 (st.Wenshui road, sortie 3). Prix : 60 RMB
Tel  : +86 21 6182 0539
Info : www.minshengart.com/enwww.minshengart.com/en Compte Wechat : MinshengArtMuseum

Shanghai Minsheng Art Museum  :

L’institution muséale, créée par la China Minsheng Bank, dans le but de promouvoir culture et art contemporains, a pris place sur son 3ème site.
Ouvert en 2014, il avait investi le pavillon qui représentait la France, lors de l’Exposition Universelle « Shanghai Expo 2010 », puis l’un des bâtiments de l’ancien site industriel dédié à l’art, Red Town (près de Jiaotong University).
C’est là que s’était tenue à l’automne 2015, la fantasmagorique exposition « Gucci No Longer, Not Yet ».

Aujourd’hui, le Shanghai Minsheng Art Museum se situe dans l’ancien site industriel réhabilité «  Xin Yefang », appartenant au Lingang Group.
Créée en janvier 1959, cette usine de Shanghai fabriquait des machines minières métallurgiques.

L’objectif du musée  : favoriser « une compréhension de l’art au sein du grand public et créer un paysage pluraliste de l’art et de la culture  », en limitant les frontières entre art pur ou appliqué, traditionnel ou d’avant-garde.

Il propose des ateliers culturels et projets artistiques expérimentaux. Il s’ouvre également au monde du design de la science et de la technologie.

Expositions du S.M.A.M.

F1 : Hall d’entrée, café/boutique/terrasse, archives, salles d’exposition.
F2 : Salles d’exposition, bureaux.

« The Pop Image - Andy Warhol’s 1962-1987 »
Jusqu’au 7 avril 2021. (F1)

Même si elle n’est pas aussi importante que l’exposition « Andy Warhol : 15 Minutes Eternal », qui a eu lieu au Power Station of Art en 2013 (40 000 visiteurs), cette exposition, pensée par Duran Ucar, M.Dolores, a le mérite de nous présenter à Shanghai, 72 œuvres emblématiques du « pape du Pop art » Andy Warhol.
Œuvres créées entre 1962 et 1987, parmi lesquelles quelques-unes de ses séries emblématiques.

Andrew Warhola, dit Andy Warhol est né en 1928 à Pittsburg (Pennsylvanie, U.S), de parents Austro-Hongrois. Il grandit dans une famille pauvre, sera atteint d’une maladie neurologique (danse de Saint-Guy) à 9 ans, perdra son père à 14 ans. Autant dire qu’il a connu les privations.

Rien ne le prédispose donc, au destin qui fut le sien, mais alité le temps de sa maladie, il dessine, s’instruit et rêve au travers des photos de stars américaines. Cela préparera sa destinée…On retrouve ce lien maladie/souffrance/alitement et découverte du goût pour la pratique artistique, avec l’artiste mexicaine Frida Kalho.

En 1949, il finit ses études et part chercher l’aventure à New-York. Il se lance dans le monde de la publicité, sort beaucoup et s’imprègne de la culture underground, avant de penser au monde de l’art.

Sa soif d’apprendre sera insatiable et sa volonté de ne pas s’enfermer dans un domaine spécifique de la création artistique, sera permanente.
Il deviendra donc, un designer multi-support, (de l’affiche Campbell’s soup, au design de la bouteille Absolut Vodka), un artiste peintre, un producteur de musique, un auteur de films d’avant-garde…

Il est symbole d’ambiguïté dans sa vie personnelle et professionnelle, où il côtoie Superstars comme milieu underground. Il crée la fameuse Factory en 1964, lieu de création et d’expérimentation où se rassemble un monde hétérogène d’artistes, de designers, d’actrices, de mannequins et « d’âmes perdues ». Il dira qu’elle est le lieu de « la fabrique d’un mythe d’ascension sociale, de la fabrique de Superstars ». C’est aussi là que se produira le groupe musical « Velvet Underground  », soutenu par Andy Warhol. Il expérimente tout ou presque et meurt d’une crise cardiaque à 58 ans à New-York.

L’exposition est organisée par série, de différents supports (lithographie offset/photolithographie, impressions offset et écran, photographie), elle se termine par de la vidéo.

À l’entrée de l’exposition (F1), la photo d’Andy à Madrid vous accueille, juste en amont de sa série fétiche en rouge et blanc, « Campbell’s Soup Cans » (1962). Série qui n’aurait pu voir le jour sans l’invention de la boite de conserve, par le Français Nicolas Appert en 1810, puis celle de la soupe en boite, récompensée à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, dont la médaille parait sur la boite comme sur la série de l’artiste.

Suivra la série « Flowers » (1964-1970), « Flowers Black and White » (1974-1979).
La nouvelle année du calendrier chinois, a influencé le choix de la série suivante : « Cow » ((1966-1976).

Série « Marilyn » (1981), comme une réminiscence de cette machine à star et à rêve, que fut Hollywood pour le jeune Andrew, alors malade et alité. Elle rend compte aussi de sa fascination pour le portrait (plus de 1000 portraits peints).

Puis un ensemble d’affiches créées par Andy Warhol, annonçant spectacles, films ou expositions, comme « Andy Warhol & Basquiat » (1985), sous forme d’une affiche de combat de boxe, détournée, à l’occasion de son exposition commune avec l’artiste Afro-Américain Jean-Michel Basquiat, rencontré en 1981.

Leur admiration mutuelle fut réelle, leur collaboration artistique prolifique (plus de 200 œuvres), malgré des personnalités, des parcours ou des styles artistiques très différents.
Leurs œuvres communes illustrent la chronique d’une époque si particulière, celle des années 80, d’où émergent les grands sujets sociétaux qui agitent les U.S et l’international.

À noter, celle du film « Querelle » (1982) de Fassbinder, avec Brad Davis et Jeanne Moreau ou

« 20 Montreux Jazz Festival » de 1986, un an avant la disparition de l’artiste.

Dans une 2ème partie, vous trouverez un jeu de miroir autour de l’affiche d’Elvis à l’occasion de la Foire d’art de Cologne de 1971.

Puis une petite salle avec la fameuse banane qui paraissait dès le 1er album du groupe « Velvet Underground & Nico » formé de Lou Reed et John Cale, produit et « contrôlé » par Andy Warhol qui avait imposé la chanteuse Nico, le design etc. Les artistes reprendront ensuite leur liberté...

Andy Warhol reste l’une des personnalités les plus influentes du XXe, en bouleversant le monde de l’art par sa volonté de transformer le quotidien et ses objets, en création artistique, leur attribuant une autre dimension. Il devient ainsi la figure emblématique du Pop art, afin de « faire de l’art pour tous ». Il a eu aussi cette capacité à fédérer autour de lui, les talents novateurs, quelquefois subversifs.
C’est donc le moment de le faire découvrir en famille, sans risque de saturation.

Andy Warhol a illustré par son travail, non sans ironie, le consumérisme américain, le mercantilisme et l’idolâtrie des célébrités…tout en en bénéficiant !
Depuis, ces 3 phénomènes ont gagné le reste de la planète.

Pour faire écho, 2 artistes du Pop art, Philippe Colbert et Trevor Andrew, exposés au Modern Art Museum Shanghai, 4777 Binjiang Avenue, jusqu’au 14 mars 2021.

« 2020 John Moores Painting Prize (China) Exhibition »
Jusqu’au 28 février 2021(F2) :

Poursuivez la visite vers F2 qui vous propose de voter pour une œuvre, tel un membre de jury professionnel, jusqu’au 25 février.
Montez le grand escalier du hall d’entrée pour atteindre le début de l’exposition.

Le Prix de peinture John Moores est un concours de peinture créé en 1957 au Royaume-Uni. Des œuvres d’art anonymes sont évaluées par un comité de jury dont les membres changent à chaque édition. Son édition en Chine existe depuis 2010 et a lieu tous les 2 ans.

3166 inscriptions acceptées jusqu’au 16 janvier 2020 et au final les peintures de 88 artistes, sélectionnées après 3 tours du jury, pour le Prix de peinture John Moores (Chine).

Cette 6ème édition ne fut pas simple à organiser vu la conjoncture, nous explique le commissaire d’exposition Ding Yi, mais il « présentera un langage artistique plus diversifié…Les artistes observent le monde de leur point de vue unique, et démontrent les vastes possibilités de la peinture, tout comme leur exploration du médium et des techniques. »

Le directeur du Shanghai Minsheng Art Museum, Gan Zhiyi, exprime par cette collaboration avec le John Moores Liverpool Exhibition Trust, leur « engagement commun envers le développement durable et la vitalité de l’art contemporain chinois ».

Les œuvres sont exposées en 3 chapitres :
1- « Landscape and Illusion »
2- « History and Allegory »
3- « Abstraction and New Narrative »

Alors quel sera votre choix ?!

« Les Demoiselles d’Avignon »

Le très efficace « Seeds of Unrest » de Xu Mingliang, le riche « Shanhaijing » de Huang Xiao, l’énigmatique version des « Demoiselles d’Avignon » de Weng Xingyu ou comme moi, « Land of Empathy » de Wen Chenmin ?

Notez votre choix sur le carton donné à l’entrée et déposez-le dans l’urne à la fin de l’exposition. Le gagnant recevra le « Prix du Choix des spectateurs » et recevra 20 000 RMB « Tax included » !!!

PHOTOGRAPHIE

« NO MAN’S LAND » par Henk Van Rensbergen.

Jusqu’au 27 févier 2021. Galerie Dumonteil, du mardi au dimanche de 11h à 19h.
Adresse : YongPing Lane, Bldg 105, 199 Hengshan Road (衡山路199号永平里105栋).
Métro : Ligne 1, St. Hengshan road, sortie 4
Tel :+86 21 6418 6367 ; Contact  : shanghai@dumonteil.com
Site : http://www.dumonteil.com

La galerie Dumonteil * accueille l’artiste belge, Henk Van Rensbergen qui nous invite à un voyage bien étrange et pourtant nous sommes sur Terre, dans des espaces reconnaissables…Mais où sont les Hommes ?!

Henk Van Rensbergen, né en 1968, vit à Bruxelles. Il est pilote de Boeing 787 et ses multiples voyages lui permettent d’exercer dans de nombreux pays, sa passion pour la photographie.
Il explore peu à peu des espaces abandonnés, des bâtiments vides et en comprend rapidement leur réelle puissance visuelle et émotionnelle.

Dans une première série « Abandoned places » (2007), qu’il enrichira les années suivantes, il photographie des lieux habités puis abandonnés des Hommes, vite insatisfaits dans leur quête de nouveaux territoires, de nouvelles richesses, de nouveaux dieux... Sites industriels, banlieues, site militaire, hôpital, palais etc.

La galerie présente 4 œuvres de cette 1ère série (formats 120*150 cm /100*150 cm) :

« Rayons de Soleil » (2012) : Le regardeur se retrouve à l’intérieur d’une église abandonnée d’un village de Pologne (Zeliszow), qui ressemble plus à un théâtre. Les balcons de bois, les arches élégantes, les volumes conséquents et les couleurs chaudes rappellent pourtant l’importance qu’avait ce lieu, pour les habitants. « Cette église a aussi résonné un jour, de la musique enchanteresse de la Passion selon saint Matthieu, de Johann Sebastian Bach », nous dit l’artiste.

Abandonnée des Hommes, vide de leurs prières, l’église est réchauffée en son chœur, par une lumière puissante et diffuse, tout droit venue du ciel.

« La Bibliothèque Brûlée » (2011), « La Bibliothèque Intacte » (2013) :
L’artiste joue sur la similarité entre 2 bibliothèques photographiées dans des lieux différents. La 1ère, photographiée dans un hôpital abandonné, des montagnes de la vallée du Po (Italie), est pourtant présentée comme l’état actuel de ce qu’était « La Bibliothèque Intacte ». Allégorie de ce qui n’est plus, fragilité du savoir ou de l’information transcrits sur papier, qui disparaissent en fumée. Il paraît même qu’elle contenait des informations sur des membres de la mafia, raison de l’autodafé…

« Adams Theater » (2009) : Pour cette photographie faite dans le New Jersey (USA), Henk Van Hensbergen raconte les obstacles humains et physiques, pour accéder et fixer enfin, ce lieu de divertissement ostentatoire devenu pitoyable, oublié depuis longtemps des spectateurs et des acteurs. Dans le noir le plus total aujourd’hui, l’Adams Theater, retrouve par la lumière que le photographe y fait entrer, le souvenir de celle des feux de la rampe, celui des acclamations. Tout ce qui faisait sa raison d’être.

Dans la série « No Man’s Land », son propos va plus loin. Il présente, au travers de ses 4 autres photographies, un monde post apocalyptique dans lequel seuls les animaux ont survécu. La toute puissance du genre humain, n’est plus alors une réalité. Le monde animal sans l’Homme reprend ainsi sa place, toute la place ! Jusqu’à s’approprier des comportements humains, à tel point qu’il intitule chaque œuvre d’un prénom !

« Haruki » (2015), pour cet échassier décomplexé qui déambule à l’intérieur de style japonais, d’une maison abandonnée, en Californie.

« Bea » (2016), pour ce puissant boa constricteur, pour qui c’est l’heure du bain.

« Duc Bastia » (2014), pour ce coq qui se pavane sur le linteau d’une cheminée, en prenant pour décor une « peinture de ruine », comme une mise en abime du propre lieu qu’il a investi.
Il signe le « caractère éphémère du travail humain et le triomphe final de la nature ».

« Joachim » (2017) pour ces 7 oiseaux multicolores qui pérorent, installés sur le sommet de la boiserie sculptée d’une alcôve, enrichie de tentures autrefois précieuses.

Cette série « No Man’s Land » est une vraie « remise en scène », puisque l’artiste insère dans son décor, l’animal photographié précédemment dans un zoo, à la lumière propice de l’aurore ou du coucher de soleil, afin de préserver une posture et un aspect naturels.

Les explorations du photographe l’ont mené aux US, au Sri Lanka, Mexique, Brésil, Japon et dans différents pays d’Europe et d’Afrique.
Bien sûr, Henk Van Rensbergen, ne cherche pas à fixer dans notre mémoire visuelle, un lieu oublié, mais il nous offre une atmosphère, une tension, la complexité des émotions qui surgissent en nous, en regardant son travail.

Celui-ci a été largement diffusé dans la presse belge et internationale, spécialisée ou non et les séries « Abandoned Places » et « No Man’s Land » donneront aussi leurs noms, à 6 catalogues entre 2007 et 2017. Il a exposé à Bruxelles, Anvers, New-York, Paris, Shanghai, Maastricht…

Henk Van Rensbergen est l’un des fondateurs du mouvement « Exploration urbaine », né dans les années 1990. Chaque exploration est une aventure, avec la volonté de « ne prendre que des photos et ne laisser que des empreintes de pas ». Il n’a pas choisi le verbe, mais il est c’est sûr, un très bon raconteur d’histoires.

DESIGN

« Union » chez Objective Gallery.

Jusqu’au 21 mars 2021. Objective Gallery, du mardi au vendredi de 11h à 19h.
Adresse : Yongfeng Village, 179 Nan Chongqing lu Maison N° 5, Huangpu district. Entrée libre sur réservation.
Métro : Lignes 10 et 13 (st. Xintiandi, sortie 6).
Contact : info@objectivecollection.com
Instagram : info@objectivecollection.com

Au fond du lilong Yongfeng village, construit en 1919, se trouve une maison de brique et de bois qui marie les styles shanghaien et occidental.
Elle abrite depuis le 3 juillet 2020, Objective Gallery.

Cette galerie est née de l’idée d’un jeune taiwanais de 29 ans, Chris Shao qui souhaitait mettre en scène dans l’espace intime d’une maison historique, l’art et le design.
Rappelons que par le passé, la culture chinoise ne séparait ni ne hiérarchisait art et artisanat.

Zones d’exposition : Entrée, cuisine, salle à manger/salon, véranda (F1) ;

Bureau, chambre salle de bain (F2) ;

Cage d’escalier ;

Chambre principale, salle d’eau, recoin utilisé à l’origine comme offertoire par les propriétaires (F3).

Chez Objective Gallery, se côtoient donc les travaux d’artistes et de designers chinois ou internationaux, de différentes générations, sélectionnés pour leur lien harmonieux avec le lieu.

Chaque nouvelle exposition est une collaboration avec une nouvelle galerie d’art. L’une d’elle présentait les œuvres des artistes de Shanghai Art+ Gallery.
Pour cette 4ème exposition intitulée «  Union », Chambers Gallery (New-York, Beijing), est à l’honneur.

Quelques œuvres et artistes : - « Xingtian Dance IX » de papier découpé par l’artiste chinois Wu Jian’an.

  • Série « ChaosScript » du maître de calligraphie Wang Dongling qui explore le potentiel abstrait de la calligraphie.

  • « The Weight of Culture », collages de la très médiatique actrice (Jugé Coupable, Charlie’s Angels, Kill Bill etc.), productrice, réalisatrice, Lucy Liu.
  • La photographe Pixy Liao.

Pour le design, notons le bien nommé « Hug Bed » et sa tête de lit enveloppante,

les très Pop « Aria Flurry Chair » dont la structure en plexis valorise l’assise moelleuse, « aux couleurs de macarons »,
le très traditionnel mais précieux paravent de laque et de pierres taillées (F1)

ou les meubles aux formes brutes du studio de design mexicain, EWE.

Ici, esthétique et fonctionnalité se marient harmonieusement au travers des pièces d’artistes, de designers, d’artisans d’art. Chacun de nous peut en apprécier conception, matériaux et mise en œuvre finale. La création 2D côtoie celle de la 3ème dimension, la contemporaine celle de meubles anciens. Les grands noms du design s’exposent aux côtés des talents émergents.

Objective Gallery nous propose un voyage dans le temps et dans l’espace, au nom de la beauté et des savoir-faire, sous un même toit !

Bientôt des temps plus favorables, pour retrouver la Troupe du Théâtre de Shanghai, comme celle du théâtre d’improvisation, Zmack Improv !

Toujours une riche programmation au théâtre The Pearl, 471, Zhapu lu (Voir compte official Wechat).
À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com]]

16 décembre 2020

VOUS CHERCHEZ OÚ PASSER LA ST SYLVESTRE .....

Vous cherchez où passer le réveillon de la St Sylvestre..... Hé bien ne cherchez plus

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Bonne Année !!!!!!

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ÉPICES & FOIE GRAS vous a concocté un menu aux petits oignons.
Autant pour vous délecter les papilles avec leur traditionnel foie gras , huitres et autres mets
que dans la convivialité, le sourire et la gentillesse sans oublier leur service irréprochable.

ils vous attendent dans la joie et la bonne humeur, après une année comme tout le monde le sait sous le signe de la frustration et pas très enclin à la joie.... Hé bien détrompez-vous

Hug et son équipe vont vous recevoir et vous faire passer une soirée inoubliable , RESERVEZ VITE au + 86 150 2157 7519 ou par WeChat en scandant le QR code sur le menu

Venez fêter la nouvelle année entre amis, en Famille ou en couple .

13 décembre 2020

CultureS Shanghai Décembre 2020

CultureS Shanghai Décembre 2020

CultureS Shanghai

Décembre 2020... C’est l’hiver ! Dans un monde frileux, où les tensions entre les nations génèrent trop souvent la peur de l’Autre, le monde de la culture lui, construit inlassablement des ponts. Les artistes et plus largement tous ceux qui animent l’espace culturel, savent combien ils s’enrichissent au contact d’une autre culture, par l’ouverture à d’autres champs de pensée, d’autres techniques d’expression, une autre esthétique.
Ils se rappellent simplement la richesse de la diversité et notre humanité commune…

Shanghai, par son histoire et sa géographie, démontre sa capacité à accueillir d’autres cultures, mais aussi à promouvoir au reste du monde, celle de la Chine, si longue et si riche.

Dernièrement, cela s’illustre par différents événements francophones.

La Shanghai Art Week (sites du West Bund et Art021), incontournable rendez-vous du marché de l’art en Chine, accueillait pour la 1ère fois, dans un très bel espace, le Consulat général de France à Shanghai.

Ce fut l’occasion de continuer le dialogue des œuvres de Claude Monet, toujours exposées au Bund One Art Museum, avec celles d’artistes comme Li Qing, Ma Sibo, le sculpteur Jean-Michel Othoniel ou la peintre Carole Benzaken.
Cette présence officielle illustre l’attention portée au lien France-Chine !

C’est l’occasion de faire un rapide bilan de cette Shanghai Art Week.
Si beaucoup de galeries et d’œuvres n’ont pu être présentes (surtout visible sur le bâtiment B de la partie West Bund, plus dédiée à l’international), à cause du contexte sanitaire, cette configuration a permis, l’émergence de nouveaux artistes.
Les œuvres d’artistes installés étaient aussi présentes bien sûr. Notons le travail de soie et de cocons, d’une grande délicatesse par l’artiste chinois Liang Shaoji, âgé de 75 ans.

La « fébrilité consumériste », prescrite en haut lieu comme salvatrice pour l’économie, a aussi pleinement bénéficié au marché de l’art chinois et au cru 2020 de cette Shanghai Art Week. Elle a fait des galeristes heureux !

Plus tard la Troupe du Théâtre Francophone de Shanghai, nous a offert comme un cadeau que l’on n’attendait plus (cause pandémie), sa pièce de l’année, « Où est passée Myra ? », adaptation originale de « Rumeurs » de Neil Simon.

L’attente était telle, qu’une 4ème séance fut proposée.

Les artistes ont depuis longtemps contribué au lien France-Chine, c’est le cas du très grand photographe Bruno Barbey.
Élu en 2016, à la prestigieuse Académie des Beaux-arts, il en était devenu 1 des 5 « Immortels » de la photographie. Il est depuis le 9 novembre 2020, « Immortel » tout court…

Ce mois-ci, la photographie sera à l’honneur.

PHOTOGRAPHIE

« The Cat, The Crown And The Collar » par Marie Cécile Thijs.

Jusqu’au 31 décembre 2020. Galerie XII Shanghai, du mardi au dimanche, de 10h à 18h.
Adresse :1198, West Beijing road, Jing’an district.
Métro : Station West Nanjing road Lignes 2, 12 et 13, sorties 1 ou 14.
Tel : + 86 15026603703 ; Contact : shanghai@galeriexii.com
Site : www.galeriexii.com

Crédit photo GXII
Le lieu : Galerie XII anciennement Galerie Photo12, fondée en 2007 par Valérie-Anne Giscard d’Estaing, est une galerie dédiée uniquement à la photographie contemporaine figurative, « d’artistes inscrits dans la veine humaniste ».
Présente à Shanghai depuis 2016, sous forme d’un showroom (sur RDV), le choix de cet espace ouvert en septembre dernier et aux amplitudes horaires plus accessibles, est une nouvelle étape pour la galerie.

Crédit photo GXII

Après Galerie XII à Paris et Los Angeles (Santa Monica), celle de Shanghai est voulue intimiste par le choix d’une maison à 5 niveaux, dont 3 dédiés à l’exposition propre. Membre du Comité Professionnel des Galeries d’Art, elle participe à des salons internationaux (Photo Shanghai, Art Élysées, Photo L.A).

L’artiste : Marie Cécile Thijs, née en 1964 aux Pays-Bas, fut dans une autre vie avocate, avant de se vouer depuis une quinzaine d’années à sa passion pour la photographie. Elle fait partie du mouvement « Staged Photography » remis en valeur dans les années 80, par Cindy Sherman ou Jeff Wall, mais existant dès le début de la photographie, par une volonté de mise en scène de certains photographes, comme le Britannique Oscar Gustav Rejlander et sa très controversée « The Two Ways of Life » (1857).

La photographie de Marie Cécile Thijs est donc pensée et mise en scène.
Regarder son travail, c’est d’abord faire un voyage dans le temps. Née au Pays-Bas, elle retrouve et honore les grands Maîtres de la Peinture Flamande, par une utilisation de la lumière qui unifie l’espace, le détail de la réalité et même des références vestimentaires comme dans la série « White Collar », présentée ci-après.

Mais son travail est bien contemporain, issu d’un univers surréaliste très marqué.

Elle donne à voir le rêve et l’imaginaire, en offrant une autre histoire à des objets, des personnages ou des animaux de notre quotidien. Ils deviennent par leur proximité la clé permettant l’accès. Ainsi le temps se suspend, vous venez d’entrer dans une autre dimension, celle de Marie Cécile Thijs, où tout est possible : chats, canari, deviennent avatar ou allégorie et sont couronnés, les crevettes en suspension dans l’air ne semblent pas prêtes à redescendre dans le plat qui les attend en dessous (« Soup of the day » série « Food Portraits »). Notons le travail sur le mouvement, intéressant pour cette dernière série.

Elle travaille en studio avec un appareil Hasselblad, marque suédoise réputée. Son travail reconnu est exposé depuis 2015, dans les institutions muséales comme au Rijksmuseum Amsterdam, dans les foires d’art ou galeries, à Maastricht, Miami, Turin, Shanghai.

« The Cat, The Crown And The Collar » : cette 2ème exposition du nouvel emplacement de Galerie XII, présente une sélection des différentes séries de l’artiste. 2 salles d’exposition et 1 salle vidéo présentant plus largement son travail.

Au RDC :
La série « Human Angel » (1 œuvre) (2009) où physique et métaphysique se mêlent pour créer « une autre réalité ».

La série « White Collar » (3 œuvres) : un enfant et 2 chats portent un véritable col à volants du XVIIe, comme hommage aux grands Maîtres Flamands, héritage culturel de l’artiste, illustré par l’atmosphère de « Boy with white collar at table ».

Ce col froncé, objet précieux prêté exceptionnellement et photographié au musée d’état des Pays-Bas, le Rijksmuseum Amsterdam, a été ajouté numériquement aux cols des personnages. Ce dernier exemplaire au monde est fait de baptiste très fine, tissée à Cambrai. Accessoire très populaire chez les jeunes gens à la mode de 1615 à 1635.

La série « Amazones » (1 œuvre) : Elle honore les Femmes, leur intelligence, leur force, leur courage par des références historiques ou plus contemporaines.

La série « Majestic » (1 œuvre) : chat portant un accessoire de costume romain, la Toga, rappelle comme pour les autres portraits de chats, l’anthropomorphisme d’œuvres parfois dans les cabinets de curiosité.

La série « Chevaux » (2 œuvres) : l’artiste aime les chevaux et fait le portrait du cheval olympique blanc Salinero. Elle transforme aussi, à l’aide de la dent/corne du narval, un cheval à la robe noire, en licorne dans les collections du Rijksmuseum Amsterdam.

Série « Cooks » (1 œuvre) : « The Taster » (2013) illustre les testeurs anonymes du Guide Michelin qui viennent juger, de la qualité des mets et d’un lieu de restauration. Cette série a débuté en 2010 dans le magazine d’un grand journal financier néerlandais, sous la forme d’une image hebdomadaire honorant le dévouement et le savoir-faire des Chefs comme Masanori Tomikawa.

1er étage :
Série « Biosphères », (1 œuvre, mai 2020) édition spéciale et réponse du photographe à la pandémie de Covid-19. Marie Cécile Thijs voit une nouvelle société où la distance est la clé. L’image nous rappelle que même dans une période de distanciation sociale, nous nous soucions toujours les uns des autres.

Crédit photo GXII

Série « Elizabeth » (3 œuvres) : inspirée du règne de la reine Elizabeth I d’Angleterre, reconnaissable à ses symboles historiques (flèche et couronne), des batailles pour le pouvoir et la gloire.

Série « Majestic » (3 œuvres) : portraits anthropomorphiques et surréalistes de chats, qui parlent de la nature humaine et du pouvoir. « Successeur du trône », « Sa Majesté I » et « Sa Majesté II ».

Le consul des Pays-Bas Mr Remco Van Wijngaarden, collectionneur de l’artiste a rendu un chaleureux hommage à sa compatriote, lors du vernissage de l’exposition mercredi 2 décembre.

C’est l’acteur et auteur bien connu de la communauté francophone de Shanghai
Li Song qui accompagne l’évolution de Galerie XII à Shanghai. Il semble que son bureau cache bien d’autres œuvres intéressantes…

« People and Place, Leica Oskar Barnack Award 40th Anniversary »

Jusqu’au 31 janvier 2021, SCôP (Shanghai Center of Photography)
Ouvert du mardi au dimanche de 10h30 à 17h30
Adresse : 2555 Longteng Avenue/ Fenggu Lu (龙腾大道2555号)
Métro : Station Yunjin road, ligne 11.
Prix : 40 RMB Téléphone : +86 021 64289516
Info : info@scop-sh.com

Le SCôP (Shanghai Center of Photography), fondé par Liu Heung Shing, photographe et éditeur, a ouvert en mai 2015. Il est dédié entièrement à la photographie, qu’elle soit contemporaine ou historique, locale ou internationale. On y retrouve à la fois le concept d’un musée et d’une galerie. Ce bel espace sur la rive Puxi du Huangpu bénéficie et contribue tout à la fois, à l’énergie de l’incontournable lieu artistique shanghaien du West Bund.

« People and Place, Leica Oskar Barnack Award 40th Anniversary » présente le travail des finalistes du Leica Oskar Barnack(*) Award ou (LOBA), de cette année 2020. « Le prix LOBA capture le monde changeant du photojournalisme dans toute sa diversité et ses préoccupations humanistes. »

Ces artistes observent leur espace proche ou éloigné et nous restituent leurs interrogations sur le climat, l’industrie, la science, l’économie sociale et combien nos choix nous impactent déjà très concrètement. Finalement la force de l’image ne nécessite aucun commentaire, comme celle du photographe Matthew Abbott nous rappelant les incendies immenses ravageant la faune et la flore unique de son pays, l’Australie.

Crédit photo SCôP

Le gagnant 2020 de ce prix est Luca Locatelli.

(*) Oskar Barnack (1879-1936) fut le concepteur du 1er appareil photographique compact (24*36). C’était en 1913, Leica révolutionne ainsi à travers lui, la photographie amateure et le domaine du photojournalisme.

MUSEE

« MinChao » 1910-1950

Jusqu’au 4 avril 2021, Aurora Museum
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h, et jusqu’à 21h le vendredi.
Adresse : 99 FuCheng Road, Lujiazui, Pudong New District
Métro : Station Lujiazui, ligne 2.
Prix  : 120 RMB (exposition MinChao+musée). 60 RMB (musée).
Contact : museum@aurora.com.cn Téléphone : +86 021 5840-8899-607
Wifi : « Aurora guest » Mdp : AM58408899. Code QR vert et masque demandés
Site : www.auroramuseum.cn

Aurora Museum :

L’un des clichés préférés des touristes visitant Shanghai, représente depuis le Bund, la skyline de Lujiazui (Pudong) et ses gratte-ciels de verre et d’acier, symboles de réussite de la capitale économique chinoise. L’un d’eux se distingue aisément par sa couleur or flamboyante et porte bien son nom « Aurora », du nom de la compagnie taiwanaise propriétaire qui crée sa renommée dans le domaine de la bureautique, depuis 1965.

Crédit photo B.Maugein

Aujourd’hui, « Aurora » sur la façade est remplacé par 2 caractères chinois « 震旦 » (Zhèn dàn), abréviation du nom chinois d’ Aurora Group/Zhèn dàn háng (震旦 行). Cette tour dédiée au business a été conçue par Tadao Ando, architecte japonais de renommée mondiale.

La volonté de la compagnie et de son fondateur, Mr Chen Yung-Tai (陈永泰) collectionneur d’art chinois depuis plus de 40 ans, fait naître le musée Aurora en octobre 2013 et se veut « une boîte aux trésors culturels de la civilisation chinoise, sur les rives du Huangpu ».

Comprenant 6 étages et 6316 m2, ce musée privé accorde une attention égale à l’histoire et à l’art. Au-delà de l’exposition et de la promotion, il enrichit sa collection et participe aux recherches sur les objets anciens, à l’instar de sa collaboration avec l’école d’archéologie et de muséologie de l’Université de Pékin.
C’est donc un musée actif et une référence en collection d’objets datant des prestigieuses dynasties Hàn 汉朝 (206 av. J.-C -220) et Tàng 唐朝 : (618-907).

L’exposition permanente s’enrichit d’expositions temporaires de la collection.

Les collections du musée bénéficient d’une lumière voulue favorable à la déconnexion avec l’instant présent et elles se répartissent sur 5 niveaux, accessibles par un grand escalier en colimaçon.

F2 : « Ancient Pottery Figures » : (pièces principalement des dynasties Hàn et Tàng, Sòng). Cet espace rappelle la manière de concevoir la mort sous les Hàn, comme un passage vers un autre lieu de vie. Il fallait donc poser dans la tombe, près du défunt, le nécessaire à son bien-être (objets usuels, personnages accompagnants etc.), au travers de figurines en terre. Pourtant objets funéraires, ils sont devenus objets d’étude afin de comprendre les habitudes et les croyances de cette période. Ils sont aussi l’illustration de son esthétique.

F3 : « Masterpieces of Jade through the Ages » : Cette pierre considérée comme magique et protectrice depuis « la nuit des temps » en Chine (8000 ans !). Vous découvrirez à ce niveau des pièces exceptionnelles qui détenaient une fonction spécifique, au-delà de leur aspect décoratif, comme les Kóng/cóng (琮) ou les disques Bi (璧).
Mais la pièce maîtresse reste le costume impérial funéraire en jade, réservé aux membres de la famille impériale, dont les petits rectangles taillés en jade étaient reliés en or, argent ou autre métal, selon le rang du défunt, dans la famille impériale.

Il n’y aurait que 3 costumes impériaux de jade visibles par le public, aujourd’hui.

F4 : « Blue and White Porcelain » : raconte l’histoire de la porcelaine en Chine, ses techniques, ses modes, sa diffusion mondiale et le rôle central de Jǐngdézhèn, sous les dynasties Yuan Ming et Qing.

F5 : Exposition temporaire et café : En ce moment « Chinese Jade Pattern Design Exhibition : 5000 years ». Prenez un peu de temps pour profiter de la vue sur le Bund.

F6 : « Buddhist Sculpture » : Originaire d’Inde, cette religion/philosophie est introduite en Chine, sous les Hans de l’Est (Dōnghàn). On découvre l’évolution des caractéristiques esthétiques (sinisation progressive des traits de Bouddha et autres personnages représentés) et quelques techniques.

Mais c’est bien une atmosphère particulière et tranquille qui vous fera apprécier les pièces exceptionnelles de cette collection des dynasties Sui, Tàng, Wei Occidental (534-550).

Tous les personnages de la sculpture bouddhiste sont représentés : Bouddha/Sakyamuni, Bodhisattvas, disciples, apsara, gardiens célestes…

Peu notifié dans les guides touristiques sur Shanghai, ce musée aux collections exceptionnelles, permet leur découverte dans des conditions de calme optimal.

Mais le musée Aurora présente aussi des expositions temporaires organisées en collaboration avec d’autres institutions ou collectionneurs, comme celle présentée actuellement : MINCHAO.

« MinChao » 1910-1950

Comme le signe d’un plaisir à l’évocation des temps anciens et une certaine culture de la nostalgie, propre aux périodes difficiles, cette exposition arrive à point nommé. En effet l’exposition Minchao c’est un voyage dans le temps, tout en restant à Shanghai.

Partie 1 :
Passé le portique doré de l’entrée « 1910-1950 » puis le grand rideau noir, vous vous retrouvez dans un intérieur du début du XXe et aux 7 fenêtres : scènes de rue du vieux Shanghai. Sur le mur une vidéo évoque les hauts lieux de la nuit shanghaienne et des scènes de vie de cette époque.

Partie 2 « Origin of Calendar Poster » et partie 3 « Precious Heritage » :
Montez un escalier vers une nouvelle partie qui présente une collection des fameux calendriers « Yuè Fèn Pái » (月份牌) dont les « Shanghai Ladies » représentées ont assuré le succès, des années 1920 à 1940. À l’époque, peu de support visuel permanent dans le quotidien de la population (ni télévision, ni web), malgré une demande forte en publicité commerciale.
Ce calendrier mensuel ou annuel va donc en devenir un support essentiel. Il va générer un style de peinture, le « Shanghai style » et fera naître de véritables stars, parmi ces jeunes femmes vivant à Shanghai (lire article CultureS Shanghai de mai 2020 sur le Propaganda Poster Art Centre : https://www.shanghai-accueil.com/CultureS-Shanghai-Mai-2020).

Ces portraits étaient réellement peints en studio (technique aquarelle) puis répliqués par les nouvelles techniques occidentales d’impression (voir salle vidéo un peu cachée sur votre droite en rentrant).

Tous ces « Yuè Fèn Pái » sont des originaux. Ils étaient une première en Chine. Leur succès était tel, qu’ils furent diffusés dans une grande partie de l’Asie du sud-est, à cette époque.

Quelques célébrités :
Ruan Lingyu (1910-1935) peinte par Hu Boxiang, issue des quartiers pauvres du district de Hongkou où elle attrape la variole puis la fièvre typhoïde. Son père meurt quand elle a 5 ans.

Elle découvre le cinéma. Sa vie est un véritable roman, où elle devient aussi victime de maitre-chanteur ou d’amant fortuné. Elle devient alors le symbole de la condition féminine de l’époque, souvent soumise à la violence masculine. Elle finira ses jours en se suicidant, comme le dernier personnage qu’elle incarnera dans « Femmes nouvelles », victime de calomnies de son ancien amant, propagées par la presse. Ce rôle de la presse fut d’ailleurs dénoncé par le célèbre écrivain LǔXùn. Le film « Center Stage » (1992) retrace sa vie.

Plus loin, une représentation de sa meilleure amie, Liang Saizhen peinte par Xie Zhiguang, avant leur célébrité comme actrices. Vous découvrirez aussi une illustration de la fameuse histoire « Adieu ma Concubine » peinte également par Xie Zhiguang, dans les années 20.

On remarque une similitude des beautés qui correspondaient aux critères de l’époque, comme celui de « l’arc de Cupidon » pour les lèvres féminines.

Les personnages d’une autre histoire avec le couple de Li Mubai (1913-1991).

Il peignait les visages pendant que son ami et partenaire Jin Xuechen peignait les vêtements et des décors. Ils seront les 2 des « 3 piliers du poster-calendrier ». On raconte que la femme de Li Mubai, restera cloitrée dans sa maison, à la mort de son époux.

Au bout, une petite boutique sur le thème de l’exposition Minchao.

Partie 4 « Fashion Trend » :
Descendez par un escalier pour découvrir en musique, derrière un rideau à franges, devenu écran de cinéma, une très belle sélection de costumes chinois traditionnels, parmi les 1000 pièces de la collection du chanteur et acteur taiwanais Jeff Chang.

La qípáo qui était la robe des femmes à la cour mandchoue de la dynastie Qing (1644-1911), est bien sûr présente. Revisitée dès les années 1920 à Shanghai, elle est appelée parfois « cheongsam ».

Collection présentée de 1920 à 1960.

Pause sur un banc près d’un réverbère devant une vitrine de magasin reconstituée.
À l’intérieur, une étoffe colorée au renommé pigment bleu « Yin Dan Lin » (bleu d’indanthrène) qui « ne pâlissait pas au soleil » !

Dans une petite salle, des illustrations originales du Shanghai des années 50, début de la toute nouvelle République Populaire de Chine. On perçoit la volonté d’éduquer et de sensibiliser la population aux nouvelles valeurs du pays.

5ème partie « Contemporary Approach » :
Présentation des œuvres commandées à 4 artistes, afin de réinterpréter de manière contemporaine, ces fameux calendriers-posters. Les artistes : Xue Song (Chinois), Tanaka Yui (Japonais), Peter Lloyd et Jonny Hannah (Britanniques). Certaines œuvres n’ont pu arriver à temps.

Ces calendriers sont de véritables outils d’étude de l’histoire culturelle et sociétale, de la Chine moderne et plus spécifiquement de l’histoire de la publicité. Ils sont aussi, l’illustration des différents mouvements stylistiques de la peinture.

PEINTURE

« Untrammeled » par Nanchuan Daocheng.

Du 16 décembre 2020 au 7 février 2021. Art + Shanghai Gallery, du mardi au dimanche, de 10h à 19h.
Adresse :191, Nan Suzhou lu/Sichuan lu, Huangpu District.
Métro : Lignes 10 et 12, St. Tiantong road.
Tel : +86 21 6333 7223 ; Contact : contact@artplusshanghai.com
Site :www.artplusshanghai.com

Même si les artistes représentés par Art+ Shanghai Gallery, sont d’origines et d’âges divers, il y a dans l’ADN de cette galerie, un regard attentif pour ce qu’apporte la nouvelle génération, au monde de l’art. Son regard, les médias qu’elle propose (très novateurs pour certains), ses interrogations pertinentes sur le monde dont elle hérite, intéressent les galeristes Ana Gonzales et Agnès Cohade.

Nanchuan Daocheng nouvel artiste de la galerie, ne fut pas découvert lors d’un concours d’une Académie des Beaux-arts en Chine, d’une foire d’art contemporain ou dans un atelier d’artiste de Beijing, Kunming ou Guilin, comme c’est souvent le cas. C’est à Shanghai, dans une maison historique du lilong de Yongfeng, lors d’une collaboration art&design, que se fit la rencontre de l’artiste et des galeristes.

Nanchuan Daocheng est né à Lijiang, au nord-ouest de la province du Yunnan.
Il est issu de l’ethnie Naxi (Nàxī zú) et fait ses études à Kunming, capitale de province.
Quand il part en 2015 à New-York, pour la Parsons School of Design, dans le quartier de Greenwich Village, c’est un choc culturel et personnel !
Par ses origines, les expériences et les rencontres vécues, les nouveaux espaces découverts et la génération numérique dont il est issu, cet artiste de 27 ans, est en recherche d’équilibre de ce melting-pot intense.

Il le résume assez bien lui-même : « Je suis tout simplement fragmenté…travail par travail, j’essaie de me reconstituer. »
Depuis peu, il renonce au désir fou de la perfection et recherche plutôt une ouverture d’esprit et un équilibre dans les différents héritages culturels, avec celui du monde digital.

La technique : la 1ère phase de l’œuvre sera conçue digitalement sur un IPad, puis elle sera concrétisée (ou non) par les techniques, huile ou acrylique sur toile.
Certaines d’entre elles, resteront pour toujours dans le « cerveau électrique », mais garderont l’avantage de ne jamais subir les affres du temps, de la matérialité…

La toile « Untrammeled 11 » rappelle étonnamment l’esthétique si particulière de la peintre Frida Kahlo, ses références à l’art populaire mexicain et la présence d’éléments anatomiques, en amont de la toile.

Cette 1ère exposition personnelle présente 3 séries ("Buddha", "Untrammeled", "Untitled").

Sa création est impulsive, elle n’exige aucune interprétation ni finalité.
Elle Est et nous, nous sommes libres d’y adhérer. Ici le détail n’est pas une fin en soi.

Dans toutes les œuvres de Nanchuan Daocheng, l’énergie est perceptible, par son travail intuitif sur le « Vide et Plein »,

si cher à la peinture traditionnelle chinoise son héritage, où rien ne s’oppose mais tout se complète.
C’est de leur rencontre que naîtra l’idéal, LA Voie…le Tao 道 !

RAPPELS

1. « Shanghai Low »

Jusqu’au 27 décembre 2020, OCAT Shanghai Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18H
Adresse : Sunken Garden, Lane 9, Qufu Road, B1, Jing’an District (地址 : 静安区曲阜路9弄下沉庭院).
Métro : Station Qufu road, lignes 8 et 12 sortie 2.
Téléphone : +86 021 660 85 180 Entrée libre. Code QR et masque demandés.

Dans cette petite exposition, 1er volet de C-PLAN 2020, l’artiste Luka Yuanyuan Yang retrace le parcours de certains membres de la communauté chinoise de San Francisco, dans le cadre de son projet de recherche sur les femmes chinoises dans le show business au XXe (2018).
Au travers de vidéos, collages et photographies, on découvre danseuses, chanteuse de cabaret, mannequin… qui ont animé vivement cette communauté.

« Shanghai Low » était un restaurant réputé du quartier Chinatown de San Francisco. On y trouvait pourtant de la cuisine cantonaise (province d’origine de la majorité des premiers migrants chinois). Mais Shanghai était plus évocateur pour les clients occidentaux.
Au-delà de l’humain c’est surtout une réflexion sur l’héritage d’une autre culture que celle où l’on vit, la manière dont on le gère.
Finalement la traduction signifie « l’échange et la négociation de deux systèmes culturels hétérogènes ».

Yuanyuan Yang, 31 ans est une artiste visuelle et cinéaste. Elle fait de la narration visuelle à travers le cinéma, la photographie, les livres d’artiste et la performance. Elle a reçu plusieurs récompenses pour son travail.

N’hésitez pas à poursuivre les découvertes, par les métamorphoses (à 50m) de la rivière Suzhou, axe économique historique de Shanghai. Nouvel espace de gentrification pour ce quartier anciennement très populaire. Ici, les ouvriers animaient usines, ateliers et lilongs il n’y a pas si longtemps.

2. Cinéma : (si vous êtes sur Beijing) « Panorama du Cinéma Français, 17ème édition »
jusqu’au 13 décembre 2020.
Cet événement créé en 2004, offre la possibilité de découvrir des longs métrages inédits, récents et tous sélectionnés en festival.
Comme une photographie de la richesse de la production cinématographique française, toujours observée avec attention à l’international.
Les acteurs Juliette Binoche et Huang Xiaoming seront les parrains de cet événement.
Pour plus d’information : https://mp.weixin.qq.com/s/CG4VPs6-YOnpxG4ryQyD_g

Pour finir… 2020 aura été une année de bouleversements pour notre humanité. N’oublions pas comme « Edmond », d’aimer la Nuit, car c’est d’elle que naît la Lumière… Alors je souhaite à chacun d’entre vous, de vivre au mieux, de ce qui nous est accordé, de chaleureuses et scintillantes fêtes de fin d’années.

À bientôt

Françoise Bourry-Maugein
culture@shanghai-accueil.com]]

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